Dire qu’il y a encore des gens pour croire à un auto-portrait. C’est sous-estimer la longévité de Chuck Norris.
28
2010
(Art) Norge : réalité morbide
Plus petit, Edvard a failli mourir de la tuberculose. Papa Munch, à la mort de Maman Munch glorifie l’existence de son foyer sous le joug de la religion et du puritanisme. Petit Edvard dessine très tôt. Il illustre l’agonie qu’il a pu connaitre lui-même sur le lit de sa mort absente. Blablabla, en somme le petit Edvard parait bien déranger par un univers sombre, glauquissime et poétique.

La Madone et Vampire II, deux lithographies démontrent bien la persistance presque entêtante de la spiritualité paternelle et de l’au-delà maternelle. C’est la mort qui ronge son père, signifiée par cette femme vampire s’adonnant à la pratique de la morsure dans le cou d’un incapable. C’est l’envolée maternelle qui est signifiée dans les rayons presque auréolés qui entoure la Madone; (après c’est mon point de vue lors de ma première observation, je ne m’attarde jamais sur la BaKa depuis le coup du Requiem). Son œuvre illustre à merveille son enfance et fait de Munch l’un des piliers des « romantiques ».
Hum, Le Cri m’a toujours laissé de marbre (ahahah) alors que Vampire II & la Madone + un petit « We Suck Young Blood » de Radiohead sont justes « divinement » parfaits pour me laisser entrer lentement dans l’univers de Munch (et là, oui, on s’autorise encore une fois à penser à Lugosi s’approchant tout doucement de ce cou apparent).
22
2009
(Art) Dear Pierre-Auguste, It’s raining
Les Éditions Taschen me font beaucoup rire ce soir. Je commence à regarder les tableaux de Renoir, quand je m’attarde sur : Les Parapluies, peint en 1883. L’intitulé du chapitre étant : La crise de l’Impressionnisme & la « Période sèche », ceci explique cela. Il en faut peu pour être heureux. Or, ici, mauvaise « impression »… Aucun effet de ce genre en regardant ce tableau, plutôt de la satisfaction, ce dégradé de bleu est délicieux.

Ce qui est étonnant pour un titre pareil (Les Parapluies), c’est qu’en arrière-plan on remarque qu’il fait beau. Les Parapluies seraient-ils des ombrelles ? Non, bien sur que non ! Sinon toutes ces nuances de bleu seraient inutiles ! Alors on s’approche, de cette pauvre « impression » sur papier glacé, pour y voir une flaque d’eau, quelque chose une sorte d’indice. Mais rien. Hormis ce dégradé de couleurs opalines qui peut être (avec de l’imagination) évoqueraient ces arcs-en-ciel que l’ont retrouve parfois sur le goudron trempé. Du coup, on se renseigne. Non, impossible d’obtenir une date crédible tant qu’au goudronnage de la ville de Paris. Là, c’est foutu.
Le pire, cherchez Les Parapluies sur Google image, MON DIEU, vous verrez ! Tiens, ici plus clair, et là plus foncé. Je reste attachée à celle de Taschen.

Résultat, pour répondre à ma question : aller à la National Gallery + épouser un critique d’Art (et là, je me répète).
Quelqu’un a un cousin en Histoire de l’Art ?
13
2009
(Art) Friday, I’m in love
Il y a environ 10 heures, j’ai repensé à ce tableau de Courbet ; le Désespéré. Je me suis alors demandée pourquoi le Créateur ne produisait plus des Beautés pareilles aujourd’hui. Gugus, il est sublime. Il n’y a pas que lui. Il y a aussi « un Enterrement à Ornans », « le Hamac », « le Ruisseau du Puits noir », les yeux émo du « Portrait de Laure Borreau » … (blablablabla).
Là, directement, je me dis, cet article ne va pas plaire à « grand Monde » . Donc je vais m’enfoncer. Sans mauvais jeux de mots… Remarquez, je vous parle de Courbet, et faut avouer que Courbet & le Nu, c’est quelque chose. Il a un certain talent pour peindre les ensembles capillaires.
Ma pensée émue pour Gugus, de ce matin, m’a obsédée toute la journée : « Comment se fait-il qu’aujourd’hui, il soit si difficile de croiser quelqu’un qui a de la gueule ? »

Autant vous dire que je n’ai trouvé aucune réponse ; et ce faisant, j’ai abdiqué, avouant que ma question était d’une très grande débilité.
28
2009
(Dixit) Être heureux, c’est très sain
People are selfish,
the world is out of control,
the earth is bleeding
but I have decided to be happy
because it is healthy
pages 6-7, issue #13, Ninja magazine
23
2009
(Art) Avant d’être rasoir, Vénus était érotisme.
Tiziano Vecellio, dit Titien, partage la scène artistique vénitienne au XVIème siècle au coté de Véronèse et de Tintoret.
Il est de coutume que les trois artistes réalisent leur propre version du tableau d’un autre. Ils donnent tous les trois l’interprétation d’une légende, par exemple, celle de Tarquin & Lucrèce. Lucrèce se fait violer par Tarquin. Alors que Tintoret peint la violence de ce viol à travers les deux corps dénudés, Titien, à son habitude, peint la puissance d’un corps sur l’autre.
D’ailleurs, Titien peint rois et empereurs. Son talent de portraitiste est mis au service de la célébration du pouvoir.
Titien ne se cantonne pas à cela. Regardez la sublime Vénus d’Urbino (lien)peinte en 1538. Pose nonchalante, visage incliné vers la gauche, étendue sur son lit de drap blanc, blondeur incandescente (bien évidemment, pour l’anecdote, on se rappelle que les grandes Dames vénitiennes se rinçaient les cheveux avec de l’urine de jeunes vierges pour obtenir cet « éclat »), la Vénus d’Urbino rayonne de douceur. Elle inspire. Chère Olympia, tu n’es qu’une pâle « copie » ! Titien, c’est exactement ça, une inspiration. Manet (comme nous le disions plus haut), mais aussi Ingres, et surtout Sustris.
Sustris, appelé le Titien des Flandres, rencontre le Maitre à Venise, lorsqu’il est engagé pour réaliser les fonds paysagers. Sustris entre dans l’univers du Titien, au moment où ce dernier peint la Vénus d’Urbino. Sustris a-t-il participé à la réalisation de la toile ?
Si la réponse n’est pas formellement envisageable, on peut penser que cette toile a ému Sustris. Il en fera son interprétation pas moins de vingt ans plus tard. Vénus des Flandres, tu as beau être interprétative, tu restes pudique. Mais Sustris se « rattrape », il dénude les corps dans ses tableaux à la manière du Titien. L’érotisme qui s’en dégage est foudroyant, notamment dans la Vénus et l’Amour. Les colombes qui s’accouplent, l’afflux de sang dans la majeure partie du visage de la Vénus, les longues jambes lassent d’attendre que l’Amour les piquent, la colonne de pierre qui pousse au creux de sa cheville, la volupté des courbes féminines…
C’est la Vénus qui, en maintenant sa main sur la colombe, fait en sorte que les deux oiseaux s’adonnent à leurs occupations… (formule très-très moche). Sans vouloir pousser le vice, on remarque que l’index de la Vénus se glisse entre les deux ailes de la colombe. Le geste est plus que suggestif. Il rappelle celui exercé par la Vénus d’Urbino sur son propre sexe.
L’érotisme à travers la masturbation féminine reste un thème propre à la peinture de la Vénus, pendant le siècle vénitien. Giorgione, vers 1508, crée une Vénus endormie, bras droit relevé avec sensualité et bras gauche glissant près de son « vase », étendue en pleine nature (évoquer la fertilité) sur son drap de satin.
L’équation est simple.
Vénus de Sustris = Vénus de Titien = Vénus de Giorgione.
Mes amis, n’oublions pas ce brave Botticelli…
Je reste, cependant, admirative devant la Vénus du Titien. Car ce tableau est « construit » sur l‘ambivalence : dualité des lieux, opposition nudité/vêtements d’époque et visage découvert voire impudique/visage caché de honte… J’admire cette interprétation du naturel, implicitement provocante, que peut susciter la peinture d’une Vénus.

Je préfère le Titien déshabilleur, que le Titien clameur du pouvoir.
15
2009
(Art) Eponge-moi cette croute !
(Oui, oui, oui ! Idée farfelue, par conséquent, elle méritait son évocation dans le BaKa Book).
Dix ans que Bikini Bottom nous fait rêver avec les aventures de ce génie de Robert (Bob). Le Pavillon de l’eau, à Paris, accueille jusqu’en novembre 2009 divers portraits de Bobby Bob à la sauce Magritte, Botticelli, Léonard, Van Gogh (pour plus d’info : www.nickelodeon.fr ).

Personnelement, j’aurai préférée une exposition sur Carlo et son aigreur.
L’ami Robert garde son célèbre sens du décalé, cette saison au Pavillon, c’est eau douce ou salée pour tout le monde !
30
2009
(Peinture) Linnea Strid, l’hyperréalisme du quotidien
Le courant du photoréalisme s’est développé dans les années 70 à la suite des travaux de McLean, Bechtle ou encore Delcol, préfigurant les hyperréalistes et leurs peintures saisissantes, comparables aux traitements HDR (1) très en vogue de nos jours. Une photo est d’ailleurs presque toujours leur point de départ, la technique consistant à obtenir un rendu détaillé à l’extrême, tant sur le plan de la texturisation que sur celui de la colorisation, des proportions ou de la composition.
Bref, le but est d’obtenir un résultat souvent plus détaillé et plus “vivant” que la photo originelle. Contrairement aux photoréalistes, qui comme leur nom l’indique préféraient coller au rendu argentique, les hyperréalistes choisissent de dépasser ce stade, vu comme froid et dénué de vie, pour mettre en exergue une certaine idée de la narration. Pour eux, il est important qu’une peinture raconte une histoire, et que l’observateur puisse sortir de la dimension mécanique héritée du Pop Art dans laquelle se cantonnaient leurs prédécesseurs.
Linnea Strid est suédoise, c’est une adepte de l’hyperréalisme, et elle est douée. Très. L’eau, le côté trash de sa ville d’Uppsala, les visages déformés, autant de sujets qui font le bonheur de son pinceau, et celui de nos yeux par la même occasion. Un quotidien en HD, en somme. Son FlickR est juste génial. Merci Fubiz pour cette découverte en forme de coup de coeur.
(1) Un traitement HDR consiste à faire “fusionner” au moins trois clichés identiques, pris à des niveaux d’exposition différents, par le biais d’un logiciel adéquat. Certains appareils numériques sont capables de prendre de telles photos nativement, mais ils restent assez onéreux.









