Le truc de Monsieur Doyle, ce sont les sculptures, et plus exactement les reproductions en miniature, à l’échelle 1:43, de choses réelles.
Ci-contre, c’est une maison de Brooklyn qui a fait l’objet d’une réduction par ses soins, et ci-dessous c’est une scène champêtre pour le moins décalée qu’il nous offre sous une cloche.
L’aspect très méticuleux, très soigné de son travail n’est pas sans soulever la question de son intérêt : pourquoi donc s’évertuer à reproduire des scènes ou des paysages somme toute banals ou d’apparence commune ? C’est comme si Thomas Doyle voulait nous présenter des cartes postales en trois dimensions, comme pour mieux que nous y attardions notre regard. Mais ce serait passer à côté de la dimension malsaine et dérangeante de ses oeuvres que d’y voir de simples scènes empreinte d’un bucolisme latent.
Regardez, regardez bien. Cette maison cossue, élégamment sise dans un quartier confortable, et qui tombe également d’une falaise, que peut-elle vouloir dire ?
Et ce paysage, avec ses travailleurs, qui vraisemblablement fossoient pour enterrer quelque macchabée, n’est-ce pas là étrange ?
Comme toujours, chacun y voit ce qu’il veut : la crise de la classe moyenne états-unienne au travers d’une vision ironique de la crise immobilière, l’illusion du retour à la nature, la commonalisation de la violence, que sais-je encore. Il n’empêche, M. Doyle fait des choses intéressantes. Dommage qu’il n’ait pas de site web, et qu’il me faille fouiner les entrailles de BOOOOOM pour le trouver (bon, d’accord, ça date d’il y a trois jours, mais j’avais du retard sur mon Reader, OSEF).





