Aug
02
2009
0

(Sunday Song) Matt & Kim – Daylight

C’est dimanche ! Et le dimanche, c’est Sunday Song. Parce que sinon, ben ça s’appellerait pas comme ça.

matt and kimJe sens qu’elle va vite me sortir par la tête, mais pour l’instant je suis en pleine période de noces joyeuses avec cette chanson.

Et btw, avec les deux tarés qui composent Matt & Kim. Leur dernier album, Grand, est dans les bacs, mais je reste quand même sur ma faim tant leur premier, éponyme, m’avait plu.

Jun
01
2009
4

(Twit) AF 447 : Rio ne répond plus

Je reprends honteusement un twit d’un des gourous d’Ecrans.fr pour illustrer cette photo, qui est malencontreusement très à propos. Le vol AF447 Rio-Paris de ce matin, qui aurait dû atterrir à Charles-De-Gaulle à 11:30, est porté disparu au-dessus de l’Atlantique depuis deux heures.

Les dernières nouvelles font état d’un problème dans le circuit électrique interne de l’appareil, mais selon les officiels de la compagnie Air France, il n’y aurait plus d’espoir. En effet, l’aéroplane serait à l’heure qu’il est à court de kérosène depuis près d’une heure.

On retrouve donc des twits particulièrement salés sur la question, depuis la bande-son officielle du vol jusqu’à la mauvaise foi habituelle de jesuisunblog, qui a son reporter sur place.

En attendant c’est un coup dur pour la compagnie nationale, qui voit son cours de bourse s’en ressentir, et son nom faire l’objet d’un véritable buzz, mais pas pour les bonnes raisons. A voir ce que sera le fin mot de l’histoire, mais l’armée de l’air brésilienne qui s’est chargée des premières recherches a perdu le contact avec l’épave au large des côtes nord-est du pays, et qu’il sera de quelque façon que ce soit difficile de retrouver l’épave et ses 278 passagers.

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Mar
23
2009
2

(BA) OSS 117 – Rio ne répond plus : Dujardin, du vrai

Note, BA c’est toujours Bande Annonce, et toujours pas Bonne Action.

“Dehors, c’est le vrai monde, et le vrai monde, il va chez le coiffeur. Déjà.”

Hubert est de retour. Si. Vraiment. Et cette fois il fait équipe avec une dame du Mossad pour aller faire on ne sait quoi, mais l’important c’est qu’il y a toujours autant de nazis, de répliques cultes, d’humour un peu lourd et de Dujardin inside.

Ca va faire plaisir. On a donc un trailer et deux mini-clips dans la suite, histoire de parler crocro et french etiquette.

“Si vous aimez la danse et les chinois, vous allez vous régaler.”

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Mar
10
2009
9

[Ciné] Slumdog Millionaire, de Danny Boyle

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C’est comme le port salut, c’est marqué dessus. En effet comment pouvait-on ne pas en parler, nous les bakas férus de movies, de belles histoires et de zombies ? Slumdog Millionaire, LE film de l’année aux dires de certains, qui a raflé la bagatelle de 8 oscars et pas des moindres (une minute de silence pour Fincher et Benjamin Button merci)

Vous connaissez tous l’histoire de près ou de loin, un indien qui vient d’un bidonville et qui réussit à empocher le pactole à Qui Veut Gagner des Millions, où chacune des questions posées permet de nombreux flashbacks qui font la trame scénaristique.

Alors oui, et sans être méchant, le scénario ne casse pas des briques, dit comme ça il est même franchement bancal et ne donne pas forcément envie de débourser une dizaine d’euros pour voir un mec en gagner 20 millions en deux heures. Alors, à voir ou pas ?

Globalement l’immense majorité sera loin d’être déçue, la réalisation est soignée et malgré les flashbacks incessants le tout reste harmonique et agréable à suivre. On ne s’ennuie vraiment pas. Pas forcément à cause de l’émotion qui vous transporte patati patata mais plutôt grâce au dépaysement, qui est total. Le choix des décors et la direction de la photo sont de très très haut niveau, et bien évidemment on retrouve toutes les ambiguités de l’Inde contemporaine, entre tradition et modernité, essor et précarité. Forcément pour le public occidental ça touche forcément plus, c’est peut-être une des raisons pour lesquelles les critiques ont été particulièrement acerbes vis-à-vis du film alors que le public était définitivement dithyrambique.

La bande son à elle seule mérite vraiment le détour, encore mélangeant musique traditionnelle orientale et tubes planétaires. Ben oui, 2 enfants indiens sur le toit d’un train parcourant le pays avec Paper Planes de M.I.A. à fond les ballons ça fait l’effet d’un grand bol … de curry.

Pour la plupart les acteurs sont d’illustres inconnus, mais on peut dire qu’ils rentrent par la grande porte à Hollywood – Freida Pinto, héroïne du film, sera à l’affiche du prochain Woody Allen aux côtés d’Anthony Hopkins : tout de même. Les acteurs sont convaincants sans forcément envoyer du marbre par palettes, à part l’extraordinaire prestation du présentateur de Qui veut Gagner des Millions, qui N’EST PAS le Jean-Pierre Foucault local mais bien un dieu vivant du cinéma indien, dans le genre de Shahrukh Khan.

Les amateurs de Danny Boyle seront surpris toutefois. Même si tous ses films tournent de près ou de loin autour de l’argent, il nous avait habitué à une certaine forme d’humour noir, un côté grinçant bien à lui – son côté british, probablement – notamment avec le cultissime Trainspotting. Le grinçant ou alors le glauque : l’homme est à l’origine des projets 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard, le premier monument new-age du film de zombie chaotique à souhait, et le second suite navrante pour rafler les biftons. OR donc, dans ce Slumdog Millionaire, Boyle se la joue eau de rose et romantique. Eh oui on ne coupe pas au happy end, celui qui nous est annoncé dès les premières minutes mais nous, public bête et parano, on croit que ce ne sera jamais possible. Qu’on est con.

Grosso modo le film ravira les fans de biopics, de roadmovies, de documentaires et de romantisme. Ca fait déjà un bon tas. Pour ma part ce qui m’a plu réside dans le simple fait que c’est sans doutes la première fois qu’un réalisateur occidental s’intéresse à Bollywood sans en faire… pardon, mais j’y peux rien, sans en faire une PURE MERDE. Je vomis encore coup de foudre à Bollywood par tous les pores de ma peau, étant pourtant amoureux transi d’Aschwarya Rai***. Je m’égare. Boyle s’en sort tout en nuance et sans grandes prétentions, conciliant plus ou moins 2 cinémas radicalement opposés. On ne demande pas le mariage, mais une cohérence et une harmonie, c’est le pari réussi de Boyle.

Il ne s’agit pas du film de votre vie, le messie que vous reverrez 40 fois en pleurant tout le temps à la fin, mais il vous laissera probablement un bon souvenir, et vous fera profiter d’un bon moment de détente. Vous en aurez pour votre bourse et pour votre coeur, c’est ce pourquoi le cinéma existe non ?

*** Eh bien… Là voilà. Dans Devdas évidemment.

Mar
08
2009
0

(Expo) Quintet, N’importe Quoi et Marlène Moquet au MAC Lyon

Un jour je saurai quelle est l’appellation “officielle” de ce musée : la newsletter (s’abonner) est envoyée par le MAC (Musée d’Art Contemporain, l’acronyme de la plupart des musées de ce type en France ndlr) mais le site est au nom du MOCA (Museum of Contemporary Art). Entre compréhension et dimension internationale, il va un jour falloir choisir. A moins d’opter pour l’usage d’un patronyme quelconque, comme pour le Centre Pompidou, par exemple.

Expo quintet affiche mac lyonBref, un billet rapide, pour vous recommander chaudement – vu le vent polaire qui assaille les doudounes AA des fashion, il faut au moins ça – d’aller jeter un oeil au triplet d’expos temporaires du MAC de Lyon. J’avais oublié de vous faire la review de la chose la semaine dernière, je vais essayer de me rattraper ce dimanche.

Le MAC présente donc jusqu’au 19 avril pas moins de trois expositions temporaires – une par étage en fait – autour de trois thèmes distincts. Au premier étage on trouve donc Quintet, qui rassemble les oeuvres de cinq artistes issus de la bande-dessinée, au second on retrouve N’importe quoi, qui se propose de retracer l’histoire de l’art contemporain par le biais d’une sorte de panorama de ses oeuvres les plus décalées, et enfin au troisième c’est Marlène Mocquet et son monde de rêves et de couleurs.

QUINTET(Fiche Musée)

On commence donc avec Quintet. Je n’irai pas par quatre chemins : c’est probablement la plus recherchée des trois, quoique la comparaison soit difficile à tenir, tant les sujets diffèrent. Il y a donc là des travaux de Joost Swarte (Wiki), de Gilbert Shelton (Wiki), de Stéphane Blanquet (Wiki), de Masse et enfin de Chris Ware (Wiki). Beaucoup de planches achevées, d’affiches et de travaux très “BD” pour Joost Swarte : son style entre un Hergé et un Broca frappe juste, et l’on prend plaisir à lire une bande-dessinée comme l’on regarderait une oeuvre d’art.Mais mes deux coups de coeur sont incontestablement Chris Ware et Stéphane Blanquet.

Chris Ware MAC LyonJ’ai découvert le premier au travers d’une plume (de dessin, une fois n’est pas coutume) léchée, d’une grande maîtrise graphique, et qui était ici déclinée en noir et bleu. Le choix de ces deux couleurs, associées au blanc du fond, n’est pas pour rien dans le charme qui se dégage de l’ensemble : l’impression d’inachevé se mêle à merveille avec les traits de personnages et de décors par ailleurs admirablement “propres”. Au final, les personnages et les histoires importent peu : c’est réellement le sens de la mise en page et de la composition, allié à un dessin d’une grande pureté, qui m’ont plus chez lui. C’est poétique et assez léger, ceci étant aussi en partie due aux héros qu’il a choisi de mettre en scène à savoir – entre autres – des souris et des abeilles, traditionnellement plus enfantins.

Chris Ware

Le second est radicalement différent, puisqu’il nous livre ici un ensemble de pièces éclectique, de la sculpture au mur peint en passant – et je trouve l’idée géniale – par une sorte de petit train circulant à l’intérieur d’un ensemble plastique assez étrange composé de murs, de plafonds et de planchers, mais aussi d’objets plus familiaux comme un lit ou des fenêtres. Tout cela, décoré par l’artiste, donne un ensemble assez hétérogène. Outre son goût évident pour des choses peu ragoûtantes, en témoignent les petites statuettes aux corps déformés ou amputés, les silhouettes généreuses mais torturés de ses personnages peints ou encore le caractère très salace et pour ainsi dire dérangeant qui se dégage de la dernière pièce présentant des corps de femme intimement exposés, Stéphane Blanquet s’est ici livré – j’ignore si c’est spécialement conçu pour cette exposition ou non – à un véritable travail de muséographie.

En effet, il ponctue la visite de cet étrange circuit : le spectateur est invité à prendre place dans un wagonnet monoplace, qui avance au moyen de pédales, pour partir en balade sur rails au sein de décors un peu fous, en noir et blanc. Outre le côté très décalé de l’initiative – quel plaisir que de pouvoir éviter les poncifs d’une visite de musée “à l’ancienne” genre “je reste cinq minutes devant un tableau en faisant semblant de l’étudier” – et la dimension ludique de la chose,  le côté lugubre, inquiétant, presque oppressant de la partie qui lui est consacrée s’en trouve réellement décuplé : on “rentre” dans son univers. L’atmosphère est par ailleurs assurée par l’ambiance sonore, consubstantielle des oeuvres exposées : on aime ou on aime pas. Moi, j’aime, Ar. qui était avec moi a détesté. Je peux le comprendre.

N’IMPORTE QUOI (Fiche Musée)

mac lyon n'importe quoi expositionLe pitch de cette seconde expo, c’est de répondre à ceux qui considérent, comme le même Ar. justement, que l’art contemporain c’est du n’importe quoi. Et, de manière plus globale, que l’art “classique” avait au moins le mérite de figurer le beau, au sein d’un cadre explicatif normé et régulé. L’art moderne, au contraire, pullule d’exemples d’oeuvres décalées, ou pour ainsi dire non-artistiques au sens où pouvaient l’entendre les classiques : ainsi en est-il de l’urinoir de Duchamp, qui en est à la fois le parangon et l’exégèse. Il s’agit donc ici de présenter des oeuvres qui ont fait l’histoire de la modernité en art, comme si elles étaient autant de reliques : le but est de suivre une logique “naturaliste”, en ce qu’elle pose la question de l’art “brut”.

Et cette exposition donc de vouloir rassembler des pièces hétéroclites, bizarres, étranges, décalées, pour en faire une sorte de panégyrique du caractère profondément “libre” et “libéré” de l’art contemporain. Faire le lien entre des pièces venant de courants, de lieux et d’époques différentes, n’ayant pour seul point commun que leur “n’importe quoisme”, paraît à tout le moins ardu : le MAC a eu l’intelligence de ne pas s’y risquer, et s’est “contenté” de tout exposer dans trois salles, dont une principale, en une sorte de joyeux malstrom dans lequel le visiteur peut puiser à loisir.

Une excellente idée originelle, un panel d’artistes et d’oeuvres agréablement large, une mise en scène minimaliste qui permet de se concentrer sur les oeuvres elle-même, il convient d’y aller avec curiosité et indulgence, afin de ne pas tomber dans le piège de la critique à l’emporte-pièce un peu mesquine. En se rappelant qu’avant le beau, l’art contemporain véhicule des concepts, des messages et des idées.

MARLENE MOCQUET (Fiche Musée)

exposition mac lyon marlène mocquetPremière rétrospective d’une artiste dont j’aime beaucoup l’univers de départ, très coloré, changeant, un peu fantasque et assez enjolivé, mais dont l’interprétation graphique ne me parle décidément qu’avec peine. Pourtant la technique est là, et elle est maîtrisée : Marlène Mocquet utilise en effet les coulures et autres éclats de peinture comme des parties prenantes de ses compositions. Elle oriente ainsi sa toile en fonction de ses envies, faisant glisser telle ou telle couleur, la ralentissant ici, comme pour mieux se faire le démiurge d’un monde déstructuré, aux formes allongées et lascives.

Malencontreusement il y a quelque chose dans la composition, et notamment dans le choix des couleurs, qui me laisse une impression d’amertume, d’inachevé dans le mauvais sens du terme. J’avais parfois envie de découper un morceau de l’un des tableaux, pour voir ce que ça aurait donné sans le reste. De très belles choses donc, à mon sens, mais insatisfaisantes pour ma part. C’est tout à fait personnel, aussi ne saurais-je trop vous conseiller de faire le détour au troisième pour vous faire votre propre idée.

Pour trouver ou contacter le Musée d’Art Contemporain de Lyon, c’est via ce lien.

Vous l’avez déjà vue ? Vous en avez pensé quoi ?

Mar
07
2009
3

(Clip) Rihanna + The Bird & The Bee – Don’t stop the music

Gonzague est un fin mélomane, c’est un fait. Il a toujours le chic pour trouver le groupe, la musique qui se prête à merveille au moment présent. Que ce moment soit heureux, ou pas d’ailleurs. Comme je te le dis ailleurs… Courage.

Aujourd’hui ce sera donc cette magnifique reprise (il paraît qu’on dit “cover” maintenant, c’est plus “in” t’as vu) de “Please don’t stop the music” par The Bird & The Bee, que nous découvrions ici. C’est lent, c’est juste superbe, et ça laisse le temps, pour ceux qui ne se concentraient que sur l’excellent beat de la version de Rihanna, de se remémorer les paroles. Simples, mais qui font sens en fonction du contexte.

Et la version originale de Rihanna juste après. J’adore.

Feb
15
2009
4

(Clip) Orelsan – No life

En ce moment, c’est la période “découverte d’artistes talentueux” au Baka Book. Pourtant, je ne crois pas me souvenir que nous nous soyons donné le mot. C’est juste que nous avons ce terrible don qui est de pouvoir en moins de 3 minutes extraire le pire de Dailymotion et de vous l’amener sur un plateau. C’est aussi ça, la magie Baka.

Aujourd’hui donc, les paroles mielleuses et bien balancées de Orelsan, que je viens de découvrir via Suchablog. Cette fois, on constate une recherche certaine dans les paroles, ce n’est donc pas à mettre au niveau d’un Morsay, d’une Amandine du 38 ou d’une rapeuse canadienne, si vous voyez c’que je veux dire. C’est plus un mix entre un Damien Jean version poétique et un Booba qui saurait parler français. En gros, c’est du TTC, mais en plus soft dans le beat, et en plus drôle dans les paroles (surtout pour “Sale pute”, les connaisseurs reconnaîtront). Personnellement, j’apoplexise.

Et donc un deuxième morceau qui entre un peu plus en matière après le saut :

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Jan
21
2009
0

(Expo) Rêves de papier : Isabelle de Borchgrave au Musée des Tissus de Lyon

C’est dans le cadre agréable du Musée des Tissus de Lyon, que j’ai été invité à découvrir le Parcours Dansé mis au point par les élèves du cursus de Danse Contemporaine du Conservatoire en partenariat avec ceux de l’ENSATT. Il s’agissait d’un travail à la fois pour les danseurs, au travers de chorégraphies composées par eux et de leurs interprétations, mais également pour les élèves-costumiers puisqu’il leur fallait, dans un temps assez court (trois semaines) parvenir à réaliser une série de costumes allant dans le sens des mouvements dansés.

Papier kraft, trompes rayées, “bulles” bruyantes et tutus juxtaposés ont notamment été à l’honneur. Ce fut également l’occasion de découvrir le travail d’Isabelle de Borchgrave, qui expose jusqu’au 26 avril 09 au Musée sa fascinante collection de robes de papier. Fragiles et éphémères, elles n’en présentent pas moins un visage des plus intéressants, qu’elles cherchent à imiter le tissu ou qu’elles s’en démarquent plus nettement.

L’exposition, sobrement intitulée “Rêves de papier, Isabelle de Borchgrave interprète Mariano Fortuny”, prend place au milieu des collections permanentes du Musée, comme pour mieux mettre en abysse la rencontre entre la dessinatrice belge de “Papiers à la mode” et le touche-à-tout à l’origine de la “manière Fortuny”.

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Dec
16
2008
0

[Hum] Ou l’on croise plein de gens en donnant son sang

C’est fou ce que j’aime aller à Gerland pour faire semblant, de temps en temps, d’être quelqu’un de bien. D’ailleurs, je pourrais probablement faire un donneur à peu près passable si j’y allais pour des raisons parfaitement altruistes. Je suis d’ailleurs persuadé que je pourrais tirer des larmes à une pierre en me fendant d’un texte manichéen vantant les mérites des courageux donneurs de sang à l’assaut de toutes les maladies qui ne laissent pas de tuer – souvent même de manière mesquine, par derrière, sans qu’on s’y attende le moins du monde – la veuve et l’orphelin.

D’ailleurs, j’ai des citations qui, j’en suis certain, culpabiliseraient le plus cynique (ou la plus cynique d’ailleurs) d’entre vous, genre “ah tiens vous n’avez pas le CMV, ça veut dire qu’on va donner en priorité votre sang à des enfants” ou encore “oh vous êtes de tel groupe, c’est l’un des plus rares, c’est vraiment bien que vous veniez”. Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre.

Comprenez-moi : ayant manqué mon rendez-vous d’hier, je l’ai reporté à ce matin. C’est donc avec un courage dont je souligne la présence erratique que je me levais, et m’envoyais un petit-déjeuner destiné à me plomber ouvertement l’estomac. Première règle du donneur : toujours y aller le ventre plein. Le seul inconvénient, c’est qu’il faut éviter les graisses. Too bad, les graisses, c’est tellement bon que tout le monde en mange au petit déj’.

Le ventre plein, la mine encore ensommeillée mais en bonne voie de réveil, le teint blafard habituel, je me dirigeais donc vers le métro. Car après avoir affronté avec un stoïcisme qui m’épate encore les assauts conjugués de températures résolument polaires et d’un vent bien décidé à s’insinuer gentiment jusqu’au plus profond de mes os, il m’a bien fallu passer par la case transports en communs communs. Oui, je répète commun, vu que nous avons depuis peu le concept des transports en communs individuels. Si si .

J’ai donc été happé par la marée humaine montant à Bellecour, avant que la rame dans laquelle j’avais l’infortune de me trouver n’éructe de la quasi-totalité de ses occupants à Saxe-Gambetta. J’ai réalisé – mais plus tard – qu’il s’agissait heureusement de l’arrêt auquel il me fallait descendre. Coup de bol, parce que je jure que je n’aurais rien pu faire pour résister à la foule en délire qui avait résolu de descendre là, m’entraînant avec elle. Jusque là, rien de bien nouveau, le D, c’est toujours comme ça, et j’y suis habitué. Par contre, le B vers Gerland, je ne le prends que lorsque je me rends à l’Etablissement Français du Sang. DU coup, chaque fois je suis ravi d’y découvrir de nouvelles têtes.

Certes, je ne connais pas les innombrables individus qui s’agglutinent chaque matin et chaque soir dans les rames de la ligne D. J’entends par “nouvelles têtes” de nouveaux styles, des Lyonnais autres que les bourgeois bohèmes de ma fac’, que les intellos de Grange-Blanche, que les cadres qui se rendent à la Part-Dieu, que les lycéens de Montplaisir qui font 35 ans alors qu’ils en ont 12, bref, vous voyez ce que je veux dire. Un peu de changement, même minime, fait toujours beaucoup de bien. D’ailleurs, Aristote était l’un des premiers à nous dire qu’il faut se méfier des habitudes (remarquez la pseudo-justification habilement dissimulé sous une très vague référence prétendument philosophique).

Le B donc, jusqu’à Stade de Gerland. Désert, par rapport à celui que je venais de quitter. Toute la foule prend à gauche, vers Part-Dieu et ses tours (ha ha, des tours, qu’est-ce qu’il ne faut pas écrire). Trois arrêts intermédiaires, et un peu de calme bienvenu. L’arrivée au centre, non loin de la bouche, et l’accueil familier : paperasse, personnel chaleureux et, surtout, autres donneurs.

C’est là que ça vaut le coup, et que l’on se dit que finalement, le terme de fraternité que porte avec morgue notre République n’est peut-être pas tout à fait aussi mort que l’on voudrait le faire croire. C’est bête comme pensée. Mais voir des gens si différents, à une heure si matinale et en semaine, s’arranger pour prendre sur leur temps afin d’aider des inconnus, je trouve que c’est quelque chose de vraiment représentatif de la sacro-sainte “solidarité”. A côté de moi, un business man grisonnant, la cinquantaine, costume-cravate et chapeau, qui lit un Metro; un jeune, vingt-cinq ans à vue de nez, carrure imposante et chapelet bouddhiste en guise de collier, avec baskets et t-shirt de rap; une femme, la trentaine, habillée simplement et qui se triture les cheveux nerveusement avec sa main élégamment baguée; un autre homme, la trentaine lui aussi, athlétique, avec tenue de sport et portable à l’oreille; une maman, accompagnée d’un petit garçon de cinq ou six ans, qui fait de grands sourires; une jeune femme enfin, pas beaucoup plus âgée que moi, avec sac Longchamp et perles en guise de boucle d’oreilles.

Rien à voir entre ces gens. Certains donnent leur sang, d’autres leur plasma, pour moi ce matin c’étaient les plaquettes. Ma première fois. On m’explique la procédure, l’infirmière est visiblement en formation. Sa première fois pour ce type de don. Un peu hésitante mais rassurante, avec sa chef qui la surveille du coin de l’oeil. Un oeil acéré, mais qui devient amical lorsqu’elle vous propose une boisson ou un biscuit, tout en surveillant les poches transparentes qui peu à peu se remplissent.

Une grosse heure au final. Une collation, pour se remettre de la fatigue occasionnée, et c’est reparti pour une journée au temps pour le moins maussade mais qui pourtant s’illumine à la vue des sourires de tous ces gens, hétéroclites, différents, visiblement pas vraiment issus du même milieu, qui pourtant ici se côtoient, s’interpellent, se rassurent mutuellement. Le petit garçon apporte à sa maman un pain d’épice, tandis que celle-ci discute avec le business man, lui-même à côté du gars au chapelet bouddhiste.

C’est dingue ce qu’on se tamponne des minorités visibles dans le coin. De toute manière, le sang qui coule dans les tubes est toujours rouge.

“Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre”, disais-je au début de ce laïus, un peu long, je m’en excuse. Pas sûr que ce soit tout à fait vrai. C’est peut-être parce que moi, si j’ai un accident, j’aimerais qu’un type un peu glandeur, un brin cynique et peut-être même tenant un blog, se dise que c’est le moment de donner son sang, histoire de me sauver la vie.

Ouais.

PS : Si les donneuses pouvaient être comme ça , aussi, je suis sûr que ça motiverait du monde. Moi, c’que j’en dit…

Dec
16
2008
0

[Dixit] La lettre à l’avocat

Le fait est que je lis toujours avec une grande curiosité le blog de Maître Eolas . Tout d’abord parce qu’il écrit fort bien : c’est toujours chose agréable que de pouvoir apprécier ce genre de plumes dans la sacro-sainte “blogosphère” française bien en mal de talents littéraires. Ensuite parce qu’il nous entretient avec une régularité à faire pâlir un lycéen manifestant de sujets juridiques, auxquels je n’entends habituellement pas grand chose, n’ayant guère de formation dans ce domaine.

Or, lire les chroniques d’un avocat (car telle est la profession d’Eolas) est loin d’être aussi lénifiant qu’il n’y paraît. L’auteur s’arrange toujours pour commettre des billets en phase avec l’actualité, où il donne bien sûr son opinion – c’est ce qui fait tout l’intérêt du blog en tant que support rédactionnel, et tout l’intérêt de leur lecture – mais explicite également, en termes accessibles aux néophytes, les tenants législatifs ou jurisprudentiels de l’affaire en question.

Fi de ces remarques, allez donc lire quelques uns de ces articles, vous comprendrez par vous-même.

Mais si je vous en parle aujourd’hui, c’est un pour un billet en particulier , sobrement intitulé “La lettre ”, et dont je voulais souligner la qualité tout autant que la candeur. C’est une lettre, qui est adressée à l’avocat par l’un de ses clients, incarcéré à des centaines de kilomètres de sa famille, et qui ne veut pas repartir une fois de plus loin d’eux.

Ca se lit les yeux ouverts, le coeur sur la main et les préjugés soigneusement déposés à l’entrée. C’est juste un petit morceau de texte, où l’on se prend à sourire aux fautes d’orthographe pour ne pas trop s’émouvoir du fond. Prenez quelques minutes, c’est édifiant.

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Oct
04
2008
1

[Ciné] Jan Kounen

On parlait encore récemment du film de ses français, et de ses… euh… on va dire errances. Eh bien en voilà des pas comme les autres, si intéressants qu’on douterait même de leur caractère hexagonal.

A la base je voulais vous parler de 99 francs, mais puisque c’est à la mode d’essayer des articles plus longs, je m’attarderai un moment sur Jan Kounen. Jan qui ? Kounen. Le réalisateur de films passés inaperçus (car pas top) comme Blueberry, mais aussi et surtout d’un monument du cinéma français, si on peut encore parler de cinéma : Dobermann. Si vous ne connaissez pas sautez littéralement dessus – car oui, il y a Monica Bellucci dedans.

Sorti en 1996, ce film d’action survitaminé a défrayé la chronique dans nos tranquilles contrées, tant il était irrévérencieusement délicieux. Violent, Sexy, Gore souvent, toujours délirant et associal, ce film est une pépite. Pas convaincu ? bon, j’emploie les grands moyens : sans vous faire le pitch (même s’il tient en 2 lignes, je l’avoue) on peut y trouver :

- un gangster chevelu qui a un flingue depuis son berceau (littéralement)
- sa copine nympho complètement sourde, qui aime baiser pendant les braquages
- un taré divorcé qui joue au tennis en tirant sur les balles et en insultant tout ce qui bouge
- un autre taré qui ne jure que par son chien et les transsexuels qu’il fréquente, coqué jusqu’au sphincter
- un autre autre taré qui s’habille en prêtre, parle comme un prêtre et fourre des grenades dans le casque des motards, ou encore joue les voyeurs en regardant un des autres tarés s’envoyant une nana

… vous mélangez ça à un flic nazi joué par Tchéky Karyo, et voilà.

Tepoum. Ca envoie du marbre par palette, ça cramponne à son siège bien comme il faut, et ça fait marrer 2 heures durant, avec ce qu’il faut de fusillades, de cruauté, de délires, de manque de respect et d’amo… … euh… d’amochement de façade sur le périphérique.

Film à voir en VO.      Mouahaha.

M’ENFIN je m’égare. Car oui je suis bien ici pour parler de 99 francs, de Jan Kounen donc (voir plus haut). Non je me répète pas.

Est-il utile de présenter Jean Dujardin ? A moins d’avoir vécu dans une grotte ces 5 dernières années, ou pire encore, hors de France, vous l’avez aperçu sous les traits de Loulou, de Brice, de Hubert (ou Lucien, ça dépend de la blanquette) et dans diverses comédies moyennes sans prétention et/ou nulles.

Hors le voilà ici avec un réalisateur pas forcément gentil, dans une adaptation d’un auteur qui ne l’est pas plus, le mignon et Lafayette Frederic Beigbeder. Adaptation du bouquin éponyme donc, le film décrit la vie d’Octave, vieille pute de 30 ans qui bosse dans la publicité et qui fait sa crise de la quarantaine avant l’heure dans un océan de cocaïne, de filles et de paillettes. Je n’irai pas plus loin, je ne suis pas costaud pour résumer des bouquins que je n’ai pas lu (même si j’y travaille, rapport à mes études).

Bon alors pourquoi aller voir ce pétage de câble là plutôt qu’un autre ? Allez hop, on va balancer 5 bonnes raisons :

- pour Jean Dujardin. Qu’on aime ou on aime pas ses prestations, il joue un grand malade aussi inteligent que détestable dans une partition qu’on croirait écrite pour lui. Un grand acteur qui s’en donne à coeur joie, on voit à quel point il apprécie de jouer le pire des enfoirés, que ce soit en voix off ou dans les bras d’Elisa Tovati (et on le comprend)
- Pour la réalisation. Le monde de la pub est un kaléïdoscope d’images, de sons et de symboles, un labyrinthe de concepts et de chiffres que Kounen utilise avec talent. Et ironie. Quand il pique une idée au Fight Club de Fincher, il le marque dans les sous-titres qu’on ne voit qu’en mettant pause. Visuellement très inspiré, il passe du cinéma à la pub, en cotoyant le dessin animé psychédélique et les fantasmes gigantesques, le tout avec une extraordinaire fluidité. Grand Bonhomme.
- Pour la fin, qui en décoiffera plus d’un. Comprendre que le scénario est brillament mené. Sûrement un reste du bouquin. Mouhaha.
- Pour le sadisme, le cynisme, l’arrogance, la perversion, le mal-être, l’irrévérence, l’ivresse et l’amour du péché. Et tout ça est hilarant et captivant. Fallait que je le place quelque part.
- A titre anecdotique, la première vidéo publicitaire jamais tournée vous attend à la fin du générique. Pour les curieux.

Voili voilou
Portez vous bien !

BaKament Vôtre,

Tobi
Sep
17
2008
1

[Ciné] Rentrée du Cinéma

La rentrée du Cinéma, c’était donc jusqu’à hier, et j’espère que comme nous vous en avez bien profité. Sinon, ben… revenez l’an prochain quoi. Enfin bref, je vais vous faire un compte rendu à peu près détaillé de mon marathon cinéma, car croyez moi quand vous enchaînez 5 films dans une journée, c’est du sport : il faut du courage, de l’organisation et une paire d’yeux level 12.

Une fois n’est pas coutume, j’ai tenté de mettre l’accent sur le cinéma français durant cette journée. Non sans appréhension, parce que bon, après des « succès » ayant comme nom Bienvenue chez les ch’tis, ou le prochain « carton » de Faubourg 36, il y a franchement de quoi s’inquiéter. Et bim dans ma gueule de langue de pute, le cinéma français se porte bien, comme en témoignent les 3 films dont je vais vous parler.

La fille de Monaco est le dernier film d’Anne Fontaine, qui pour information sera prochainement à la réalisation d’un biopic sur Coco Chanel avec Audrey Tautou dans le rôle titre.

La fille de Monaco est avant tout une comédie grand public avec un casting efficace sans être people. Louise Bourgoin, présentatrice charmante et délurée de la météo sur canal+, campe ici une jeune présentatrice de météo charmante et délurée à Monaco, débordante d’ambition et de sex-appeal. Pour accéder enfin à la célébrité, elle n’hésite pas à se rapprocher d’un grand avocat parisien, venu sur le rocher pour un procès délicat. Un avocat pas comme les autres, timidement amoureux et plein de doutes, un homme qui s’arme et se défend par l’érotisme de ses mots, mettant en exergue chaque minute son amour de la vie dans tous ses moindres détails. Evidemment c’est ici qu’on retrouve Fabrice Lucchini, un rôle sur-mesure comme qui dirait. Inconditionnel fan de ce grand bonhomme, je ne peux rien en dire sinon qu’il est comme à son habitude exceptionnel. Pour le reste c’est à vous de juger. Cependant dans cette amourette peu probable naissante se glisse un troisième protagoniste, le garde du corps de l’avocat, joué par Roschdy Zem – que Zem beaucoup d’ailleurs (si si). Une histoire en triangle souvent drôle, toujours sensuelle mais jamais stéréotypée. Cette comédie légère en apparence cache bien son jeu, avec une fin tragicomique étonnante.

Niveau bande-son et réalisation, c’est du cinéma français typique, donc bien mais pas top. Mais après tout on s’en fout, on passe un bon moment en compagnie de ce trio infernal qui part en cacahuète.

Comme les autres est le premier film de Vincent Garenq, et quel film ! Un pitch simple pour un sujet qui suscite de lourds débats dans nos temps troublés.

Emmanuel (Lambert Wilson) et Philippe (Pascal Elbé) filent le parfait amour, jusqu’au jour où Emmanuel décide d’avoir un enfant… mais pas Philippe. Après avoir essayé de se faire passer pour le parfait hétéro célibataire auprès de la DASS, ou encore de trouver le parfait couple gay de l’autre sexe pour un échange de bons procédés, il se décide finalement à faire un mariage blanc avec une argentine sans papiers (Pilar Lopez de Ayala), en l’échange de quoi elle lui fera un enfant. Au niveau des tabous sociétaux, on va loin et pourtant on y glisse sans chuter.

Le trio d’acteur est émouvant et extrêmement convaincant. Lambert Wilson est particulièrement touchant dans sa recherche de paternité, mais ce sont surtout Pilar Lopez de Ayala et Pascal Elbé qui m’ont surpris. On aurait facilement pu tomber dans le gnan-gnan et les clichés ridicules mais tout ici est parfaitement orchestré : les sujets sont traités avec pudeur et sensibilité, sans tomber ni dans la sensiblerie ni dans le malaise. Tout est naturel et se passe comme tel, aucun point de vue n’est imposé par le réalisateur. Et enfin, ce n’est pas pour nous déplaire mais il s’agit là encore d’une comédie grand public qui vous fera rire quelques bonne fois. Tous les films présentés ici sont de bonne qualité, mais celui-ci doit être celui qui m’a le plus surpris, tant je ne croyais pas à Lambert Wilson dans ce rôle. Faut dire que la dernière fois que je l’avais vu, il jouait un médecin bionique. Ceci explique cela.

Comme les autres, un film pas comme les autres qui vous fera passer un agréable moment si vous vous y prêtez.

Le plus beau jour du reste de ta vie, film de Rémi Besançon, est LE film frnaçais de la rentrée. Encensé de toute part par les médias, les critiques et les spectateurs en même temps, il ressemble fort au messie cinématographique français qu’on attend depuis si longtemps. Alors Fake ou pas ?

Recadrons les choses, il s’agit ici d’une chronique familiale : un grand-père, le fils et sa femme, et 3 petits-enfants. 5 membres (le grand-père est plus un second rôle qu’un personnage central) pour 5 jours qui ont changé la vie de la famille toute entière. On suit donc chronologiquement le destin de cette famille au cours de différents évènements relatifs à chacun au cours de ces dates particulières, organisées en chapitres à l’écran. La réalisation est d’ailleurs fort sympathique, très inspirée visuellement avec de jolis plans. La bande-son est signée Sinclair, et comme à son habitude ses compositions/reprises au cinéma font mouche et vous transportent aisément.

Le casting 3 étoiles fonctionne plutôt bien, avec une mention spéciale à Zabou Breitman et Jacques Gamblin qui signent des rôles plus profonds qu’il n’y parait.

La profondeur. Vaste sujet. Sur le papier et sur l’écran ce film a tout pour plaire : la chronologie, les acteurs, le son, les intrigues familiales. Oui mais voilà ces intrigues ont peiné à me convaincre. Membre d’une famille de 3 enfants moi aussi, j’ai plus retrouvé des clichés dans ce film qu’une « vraie » histoire familiale qui à mon sens justement, ne peut être qu’unique et pas commune à d’autres. En matière de chronique familiale, Le premier jour du reste de ta vie s’en sort à merveille, mais si vous aimez ce genre de films, la référence absolue reste C.R.A.Z.Y. , une merveille du Québec qui vous transportera encore plus loin et plus fort. Il demeure que ce film de Rémi Besançon reste bon. Même si on est comme votre serviteur un peu sceptique au début – et ça c’est si vous êtes perfectionniste – on finit par se laisser porter par l’histoire de cette famille « ordinaire » et on profite de quelques beaux moments de cinéma, avec ce qu’il faut d’émotion et de légèreté.

Voilà pour le côté French Touch de cette rentrée du cinéma^^

Incessamment sous peu viendront d’autres articles pour sortir de ce carcan hexagonal et vous présenter Be Happy, Wall-E, Cafe de los Maestros qui porte bien son nom et C’est dur d’être aimé par des cons, français mais hors catégorie, car même un article ne suffirait sûrement pas.

BaKament Vôtre,

Tobi
Sep
17
2008
2

[Ciné] Cafe de los Maestros

C’est assez rare qu’il me faille éprouver la peur de manquer de vocabulaire pour brosser le portrait de quelque chose. Prétentieux? Certainement. Il faut dire que le sujet pouvait également le paraître de prime abord.

Commençons par le commencement. Vous le savez, c’est avec l’excellent Dark Knight que Tobi et moi-même avons découverts le Comoedia, ce fameux cinéma qui vend des pâtes de fruits, des tartes à la praline et des cannelets, faisant le bonheur de mes papilles et le malheur de mes joyeux compagnons tant j’en gargouille de plaisir par la suite (bon appétit bien sûr). On dira ce qu’on veut, j’ai au moins la reconnaissance du ventre: là où il mange bien, le MieL revient, comment ne le dit pas le proverbe. Et de fait les bandes-annonces visionnées avant les films – notons que ce sont bien les films proprement dits qui commencent à l’heure indiquée sur le programme, pas les pub’ comme ailleurs – nous ont fait saliver.
C’est comme ça que nous sommes allé voir C’est dur d’être aimé par des cons, Be Happy et autres Silence de Lorna. Il faut toujours que nous fassions la review du premier d’ailleurs, le second se résumant par une excellente ambiance et une actrice principale juste magique qui servent un film aux accents bucoliques et résolument joyeux. Un bon moment donc, mais qui ne confine pas au génie non plus.
Et parmi ces films qui ont eu l’heur de nous interpeller, il y en avait un qui nous a intrigué, j’ai nommé Cafe de los Maestros. Le pitch était assez simple: il s’agissait visiblement de réunir tous les grands noms qui ont fait, de par leurs talents, la période de gloire du tango dans les années 40, dans le cadre d’un concert hors du commun dans le Grand Théâtre de Buenos Aires. Voyez plutôt:

Mais là c’est évidemment le moment où vous vous demandez ce que nous en avons pensé. Il faut tout d’abord savoir que nous y sommes allé à plusieurs. Pour ne citer que les rédacteurs du BaKa Book, nous avions Tobi, Baba et Loo sous la main, ce qui n’est pas si courant. Comme de bien entendu, nous sommes partis à l’arrache de chez moi, Baba remontant le temps pour aller chercher Loo et pour finalement réussir à nous amener à bon port à 20h57 tapantes. Stress, le film est à 21h, nous en sommes à espérer qu’il n’y ait pas beaucoup de monde quand nous apercevons la file monstrueuse devant le ciné.
Fort heureusement, Tobi et consorts nous attendaient au milieu. Loo est un boulet, il reçoit un appel, doit rester dehors pendant que nous achetons nos places en attendant les derniers qui ne sont toujours pas là. Bref, nous entrons à la bourre, et pour Loulou plus qu’à la bourre (mouhaha), mais nous y sommes.
Ce que j’en ai pensé, je le crains, n’est pas partagé par toutes et tous. Cha n’a pas trop aimé, Baba a manqué de s’endormir mais a tout de même apprécié la musique, Cocc’ s’est faite un peu chier d’après ce que j’ai compris. Clo par contre a halluciné devant l’agilité des bandonéonistes, tandis que Sand’, Tobi et moi-même avons juste passé un excellent moment. J’insiste, un moment confinant à la ferpection.
J’ai trouvé l’ambiance générale magique, le rendu de l’atmosphère du berceau du tango, Buenos Aires, y  étant pour beaucoup. Les flash-backs, réalisés au moyen d’images d’archives de l’époque et des témoignages des différents maîtres qui semblent arriver petit à petit contribuent à créer ce climat très particulier, qui donne l’impression d’une montée en puissance. La première partie du film est en effet constituée d’une sorte de making of théâtralisé du concert: reconstitution des partitions, retrouvailles, répétitions, sont instillées et orchestrées avec finesse et subtilité, parvenant à rendre le film relativement rythmé, ce qui n’est pas simple lorsqu’il s’agit comme ici plus d’un documentaire que d’une romance.
Les rires de ces gens, leurs visages marqués par les années qui passent, leurs rides et leurs instruments, autant d’éléments qui paraissent devoir rendre compte de leur passion pour la musique qui les a vu naître, qui les a bercé et qui a fait leur succès. On frissonne à l’écoute des ouvertures, on sourit lorsque les premières notes du piano de Salgàn ou les premières mesures des partitions reconstituées de Berlingieri surgissent enfin. Et l’on tremblerait presque quand entre en scène Virginia Luque, une grande dame aux yeux pétillants, dont le visage soudain s’illumine lorsqu’elle entonne le refrain de cette chanson triste nous contant les malheurs d’une femme éplorée.
C’est admirablement bien arrangé par Salles, et diablement bien joué par des artistes qui n’ont décidément rien perdu au cours des années. C’est peut-être moins virulent dans la gestuelle, certains costumes semblent plus stricts, mais la ferveur, elle, est bien présente. L’espagnol, sous-titré en français, rajoute au charme de la chose, et l’on est très vite conquis par cette joyeuse bande de vieux fous de musique et de danse qui s’offre une dernière scène.
J’aime beaucoup faire comme Amélie dans le poney du même nom; me retourner pour regarder les gens au cinéma. Dommage qu’il n’y ait eu personne devant moi pour le faire cette fois, je devais ressembler à un gamin blafard et plus ou moins béat qui manque d’applaudir à la fin de chaque morceau dans le concert final. Tant pis. Ou plutôt pardon; mais c’est trop bon.
;-)

Tangoment Vôtre,

MieL

PS: Vous l’aurez compris, je vous recommande d’y courir sans plus attendre. Ou alors juste de voir ce qu’en dit Tobi, c’est lui notre expert après tout. Moi je ne suis définitivement pas objectif, je vous fouetterais pour vous y pousser si l’on m’en donne l’occasion.

PPS: Le CD est dans les bacs, à ce qu’il paraît. ;-)

Aug
20
2008
2

[Ciné] The Dark Knight et le Comoedia

Comme je vous le disais hier, nous sommes finalement allé voir The Dark Knight, au Comoedia. Ce sera donc une double review, du film et du cinéma, si vous le voulez bien.

Et si vous en voulez pas c’est la même chose, on n’est pas là pour poutrer des chevreuils, que diable.

Le film tout d’abord, The Dark Knight, est le dernier opus de la série des Batman. Le second, après Batman Begins dont il est la suite directe, à être dirigé par Christopher Nolan et interprété par Christian Bale.

Et de fait, lorsqu’on le compare au précédent (que j’ai du regarder ce matin, ne l’ayant pas vu), il est difficile de ne pas se réjouir de l’évolution des procédés mis en place et du travail qui a été fait sur le scénario. Ce dernier, qui souvent le point critique de ce genre d’adaptation, se trouve ici être d’une densité réjouissante. Et de fait, le film en son entier, servi par un casting à tout le moins convaincant, est empreint d’une rythmique très particulière: c’est rapide, presque saccadé par moments, mais jamais le spectateur ne s’égare dans les rues de Gotham tant la matière semble maîtrisée.

Je ne suis pas un expert, et je ne me veux pas critique: je laisse à mon cher Tobi le soin de corriger mes propos s’il les trouve inconvenants, mais je dois dire que j’ai été très agréablement surpris par ce Batman. Ayant adoré le DA original tout autant que le comic, je ne pouvais qu’être impatient à l’idée de voir un nouvel épisode. Le premier d’entre eux, magistralement orchestré par un Tim Burton en grande forme,  nous avait servi en la personne de Nicholson un Joker des plus entraînants.

Se frotter à un tel mythe était risqué, mais ce fut fait en connaissance de cause. Heath Ledger s’illustre ici dans un rôle qui, à mon sens et tout subjectivement, exploite bien mieux son talent que ne le faisait le cow-boy de Brokeback Mountain. Car il inaugure un Joker qui se veut être rien de moins que l’alter-ego antithétique d’un Batman qui se verra contraint, pour l’arrêter, de s’abaisser à son niveau. A tel point que l’on se demande par moments si le personnage central n’est pas ce visage blanc barré de rouge, échappant à tout contrôle et bouleversant la nouvelle dynamique qui s’était créée avec l’arrivée de la chauve-souris.
Il faut dire que le trio que ces deux-là forme avec Aaron Eckart dans le rôle de Harvey Dent, le nouveau procureur de la ville, est saisissant de cohérence et de logique. L’assombrissement progressif de la trame scénaristique est palpable, et la tension croissante qui s’empare du spectateur ne le lâche qu’après la sortie de la salle. La dernière fois que j’ai été ainsi saisi c’est devant Blood Diamonds, c’est dire.

C’est sombre, c’est noir, c’est l’histoire d’une chute et d’une ascension corrélées tout autant que celle d’une évolution qui paraît tomber sous le sens. Et c’est juste grand.

A ne pas manquer, sans aucun doute, ne serait-ce que pour les problématiques soulevées et assumées de recherche de soi, de déchéance et de folie qui évitent à ce film les pièges d’un Hollywood trop souvent grandiloquent et exégète de l’héroïsme outrancier.

Et puis, on ne saurait trop vous conseiller, si vous êtes sur Lyon, d’y aller au Comoedia: sans vouloir nous faire les apôtres du cinéma indépendant (comme dit Tobi, quand on passe des blockbusters faut pas pousser hein =P) les salles sont d’une qualité très correcte et la rénovation complète effectuée l’année dernière a donné un souffle nouveau à l’établissement abandonné par la licence UGC il y a deux ans.

Repris par une équipe de passionnés, servi par un sens du détail appréciable (la mini-expo d’illustrations dont je vous parlais se marie fort bien avec le visionnage du film) le Comoedia a de plus l’avantage de ne pas être trop cher: c’est 6E pour les étudiants, 7,50E pour les autres, pour un son et des basses réglés au diapason. M’enfin moi je dis ça je fais pas de pub hein, j’dis juste que pour nous c’était cool. ;-)

Ah petite précision, nous l’avons vu en VOSTFR, ce qui contribue à l’ambiance générale du film à mon humble avis. Allez plutôt voir celle-là donc, elle est dispo, outre au Comoedia, au Pathé Cordeliers (ex-Huits Nefs).

BaKament Vôtre,

MieL

PS: Mention spéciale à la bande son, jetez-y une oreille.  
Jun
23
2008
1

[MpM] Atrabile/Atrabilaire

Le retour des Mot pour Mot! Non, les mots ne sont ni morts, ni abandonnés, et ce ne sont même pas les idées qui manquent. C’est juste que les pulsions emplies de littérature ne me prennent qu’à intervalles plus ou moins réguliers.
Trêve de psychanalyse Dr Freud, si vous souhaitez me suivre il vous suffit d’aller voir quelqu’un. En attendant, si nous en revenions à notre mot, ou plutôt à nos deux mots du jour.
Atrabilaire: Qui a rapport à l’atrabile, à la bile noire. Et c’est là que vous comprenez pourquoi nous avons deux mots du jours aujourd’hui, sinon nous ne serions guère avancés. Donc:
AtrabileHumeur noire sécrétée par les glandes surrénales, cause de la mélancolie maladive. Au figuré et pour sortir des chemins pourtant peu battus de la médecine générale, l’atrabile désigne tout simplement la mélancolie, la mauvaise humeur, le ressentiment. Ex: Il ne put s’empêcher de lâcher son atrabile dans son amphigouri endiablé.
De fait, et pour reprendre le fil de notre propos, quelqu’un d’atrabilaire devient une personne mélancolique, coléreuse, pleine de ressentiment, amère. Mais cela peut également désigner un ton, un discours, bref, quelque chose de marqué par la mauvaise humeur. 
A noter qu’un sang atrabilaire, originellement, était un sang noirci, souillé par la présence de bile noire, et que c’est par extension de ce sens premier que l’on a des gens d’une humeur noire, noirâtre, ou sombre. Par ailleurs, la bile noire est un liquide froid et sec, d’où la figuration de la rancoeur et du ressentiment.
A demain pour de nouvelles aventures linguistiques, avec le zélateur et la zélatrice, deux personnages hauts en couleurs. 
BaKament Vôtre,
MieL
Written by MieL in: MPM | Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , ,

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