(Ouais je pique le tag de Tobi juste pour pouvoir faire référence à l’humeur. Je suis horrifiant. Parce que je le vaux bien. Huhu. )
C’est un peu comme cet horrible spot publicitaire télévisuel de Daxia, paraphé de cette catchphrase à l’impact aussi impressionnant que celui de Ségolène Royal tentant de rappeler que Nicolas Sarkozy n’est pour rien dans la libération de Mme Bétancourt (attention, il y a du sarcasme dans cette phrase, sauras-tu le retrouver?): “Banquier des villes, banquier des gens”.
Oui je veux vous parler de ce clip de pub qui passe en boucle sur LCI (et probablement ailleurs aussi), parfois même deux fois par coupure de réclame. Celui-là même qui joue sur une répétition des plus hasardeuses pour faire retenir au téléspectateur quelque chose dont le lien avec le sujet est au mieux lointain. Genre “nous avons financé la route du campus pour mener au nouveau stade universitaire…etc…” – je ne l’ai pas sous les yeux et je ne parviens pas à la dénicher sur DM – et tout cela suivi d’un innocent “et nous serons là pour elle” montrant une petite fille au sourire des plus trognons par ailleurs. Suivi du nom de la banque, et de cette fameuse catchphrase. What the hell?
Enfin bon. Je ne sais pas pourquoi je vous parle de ça, du fait de l’innocuité de la dépense engagée devant le résultat à en escompter peut-être. Je voulais vous parlais des zombies.
Et oui, il fallait tout de même un sujet sérieux pour motiver ce billet. Et quoi de plus sérieux qu’une potentielle invasion de zombies, dont il convient de se prémunir? Juste au cas où?
Car je les ai vu, moi, Monsieur. Vus. Ils sont déjà parmi nous. Mais ils se dissimulent, sous cette apparence banale et simple qui est leur couverture la plus efficace pour nous grignoter progressivement. Pas trop vite. Mesdames, Messieurs, les zombies sont campagnards.
Alors non, ne venez pas me dire qu’il ne s’agit là, une fois encore, que des remugles de ma haine de tout ce qui peut de près ou de loin toucher au Nord, aux Ch’tis et autres joyeusetés cinématographiquo-populaires qui auraient tout de même bien mieux fait de s’en tenir à de médiocres one-man-shows vulgaires en duo avec Gerrat et Bigard. Oui, je tiens Dany Boon en haute estime, qu’on se le dise. Non disais-je, il ne s’agit pas de ça. Car cette évidence ne m’est apparue que tardivement, avant-hier pour être exact, alors que je rentrais du boulot.
Pour la petite histoire ma maison d’en-haut c’est dans la seule et unique rue d’un village d’au moins 200 âmes (en comptant une partie des génisses) situé au beau milieu d’un océan de vacuité dont même le vide ne veut plus. Vous me connaissez, je n’exagère jamais, ou si peu. Bref, please focus on, je rentrais vers 19h d’une journée éreintante quand soudain je les aperçus. Eux. Ils étaient trois dans la partie de la rue avant le grand gauche.
Une petite vieille rabougrie, l’air éteint, les yeux vitreux, fixant un point que seule son cerveau malade et pourrissant pouvait apercevoir. Sa bouche fixée en un rictus hideux d’une parfaite immobilité ne fut pas sans interpeller mon esprit imaginatif, lui rappelant de poétiques allusions mixant Blairwitch, le Magicien d’Oz et ma dernière carie. Vingt mètres plus loin à peine, un homme qui fait mine de malaxer du béton dans une bétonneuse (si si) 12 ans d’âge, les bras allant et venant dans un geste mécanique, grippé, aigri. Sa casquette, qui n’aurait pas déparé dans un défilé hitlérien ou dans quelque joyeuse fête de village de la Comté à tendance Hobbit. Loin de moi l’idée de vouloir goldwiner cet article, mais tout de même, l’homme avait un je ne sais quoi de follement nazifié.
Ceci étant dit avec tout le respect que je ne lui dois pas, bien sûr. Ses yeux torves ont fixé ma digne automobile jusqu’à ce que j’emprunte le virage sans demander mon reste, manquant de ne pas voir le dernier représentant de l’engeance mort-vivante, sous l’abri-bus. Les cernes qui soulignaient son regard d’héroïnomane ne laissait aucun doute quant à l’impossibilité dans laquelle il se trouvait de dormir. Ses bras faméliques tendance dégingandé auraient pu paraître comique sans les ongles sales dont j’aperçut la crasse depuis la chaussée.
Et tandis que les Ramones me hurlaient Blitzkrieg Bop dans les oreilles, je filais aussi vite que le vent (aussi vite que le temps, en 100 ans, je n’aurai pas le temps… Pom pom pom).
Et après on voudra me faire entrer dans une maison d’hôtes. Tss, franchement, on n’est jamais aussi bien que pollués, stressés, étranglés tant par l’illusion de notre perte de pouvoir d’achat que par notre paranoïa asynchrone.
Ou pas.
BaKament Vôtre,
MieL
PS: Pour ceux qui suivent, non, effectivement, Carl Lewis n’avait rien à foutre là.