Oct
12
2009
2

(Movie) Cette « obscure clarté » : Was nüszt die Liebe in gedanken ?

Gunther Scheller, ainé d’une famille aristocrate allemande est l’un des membres fondateurs du Club des suicidaires. Ce Club de 1927 a réellement existé. Achim von Borries (le réalisateur) met en scène ce fait divers qui a dérangé l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.

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Dès le deuxième plan, le décor est planté autour de ce (divin personnage). Gunther lit un livre dont l’intitulé est  du Suicide . Il est « ailleurs», non pas dans le sens décalé, ou rêveur, mais plutôt désinvolte et absent. C’est en Salle de Retenue qu’apparait Paul le poète, son « associé ». Il est de nature réservée. Issu d’un milieu modeste, « le prolétaire » au caractère effacé est un narrateur actif . Il sera le seul survivant du binôme.

Gunther est ce jeune homme charismatique à l’allure élancée et à la blondeur étincelante, (quelque peu ravageur et torturé). Cet « ailleurs », qui le caractérise tant, se retrouve en une discrète affection pour l’Absinthe. Il peut tout aussi bien être violemment passionné (l’exemple de la scène dans la cave) que nonchalamment amer. Il joue le rôle du « voyant ». Il a conscience de la nature de ses semblables. Il différencie ceux qui aiment et ceux qui sont aimés. Il a connaissance de la sensualité que dégage sa sœur Hilde (cette fille « qui a tant de passion en elle »). Hilde est membre du Club, à son insu. Elle aime tant à séduire qu’elle attire Hans (l’amant bisexuel) et l’extirpe des pattes de Gunther.  Lorsque  Gunther réalise que Hans ne l’aime pas, son visage s’assombrit, ses joues se creusent et  son regard semble inerte. C’est à ce moment là qu’il va accomplir le pacte du Club.

Là, mes amis, ils ne faut pas rêver. Au fond, ça me tue de vous parler de ce film. J’aurai voulu le garder secret pour moi et quelques autres personnes, qui par un pur hasard m‘ont demandé de le voir (au nombre de trois). Peu importe, je vous conseille vivement de le visionner, (si vous êtes atrabilaire ou Dom Juan).

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Cependant, je peux vous dire pourquoi ce film n’est que pure poésie. C’est parce qu’il réalise une séparation distincte entre deux mondes, un constant parallélisme. Celui d’une  Nature généreuse/abondante signifiant la vigueur, la musique, l’humidité, la sensualité environnante que dégage la jeunesse; et d’une Nature aride comme lors de la formation du Club, ou lors des appels à la tristesse et au silence quand les deux protagonistes se retrouvent seuls. Le clair-obscur, non pas dans son interprétation baroque, mais plutôt dans le principe d’opposition entre faits et gestes ne mérite qu‘à être contemplé. Cette idée de luminosité “poétique” tantôt obscurcie avait été développée dans le film Éclipse Totale, où nous étions face à l’expression des  sentiments amoureux de Verlaine & Rimbaud. La beauté des images et l’amplification du son, quand les deux personnages sont seuls étendus dans la Nature est purement ineffable (j‘en ai la chaire de poule).

L’ensemble du « flim » tourne autour des dernières heures avant l’instant fatidique, (et ce film est d’une exquise finesse visuelle). On peut retrouver ce principe dans Last Days de Gus van Sant (oui, je m’étais endormie au ciné… mais ça c‘est juste parce que Michael Pete & sa bouche de poulpe me sortent par les yeux). Mais ici, les dernières heures sont tantôt vaporeuses et funestes, tantôt libertines et sauvages. J’avouerai que mon affection pour Was nüszt die Liebe in gedanken ? réside dans la qualité visuelle des images et du travail accomplit  sur les effets opalins & ambrés.

Mais encore une fois, je n’arriverai pas à vous dire clairement pourquoi. C’est surement mon autisme enfantin qui vous tord le cou (oui, pensez à la pendaison, « ça se marie bien » avec l‘atmosphère du film).

Aug
02
2009
0

(MPM) Stercoraire

Le principe ? Tous les dimanches, un mot ; tous les mots, un dimanche. Pour se cultiver, pour s’amuser, pour jouer avec ou pour en faire des pâtés, les mots, c’est rigolo. Ca s’appelle le Mot pour Mot !

Et cette semaine comme promis, nous refaisons le portrait du mot stercoraire. Je vous avais annoncé qu’il s’agissait d’un gros morceau, ça l’est au sens propre – sigh – comme au figuré, vous allez vite le comprendre. Amis poètes, passez directement au prochain billet.

180px-Arcticskua2STERCORAIRE, adj. et subst. masc.
I.  Adjectif
A.  1. Qui a rapport aux excréments; qui concerne les matières fécales. Synon. stercoralMe voici (…) revenu aux origines, à la virginité du monde et à son prodigieux gaspillage de fécondations, de déchets, de matières stercoraires (ARNOUXRhône, 1944, p. 409).
Synon. de scatologiqueImaginations stercorairesLe grand plaisir de causerie de la société, ce sont les plaisanteries stercoraires (…). Oui, la merde, les pets, c’est le fond de la gaîté (GONCOURTJournal, 1863, p. 1327).
P. ext., littér. Qui concerne n’importe quelle excrétion sortant par les voies naturelles. Je trouve mon homme couché et hurlant. Faciès cadavérique, vomissements stercoraires (A. FRANCEOrme, 1897, p. 130).
2. Au fig., littér. Qui inspire le dégoût; qui est répugnant, ignoble. Ce n’est pas de la colère (…) que j’éprouve en voyant l’envie qu’elle a d’aller picorer dans cette musique stercoraire. C’est du chagrin (PROUSTSwann, 1913, p. 289). Dominique l’interrompit pour expliquer posément qu’elle n’acceptait d’hommages que platoniques et qu’il ne pouvait être question entre eux des viles et stercoraires réalisations de l’amour charnel (QUENEAULoin Rueil, 1944, p. 173).
B.  BOT., ZOOL. Qui croît, qui vit sur les excréments, le fumier. Insecte, plante stercoraireLe surtout est enduit d’une huile parfumée, comme l’escarbot stercoraire, qui, au moyen de cette onction, s’enfonce sans se salir dans les excréments des animaux, et conserve la beauté de sa robe d’un bleu pourpre (BERN. DE ST-P.Harm. nat., 1814, p. 151).
II.  Subst. masc.
A.  ZOOLOGIE
1. Insecte coléoptère qui vit sur les excréments, sur le fumier et s’en nourrit. Quelle consolation de connaître enfin [à la lecture de Fabrepourquoi je ne trouvai jamais d’œuf dans les boules de crottin que je dérobais aux stercoraires! (GIDEJournal, 1910, p. 303).
2. Oiseau palmipède marin, au plumage foncé, voisin de la mouette et qui attaque les oiseaux de mer pour se nourrir des proies qu’il les force à dégorger. Synon.labbeLa mouette tridactyle (…) est invariablement accompagnée de son audacieux parasite le stercoraire (…) qui force ce malheureux oiseau à dégorger les crustacés et les menus poissons dont il se nourrit, et les happe avant qu’ils soient retombés à l’eau (ROUCHRégions polaires, 1927, p. 184).
B.  PSYCH. Pervers sexuel dont l’émotion érotique est liée à la vue, à l’odeur ou à la manipulation de matières fécales. La perversion des stercoraires se relie directement au fétichisme du corps et est souvent associée au masochisme (POROT 1975).

Je vous avais prévenu, c’est un mot des plus utiles, mais passablement… iconoclaste.

Notons que pour ma part je suis tombé dessus dans une BashFR (enfin ça s’appelle DansTonChat maintenant, c’est moche), celle-ci plus précisément, histoire que vous puissiez contextualiser.

La semaine prochaine, ce sera interlope. Qu’on se le dise !

May
26
2009
2

(Brèves) SMS, size matters, étymologie, fête des voisins, Terminator auto-terminé

graphique-penis-plaisir-sexactu-maïaAujourd’hui est le jour des questions existentielles. Ou le 26 mai, c’est selon. Mais c’est un bon jour pour découvrir pourquoi nous vivons en 160 caractères. Nonobstant, comme toujours, la vraie question est ailleurs. Puisque la question la plus vieille du monde c’est de savoir quelle taille constitue un idéal pour rentrer dans le con. Et je parle de ce con là, bien sûr. Size matters, comme dirait l’autre.

Sinon dans le vrai monde c’est la fête des voisins. C’est donc le bon moment pour trouver des raisons pour ne pas y aller. En plus, vu le temps qu’il fait, vous feriez mieux d’aller acheter un parapluie, au moins ce sera utile. Soyez asociaux que diable !

Pendant que j’y suis, preuve est faite que les lyonnais sont probablement les entrepreneurs ouèb les plus drôles. En tout cas je crois qu’une douche comme ça serait du meilleur effet au GQG. Avec le robinet de la dernière fois tiens.

Pour finir, une alternative : soit le dernier Terminator est affreux, soit nos amis outre-Atlantique ont vu leur moyenne d’âge cruellement baisser la semaine passée. Le box office ne comprend pas, et aurait déclaré : “what the hell ?”.

Ce billet est maintenant auto-terminé*.

*comprenne qui pourra.

PS : tous les trucs en gras sont des liens, hein. Comme ça vous pourrez battre votre record d’onglets ouverts. De rien.

May
25
2009
1

(Brèves) Coupat coupe, crisis dura crisis, le paquet de clopes illustré, Hubble et Corée du ch’nord

picture-628Nous sommes le 25 mai 2009, il est 20:00 (ou presque), et les nouvelles d’aujourd’hui sont engageantes. Ou pas.

  • La thèse anti-étatique à la sauce Coupat / Ca buzze pas mal depuis ce matin sur Twitter suite à cette interview de Coupat sur LeMonde.fr, longue et bien argumentée. Une lecture édifiante pour qui aurait du mal à saisir l’actualité des thèses anti-gouvernementales.
  • Crisis Dura Crisis / Ca va pas mieux, ça va pas pire, et de toute manière si l’on s’en tient à la théorie des cycles, ça va finir par remonter. *hope*
  • Le Petit paquet de clopes illustré / Vous aussi, regardez l’état de vos dents dans 20 ans chaque fois que vous sortez une indus’ de son paquet.
  • Vers l’infini et au-delà ! / Hubble reprend du service pendant que la navette qui l’a réparé s’en retourne à Carnaveral sur le dos d’un Boeing. 2 millions, à cause du mauvais temps. Une bagatelle.
  • Et pendant ce temps-là, en Corée du Nord
Mar
09
2009
0

(Pic) Quand les photos nous travaillent : du travail, encore du travail

Alors que les plus gamers d’entre vous reconnaîtront certainement l’intitulé de ce billet, les autres se précipiteront en omettant soigneusement et comme d’habitude de lire mes âneries vers la nouvelle galerie de photos de The Big Picture, consacrée donc, vous l’aurez compris, au travail. J’aurais pu mettre un lien stupide pour vous piéger, mais même pas. Je suis trop gentil.

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Des personnes à l’ouvrage, des usines en action, des photos dont l’excellente qualité ne se dément pas au fil des articles et des commentaires d’une sobriété appréciée, qui laissent au lecteur la liberté d’interpréter selon son bon plaisir les clichés présentés. Des travailleurs vérifiant la qualité de monceaux de peluches jusqu’à ces autres inspectant une peau de crocodile que n’aurait pas reniée Yves Klein, le travail s’est décidément ramifié de manière exponentielle.

Alors que les problématiques liées à l’utilisation de ce facteur de production dans la création de richesses n’ont jamais semblé aussi présentes qu’à l’heure actuelle – amis de la phrase d’introduction de dissertation bateau valant un zéro pointé bonsoir -, réfléchir sur l’éclectisme apparent du travail en lui-même paraît mener à un inexorable triomphe du système libéral, créateur d’industrie, de technique et de technologie qui à leur tour conditionnent de nouvelles possibilités d’exploiter le travail de l’homme. Comprenons-nous bien : si l’on conçoit l’analyse de la production de manière basique et très scolaire, sous un angle à la fois simpliste et manichéen, on ne peut que constater combien complexe est devenue la taxonomie du travail comme du capital. Tout est lié, nous prouvait Lavoisier, et nous le constatons à l’échelle de l’interpénétration de nos économies nationales, mais cela ne veut pas dire que nous allons vers une simplification du monde, ou même vers une mélioration de ce dernier : aussi optimistes qu’aient été les tenants du pacifisme libéral, le fait est que les traductions concrètes de leur idée d’une pacification des relations internationales par l’entremise de l’intensification des échanges ne sont, pour le moins, pas saillantes.

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Cette idée d’une société mondiale de plus en plus complexe, gagnée par la technocratie au sens propre du terme, c’est-à-dire par le règle de la technique et de ceux qui en connaissent les tenants, n’est pas nouvelle. C’est le concept du progrès constant, ou exponentiel : on ne peut enrayer le processus de technicisation une fois ce dernier initié. Une nouvelle technologie en sous-tend forcément d’autres, ou une amélioration des existantes, qui vont elles-même permettent de nouvelles percées : ce cercle sans fin, s’il peut être dans une certaine mesure freiné par une législation adéquate, ne saurait pourtant être stoppé ; de là, la question de savoir où va nous mener notre chemin paradoxal vers l’individualité à l’échelle du monde, se pose forcément.

Mais l’horloger chargé de remonter ses mécanismes ne se compare probablement pas à l’une des roues dentées de ce dernier. Ce serait d’une part penser que nous pouvons nous abstraire d’une manière incroyable de notre ego, ce qui paraît au mieux difficile, et d’autre part croire que, quelque part, nous sommes réellement les rouages de quelque ensemble indéfini, allant vers quelque chose. L’horloge se charge d’entraîner des aiguilles figurant notre vision conceptuelle de l’avant et de l’après : nous tous, ensemble, nos travaux respectifs, nos vies respectives, à quoi pourraient-elles alors servir ?

Mar
09
2009
1

(Insolite) Si Barbie était réelle, serait-elle à tomber ?

Mieux vaut lire cela que d’être aveugle. Mais à peine. Pour bien commencer cette nouvelle semaine donc, une info de la plus haute importance qui saura, j’en suis certain, relever le niveau de nos conversations en société. Barbie, la célébrissime poupée à la plastique en plastique très plastic explosive, fête aujourd’hui ses 50 ans. D’ailleurs pour ce qui est des anniversaires, on a fêté hier les 99 ans de la Journée de la Femme, les 10 ans de la mort de Stanley Kübrick et les sept ans de mon cocker (il va bien, merci).

barbie poupée 50 ans robe rougeMais l’info est à venir : en effet, c’est la BBC qui me fournit aujourd’hui matière à chronique, au travers d’un article s’interrogeant sur ce que serait la vie de Barbie si elle était une vraie femme, vivante. Barbie, de son vrai nom Barbie Millicent Roberts, fait donc l’objet d’une sorte de polémique, et ce depuis sa naissance. En effet, ses formes pour le moins généreuse – je laisserai au Laquais le soin de prendre les mesures à vue de nez – n’ont pas été sans déchaîner quelques passions universitaires et/ou critiques, quant à savoir si ses créateurs avaient produit quelque chose de “possible” ou non.

Ce n’est pas très clair, donc voici l’interrogation : si Barbie était vivante, à taille humaine, serait-elle “viable” ? Pourrait-elle marcher, courir, faire du shopping* ?

L’Université de South Australia affirme qu’une femme sur 100 000 possède des proportions comparables à celles de la poupée : c’est donc possible, mais très rare. L’Université de l’Hopital Central de Finlande à Helsinki a quant à elle statué sur le fait que si Barbie était à taille humaine et vivante, il lui manquerait entre 17 % et 22 % de graisse pour pouvoir avoir des règles. A nouveau possible donc, mais pas très sain, dixit la journaliste de la BBC. Et donc, dans un souci d’exactitude et faisant preuve d’une curiosité journalistique remarquable, Denise Winterman a choisi de prendre un modèle et de lui appliquer des transformations visant à lui donner les mêmes proportions que la quinquagénaire.

barbie serait elle a tomber transformation proportionEdifiant n’est-ce pas ?

C’est donc possible, mais pas forcément très enviable. La question est donc de savoir si le fait qu’une poupée véhicule l’image de la perfection au travers de standards si rares est préjudiciable ou non. D’un autre côté, ce n’est qu’un jouet, et d’aucuns de vous répondre qu’il est fort dommage de se baser sur ce genre d’objets pour essayer de construire l’idéal féminin. Mais quand on voit que certaines fans sont prêtes à subir des opérations chirurgicales complexes afin de ressembler à l’idole de leur jeunesse, on peut se demander si Barbie n’est vraiment rien de plus qu’un jouet. Sarah Burge, la “Real Life Barbie”, a ainsi tout fait pour calquer sa vie sur celle de son héroïne.

sarah burge real life barbieC’est moche je sais, et l’on tombe dans le trivial. Cela dit, l’étude du “cas Barbie” n’est pas inintéressant, puisqu’il a contribué au fil des années à cristalliser les débats autour de l’image de la femme dans l’imaginaire collectif. Les petites filles grandissent en ayant sous les yeux l’image d’une blondasse péroxydée aux proportions vertigineuses – au sens propre puisqu’apparemment elle aurait quelques difficultés à marcher si elle prenait vie – et  la vie de rêve – voiture rose, petit ami non moins parfait…etc… – qu’elle mène : nul doute que cela doit influencer, quelque part. D’ailleurs, jouer avec une Barbie est tellement “cliché” que c’est probablement la première chose que vous me citeriez si je vous demandais quel est, pour vous, le jouet “de fille” par excellence.

Le débat est donc plus ou moins inutile, tout le monde étant d’accord : un jouet n’a aucune obligation d’être réaliste, et il suffit de savoir faire la part des choses entre le jeu, justement, et la vie réelle. Donc on s’en fout un peu, en fait.

Mais bon, reste que Barbie, c’est un peu une idole, comme Antonin, le baigneur, GI Joe ou Action Man. Et qu’il reste fort à faire en matière d’égalité homme/femme et qu’il faudra d’ailleurs un jour qu’on dise clairement que le féminisme, ce n’est pas la prise de pouvoir par les femmes mais bien la volonté des femmes de parvenir à cet égalité de droits et de devoirs (d’ailleurs c’est le moment de lire du Tata Val pour se convaincre de l’inanité du 8 mars tout ça).

Je vous renvoie sur le Dixit du jour, par Atiq Rahimi l’auteur de Syngue Sabour : “ceux qui ne savent pas faire l’amour font la guerre” (écouter l’émission Eklektik avec Atiq Rahimi sur France Inter). Ouais, aimez-vous les uns les autres, bordel de merde.

* Bien évidemment, toute forme de cliché serait ici purement fortuite

Mar
08
2009
0

(Expo) Quintet, N’importe Quoi et Marlène Moquet au MAC Lyon

Un jour je saurai quelle est l’appellation “officielle” de ce musée : la newsletter (s’abonner) est envoyée par le MAC (Musée d’Art Contemporain, l’acronyme de la plupart des musées de ce type en France ndlr) mais le site est au nom du MOCA (Museum of Contemporary Art). Entre compréhension et dimension internationale, il va un jour falloir choisir. A moins d’opter pour l’usage d’un patronyme quelconque, comme pour le Centre Pompidou, par exemple.

Expo quintet affiche mac lyonBref, un billet rapide, pour vous recommander chaudement – vu le vent polaire qui assaille les doudounes AA des fashion, il faut au moins ça – d’aller jeter un oeil au triplet d’expos temporaires du MAC de Lyon. J’avais oublié de vous faire la review de la chose la semaine dernière, je vais essayer de me rattraper ce dimanche.

Le MAC présente donc jusqu’au 19 avril pas moins de trois expositions temporaires – une par étage en fait – autour de trois thèmes distincts. Au premier étage on trouve donc Quintet, qui rassemble les oeuvres de cinq artistes issus de la bande-dessinée, au second on retrouve N’importe quoi, qui se propose de retracer l’histoire de l’art contemporain par le biais d’une sorte de panorama de ses oeuvres les plus décalées, et enfin au troisième c’est Marlène Mocquet et son monde de rêves et de couleurs.

QUINTET(Fiche Musée)

On commence donc avec Quintet. Je n’irai pas par quatre chemins : c’est probablement la plus recherchée des trois, quoique la comparaison soit difficile à tenir, tant les sujets diffèrent. Il y a donc là des travaux de Joost Swarte (Wiki), de Gilbert Shelton (Wiki), de Stéphane Blanquet (Wiki), de Masse et enfin de Chris Ware (Wiki). Beaucoup de planches achevées, d’affiches et de travaux très “BD” pour Joost Swarte : son style entre un Hergé et un Broca frappe juste, et l’on prend plaisir à lire une bande-dessinée comme l’on regarderait une oeuvre d’art.Mais mes deux coups de coeur sont incontestablement Chris Ware et Stéphane Blanquet.

Chris Ware MAC LyonJ’ai découvert le premier au travers d’une plume (de dessin, une fois n’est pas coutume) léchée, d’une grande maîtrise graphique, et qui était ici déclinée en noir et bleu. Le choix de ces deux couleurs, associées au blanc du fond, n’est pas pour rien dans le charme qui se dégage de l’ensemble : l’impression d’inachevé se mêle à merveille avec les traits de personnages et de décors par ailleurs admirablement “propres”. Au final, les personnages et les histoires importent peu : c’est réellement le sens de la mise en page et de la composition, allié à un dessin d’une grande pureté, qui m’ont plus chez lui. C’est poétique et assez léger, ceci étant aussi en partie due aux héros qu’il a choisi de mettre en scène à savoir – entre autres – des souris et des abeilles, traditionnellement plus enfantins.

Chris Ware

Le second est radicalement différent, puisqu’il nous livre ici un ensemble de pièces éclectique, de la sculpture au mur peint en passant – et je trouve l’idée géniale – par une sorte de petit train circulant à l’intérieur d’un ensemble plastique assez étrange composé de murs, de plafonds et de planchers, mais aussi d’objets plus familiaux comme un lit ou des fenêtres. Tout cela, décoré par l’artiste, donne un ensemble assez hétérogène. Outre son goût évident pour des choses peu ragoûtantes, en témoignent les petites statuettes aux corps déformés ou amputés, les silhouettes généreuses mais torturés de ses personnages peints ou encore le caractère très salace et pour ainsi dire dérangeant qui se dégage de la dernière pièce présentant des corps de femme intimement exposés, Stéphane Blanquet s’est ici livré – j’ignore si c’est spécialement conçu pour cette exposition ou non – à un véritable travail de muséographie.

En effet, il ponctue la visite de cet étrange circuit : le spectateur est invité à prendre place dans un wagonnet monoplace, qui avance au moyen de pédales, pour partir en balade sur rails au sein de décors un peu fous, en noir et blanc. Outre le côté très décalé de l’initiative – quel plaisir que de pouvoir éviter les poncifs d’une visite de musée “à l’ancienne” genre “je reste cinq minutes devant un tableau en faisant semblant de l’étudier” – et la dimension ludique de la chose,  le côté lugubre, inquiétant, presque oppressant de la partie qui lui est consacrée s’en trouve réellement décuplé : on “rentre” dans son univers. L’atmosphère est par ailleurs assurée par l’ambiance sonore, consubstantielle des oeuvres exposées : on aime ou on aime pas. Moi, j’aime, Ar. qui était avec moi a détesté. Je peux le comprendre.

N’IMPORTE QUOI (Fiche Musée)

mac lyon n'importe quoi expositionLe pitch de cette seconde expo, c’est de répondre à ceux qui considérent, comme le même Ar. justement, que l’art contemporain c’est du n’importe quoi. Et, de manière plus globale, que l’art “classique” avait au moins le mérite de figurer le beau, au sein d’un cadre explicatif normé et régulé. L’art moderne, au contraire, pullule d’exemples d’oeuvres décalées, ou pour ainsi dire non-artistiques au sens où pouvaient l’entendre les classiques : ainsi en est-il de l’urinoir de Duchamp, qui en est à la fois le parangon et l’exégèse. Il s’agit donc ici de présenter des oeuvres qui ont fait l’histoire de la modernité en art, comme si elles étaient autant de reliques : le but est de suivre une logique “naturaliste”, en ce qu’elle pose la question de l’art “brut”.

Et cette exposition donc de vouloir rassembler des pièces hétéroclites, bizarres, étranges, décalées, pour en faire une sorte de panégyrique du caractère profondément “libre” et “libéré” de l’art contemporain. Faire le lien entre des pièces venant de courants, de lieux et d’époques différentes, n’ayant pour seul point commun que leur “n’importe quoisme”, paraît à tout le moins ardu : le MAC a eu l’intelligence de ne pas s’y risquer, et s’est “contenté” de tout exposer dans trois salles, dont une principale, en une sorte de joyeux malstrom dans lequel le visiteur peut puiser à loisir.

Une excellente idée originelle, un panel d’artistes et d’oeuvres agréablement large, une mise en scène minimaliste qui permet de se concentrer sur les oeuvres elle-même, il convient d’y aller avec curiosité et indulgence, afin de ne pas tomber dans le piège de la critique à l’emporte-pièce un peu mesquine. En se rappelant qu’avant le beau, l’art contemporain véhicule des concepts, des messages et des idées.

MARLENE MOCQUET (Fiche Musée)

exposition mac lyon marlène mocquetPremière rétrospective d’une artiste dont j’aime beaucoup l’univers de départ, très coloré, changeant, un peu fantasque et assez enjolivé, mais dont l’interprétation graphique ne me parle décidément qu’avec peine. Pourtant la technique est là, et elle est maîtrisée : Marlène Mocquet utilise en effet les coulures et autres éclats de peinture comme des parties prenantes de ses compositions. Elle oriente ainsi sa toile en fonction de ses envies, faisant glisser telle ou telle couleur, la ralentissant ici, comme pour mieux se faire le démiurge d’un monde déstructuré, aux formes allongées et lascives.

Malencontreusement il y a quelque chose dans la composition, et notamment dans le choix des couleurs, qui me laisse une impression d’amertume, d’inachevé dans le mauvais sens du terme. J’avais parfois envie de découper un morceau de l’un des tableaux, pour voir ce que ça aurait donné sans le reste. De très belles choses donc, à mon sens, mais insatisfaisantes pour ma part. C’est tout à fait personnel, aussi ne saurais-je trop vous conseiller de faire le détour au troisième pour vous faire votre propre idée.

Pour trouver ou contacter le Musée d’Art Contemporain de Lyon, c’est via ce lien.

Vous l’avez déjà vue ? Vous en avez pensé quoi ?

Mar
07
2009
2

(Kdo) C’est toi le badge : P♥NY, Social Whore & PFB

Les badges, c’est un peu ringard. C’est d’ailleurs pour ça que j’en porte fièrement. Mais ce qui est mieux qu’un badge, c’est un badge à message. Non, pas le genre “Jesus was a punk” ou “Skateboarding is not a crime” que vous portiez plus jeunes – quoique, la nostalgie, parfois, ça a du bon – mais plutôt des slogans nouveaux, furieusement 2.0. A offrir ou à s’offrir sans modération. Sélection.

pny i love poney

Premier nominé, le badge P♥NY. Simple, efficace, design, quoique peut-être un peu galvaudé, il ira à merveille sur un sac à bandoulière, un blouson léger ou même un caleçon à fleurs. Attention, cette dernière option est potentiellement dangereuse, il y a toujours le risque que l’attache saute. Mais pour montrer votre amour des poneys, il faut aussi savoir mettre de côté son amour-propre.

facebook badge social whoreSecond nominé, le badge Social Whore. Rien de plus efficace pour expliquer au monde que c’est le nombre d’amis sur FB qui détermine la valeur des raclures individualistes et complètement “networkers” que nous devenons. Une version réinscriptible, ou mieux encore, électronique, qui irait chercher les infos directement sur votre profil en mettant à jour votre nombre d’amis sur le Site Bleu serait bien sûr appréciée. De quoi s’attirer, sans nul doute, des regards emplis d’incompréhension – mais que vous prendrez comme Ronald pour des regards de jalousie – dans les transports en commun. Dans l’ordre d’idées contraire, vous avez le badge “j’ai pas d’amis même sur Facebook“, mais là, ça devient quand même plus difficile à porter. Quoique, après tout, vous êtes des rebelles, des vrais non ?

badge pfb pisse froid blase certifié confirmeEt pour finir en beauté cette sélection Printemps-Eté 09, j’ai opté pour le badge PFB, certifié pur laine. Pour les Pisse-Froid Blasés qui ont déjà tout vu, de la dernière série malgacho-texanne sur les parallélépipèdes rectangles (4 saisons sans sous-titres) jusqu’au dernier essai marxiste-royaliste à la mode dans “leur” monde, en passant par les soirées les plus underground, les buzz les plus obscurs, les métiers les plus ineptes et la culture la plus sous-culturelle. Toute référence à des personnes existantes…etc… serait purement fortuite, comme d’habitude. N’empêche, l’acronyme me plaît. Donc si je vous fais chier avec ça dans les prochains jours, faudra pas vous plaindre. Je dois être un peu PFB moi aussi (noooooooon).

Sinon en vrai, je veux dire quand vous sortez pour votre petite promenade mensuelle histoire de dire à la famille que “oui vous mettez le nez dehors de temps à autres”, vous portez des badges vous ?

Mar
02
2009
5

(TM) Helmut Fritz – Ca m’énerve VS Discobitch – Bourgeoisie

Owi, les paroles faciles, les critiques rapides, la profondeur de la syntaxe, le concept, tout est juste parfait. Helmut Fritz, c’est un mélange de fond électro faiblichon mixé avec une bonne dose de Discobitch, dans une ambiance follement anti-fashion luxuriant. Notez que je ne cautionne pas les paroles, il insulte des macarons dedans, et ça, c’est passible d’émasculation sans procès dans le monde merveilleux du MieL.

On n’insulte pas la nourriture, point. Surtout si elle est sucrée.

Par contre l’accent outre-Rhin, les références très “Hell” mais en moins classe, la vision approximative de la mode-luxe portée aux nues par les sacro-saints et galvaudés “blogs de fille” sur la Toile francophone, je suis fan.

Allez, je vous mets du Champagne aussi, je sais que vous aimez. Et puis je retarde, je n’ai découvert le clip que la semaine dernière, ou peut-être celle d’avant, à grands cris de “c’est quoi cette perruque qu’on dirait un dégueulis de Casimir ?!”. Oui, je suis aussi poète, il faut le savoir. Mais un BaKa se cultive au son calme des tam-tams* comme au son moins calme de parties de Kamoulox. On ne se refait pas.

/Merci C. pour la vidéo, première chose que j’ai regardée en rentrant. Ca fait tout drôle de se prendre ça dans la trogne avant même d’être alla casa.

* Le premier ou la première à me trouver la référence gagne un chocolat à la fleur d’oranger. Si si, vraiment.

Feb
27
2009
1

(Pub) L’érotisme à la teutonne n’est même pas NSFW

Oui. Vous connaissez la passion avec laquelle je m’emploie, chaque jour que Dieu (ou qui que ce soit d’autre) fait (ou pas) (1), à découvrir de nouvelles choses. Bien sûr, je n’y passe pas autant de temps qu’à vous contredire, mais Einstein (2) me permet d’espérer une issue possible à ce terrible dilemme quotidien : dois-je d’abord découvrir pour mieux contredire, ou d’abord contredire, pour mieux découvrir ?

Car nous sommes, c’est un fait, des êtres pétris de contradiction. D’ailleurs, l’oubli est notre meilleure arme face à cette réalité qui se rappelle sans cesse à notre bon souvenir. Marcel l’a dit, et s’il est d’accord avec moi, c’est qu’il doit avoir raison (3). J’ai décidé tout comme Maïa de donner dans la nécrofanie, comprenez le suivisme post-mortem, ou encore le fait d’avoir des supporters parmi les gens ayant passé l’arme à gauche, de préférence parmi ceux pouvant servir de caution intellectuelle décente.

Et en parlant de mort ayant un certain poids dans notre tissu normatif actuel (oui je suis en forme, j’invente des syntagmes), il y en a un qui a particulièrement fait entendre sa voix ces cinquante dernières années : je veux parler de ce cher Sigmünd. Et de ses disciples aliénistes-psychanalystes. Vous n’êtes pas sans savoir que je tiens l’homme en haute estime : L’interprétation des rêves m’a été d’un secours précieux lorsque je n’en avais pas besoin. D’ailleurs, la psychanalyse est certainement une approche qui gagne à être connue avant de ressentir le besoin de s’y soumettre. Malencontreusement, M. Freud nous dirait que tout le monde en a besoin, puisque nous sommes peu ou prou tous des aliénés, qui ne nous différencions les uns des autres que de par le degré de gravité de nos maladies respectives. Oui, je sais, vous allez encore me dire que je suis cynique, n’empêche, rien de plus optimiste qu’un scientifique allemand, hein ?

Sur ces paroles légères et dénuées de sous-entendu, je ne vous fais pas languir plus longtemps : ce laïus se veut introduire une publicité pour une chaîne érotique allemande, qui vante son “child lock”, c’est-à-dire son système de protection pour que les enfants ne puissent pas accéder à ses programmes. Pour cela, l’agence Kempertrautmann a fait le choix de jouer sur une mise en scène de tests dits de Rorschach. Vous savez, les tâches d’encre qui sont censés faire appel aux associations semi-conscientes que nous sommes capables d’effectuer par l’entremise du stimuli d’une forme indéfinie.

Non, définitivement, nous ne voyons pas les mêmes choses dans ces formes. D’ailleurs, je n’y vois pour ma part que des papillons. C’est grave Doc ? Un peu dans le même genre (mais en moins capillotracté), vous avez aussi les spots du CSA concernant la signalétique à la télévision.

(1) Remarquez que pour une fois je fais l’effort de prendre des pincettes avec ces ***** de croyants et ces non moins *****d’athées. Je suis une **** moi-même, et très fier de l’être. Ca fait beaucoup d’étoiles en un seul billet, je le conçois, je me rattraperai en mettant des dollars la prochaine fois, histoire de conspuer la crise de liquidités, tout ça.

(2) Nous parlons bien sûr ici de la théorie de la relativité et de la contraction de l’espace-temps. Les noeuds de Lagrange, tout ça. Théoriquement donc, je peux faire les deux, en même temps, et sous le même rapport. Aristote s’en retourne probablement encore dans sa tombe.

(3) “L’oubli est un puissant instrument d’adaptation à la réalité parce qu’il détruit peu à peu en nous le passé survivant qui est en constante contradiction avec elle.” Marcel Proust, et il y a 98% de chances que ça soit dans A la Recherche du Temps Perdu, ne serait-ce que d’un point de vue statistique, le bonhomme n’ayant guère écrit autre chose. D’ailleurs, c’est tout ce que j’en ai retenu, lecteur peu scrupuleux et infidèle que je suis.

Feb
25
2009
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(Science) Maths mon sens de la formule, dude

More New Maths, en gros, c’est une sorte de vulgarisation absolument sans fondement scientifique de formules plus ou moins ésotériques. Et c’est juste brilliant, comme diraient nos amis d’outre-Manche. Prenez des clichés, des préjugés, des morales et des anecdotes qui sentent bon le vécu, mixez le tout, opérez la miction avec une sauce pseudo-mathématico-formulatoire, et vous tenez le truc.

divorce = marriage / 2C’est réducteur, c’est frappant, c’est choc, et c’est donc furieusement flex.

D’un Divorce = Mariage / 2, toujours efficace comme entrée en matière, jusqu’à Déception = Attentes / Réalité, on sent que quelque chose est supposé se dessiner là-dessus, une morale, une manière de vivre, une subtile critique. Mais si, vous savez, ce cynisme sous-jacent qui semble être devenu la marotte de tous les chroniqueurs sportifs et autres présentateurs de Roue de la Fortune. Ce feint détachement par rapport au monde et aux manières de l’appréhender.

picture-559

La moquerie, chères amies, coupaings, est devenue monnaie courante, qu’elle soit induite ou explicite. Le fait est qu’il s’agit là d’un événement bien loin d’être anodin, et de fort préjudiciable : il n’y a rien de plus contagieux que le commun. Corrélativement donc, rien de plus éphémère que l’original, surtout par les temps qui courent. Et puisqu’il est en vogue d’être différent, tout en restant pareil – le mot d’ordre ne change pas  de l’audace, mais pas trop – j’ai unilatéralement et en mon for intérieur pris la décision de continuer à mathématiser de manière iconoclaste.

picture-558Mode = Audace – Modération

Personnalité = Racine(Moyenne)^2

Fatigue = 0,9*Internet + 0,1*Sorties

Feb
25
2009
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(Monde) Loutrera bien qui loutrera le dernier

C’est chez Gizmodo que la scandaleuse mais prévisible révélation de ce complot qui n’avait de cesse de miner la société moderne en son entier s’est manifestée pour la première fois. Le conflit rampant, que dis-je la splendide guérilla menée de patte de maître par les leaders les plus tenaces du LOUTRE (Loutres Oblitératrices Über Terrifiantes Révolutionnaires et Engagées) a été enfin mise au jour de manière indiscutable par l’entremise de ce cliché, qu’un courageux mais suicidiaire reporter a pu prendre avant d’être dûment trépané par les LARDONS (Loutres Armées Révolutionnaires Division Opérationnelle des Noisettes Spéciales), ces fameuses représentantes du mouvement connu pour être le bras armé du LOUTRE.

loutre caméra maitrise du mondeC’est avec une certaine émotion que je relaye donc, la mort dans l’âme et l’épée au fourreau, cette photo compromettante, montrant sans doute possible l’utilisation par un agent infiltré des LKP (Loutres Kommandatür Progressisante), ramification technologique du mouvement LOUTRE, d’un appareil d’enregistrement vidéo perfectionné provenant d’unités de production sous-marines enfouies à plusieurs milliers de kilomètres sous le continent Arctique. La volonté, sans cesse renouvelée et maintenant des plus concrètes, des LOUTRES de prendre le pouvoir par une mainmise technologique est déjà trop avancée.

Nous heureusement, à la Rédac’, on LA Loutre, qui nous protégera quand les LOUTRES vitrifieront cet hémisphère à coups d’atomiques. Ou pas, mais nous sommes un peu comme les fourmis, nous résistons aux radiations nucléaires. En tout cas en théorie.

Note au lectorat : ce billet est à la fois un hommage et la preuve, s’il en fallait, de mon état de fatigue avancé. Mouhaha.

Feb
25
2009
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[Pic] La crise ? Quelle crise ?

Voici un petit graphique comme on les aiment comparant la crise actuelle avec 3 autres crises majeures qu’a connu le monde économique : 1929, le choc pétrolier et la bulle Internet (prout).

Bref, on va encore en manger de la crise cette année.

Feb
23
2009
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(Dessin) Vidberg – Facebook, s’inscrire ou ne pas s’inscrire

Telle n’est pas la question. Savoir s’en servir, ou pas, et pouvoir le faire en fonction de ses besoins/envies, ou pas. C’est là que résident les points cruciaux, les problématiques fondamentales. Après la mise au jour de nouvelles règles d’utilisation, retirées depuis de par le tollé provoqué au sein de la communauté des utilisateurs, les adeptes de la théorie du complot – histrio-paranoïaques, private joke – ont eu beau jeu de rappeler la bêtise de ceux qui avaient la naïveté de relayer une partie de leur vie privée sur Internet.

Loin de moi l’idée de reprendre le débat : je ne m’en sens pas, pour tout dire, la compétence. Cela dit, comme toujours – et c’est loin d’être spécifique aux réseaux sociaux, aux réseaux virtuels et donc au web – la prudence reste le maître-mot lorsque l’on décide de faire usage d’un service ou d’un outil dont on n’est pas certain de la fiabilité. Comme le dirait ma mère-grand, de tout un peu, et un peu de tout, en un mot : la modération est en toutes choses une vertu.

Ma mère-grand est une confucianiste qui s’ignore. 

vidberg facebook inscription polémique

Ah j’oubliais, à l’origine de cette digression, ce dessin de Vidberg sur son merveilleux “L’actu en patates“. Vous savez, le Vidberg dont je vous parlais ici.

Feb
20
2009
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(London) Tartine #1 du MieL en vadrouille

Je profite d’un moment de calme dans cette journée pour le moins chargée afin de vous faire partager ma joie de retrouver Londres. Définitivement, j’aime l’esprit de cette ville, de ses habitants, de son tracé, de son histoire… Juste ce qu’il faut d’américain avec ce côté anglais aussi rigoriste linguistiquement que barré stylistiquement, un mélange de culture à la sauce européanisante, qui n’oppresse que par la richesse des activités qu’elle propose.

Lavion cercle au-dessus dHeathrow
L’avion cercle au-dessus d’Heathrow

Contrairement à NYC et à sa skyline démesurément élevée, qui a tendance à enfermer le visiteur dans un monde très particulier, certes dépaysant mais quelque peu limité, Londres reste furieusement accessible et ouverte à celui qui lui rend visite, que ce soit pour la première ou la énième fois. D’emblée, vous tombez dans les clichés les plus émouvants – comme cet employé de l’aéroport, répondant évidemment au patronyme de Kevin, et d’une gentillesse teddy bearienne – et sombrez, avec votre première ligne de métro de 8h du matin, dans une routine excitante puisqu’étrangère : Picadilly line, ses incidents techniques inévitables qui ne sont pas sans rappeler ceux du RER parisien, ses occupants cordialement massés, ses stations à moitié refaites qui sentent bon le pittoresque.

Lâchez-vous dans la ville, et étonnez-vous donc de cet homme à la crête glorieusement teinte en violet se promenant le plus naturellement du monde à côté de la très chic London University. Souriez à la vue de ces colonies de collégiens français envahissant un Bristish Museum dont l’entrée, gratuite par mesure gouvernementale depuis quelques 6 mois maintenant – si je ne m’abuse – a subtilement influé sur la population se mouvant entre ces murs. Les collections égyptiennes, et la nouvelle aile permanente qui est consacré à la vie et la mort de ces derniers, attire les foules comme jamais : le pavillon des momies est pris d’assaut.

Il est temps de ce reposer du côté des estampes japonaises et de cette esquisse de Michel-Ange, à l’étage des peintures et dessins en réfection, censément déserté. Ou d’admirer les outils et bijoux pré-sumériens merveilleusement conservés qui sont visibles dans l’aile éponyme. Un chocolat grand comme votre avant-bras au Costa Coffee le plus proche, avec un de leurs diaboliques muffins triple-chocolat – les meilleurs qu’il m’ait été donné de dévorer – et vous prenez Oxford Street pour filer vers Soho. De là, vous obliquez par Regent Street vers Picadilly Circus, non sans quelques arrêts sur images à l’Odeon, dans quelques uns des théâtres les plus célèbres du monde et imaginer avec ironie ce que peut être cette comédie musicale sobrement intitulée “Priscilla”. Mais voici venir le midi, et un sandwich doublé d’une soupe maison chez Eat devrait vous remettre d’attaque pour la seconde partie de la journée. Un yoghourt au muesli, typique, ne vous ferait pas peur, avant de faire un crochet vers l’Institute of Contemporary Art, son expo gratuite et surtout son “art shop” d’un éclectisme dans le truculent que peu sauraient égaler.

Lassé de tant de modernité ? Qu’à cela ne tienne, vous êtes justement non loin de Trafalgar Square. Chassez les pigeons quelques minutes, histoire de retrouver votre âme d’enfant (terrible et déjà violent, huhu), puis précipitez-vous au National Gallery, lui aussi entièrement gratuit. La chance vous sourit, l’exposition Sisley in England and Wales, qui devait se terminer le 16 février, a été prolongée. Et il est difficile de dresser la liste des trésors qui sont ici gardés… Entre Turner, Giurdo Reni, Gainsborough, Vigée Le Brun, Hayez, Velasquez, Pissaro ou encore Van Dick, vous avez de quoi faire. D’ailleurs, les esquisses de Rembrandt qui sont ici conservées sont de toute beauté. Ne ratez pas non plus, dans la “Yves Saint Laurent Room”, le portrait d’Armand Du Plessis, Cardinal de Richelieu – qui je le rappelle reste un peu mon chouchou en matière de grand homme tout ça – par Philippe de Champaigne, celui-là même qui illustre tous nos livres d’histoire depuis que livres d’histoire nous avons.

Rentrez enfin tranquillement, par les petites rues, jusqu’à Euston Road, entre King’s Cross et Euston Station, en évitant les motos-ambulance qui font autant de bruits que les camionnettes et les sirènes de police, la foule, disciplinée dans les escalators mais bien moins une fois dans la gare et qui, avide de rentrer chez elle, aura tôt fait de vous mettre quelques bâtons dans les roues, ou encore les nombreux vendeurs à la sauvette, punks de l’époque dure, musiciens collants dans les couloirs de l’underground londonien et autres joyeusetés qui achèveront de manière fort agréable votre journée.

Les photos seront dispos petit à petit sur mon FlickR, pour ceux que ça intéresse, et je pense que j’en mettrais de toute façon quelques unes ici-même.

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