Le bonsoir, chers et estimés lecteurs. Vous l'aurez aisément constaté, le manque de temps chronique de vos rédacteurs n'est pas sans impacter le rythme de publication du BaKa Book. Or, vous savez le souci qui est le nôtre de vous proposer un contenu de qualité, régulièrement mis à jour et tout à fait décalé. De fait, comment concilier ces deux aspects ô combien contradictoires ?
08
2009
(Rouages) Dans la famille BaKa, je demande le Little
02
2009
(MPM) Stercoraire
Le principe ? Tous les dimanches, un mot ; tous les mots, un dimanche. Pour se cultiver, pour s’amuser, pour jouer avec ou pour en faire des pâtés, les mots, c’est rigolo. Ca s’appelle le Mot pour Mot !
Et cette semaine comme promis, nous refaisons le portrait du mot stercoraire. Je vous avais annoncé qu’il s’agissait d’un gros morceau, ça l’est au sens propre – sigh – comme au figuré, vous allez vite le comprendre. Amis poètes, passez directement au prochain billet.
STERCORAIRE, adj. et subst. masc.
I.
Adjectif
A.
1. Qui a rapport aux excréments; qui concerne les matières fécales. Synon. stercoral. Me voici (…) revenu aux origines, à la virginité du monde et à son prodigieux gaspillage de fécondations, de déchets, de matières stercoraires (ARNOUX, Rhône, 1944, p. 409).
Synon. de scatologique. Imaginations stercoraires. Le grand plaisir de causerie de la société, ce sont les plaisanteries stercoraires (…). Oui, la merde, les pets, c’est le fond de la gaîté (GONCOURT, Journal, 1863, p. 1327).
P. ext., littér. Qui concerne n’importe quelle excrétion sortant par les voies naturelles. Je trouve mon homme couché et hurlant. Faciès cadavérique, vomissements stercoraires (A. FRANCE, Orme, 1897, p. 130).
2. Au fig., littér. Qui inspire le dégoût; qui est répugnant, ignoble. Ce n’est pas de la colère (…) que j’éprouve en voyant l’envie qu’elle a d’aller picorer dans cette musique stercoraire. C’est du chagrin (PROUST, Swann, 1913, p. 289). Dominique l’interrompit pour expliquer posément qu’elle n’acceptait d’hommages que platoniques et qu’il ne pouvait être question entre eux des viles et stercoraires réalisations de l’amour charnel (QUENEAU, Loin Rueil, 1944, p. 173).
B.
BOT., ZOOL. Qui croît, qui vit sur les excréments, le fumier. Insecte, plante stercoraire. Le surtout est enduit d’une huile parfumée, comme l’escarbot stercoraire, qui, au moyen de cette onction, s’enfonce sans se salir dans les excréments des animaux, et conserve la beauté de sa robe d’un bleu pourpre (BERN. DE ST-P., Harm. nat., 1814, p. 151).
II.
Subst. masc.
A.
ZOOLOGIE
1. Insecte coléoptère qui vit sur les excréments, sur le fumier et s’en nourrit. Quelle consolation de connaître enfin [à la lecture de Fabre] pourquoi je ne trouvai jamais d’œuf dans les boules de crottin que je dérobais aux stercoraires! (GIDE, Journal, 1910, p. 303).
2. Oiseau palmipède marin, au plumage foncé, voisin de la mouette et qui attaque les oiseaux de mer pour se nourrir des proies qu’il les force à dégorger. Synon.labbe. La mouette tridactyle (…) est invariablement accompagnée de son audacieux parasite le stercoraire (…) qui force ce malheureux oiseau à dégorger les crustacés et les menus poissons dont il se nourrit, et les happe avant qu’ils soient retombés à l’eau (ROUCH, Régions polaires, 1927, p. 184).
B.
PSYCH. Pervers sexuel dont l’émotion érotique est liée à la vue, à l’odeur ou à la manipulation de matières fécales. La perversion des stercoraires se relie directement au fétichisme du corps et est souvent associée au masochisme (POROT 1975).
Je vous avais prévenu, c’est un mot des plus utiles, mais passablement… iconoclaste.
Notons que pour ma part je suis tombé dessus dans une BashFR (enfin ça s’appelle DansTonChat maintenant, c’est moche), celle-ci plus précisément, histoire que vous puissiez contextualiser.
La semaine prochaine, ce sera interlope. Qu’on se le dise !
11
2009
(Haha) Epic Fail : HADOPI, la mailing list la plus chère du monde
Et je reprends pour ce titre ce tweet de Nomalz, cité dans l’excellent billet d’Ecrans.fr à propos du remarquable camouflet que vient d’infliger le Conseil Constitutionnel à Mme la Ministre de la Culture et à M. Frank Riester, respectivement défenseur et rapporteur de la loi Création & Internet. Rappelons par ailleurs que HADOPI (Haute Autorité pour la Défense des Oeuvres et de la Propriété Intellectuelle) n’était que l’entité administrative appelée à être créée dans le cadre de ladite loi, et qu’en conséquence c’est un abus langagier que de nommer le texte ainsi.
Ceci étant dit donc, je vous invite avant tout à lire l’analyse juridique, comme de coutume éclairante, détaillée et à la portée de tous, de Maître Eolas sur la décision du Conseil Constitutionnel. Les discussions vont bon train un peu partout, et l’ambiance est euphorique, particulièrement sur Twitter : une simple recherche sur le terme “hadopi” permet de se convaincre de la liesse populo-geekesque face à cet avis, qui, sans mettre forcément un terme à la loi en elle-même, qui peut être rediscutée devant l’Assemblée, n’en reste pas moins un sévère rappel à l’ordre concernant le respect des libertés de communication et d’expression, ainsi que la nécessaire prise en compte de la présomption d’innocence.

Notons par ailleurs que le “paquet Télécoms” adopté par le Parlement Européen n’est pour rien dans la décision en question : les Sages du CC (ouais on est intimes le Conseil et moi) jugent de la pertinence d’un texte à l’aune de la seule Constitution, qui est placé, en droit français et si je ne m’abuse, au-dessus de tout autre législation, règlement, décret ou texte à valeur équivalente. La loi Création & Internet a donc été retoquée en vertu de principes attenant aux Droits de l’Homme et au texte fondateur de la Vème dans lequel la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est inscrite.
Bref, après les leçons d’éloquence subies par les spectateurs impuissants que nous restons devant les débats à l’Assemblée Nationale – ceux qui ont suivi en direct se souviennent de leurs crissements de dents face aux énormités proférées par les deux olibrius suscités – il semble qu’enfin la raison ait à nouveau droit de cité concernant Internet.
L’un des enseignements les plus importants de cette décision – j’ignore si un avis du Conseil Constitutionnel fait office de jurisprudence ou non, Cha, M., Feufol, une réponse là-dessus ? – reste la reconnaissance du statut d’Internet comme moyen d’expression et de communication à part entière, et donc, de facto, comme devant être traité légalement avec les mêmes égards que la prise de parole publique, par exemple.
Bref pour résumer, ça n’empêchera pas le gouvernement de réadapter la loi, mais toute la mauvaise foi de F. Riester et de C. Albanel ne suffiront que difficilement à faire oublier que la loi Création & Internet s’est vue tout simplement émasculée, sa partie “sanctions” ayant été proprement annulée hier soir.
Crédits image : Geoffrey Dorne, pour jaffiche.fr
05
2009
(Sunday Song) Minitel Rose – Magic Powder
Et la chanson du dimanche cette semaine, c’est Magic Powder, de Minitel Rose. Une chanson étrange, planante, un poil mélancolique, mais avec ce qu’il faut de punch derrière. Pour un dimanche calme histoire de compenser l’épuisement qui vous a gagné après avoir vu tous ces gens courir pour le Marathon de Paris.
20 km/h pendant 2h06, sans rire, faut le vouloir. Respect.
10
2009
[Ciné] Slumdog Millionaire, de Danny Boyle

C’est comme le port salut, c’est marqué dessus. En effet comment pouvait-on ne pas en parler, nous les bakas férus de movies, de belles histoires et de zombies ? Slumdog Millionaire, LE film de l’année aux dires de certains, qui a raflé la bagatelle de 8 oscars et pas des moindres (une minute de silence pour Fincher et Benjamin Button merci)
Vous connaissez tous l’histoire de près ou de loin, un indien qui vient d’un bidonville et qui réussit à empocher le pactole à Qui Veut Gagner des Millions, où chacune des questions posées permet de nombreux flashbacks qui font la trame scénaristique.
Alors oui, et sans être méchant, le scénario ne casse pas des briques, dit comme ça il est même franchement bancal et ne donne pas forcément envie de débourser une dizaine d’euros pour voir un mec en gagner 20 millions en deux heures. Alors, à voir ou pas ?
Globalement l’immense majorité sera loin d’être déçue, la réalisation est soignée et malgré les flashbacks incessants le tout reste harmonique et agréable à suivre. On ne s’ennuie vraiment pas. Pas forcément à cause de l’émotion qui vous transporte patati patata mais plutôt grâce au dépaysement, qui est total. Le choix des décors et la direction de la photo sont de très très haut niveau, et bien évidemment on retrouve toutes les ambiguités de l’Inde contemporaine, entre tradition et modernité, essor et précarité. Forcément pour le public occidental ça touche forcément plus, c’est peut-être une des raisons pour lesquelles les critiques ont été particulièrement acerbes vis-à-vis du film alors que le public était définitivement dithyrambique.
La bande son à elle seule mérite vraiment le détour, encore mélangeant musique traditionnelle orientale et tubes planétaires. Ben oui, 2 enfants indiens sur le toit d’un train parcourant le pays avec Paper Planes de M.I.A. à fond les ballons ça fait l’effet d’un grand bol … de curry.
Pour la plupart les acteurs sont d’illustres inconnus, mais on peut dire qu’ils rentrent par la grande porte à Hollywood – Freida Pinto, héroïne du film, sera à l’affiche du prochain Woody Allen aux côtés d’Anthony Hopkins : tout de même. Les acteurs sont convaincants sans forcément envoyer du marbre par palettes, à part l’extraordinaire prestation du présentateur de Qui veut Gagner des Millions, qui N’EST PAS le Jean-Pierre Foucault local mais bien un dieu vivant du cinéma indien, dans le genre de Shahrukh Khan.
Les amateurs de Danny Boyle seront surpris toutefois. Même si tous ses films tournent de près ou de loin autour de l’argent, il nous avait habitué à une certaine forme d’humour noir, un côté grinçant bien à lui – son côté british, probablement – notamment avec le cultissime Trainspotting. Le grinçant ou alors le glauque : l’homme est à l’origine des projets 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard, le premier monument new-age du film de zombie chaotique à souhait, et le second suite navrante pour rafler les biftons. OR donc, dans ce Slumdog Millionaire, Boyle se la joue eau de rose et romantique. Eh oui on ne coupe pas au happy end, celui qui nous est annoncé dès les premières minutes mais nous, public bête et parano, on croit que ce ne sera jamais possible. Qu’on est con.
Grosso modo le film ravira les fans de biopics, de roadmovies, de documentaires et de romantisme. Ca fait déjà un bon tas. Pour ma part ce qui m’a plu réside dans le simple fait que c’est sans doutes la première fois qu’un réalisateur occidental s’intéresse à Bollywood sans en faire… pardon, mais j’y peux rien, sans en faire une PURE MERDE. Je vomis encore coup de foudre à Bollywood par tous les pores de ma peau, étant pourtant amoureux transi d’Aschwarya Rai***. Je m’égare. Boyle s’en sort tout en nuance et sans grandes prétentions, conciliant plus ou moins 2 cinémas radicalement opposés. On ne demande pas le mariage, mais une cohérence et une harmonie, c’est le pari réussi de Boyle.
Il ne s’agit pas du film de votre vie, le messie que vous reverrez 40 fois en pleurant tout le temps à la fin, mais il vous laissera probablement un bon souvenir, et vous fera profiter d’un bon moment de détente. Vous en aurez pour votre bourse et pour votre coeur, c’est ce pourquoi le cinéma existe non ?
*** Eh bien… Là voilà. Dans Devdas évidemment.
09
2009
(Hadopi) JCFrog – Hadopi Song VS Boris Vian – Le Déserteur
Il est d’actualité que d’exprimer, en ces temps de débat parlementaire, son opinion quant au projet de loi visant à mettre en place l’HADOPI. Pour ma part, je ne m’en sens à l’heure actuelle ni l’envie – je ferais preuve d’un manque cruel d’objectivité – ni la compétence – n’ayant pas lu en son entiereté le projet de loi depuis qu’il a été amendé. Vous comprendrez donc mon bouillonnement intérieur : je brûle de médire et de pouvoir ironiser au travers de flots de paroles billeveséennes et atrocement sadiques sur des “sénateurs vioques et incompétents” ou des rapporteurs “inefficaces à la botte des maisons de disques”, mais je ne peux pas.
Bah oui, quand je critique, comme je déteste avoir tort, je me renseigne avant pour être sûr de pouvoir être de mauvaise foi en toute connaissance de cause. Oui, ma curiosité est donc parfaitement malsaine. Mais comme le dirait Manau – référence inside -, il faut rester “droit et fier [même] dans la bataille”, donc j’assume.
Sinon, si vous voulez vous renseigner sur le projet de loi, vous pouvez le lire la version intégrale avec les amendements qui y ont été apportés sur le site du Sénat, et y adjoindre la lecture de cet excellent (comme d’habitude, ça devient lassant) billet de Maître Eolas sur la question.
Maintenant que les points de la sous-culture et de la mauvaise foi ont été réglé, passons aux choses sérieuses. JCFrog, c’est un mec qui fait des chansons. Mais comme c’est un geek, eh beh ses chansons sont forcément un tantinet déviantes. On se retrouve donc avec, entre autres, cette chanson sur le projet de loi dont nous discutons, la “Hadopi Song“. Emotion :
The Hadopi Song from jcfrog on Vimeo.
Et forcément, comme c’est sur du Vian, je n’ai pas pu m’empêcher de vous livrer la version originale. Qui ne laisse décidément pas de me filer des frissons.
Moralité, comme le disait F. Riester, député UMP de son état, tout à l’heure sur France Inter : “mais vous voyez, si la loi passe les majors mettront plus de titres en téléchargement légal, et avec la concurrence le prix baissera. Regardez les télécommunications, avant, c’était cher !”. Merci Frank.
Note pour les puristes : non, ce n’est pas un vrai contest, pas comme Katy Perry VS Lorie, mais bon, fallait bien que je trouve un titre quoi.
08
2009
(Expo) Quintet, N’importe Quoi et Marlène Moquet au MAC Lyon
Un jour je saurai quelle est l’appellation “officielle” de ce musée : la newsletter (s’abonner) est envoyée par le MAC (Musée d’Art Contemporain, l’acronyme de la plupart des musées de ce type en France ndlr) mais le site est au nom du MOCA (Museum of Contemporary Art). Entre compréhension et dimension internationale, il va un jour falloir choisir. A moins d’opter pour l’usage d’un patronyme quelconque, comme pour le Centre Pompidou, par exemple.
Bref, un billet rapide, pour vous recommander chaudement – vu le vent polaire qui assaille les doudounes AA des fashion, il faut au moins ça – d’aller jeter un oeil au triplet d’expos temporaires du MAC de Lyon. J’avais oublié de vous faire la review de la chose la semaine dernière, je vais essayer de me rattraper ce dimanche.
Le MAC présente donc jusqu’au 19 avril pas moins de trois expositions temporaires – une par étage en fait – autour de trois thèmes distincts. Au premier étage on trouve donc Quintet, qui rassemble les oeuvres de cinq artistes issus de la bande-dessinée, au second on retrouve N’importe quoi, qui se propose de retracer l’histoire de l’art contemporain par le biais d’une sorte de panorama de ses oeuvres les plus décalées, et enfin au troisième c’est Marlène Mocquet et son monde de rêves et de couleurs.
QUINTET(Fiche Musée)
On commence donc avec Quintet. Je n’irai pas par quatre chemins : c’est probablement la plus recherchée des trois, quoique la comparaison soit difficile à tenir, tant les sujets diffèrent. Il y a donc là des travaux de Joost Swarte (Wiki), de Gilbert Shelton (Wiki), de Stéphane Blanquet (Wiki), de Masse et enfin de Chris Ware (Wiki). Beaucoup de planches achevées, d’affiches et de travaux très “BD” pour Joost Swarte : son style entre un Hergé et un Broca frappe juste, et l’on prend plaisir à lire une bande-dessinée comme l’on regarderait une oeuvre d’art.Mais mes deux coups de coeur sont incontestablement Chris Ware et Stéphane Blanquet.
J’ai découvert le premier au travers d’une plume (de dessin, une fois n’est pas coutume) léchée, d’une grande maîtrise graphique, et qui était ici déclinée en noir et bleu. Le choix de ces deux couleurs, associées au blanc du fond, n’est pas pour rien dans le charme qui se dégage de l’ensemble : l’impression d’inachevé se mêle à merveille avec les traits de personnages et de décors par ailleurs admirablement “propres”. Au final, les personnages et les histoires importent peu : c’est réellement le sens de la mise en page et de la composition, allié à un dessin d’une grande pureté, qui m’ont plus chez lui. C’est poétique et assez léger, ceci étant aussi en partie due aux héros qu’il a choisi de mettre en scène à savoir – entre autres – des souris et des abeilles, traditionnellement plus enfantins.

Le second est radicalement différent, puisqu’il nous livre ici un ensemble de pièces éclectique, de la sculpture au mur peint en passant – et je trouve l’idée géniale – par une sorte de petit train circulant à l’intérieur d’un ensemble plastique assez étrange composé de murs, de plafonds et de planchers, mais aussi d’objets plus familiaux comme un lit ou des fenêtres. Tout cela, décoré par l’artiste, donne un ensemble assez hétérogène. Outre son goût évident pour des choses peu ragoûtantes, en témoignent les petites statuettes aux corps déformés ou amputés, les silhouettes généreuses mais torturés de ses personnages peints ou encore le caractère très salace et pour ainsi dire dérangeant qui se dégage de la dernière pièce présentant des corps de femme intimement exposés, Stéphane Blanquet s’est ici livré – j’ignore si c’est spécialement conçu pour cette exposition ou non – à un véritable travail de muséographie.
En effet, il ponctue la visite de cet étrange circuit : le spectateur est invité à prendre place dans un wagonnet monoplace, qui avance au moyen de pédales, pour partir en balade sur rails au sein de décors un peu fous, en noir et blanc. Outre le côté très décalé de l’initiative – quel plaisir que de pouvoir éviter les poncifs d’une visite de musée “à l’ancienne” genre “je reste cinq minutes devant un tableau en faisant semblant de l’étudier” – et la dimension ludique de la chose, le côté lugubre, inquiétant, presque oppressant de la partie qui lui est consacrée s’en trouve réellement décuplé : on “rentre” dans son univers. L’atmosphère est par ailleurs assurée par l’ambiance sonore, consubstantielle des oeuvres exposées : on aime ou on aime pas. Moi, j’aime, Ar. qui était avec moi a détesté. Je peux le comprendre.
N’IMPORTE QUOI (Fiche Musée)
Le pitch de cette seconde expo, c’est de répondre à ceux qui considérent, comme le même Ar. justement, que l’art contemporain c’est du n’importe quoi. Et, de manière plus globale, que l’art “classique” avait au moins le mérite de figurer le beau, au sein d’un cadre explicatif normé et régulé. L’art moderne, au contraire, pullule d’exemples d’oeuvres décalées, ou pour ainsi dire non-artistiques au sens où pouvaient l’entendre les classiques : ainsi en est-il de l’urinoir de Duchamp, qui en est à la fois le parangon et l’exégèse. Il s’agit donc ici de présenter des oeuvres qui ont fait l’histoire de la modernité en art, comme si elles étaient autant de reliques : le but est de suivre une logique “naturaliste”, en ce qu’elle pose la question de l’art “brut”.
Et cette exposition donc de vouloir rassembler des pièces hétéroclites, bizarres, étranges, décalées, pour en faire une sorte de panégyrique du caractère profondément “libre” et “libéré” de l’art contemporain. Faire le lien entre des pièces venant de courants, de lieux et d’époques différentes, n’ayant pour seul point commun que leur “n’importe quoisme”, paraît à tout le moins ardu : le MAC a eu l’intelligence de ne pas s’y risquer, et s’est “contenté” de tout exposer dans trois salles, dont une principale, en une sorte de joyeux malstrom dans lequel le visiteur peut puiser à loisir.
Une excellente idée originelle, un panel d’artistes et d’oeuvres agréablement large, une mise en scène minimaliste qui permet de se concentrer sur les oeuvres elle-même, il convient d’y aller avec curiosité et indulgence, afin de ne pas tomber dans le piège de la critique à l’emporte-pièce un peu mesquine. En se rappelant qu’avant le beau, l’art contemporain véhicule des concepts, des messages et des idées.
MARLENE MOCQUET (Fiche Musée)
Première rétrospective d’une artiste dont j’aime beaucoup l’univers de départ, très coloré, changeant, un peu fantasque et assez enjolivé, mais dont l’interprétation graphique ne me parle décidément qu’avec peine. Pourtant la technique est là, et elle est maîtrisée : Marlène Mocquet utilise en effet les coulures et autres éclats de peinture comme des parties prenantes de ses compositions. Elle oriente ainsi sa toile en fonction de ses envies, faisant glisser telle ou telle couleur, la ralentissant ici, comme pour mieux se faire le démiurge d’un monde déstructuré, aux formes allongées et lascives.
Malencontreusement il y a quelque chose dans la composition, et notamment dans le choix des couleurs, qui me laisse une impression d’amertume, d’inachevé dans le mauvais sens du terme. J’avais parfois envie de découper un morceau de l’un des tableaux, pour voir ce que ça aurait donné sans le reste. De très belles choses donc, à mon sens, mais insatisfaisantes pour ma part. C’est tout à fait personnel, aussi ne saurais-je trop vous conseiller de faire le détour au troisième pour vous faire votre propre idée.
Pour trouver ou contacter le Musée d’Art Contemporain de Lyon, c’est via ce lien.
Vous l’avez déjà vue ? Vous en avez pensé quoi ?
15
2009
(Pic) Lyon n’est qu’amour et le fait savoir
Je sais, je sais. Je vais encore me trouver taxé de chauvinisme ou d’affection vernaculaire. Mais que voulez-vous, j’aime cette ville une fois la nuit tombée. Lorsque l’on descend de la colline Saint Just en observant ses feux qui scintillent devant les silhouettes rassurantes des montagnes, au loin. Lorsque l’on se promène sur ses berges en Vélo’v. Lorsque l’on se régale de ses macarons.
Nous avions donc déjà établi, quoique pas encore sur le Baka Book mais ça ne saurait tarder, que Lyon était une ville de gourmands. Quoique je ne sois pas, loin de là, un exemple en matière de Lyonnais moyen, n’étant pas un “pur laine” (comprendre, un natif) et ne connaissant que des parties bien précises de la cité. Bref, en matière de gastronomie (et de pétro-chimie, mais là n’est pas la question), Lyon est une belle ville. Mais la connaissiez-vous joueuse, voir amoureuse ?
Et bien ce 14 février, alors que même Facebook se trouvait plus ou moins déserté – c’était tout relatif, certes, mais tout de même – et que les amoureux les plus romantiques se retrouvaient au Do Mac du coin, la Ville de Lyon monopolisait ses panneaux d’affichage publics pour diffuser des messages d’amour. De vrais petits morceaux de mignonnerie avec de la guimauve dedans. Voyez plutôt :
L’opération, pour séduisante qu’elle fût, ne me permit pas de réchauffer assez longtemps mon coeur de pierre – fendu par le gel et les -112°C de ce soir – pour rester plus de quelques minutes. Néanmoins, c’est le genre de petites attentions toutes bêtes, aussi naïves et délibérément marketing qu’elles soient, qui touchent de leurs doigts meringués mon cynisme révoltant. Comment ne pas être optimiste après ça, hein ?
16
2008
[Hum] Ou l’on croise plein de gens en donnant son sang
C’est fou ce que j’aime aller à Gerland pour faire semblant, de temps en temps, d’être quelqu’un de bien. D’ailleurs, je pourrais probablement faire un donneur à peu près passable si j’y allais pour des raisons parfaitement altruistes. Je suis d’ailleurs persuadé que je pourrais tirer des larmes à une pierre en me fendant d’un texte manichéen vantant les mérites des courageux donneurs de sang à l’assaut de toutes les maladies qui ne laissent pas de tuer – souvent même de manière mesquine, par derrière, sans qu’on s’y attende le moins du monde – la veuve et l’orphelin.
D’ailleurs, j’ai des citations qui, j’en suis certain, culpabiliseraient le plus cynique (ou la plus cynique d’ailleurs) d’entre vous, genre “ah tiens vous n’avez pas le CMV, ça veut dire qu’on va donner en priorité votre sang à des enfants” ou encore “oh vous êtes de tel groupe, c’est l’un des plus rares, c’est vraiment bien que vous veniez”. Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre.
Comprenez-moi : ayant manqué mon rendez-vous d’hier, je l’ai reporté à ce matin. C’est donc avec un courage dont je souligne la présence erratique que je me levais, et m’envoyais un petit-déjeuner destiné à me plomber ouvertement l’estomac. Première règle du donneur : toujours y aller le ventre plein. Le seul inconvénient, c’est qu’il faut éviter les graisses. Too bad, les graisses, c’est tellement bon que tout le monde en mange au petit déj’.
Le ventre plein, la mine encore ensommeillée mais en bonne voie de réveil, le teint blafard habituel, je me dirigeais donc vers le métro. Car après avoir affronté avec un stoïcisme qui m’épate encore les assauts conjugués de températures résolument polaires et d’un vent bien décidé à s’insinuer gentiment jusqu’au plus profond de mes os, il m’a bien fallu passer par la case transports en communs communs. Oui, je répète commun, vu que nous avons depuis peu le concept des transports en communs individuels. Si si .
J’ai donc été happé par la marée humaine montant à Bellecour, avant que la rame dans laquelle j’avais l’infortune de me trouver n’éructe de la quasi-totalité de ses occupants à Saxe-Gambetta. J’ai réalisé – mais plus tard – qu’il s’agissait heureusement de l’arrêt auquel il me fallait descendre. Coup de bol, parce que je jure que je n’aurais rien pu faire pour résister à la foule en délire qui avait résolu de descendre là, m’entraînant avec elle. Jusque là, rien de bien nouveau, le D, c’est toujours comme ça, et j’y suis habitué. Par contre, le B vers Gerland, je ne le prends que lorsque je me rends à l’Etablissement Français du Sang. DU coup, chaque fois je suis ravi d’y découvrir de nouvelles têtes.
Certes, je ne connais pas les innombrables individus qui s’agglutinent chaque matin et chaque soir dans les rames de la ligne D. J’entends par “nouvelles têtes” de nouveaux styles, des Lyonnais autres que les bourgeois bohèmes de ma fac’, que les intellos de Grange-Blanche, que les cadres qui se rendent à la Part-Dieu, que les lycéens de Montplaisir qui font 35 ans alors qu’ils en ont 12, bref, vous voyez ce que je veux dire. Un peu de changement, même minime, fait toujours beaucoup de bien. D’ailleurs, Aristote était l’un des premiers à nous dire qu’il faut se méfier des habitudes (remarquez la pseudo-justification habilement dissimulé sous une très vague référence prétendument philosophique).
Le B donc, jusqu’à Stade de Gerland. Désert, par rapport à celui que je venais de quitter. Toute la foule prend à gauche, vers Part-Dieu et ses tours (ha ha, des tours, qu’est-ce qu’il ne faut pas écrire). Trois arrêts intermédiaires, et un peu de calme bienvenu. L’arrivée au centre, non loin de la bouche, et l’accueil familier : paperasse, personnel chaleureux et, surtout, autres donneurs.
C’est là que ça vaut le coup, et que l’on se dit que finalement, le terme de fraternité que porte avec morgue notre République n’est peut-être pas tout à fait aussi mort que l’on voudrait le faire croire. C’est bête comme pensée. Mais voir des gens si différents, à une heure si matinale et en semaine, s’arranger pour prendre sur leur temps afin d’aider des inconnus, je trouve que c’est quelque chose de vraiment représentatif de la sacro-sainte “solidarité”. A côté de moi, un business man grisonnant, la cinquantaine, costume-cravate et chapeau, qui lit un Metro; un jeune, vingt-cinq ans à vue de nez, carrure imposante et chapelet bouddhiste en guise de collier, avec baskets et t-shirt de rap; une femme, la trentaine, habillée simplement et qui se triture les cheveux nerveusement avec sa main élégamment baguée; un autre homme, la trentaine lui aussi, athlétique, avec tenue de sport et portable à l’oreille; une maman, accompagnée d’un petit garçon de cinq ou six ans, qui fait de grands sourires; une jeune femme enfin, pas beaucoup plus âgée que moi, avec sac Longchamp et perles en guise de boucle d’oreilles.
Rien à voir entre ces gens. Certains donnent leur sang, d’autres leur plasma, pour moi ce matin c’étaient les plaquettes. Ma première fois. On m’explique la procédure, l’infirmière est visiblement en formation. Sa première fois pour ce type de don. Un peu hésitante mais rassurante, avec sa chef qui la surveille du coin de l’oeil. Un oeil acéré, mais qui devient amical lorsqu’elle vous propose une boisson ou un biscuit, tout en surveillant les poches transparentes qui peu à peu se remplissent.
Une grosse heure au final. Une collation, pour se remettre de la fatigue occasionnée, et c’est reparti pour une journée au temps pour le moins maussade mais qui pourtant s’illumine à la vue des sourires de tous ces gens, hétéroclites, différents, visiblement pas vraiment issus du même milieu, qui pourtant ici se côtoient, s’interpellent, se rassurent mutuellement. Le petit garçon apporte à sa maman un pain d’épice, tandis que celle-ci discute avec le business man, lui-même à côté du gars au chapelet bouddhiste.
C’est dingue ce qu’on se tamponne des minorités visibles dans le coin. De toute manière, le sang qui coule dans les tubes est toujours rouge.
“Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre”, disais-je au début de ce laïus, un peu long, je m’en excuse. Pas sûr que ce soit tout à fait vrai. C’est peut-être parce que moi, si j’ai un accident, j’aimerais qu’un type un peu glandeur, un brin cynique et peut-être même tenant un blog, se dise que c’est le moment de donner son sang, histoire de me sauver la vie.
Ouais.
PS : Si les donneuses pouvaient être comme ça , aussi, je suis sûr que ça motiverait du monde. Moi, c’que j’en dit…
16
2008
[Dixit] La lettre à l’avocat
Le fait est que je lis toujours avec une grande curiosité le blog de Maître Eolas . Tout d’abord parce qu’il écrit fort bien : c’est toujours chose agréable que de pouvoir apprécier ce genre de plumes dans la sacro-sainte “blogosphère” française bien en mal de talents littéraires. Ensuite parce qu’il nous entretient avec une régularité à faire pâlir un lycéen manifestant de sujets juridiques, auxquels je n’entends habituellement pas grand chose, n’ayant guère de formation dans ce domaine.
Or, lire les chroniques d’un avocat (car telle est la profession d’Eolas) est loin d’être aussi lénifiant qu’il n’y paraît. L’auteur s’arrange toujours pour commettre des billets en phase avec l’actualité, où il donne bien sûr son opinion – c’est ce qui fait tout l’intérêt du blog en tant que support rédactionnel, et tout l’intérêt de leur lecture – mais explicite également, en termes accessibles aux néophytes, les tenants législatifs ou jurisprudentiels de l’affaire en question.
Fi de ces remarques, allez donc lire quelques uns de ces articles, vous comprendrez par vous-même.
Mais si je vous en parle aujourd’hui, c’est un pour un billet en particulier , sobrement intitulé “La lettre ”, et dont je voulais souligner la qualité tout autant que la candeur. C’est une lettre, qui est adressée à l’avocat par l’un de ses clients, incarcéré à des centaines de kilomètres de sa famille, et qui ne veut pas repartir une fois de plus loin d’eux.
Ca se lit les yeux ouverts, le coeur sur la main et les préjugés soigneusement déposés à l’entrée. C’est juste un petit morceau de texte, où l’on se prend à sourire aux fautes d’orthographe pour ne pas trop s’émouvoir du fond. Prenez quelques minutes, c’est édifiant.
24
2008
[MpM] Seoir
Seoir : Dans le sens littéraire du terme, et bien que l’infinitif ne soit plus en usage, s’emploie pour désigner quelque chose de convenable, de bien, qui va. Il s’utilise à la troisième personne du pluriel et du singulier au présent, ainsi qu’au participe présent : il sied, ils siéent, il seyait, ils seyaient, il siéra, ils siéront et seyant.
Notons par ailleurs qu’il s’agit d’un synonyme à présent désuet d’asseoir et de s’asseoir. Dans le premier cas on le retrouve sous la forme de séant (séante) et de sis (ou sise), dans le second à l’impératif sieds-toi et seyez-vous. Par ailleurs, le mot séance en est également dérivé.
C’est une nouveauté, je vous copie la définition complète du TLFI , qui est l’une de mes sources préférées pour les MpM, et que j’adore compulser par tranche de deux heures quand l’envie m’en prend :
I.
Vieux
A.
Empl. pronom. S’asseoir. J’ai joie à vous revoir; grand’joie en vérité; Chevalier, seyez-vous et buvez, je vous prie (FRANCE, Poés., Idylles et lég., 1896, p. 81).
[P. ell. du pron.] Quand on s’arrêtait pour quelque amusette, il s’en allait seoir ou coucher à trois ou quatre pas des autres (SAND, Maîtres sonneurs, 1853, p. 10).
B.
Empl. intrans. Tenir séance, siéger. Au part. prés., lang. jur. L’Assemblée du Clergé, séante en 1705, s’empressa de la recevoir [la Bulle du Pape] sur l’invitation du roi (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 5, 1859, p. 527).
II.
Vieilli ou littér.
A.
Qqc. sied (à qqn/à qqc.). Être convenable, correct, normal. Synon. aller1, convenir. La gravité des pensées, celle de la parole et celle de l’accent s’accordaient chez l’abbé Dutheil et lui séyaient bien (BALZAC, Curé vill., 1839, p. 42).
En partic. [Le suj. désigne un vêtement, un ornement, un élément de la mise d'une pers.] Nous avons essayé les nouveaux « madras » que m’a envoyés Versepuy. Cette coiffure me sied à ravir (JOUY, Hermite, t. 2, 1812, p. 33). Vos habits de paysanne qui, par leur simplicité rustique, vous seyaient si bien (SUE, Myst. Paris, t. 6, 1843, p. 344).
B.
Empl. impers. Il sied de + inf., que + subj. Il convient de, que. Il sied mal de, que. Il ne convient pas de, que. J’ai été un peu comme cela dans mon temps, moi, et j’ai cru aussi qu’il séyait d’être grave, morose, dogmatique, etc. (LÉAUTAUD, Journal littér., 1, 1905, p. 222). Il sied mal de, que. Il ne convient pas de, que. V. mal2 I D ex. de Musset.
04
2008
[Clip] Brandy – Right Here (+Full Moon, parce que souvenirs souvenirs)
Alors effectivement, ça n’a rien à voir avec le post précédent, je vous le concède. Mais je viens de tomber via le Top français sur Deezer sur une nouvelle chanson de Brandy, dont j’avais, à l’époque, adoré la chanson “Full Moon”.
J’étais jeune, et ce devrait être loin, tout ça, mais je dois dire que même si c’est sans aucunes prétentions musicales, même si c’est redondant, même s’il n’y a pas de recherche, même si ça ressemble à plein d’autres choses, j’aime bien Right Here, le petit dernier. Que celui/celle qui n’a jamais écouté Lorie me jette la première pierre.
Et Full Moon, pour les souvenirs:
04
2008
[Ciné] Jan Kounen
30
2008
[Tech] Les leurres gonflables comme arme de guerre
Je dois dire que j’apprends des choses aujourd’hui, et pas seulement sur Gizmodo. Mais le site de gadgets et de technologies m’a enseigné que les leurres gonflables, ces imitations de véhicules ou d’installations terrestres sous forme de baudruches plus ou moins réalistes, sont toujours d’actualité .
Des poupées très particulières
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En effet, ce genre d’outils permet de tromper aisément et à moindre frais un adversaire effectuant des reconnaissances aériennes ou par satellite du terrain. Il permet également de leurrer l’ennemi quant aux nombre réel de troupes déployées, à leur positionnement et à leur types, ce qui est loin d’être négligeable. Particulièrement aujourd’hui, lorsque l’on considère le coût prohibitif des équipements et des installations mobiles nécessaires à la protection des troupes au sol ou à la logistique.
D’autant que les forces traditionnelles ont été remplacées par une armée de métier, professionnelle et donc plus aguerrie, à même d’intervenir de manière plus complexe et plus subtile, mais aussi plus coûteuses et plus difficiles à entraîner. Nous pouvons citer en exemple les deux interventions des commandos de la marine pour libérer des otages aux mains de pirates au large de la Somalie ces 5 derniers mois, mais également l’opération qui a coûté la vie à 10 soldats français en Afghanistan il y a peu. L’on voit que les problématiques des forces spéciales, d’une part, et de la protection de soldats devenus de plus en plus “précieux” au regard de leurs compétences et de leur relative rareté, d’autre part, prennent toute leur importance.
Une ruse vieille comme la Seconde Guerre
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Pourquoi pas? Ces ballons sont somme toute une solution économique et relativement aisée à mettre en place et à transporter. Je suis dubitatif quant à leur efficacité réelle toutefois: les déplacements de troupes en nombre, comme dans le cas de l’incursion russe en Géorgie, ne sont pas caractérisés par leur discrétion. De fait, pour tromper des observateurs ennemis, il faudrait déployer un nombre important de leurres, tout en réfléchissant à leur disposition pour que celle-ci paraisse crédible. Par ailleurs, il faut bien voir qu’il ne s’agit là que d’un effet de “bluff”: dès qu’une balle vient à percer le ballon, on comprend tout de suite ce dont il s’agit.
Ce genre de ruse avait été utilisée durant la Seconde Guerre Mondiale, par les Alliés, afin de faire croire au rassemblement de la troisième armée de Patton, l’une des meilleures forces terrestres alliées, dans le Kent. Ceci dans le but de simuler un débarquement non pas en Normandie mais dans le Pas-de-Calais. Pour cela, on avait utilisé des chars en bois ou en caoutchoucs, des véhicules peints et même de faux navires de guerre.
Cette manoeuvre, qui prenait place dans le cadre de l’Opération Fortitude , est un cas d’école des techniques de désinformation. Couplée à nombre d’autres tactiques, des faux renseignements aux agents doubles en passant par des simulacres de déplacement de troupes vers la Norvège par exemple, conduisirent les puissances de l’Axe à s’intéresser de moins prêt à la Normandie.
Rusbal, châteaux gonflables, parcs d’attraction et lance-missiles caoutchouctés
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Pour finir, notons que Rusbal , la société russe qui livre ce type d’équipement aux armées de la Fédération de Russie, est polyvalente, puisqu’elle gonfle aussi de jolis châteaux de baudruche pour les enfants – mais si vous savez, ceux qu’on lorgne avec envie sur les aires d’autoroute sans oser y aller – et de charmants maisonnettes pour bambins. Bah quoi, faut bien résister à la crise hein .
17
2008
[Ciné] Rentrée du Cinéma
La fille de Monaco est avant tout une comédie grand public avec un casting efficace sans être people. Louise Bourgoin, présentatrice charmante et délurée de la météo sur canal+, campe ici une jeune présentatrice de météo charmante et délurée à Monaco, débordante d’ambition et de sex-appeal. Pour accéder enfin à la célébrité, elle n’hésite pas à se rapprocher d’un grand avocat parisien, venu sur le rocher pour un procès délicat. Un avocat pas comme les autres, timidement amoureux et plein de doutes, un homme qui s’arme et se défend par l’érotisme de ses mots, mettant en exergue chaque minute son amour de la vie dans tous ses moindres détails. Evidemment c’est ici qu’on retrouve Fabrice Lucchini, un rôle sur-mesure comme qui dirait. Inconditionnel fan de ce grand bonhomme, je ne peux rien en dire sinon qu’il est comme à son habitude exceptionnel. Pour le reste c’est à vous de juger. Cependant dans cette amourette peu probable naissante se glisse un troisième protagoniste, le garde du corps de l’avocat, joué par Roschdy Zem – que Zem beaucoup d’ailleurs (si si). Une histoire en triangle souvent drôle, toujours sensuelle mais jamais stéréotypée. Cette comédie légère en apparence cache bien son jeu, avec une fin tragicomique étonnante.
Emmanuel (Lambert Wilson) et Philippe (Pascal Elbé) filent le parfait amour, jusqu’au jour où Emmanuel décide d’avoir un enfant… mais pas Philippe. Après avoir essayé de se faire passer pour le parfait hétéro célibataire auprès de la DASS, ou encore de trouver le parfait couple gay de l’autre sexe pour un échange de bons procédés, il se décide finalement à faire un mariage blanc avec une argentine sans papiers (Pilar Lopez de Ayala), en l’échange de quoi elle lui fera un enfant. Au niveau des tabous sociétaux, on va loin et pourtant on y glisse sans chuter.
Comme les autres, un film pas comme les autres qui vous fera passer un agréable moment si vous vous y prêtez.













