Le principe ? Tous les dimanches, un mot ; tous les mots, un dimanche. Pour se cultiver, pour s’amuser, pour jouer avec ou pour en faire des pâtés, les mots, c’est rigolo. Ca s’appelle le Mot pour Mot !
Alors que vous vous remettez à peine des glandes aciniformes, nous allons aujourd’hui parler nourriture, l’un de mes sujets de prédilection, avec la question ô combien primordiale de l’igname.
IGNAME, subst. fém.
Plante tropicale à tige grimpante et dont le tubercule, très volumineux et allongé, a une chair farineuse qui est consommée bouillie ou rôtie. Il y avait auprès de cette maison un trou en terre où l’on cuisait des ignames et des patates, selon la manière pratiquée aux îles de la Société (Voy. La Pérouse, t. 2, 1797, p. 102). Les racines les plus importantes sont les pousses longues, fibreuses et tubéreuses de l’igname sauvage. Les ignames (…) contiennent des liquides toxiques que l’on extrait de différentes manières (PAGE, Dern. peuples primit., 1941, p. 22).
C’est un terme que l’on retrouve, ce me semble, dans Robinson Crusoé et dans bon nombre de récits traitant de la question des îles, des tropiques ou des océans. Par ailleurs, c’est une plante caractéristique des climats tropicaux, en témoigne sa taille, et qui est en poésie souvent associée à l’idée de la rêverie et de l’environnement paradisiaque. Notons par ailleurs qu’étymologiquement, l’igname, qui se dit yam en anglais, vient de plusieurs dialectes africains différents, et notamment de nyam, “manger”, qui devient par exemple nyama en zoulou ou nam en ouolof (1).
La récolte annuelle est d’environ 40 millions de tonnes sur 4 millions d’hectares répartis dans 56 pays. Cete culture a néanmoins regressé devant celle du manioc, plus facile à cultiver.Les tubercules riches en amidon sont consommés presque exclusivement dans les régions tropicales.
Les ignames se consomment cuites, braisées, ou frites. Selon les espèces et variétés, le goût est très variable, tendre et sucré dans certains cas, farineux, à goût de châtaigne le plus souvent. Certaines espèces sont, par contre, âcres ou amères, mais pas véritablement toxiques.
Vous pouvez maintenant partir à l’aventure sous les tropiques sans craindre de mourir de faim. Allez au Vanuatu, tiens, par exemple. Sinon, la semaine prochaine, le Mot pour Mot ce sera potomanie. Oui, je suis dans ma période Biographie de la faim.
(1) Notez la délicatesse avec laquelle je note que le ouolof c’est justement le dialecte dont parle Miss Amandine dans son sublissime Rap pour les côtes du Sénégal.