Nov
08
2009
0

(Rouages) Dans la famille BaKa, je demande le Little

Le bonsoir, chers et estimés lecteurs. Vous l'aurez aisément constaté, le manque de temps chronique de vos rédacteurs n'est pas sans impacter le rythme de publication du BaKa Book. Or, vous savez le souci qui est le nôtre de vous proposer un contenu de qualité, régulièrement mis à jour et tout à fait décalé. De fait, comment concilier ces deux aspects ô combien contradictoires ?

Malgré l'élégance de la solution dichotomiesque ou ubiquitoire de base, qui consisterait à tous nous couper en deux à la tronçonneuse, nous avons opté pour plus complexe : faire un mini blog. Genre comme un blog, mais en plus petit. Avec des posts plus simples, plus axés sur le contenu, et avec moins de fioritures. Plus faciles à publier puisque moins longs à rédiger (forcément, c'est le but), ces petits billets devraient permettre des mises à jour plus régulières.

C'est en réalité un portage de mon Mini Miel'ting Pot (qui devient donc le Little BaKa Book), donc s'il y a dans les archives de ce dernier des trucs sans rapport, je vous prie par avance d'excuser mes penchants égotiques, ou de vous en repaître à loisir, selon.

La Foire aux Questions (FAQ) prévisionnelle :

Ai-je besoin de faire quelque chose de plus que d'habitude, comme aller sur un site particulier ?

Non. En théorie, les billets du LBB (Little BaKa Book, ndt), devraient être postés comme des billets "normaux" sur le BaKa Book. Donc si vous lisez ceci sur le BaKa Book, c'est que c'est tout bon.

Qu'est-ce qui change alors ?

Des billets plus nombreux, et plus courts, en parallèle des billets habituels – ou "tartines", comme on dit par chez nous. Vous pouvez d'ailleurs accéder spécifiquement à cette nouvelle "catégorie" de billets, si vous le souhaitez, à l'adresse du LBB, mini.bakasphere.com.

Et pour les rédacteurs ?

Pour les rédacteurs, c'est très simple : vous voyez une photo, une vidéo, un truc sympa quelque part, un lien quelconque ? Vous le copiez dans un mail, et vous l'envoyez à post@posterous.com. Si vous n'avez pas reçu de mail de confirmation en ce sens, faites-moi signe, je vous en renverrai un.

Ca me tente, moi aussi je veux publier des trucs !

Canaillou. Rien de plus simple : tu m'envoies dans un joli mail ce que tu aimerais publier, si c'est cool et BaKa, je t'inscris, et tu peux faire parler la poudre. Ou, si tu as la flemme, tu peux bien sûr juste m'envoyer un lien, je te dirai merci et je t'enverrai un dragibus par la Poste. Ou pas.

Voilà voilà, sinon à part ça… Pas mal de news, on bosse sur la refonte institutionnelle de l'équipe qui est à l'origine du Projet BaKasphere, et sur le Projet en lui-même. Vous en saurez plus bientôt (en théorie)(si tout va bien)(c'est-à-dire un peu après que bientôt).

BaKament Vôtre.

from The (Little) BaKa Book

Oct
31
2009
2

(BOO) Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi



Halloween Treats, originally uploaded by Katherine Ridgely.

Pauvre petite chose, c’est triste, et ça veut être mangé.

J’aime Halloween. C’est une fête pleine de bonbons.

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Oct
12
2009
2

(Movie) Cette « obscure clarté » : Was nüszt die Liebe in gedanken ?

Gunther Scheller, ainé d’une famille aristocrate allemande est l’un des membres fondateurs du Club des suicidaires. Ce Club de 1927 a réellement existé. Achim von Borries (le réalisateur) met en scène ce fait divers qui a dérangé l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.

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Dès le deuxième plan, le décor est planté autour de ce (divin personnage). Gunther lit un livre dont l’intitulé est  du Suicide . Il est « ailleurs», non pas dans le sens décalé, ou rêveur, mais plutôt désinvolte et absent. C’est en Salle de Retenue qu’apparait Paul le poète, son « associé ». Il est de nature réservée. Issu d’un milieu modeste, « le prolétaire » au caractère effacé est un narrateur actif . Il sera le seul survivant du binôme.

Gunther est ce jeune homme charismatique à l’allure élancée et à la blondeur étincelante, (quelque peu ravageur et torturé). Cet « ailleurs », qui le caractérise tant, se retrouve en une discrète affection pour l’Absinthe. Il peut tout aussi bien être violemment passionné (l’exemple de la scène dans la cave) que nonchalamment amer. Il joue le rôle du « voyant ». Il a conscience de la nature de ses semblables. Il différencie ceux qui aiment et ceux qui sont aimés. Il a connaissance de la sensualité que dégage sa sœur Hilde (cette fille « qui a tant de passion en elle »). Hilde est membre du Club, à son insu. Elle aime tant à séduire qu’elle attire Hans (l’amant bisexuel) et l’extirpe des pattes de Gunther.  Lorsque  Gunther réalise que Hans ne l’aime pas, son visage s’assombrit, ses joues se creusent et  son regard semble inerte. C’est à ce moment là qu’il va accomplir le pacte du Club.

Là, mes amis, ils ne faut pas rêver. Au fond, ça me tue de vous parler de ce film. J’aurai voulu le garder secret pour moi et quelques autres personnes, qui par un pur hasard m‘ont demandé de le voir (au nombre de trois). Peu importe, je vous conseille vivement de le visionner, (si vous êtes atrabilaire ou Dom Juan).

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Cependant, je peux vous dire pourquoi ce film n’est que pure poésie. C’est parce qu’il réalise une séparation distincte entre deux mondes, un constant parallélisme. Celui d’une  Nature généreuse/abondante signifiant la vigueur, la musique, l’humidité, la sensualité environnante que dégage la jeunesse; et d’une Nature aride comme lors de la formation du Club, ou lors des appels à la tristesse et au silence quand les deux protagonistes se retrouvent seuls. Le clair-obscur, non pas dans son interprétation baroque, mais plutôt dans le principe d’opposition entre faits et gestes ne mérite qu‘à être contemplé. Cette idée de luminosité “poétique” tantôt obscurcie avait été développée dans le film Éclipse Totale, où nous étions face à l’expression des  sentiments amoureux de Verlaine & Rimbaud. La beauté des images et l’amplification du son, quand les deux personnages sont seuls étendus dans la Nature est purement ineffable (j‘en ai la chaire de poule).

L’ensemble du « flim » tourne autour des dernières heures avant l’instant fatidique, (et ce film est d’une exquise finesse visuelle). On peut retrouver ce principe dans Last Days de Gus van Sant (oui, je m’étais endormie au ciné… mais ça c‘est juste parce que Michael Pete & sa bouche de poulpe me sortent par les yeux). Mais ici, les dernières heures sont tantôt vaporeuses et funestes, tantôt libertines et sauvages. J’avouerai que mon affection pour Was nüszt die Liebe in gedanken ? réside dans la qualité visuelle des images et du travail accomplit  sur les effets opalins & ambrés.

Mais encore une fois, je n’arriverai pas à vous dire clairement pourquoi. C’est surement mon autisme enfantin qui vous tord le cou (oui, pensez à la pendaison, « ça se marie bien » avec l‘atmosphère du film).

Aug
02
2009
0

(MPM) Stercoraire

Le principe ? Tous les dimanches, un mot ; tous les mots, un dimanche. Pour se cultiver, pour s’amuser, pour jouer avec ou pour en faire des pâtés, les mots, c’est rigolo. Ca s’appelle le Mot pour Mot !

Et cette semaine comme promis, nous refaisons le portrait du mot stercoraire. Je vous avais annoncé qu’il s’agissait d’un gros morceau, ça l’est au sens propre – sigh – comme au figuré, vous allez vite le comprendre. Amis poètes, passez directement au prochain billet.

180px-Arcticskua2STERCORAIRE, adj. et subst. masc.
I.  Adjectif
A.  1. Qui a rapport aux excréments; qui concerne les matières fécales. Synon. stercoralMe voici (…) revenu aux origines, à la virginité du monde et à son prodigieux gaspillage de fécondations, de déchets, de matières stercoraires (ARNOUXRhône, 1944, p. 409).
Synon. de scatologiqueImaginations stercorairesLe grand plaisir de causerie de la société, ce sont les plaisanteries stercoraires (…). Oui, la merde, les pets, c’est le fond de la gaîté (GONCOURTJournal, 1863, p. 1327).
P. ext., littér. Qui concerne n’importe quelle excrétion sortant par les voies naturelles. Je trouve mon homme couché et hurlant. Faciès cadavérique, vomissements stercoraires (A. FRANCEOrme, 1897, p. 130).
2. Au fig., littér. Qui inspire le dégoût; qui est répugnant, ignoble. Ce n’est pas de la colère (…) que j’éprouve en voyant l’envie qu’elle a d’aller picorer dans cette musique stercoraire. C’est du chagrin (PROUSTSwann, 1913, p. 289). Dominique l’interrompit pour expliquer posément qu’elle n’acceptait d’hommages que platoniques et qu’il ne pouvait être question entre eux des viles et stercoraires réalisations de l’amour charnel (QUENEAULoin Rueil, 1944, p. 173).
B.  BOT., ZOOL. Qui croît, qui vit sur les excréments, le fumier. Insecte, plante stercoraireLe surtout est enduit d’une huile parfumée, comme l’escarbot stercoraire, qui, au moyen de cette onction, s’enfonce sans se salir dans les excréments des animaux, et conserve la beauté de sa robe d’un bleu pourpre (BERN. DE ST-P.Harm. nat., 1814, p. 151).
II.  Subst. masc.
A.  ZOOLOGIE
1. Insecte coléoptère qui vit sur les excréments, sur le fumier et s’en nourrit. Quelle consolation de connaître enfin [à la lecture de Fabrepourquoi je ne trouvai jamais d’œuf dans les boules de crottin que je dérobais aux stercoraires! (GIDEJournal, 1910, p. 303).
2. Oiseau palmipède marin, au plumage foncé, voisin de la mouette et qui attaque les oiseaux de mer pour se nourrir des proies qu’il les force à dégorger. Synon.labbeLa mouette tridactyle (…) est invariablement accompagnée de son audacieux parasite le stercoraire (…) qui force ce malheureux oiseau à dégorger les crustacés et les menus poissons dont il se nourrit, et les happe avant qu’ils soient retombés à l’eau (ROUCHRégions polaires, 1927, p. 184).
B.  PSYCH. Pervers sexuel dont l’émotion érotique est liée à la vue, à l’odeur ou à la manipulation de matières fécales. La perversion des stercoraires se relie directement au fétichisme du corps et est souvent associée au masochisme (POROT 1975).

Je vous avais prévenu, c’est un mot des plus utiles, mais passablement… iconoclaste.

Notons que pour ma part je suis tombé dessus dans une BashFR (enfin ça s’appelle DansTonChat maintenant, c’est moche), celle-ci plus précisément, histoire que vous puissiez contextualiser.

La semaine prochaine, ce sera interlope. Qu’on se le dise !

Jun
28
2009
2

(Miam) Mange ton Geek – Le porridge/salade de fruit

“Et on recouvre le tout de film alimentaire. Qu’est-ce que c’est que le film alimentaire, et bien c’est Taxi. Taxi est un film alimentaire pour Luc Besson”.

Je dis que le must ça reste quand même le combo glace/barbe-à-papa/gaufres/churros. Ca c’est de la nourriture de geek. Et M&M’s, bien évidemment.

May
31
2009
0

(Sunday Song) Phoenix – 1901

C’est dimanche ! Et le dimanche, c’est Sunday Song. Parce que sinon, ben ça s’appellerait pas comme ça.
wolfgang amadeus phoenix jaquette coverSauf que là je triche un peu, vu qu’hier il ne m’a pas été possible de troquer mon ordi contre le soleil. Tant pis.

Du coup cette semaine la Sunday Song est un extrait du dernier album de Phoenix, qui est sorti courant mai de cette année, et qui est foutrement sympathique. Wolgang Amadeus Phoenix, c’est son nom, est une sorte de croisement malsain et joyeux entre un Oracular Spectular qui a fait connaître le son déjanté des MGMT, et un bon Passion Pit. Avec un petit quelque chose de Grizzly Bear, aussi.

Cette chanson s’appelle 1901, ce n’est pas celle qui a ma préférence mais elle est accompagnée d’un petit clip tout simple et assez bien pensé.

May
25
2009
1

(Brèves) Coupat coupe, crisis dura crisis, le paquet de clopes illustré, Hubble et Corée du ch’nord

picture-628Nous sommes le 25 mai 2009, il est 20:00 (ou presque), et les nouvelles d’aujourd’hui sont engageantes. Ou pas.

  • La thèse anti-étatique à la sauce Coupat / Ca buzze pas mal depuis ce matin sur Twitter suite à cette interview de Coupat sur LeMonde.fr, longue et bien argumentée. Une lecture édifiante pour qui aurait du mal à saisir l’actualité des thèses anti-gouvernementales.
  • Crisis Dura Crisis / Ca va pas mieux, ça va pas pire, et de toute manière si l’on s’en tient à la théorie des cycles, ça va finir par remonter. *hope*
  • Le Petit paquet de clopes illustré / Vous aussi, regardez l’état de vos dents dans 20 ans chaque fois que vous sortez une indus’ de son paquet.
  • Vers l’infini et au-delà ! / Hubble reprend du service pendant que la navette qui l’a réparé s’en retourne à Carnaveral sur le dos d’un Boeing. 2 millions, à cause du mauvais temps. Une bagatelle.
  • Et pendant ce temps-là, en Corée du Nord
Apr
28
2009
2

(Photo) Manuel Diumenjó – Carla Crombie






Originally uploaded by manuel diumenjó

On ne reviendra pas sur le côté “Aber” du modèle, du moins pas avant que la mode ne soit passée.

En attendant juste une photo au détour d’un FlickR, celui de Manuel Diumenjó, toute simple, toute juste.

Pour la peine je ne pavéiserai pas dessus tiens. C’est dit.

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Apr
05
2009
0

(Sunday Song) Minitel Rose – Magic Powder

Et la chanson du dimanche cette semaine, c’est Magic Powder, de Minitel Rose. Une chanson étrange, planante, un poil mélancolique, mais avec ce qu’il faut de punch derrière. Pour un dimanche calme histoire de compenser l’épuisement qui vous a gagné après avoir vu tous ces gens courir pour le Marathon de Paris.

20 km/h pendant 2h06, sans rire, faut le vouloir. Respect.

Mar
31
2009
0

(Clip) Sliimy – Wake Up

J’ai juste envie de dire love quoi. Bon déjà il a une super tronche. Comme dit Violette, c’est Prince. En jeune. Et avec une énorme touffe. Donc bon point d’entrée, il est chevelu (pas comme un hippie, lui il a des cheveux, pas des animaux morts sur la tête).

sliimy cat mask womanizer wake upSinon en vrai il fait de la pop bien pêchue (comme ils disent dans le milieu) et super rafraîchissante. Premier extrait donc de son album Paint Your Face, dans les bacs le 6 avril. Il s’appelle Sliimy, et c’est un petiot à suivre, m’est avis.

Et puis s’il a autant la classe ce n’est pas un hasard (soyons chauvins pour une fois) : il est frenchy. Bon, Stéphanois par contre, mais on peut pas tout avoir.

Mar
29
2009
0

(Sunday Song) Jacques Brel – Le Moribond

Aujourd’hui c’est dimanche, et comme tous les dimanches (depuis au moins une semaine), c’est la Sunday Song. Comme d’habitude je pioche dans mon Top 3 de la semaine de mes chansons écoutées sur Last.fm, et cette semaine, c’est le grand Jacques.

Une chanson à la fois triste dans son fond et plutôt entraînante sur sa forme – c’est du Brel, l’entraînant est relatif – dont j’aime beaucoup l’originalité parolière (néologisme bonsoir ? ). Enfin, je ne vous ferai pas l’offense de vous expliquer pourquoi Brel envoie du bois hein.

Mar
28
2009
2

(Clip) Department of Eagles – No one does it like you

Bon je passerai sur le fait que Sonovore nous plagie veu-gra (t’as vu ®) dans la mise en forme de son billet. C’est nous qu’on mettait des tags “(clip)” avant d’abord. Mais laissons là ces considérations de bakasable pour nous concentrer sur l’important, à savoir le clip de No one does it like you, de Department of Eagles.

Poétique, dirais-je, quoique ardu dans ses allusions, il n’est pas sans soulever quelques questions quant au sujet abordé. S’agit-il d’une déception amoureuse, d’une séparation, de l’affrontement ancestral et manichéen de la femme et de de l’homme ? Qu’en pensez-vous de votre côté ?

Les clips qui permettent de se poser des questions, y’en a pas tant que ça. Alors on en profite, tout en écoutant le folk/rock planant de ce groupe dont je vous conseille par ailleurs l’écoute.

Mar
22
2009
2

(Sunday Song) Dmitri Shostakovich – Waltz n°2 from Jazz Suite

Voilà, je savais que je n’en sortirai pas indemne. Eyes Wide Shut m’a tuer, comme dirait Omar avec son orthographe légendaire, et j’enrage autant que je m’émerveille de son souvenir. Soyons clairs : je ne suis pas cinéphile, et mes films cultes ne se distinguent que par leur affligeante banalité. Mais Kubrick, c’est autre chose.

Si j’ai bon espoir de réussir à comprendre le génie autoproclamé et unanimement salué de 2001, je m’incline toutefois malgré mon lumbago captieux devant la magnificence de Full Metal Jacket. Mais je n’avais encore jamais vu Eyes Wide Shut, aussi l’ais-je (rayez les mentions inutiles) :

A) Emprunté à un(e) ami(e)

B) Téléchargé légalement

C) Loué dans un magasin agréé et dûment mandaté

D) La réponse D

Et comme toujours chez ce vieux Stan’ (ouais j’suis un intime t’as vu) la bande-son (liste) est juste excellente. Evidemment, c’est pas le même style que celle de Slumdog Millionaire, mais entre M.I.A. et Shostakovich, il y a un gap certain. Et encore, s’il n’y avait que ce dernier. Mais il y a aussi le thème de Strangers in the night. On aurait voulu me séduire qu’on aurait pas fait autrement.

Mar
10
2009
9

[Ciné] Slumdog Millionaire, de Danny Boyle

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C’est comme le port salut, c’est marqué dessus. En effet comment pouvait-on ne pas en parler, nous les bakas férus de movies, de belles histoires et de zombies ? Slumdog Millionaire, LE film de l’année aux dires de certains, qui a raflé la bagatelle de 8 oscars et pas des moindres (une minute de silence pour Fincher et Benjamin Button merci)

Vous connaissez tous l’histoire de près ou de loin, un indien qui vient d’un bidonville et qui réussit à empocher le pactole à Qui Veut Gagner des Millions, où chacune des questions posées permet de nombreux flashbacks qui font la trame scénaristique.

Alors oui, et sans être méchant, le scénario ne casse pas des briques, dit comme ça il est même franchement bancal et ne donne pas forcément envie de débourser une dizaine d’euros pour voir un mec en gagner 20 millions en deux heures. Alors, à voir ou pas ?

Globalement l’immense majorité sera loin d’être déçue, la réalisation est soignée et malgré les flashbacks incessants le tout reste harmonique et agréable à suivre. On ne s’ennuie vraiment pas. Pas forcément à cause de l’émotion qui vous transporte patati patata mais plutôt grâce au dépaysement, qui est total. Le choix des décors et la direction de la photo sont de très très haut niveau, et bien évidemment on retrouve toutes les ambiguités de l’Inde contemporaine, entre tradition et modernité, essor et précarité. Forcément pour le public occidental ça touche forcément plus, c’est peut-être une des raisons pour lesquelles les critiques ont été particulièrement acerbes vis-à-vis du film alors que le public était définitivement dithyrambique.

La bande son à elle seule mérite vraiment le détour, encore mélangeant musique traditionnelle orientale et tubes planétaires. Ben oui, 2 enfants indiens sur le toit d’un train parcourant le pays avec Paper Planes de M.I.A. à fond les ballons ça fait l’effet d’un grand bol … de curry.

Pour la plupart les acteurs sont d’illustres inconnus, mais on peut dire qu’ils rentrent par la grande porte à Hollywood – Freida Pinto, héroïne du film, sera à l’affiche du prochain Woody Allen aux côtés d’Anthony Hopkins : tout de même. Les acteurs sont convaincants sans forcément envoyer du marbre par palettes, à part l’extraordinaire prestation du présentateur de Qui veut Gagner des Millions, qui N’EST PAS le Jean-Pierre Foucault local mais bien un dieu vivant du cinéma indien, dans le genre de Shahrukh Khan.

Les amateurs de Danny Boyle seront surpris toutefois. Même si tous ses films tournent de près ou de loin autour de l’argent, il nous avait habitué à une certaine forme d’humour noir, un côté grinçant bien à lui – son côté british, probablement – notamment avec le cultissime Trainspotting. Le grinçant ou alors le glauque : l’homme est à l’origine des projets 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard, le premier monument new-age du film de zombie chaotique à souhait, et le second suite navrante pour rafler les biftons. OR donc, dans ce Slumdog Millionaire, Boyle se la joue eau de rose et romantique. Eh oui on ne coupe pas au happy end, celui qui nous est annoncé dès les premières minutes mais nous, public bête et parano, on croit que ce ne sera jamais possible. Qu’on est con.

Grosso modo le film ravira les fans de biopics, de roadmovies, de documentaires et de romantisme. Ca fait déjà un bon tas. Pour ma part ce qui m’a plu réside dans le simple fait que c’est sans doutes la première fois qu’un réalisateur occidental s’intéresse à Bollywood sans en faire… pardon, mais j’y peux rien, sans en faire une PURE MERDE. Je vomis encore coup de foudre à Bollywood par tous les pores de ma peau, étant pourtant amoureux transi d’Aschwarya Rai***. Je m’égare. Boyle s’en sort tout en nuance et sans grandes prétentions, conciliant plus ou moins 2 cinémas radicalement opposés. On ne demande pas le mariage, mais une cohérence et une harmonie, c’est le pari réussi de Boyle.

Il ne s’agit pas du film de votre vie, le messie que vous reverrez 40 fois en pleurant tout le temps à la fin, mais il vous laissera probablement un bon souvenir, et vous fera profiter d’un bon moment de détente. Vous en aurez pour votre bourse et pour votre coeur, c’est ce pourquoi le cinéma existe non ?

*** Eh bien… Là voilà. Dans Devdas évidemment.

Mar
09
2009
0

(Pic) Quand les photos nous travaillent : du travail, encore du travail

Alors que les plus gamers d’entre vous reconnaîtront certainement l’intitulé de ce billet, les autres se précipiteront en omettant soigneusement et comme d’habitude de lire mes âneries vers la nouvelle galerie de photos de The Big Picture, consacrée donc, vous l’aurez compris, au travail. J’aurais pu mettre un lien stupide pour vous piéger, mais même pas. Je suis trop gentil.

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Des personnes à l’ouvrage, des usines en action, des photos dont l’excellente qualité ne se dément pas au fil des articles et des commentaires d’une sobriété appréciée, qui laissent au lecteur la liberté d’interpréter selon son bon plaisir les clichés présentés. Des travailleurs vérifiant la qualité de monceaux de peluches jusqu’à ces autres inspectant une peau de crocodile que n’aurait pas reniée Yves Klein, le travail s’est décidément ramifié de manière exponentielle.

Alors que les problématiques liées à l’utilisation de ce facteur de production dans la création de richesses n’ont jamais semblé aussi présentes qu’à l’heure actuelle – amis de la phrase d’introduction de dissertation bateau valant un zéro pointé bonsoir -, réfléchir sur l’éclectisme apparent du travail en lui-même paraît mener à un inexorable triomphe du système libéral, créateur d’industrie, de technique et de technologie qui à leur tour conditionnent de nouvelles possibilités d’exploiter le travail de l’homme. Comprenons-nous bien : si l’on conçoit l’analyse de la production de manière basique et très scolaire, sous un angle à la fois simpliste et manichéen, on ne peut que constater combien complexe est devenue la taxonomie du travail comme du capital. Tout est lié, nous prouvait Lavoisier, et nous le constatons à l’échelle de l’interpénétration de nos économies nationales, mais cela ne veut pas dire que nous allons vers une simplification du monde, ou même vers une mélioration de ce dernier : aussi optimistes qu’aient été les tenants du pacifisme libéral, le fait est que les traductions concrètes de leur idée d’une pacification des relations internationales par l’entremise de l’intensification des échanges ne sont, pour le moins, pas saillantes.

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Cette idée d’une société mondiale de plus en plus complexe, gagnée par la technocratie au sens propre du terme, c’est-à-dire par le règle de la technique et de ceux qui en connaissent les tenants, n’est pas nouvelle. C’est le concept du progrès constant, ou exponentiel : on ne peut enrayer le processus de technicisation une fois ce dernier initié. Une nouvelle technologie en sous-tend forcément d’autres, ou une amélioration des existantes, qui vont elles-même permettent de nouvelles percées : ce cercle sans fin, s’il peut être dans une certaine mesure freiné par une législation adéquate, ne saurait pourtant être stoppé ; de là, la question de savoir où va nous mener notre chemin paradoxal vers l’individualité à l’échelle du monde, se pose forcément.

Mais l’horloger chargé de remonter ses mécanismes ne se compare probablement pas à l’une des roues dentées de ce dernier. Ce serait d’une part penser que nous pouvons nous abstraire d’une manière incroyable de notre ego, ce qui paraît au mieux difficile, et d’autre part croire que, quelque part, nous sommes réellement les rouages de quelque ensemble indéfini, allant vers quelque chose. L’horloge se charge d’entraîner des aiguilles figurant notre vision conceptuelle de l’avant et de l’après : nous tous, ensemble, nos travaux respectifs, nos vies respectives, à quoi pourraient-elles alors servir ?

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