Il s’appelle Scott Campbells, il expose à Gallery 1988 à LA en ce moment (sait-on jamais, si vous passez dans le coin), et il est cool.
09
2010
(Clip) OK Go – This Too Shall Pass
Je sais, c’est déjà vieux comme clip, mais il n’empêche qu’il devait trouver sa place ici. Réalisé par James Frost dans un complexe industriel près de LA, avec les membres du groupe, la vidéo compense parfaitement la platitude de la musique – à dire vrai, on a l’impression que c’est la chanson qui sert d’habillage sonore au clip que le contraire.
Néanmoins, comme pour le précédent clip des petiots d’OK Go, c’est original et rafraîchissant. Vous vous souvenez ? Le truc avec les running machines. Je vous le remets après.
OK Go – Here It Goes Again
envoyé par Jackystyle. – Regardez plus de vidéos comiques.
01
2010
(Livre) John Fante, un auteur plutôt sexy
Le cerveau cramé par des litres de whisky et quelques comas tristes, Charles Bukowski aurait pu être un remarquable autiste s’il n’avait pas été ce formidable (quoiqu’un peu répétitif) écrivain qui a quand même frisé la démence, surtout ce jour ou il a essayé de chopper l’autre grosse moche sur le plateau d’Apostrophes. Il est magique Bukowski. Tellement qu’il arrive presque à la cheville de John Fante de qui il est le disciple.
John Fante est fils d’immigré italien, né dans le Colorado au début du vingtième siècle et dont la famille s’est exportée à Los Angeles quelques années plus tard. Et alors là John Fante il décide de devenir le meilleur écrivain du monde, pas moins. La tâche est un peu rude, surtout quand on habite chez des prolos bigots mais John Fante ne lâche rien et squatte la bibliothèque centrale ou il lira tout ce qui lui passe par la main mais ne finira pas par devenir un génie, non. Il deviendra un fantastique idiot savant persuadé d’être guidé par la volonté suprême de Nietzche et qui s’évertue à prouver quel über mensch il fait en massacrant des crabes à coups de flingue mais surtout en affrontant l’effroyable banalité de son quotidien. Et c’est l’bonheur et à travers quatre livres John Fante nous retranscrit toutes ces heures passées à se prendre des râteaux, à écrire des nouvelles niaises comme son best-seller « Le petit chien qui riait » et à mettre des harengs dans des bocaux pour le compte de la conserverie de poisson de Santa Monica. Un quotidien que l’on imaginerait chiant mais avec chaque lieu commun John Fante crée du jamais vu, du sensationnel et de l’excentrique. Mais pas de l’excentrique forcé à la « ouh la la je suis un artiste, vite, allons voir une exposition d’Andy Warhol ». Juste de la sincérité très bien mise en scène.
Enfin quand je dis sincérité je m’emballe puisqu’il ne s’implique pas directement dans les récits mais raconte un certain Arturo Bandini que l’on devinera comme son alter-ego après quatre lignes. Lisez au moins « La route de Los Angeles » puis « Demande à la poussière » et, puisque vous serez convaincus, vous enchaînerez sur « Bandini » et « Mon chien stupide ». Après, vous rêverez de bitume réchauffé par le soleil rasant de Californie, vous essayerez de placer au minimum trois références littéraires (inappropriées) par phrase et vous deviendrez bien évidemment insupportable pour votre entourage. Qu’importe, vous aurez définitivement la classe quand bien même vous serez seul à le savoir.

L’alliance subtile de la gomina et des yeux vitreux.
On t’aime John!
05
2009
(Pub) Obama, le Joker du PS
Cette affiche retrouvée sur un billboard de la Cité des Anges (1) fait le bonheur des medias outre-Atlantique, pour la bonne et simple raison qu’on y retrouve un Obama grimé en Joker façon The Dark Knight (et Heat “Je SUIS le style” Ledger), le tout souligné à grands coups d’un slogan simple mais assassin anglo-saxonnement parlant, à savoir “socialism”.
Pourquoi assassin ? Disons que le socialiste, chez nos coupaings américains, c’est un peu comme le communiste chez nous : on s’imagine assez vite le sympathique militant ne manquant pour rien au monde la Fête de l’Huma’, roulant son spliff tout en rajustant ses lunettes rondes tout en insultant copieusement les spoliateurs des malheureux salariés. Vous voyez le tableau. Le bipartisme du système électoral anglo-saxon, ainsi que les remugles d’un maccarthysme de bon aloi, font que le curseur hippie/nazi s’est trouvé quelque peu chamboulé, et qu’au lieu de délimiter une fenêtre relativement large, comme chez nous (entre la gauche du PS et la droite de l’UMP, si on caricature), le curseur en question y est plutôt étroit.
D’où le nombre restreint de pierres d’achoppement entre démocrates et conservateurs, par ailleurs, et la remarquable continuité – toutes proportions gardées – de la politique américaine de président en président.
Bref, être taxé de socialisme aux USA, c’est plus ou moins insultant. D’ailleurs, l’association avec l’iconographie batmaneriale (oui je fais de la sociologie analytique de BD) insiste bien sur le côté anarcho-anti-systémique qu’il convient de donner au terme. Je vous rappelle que le Joker, il ne s’est pas fait connaître pour son amour du conformisme, à la base.
Bref, une sorte de critique visuellement puissante de la politique paternaliste de l’Administration Obama, qui fera, j’en suis certain, doucement rire les défenseurs du night watchmen state (2) et s’élever les boucliers des adeptes du “changement”.
Qu’il est doux, le rêve de la rupture, face au carcan réactionnaire.
(1) Académie Française is watching you, fi de ces anglicismes
(2) Pour l’Etat “gardien de nuit”, ou “Etat minimal”, voir les travaux de J. RAWLS et R. NOZICK notamment. Sur ce dernier, une rapide introduction [en].







