Mar
01
2010
2

(Livre) John Fante, un auteur plutôt sexy

Le cerveau cramé par des litres de whisky et quelques comas tristes, Charles Bukowski aurait pu être un remarquable autiste s’il n’avait pas été ce formidable (quoiqu’un peu répétitif) écrivain qui a quand même frisé la démence, surtout ce jour ou il a essayé de chopper l’autre grosse moche sur le plateau d’Apostrophes. Il est magique Bukowski. Tellement qu’il arrive presque à la cheville de John Fante de qui il est le disciple.

John Fante est fils d’immigré italien, né dans le Colorado au début du vingtième siècle et dont la famille s’est exportée à Los Angeles quelques années plus tard. Et alors là John Fante il décide de devenir le meilleur écrivain du monde, pas moins. La tâche est un peu rude, surtout quand on habite chez des prolos bigots mais John Fante ne lâche rien et squatte la bibliothèque centrale ou il lira tout ce qui lui passe par la main mais ne finira pas par devenir un génie, non. Il deviendra un fantastique idiot savant persuadé d’être guidé par la volonté suprême de Nietzche et qui s’évertue à prouver quel über mensch il fait en massacrant des crabes à coups de flingue mais surtout en affrontant l’effroyable banalité de son quotidien. Et c’est l’bonheur et à travers quatre livres John Fante nous retranscrit toutes ces heures passées à se prendre des râteaux, à écrire des nouvelles niaises comme son best-seller « Le petit chien qui riait » et à mettre des harengs dans des bocaux pour le compte de la conserverie de poisson de Santa Monica. Un quotidien que l’on imaginerait chiant mais avec chaque lieu commun John Fante crée du jamais vu, du sensationnel et de l’excentrique. Mais pas de l’excentrique forcé à la « ouh la la je suis un artiste, vite, allons voir une exposition d’Andy Warhol ». Juste de la sincérité très bien mise en scène.

Enfin quand je dis sincérité je m’emballe puisqu’il ne s’implique pas directement dans les récits mais raconte un certain Arturo Bandini  que l’on devinera comme son alter-ego après quatre lignes. Lisez au moins « La route de Los Angeles » puis « Demande à la poussière » et, puisque vous serez convaincus, vous enchaînerez sur « Bandini » et « Mon chien stupide ». Après, vous rêverez de bitume réchauffé par le soleil rasant de Californie, vous essayerez de placer au minimum trois références littéraires (inappropriées) par phrase et vous deviendrez bien évidemment insupportable pour votre entourage. Qu’importe, vous aurez définitivement la classe quand bien même vous serez seul à le savoir.

L’alliance subtile de la gomina et des yeux vitreux.
On t’aime John!

Nov
11
2009
5

(Book) Tu ne me fous pas le bourdon mais plutôt le bombyx !

Gabrielle Wittkop vous présente Lucien, charmant antiquaire parisien à l’allure impeccable quoique légèrement trop musclé…

Wittkop est Lucien. Lucien est amoureux. Lucien est poète.

Bien loin du vulgaire Marquis, l’auteur peint l’Amour sans limites d’un antiquaire pour ses morts. Il est leur dernier visiteur… Lucien jouit de ses amours nécrophiles, il agit avec pudeur et dans la décence la plus respectable. Ces amours sont comme ceux des vivants, ils se « lassent » ou se « déchirent » avec le Temps. Cependant, nous ne finiront pas tous jetés dans la Seine (en théorie… non ne pensez pas à votre dépouille ou à celles des autres) (grâce à la décentralisation, nous pouvons également finir dans le Rhône, le Rhin, ou dans un simple petit ruisseau… on peut dresser un chouette décor macabre, bref).

L’amie Wittkop, comme le disait Miel suite à mon prêt, « est une poétesse ». C’est grâce à sa poésie que l’on oublie la nature des actes accomplis par le protagoniste. On abandonne toute notre morale, nous sommes débarrassés de tous jugements. Les seuls moments nous rattachant au monde des vivants sont les rapports avec la concierge ou les femmes de ménage animées par le doute. Autant dire, que l’auteur aurait voulu créer un certain décalage entre la Hauteur de Lucien (visiblement son fonds de commerce est très intéressant…) et le manque d’ouverture d’esprit signifié à travers les petites gens.

(Oui, il faut l’avouer, ce livre est snob).

On ne dit pas réellement pourquoi on aime ce bouquin, on échange parfois un simple « sourire entendu » avec un autre lecteur.

(pic)

Oct
12
2009
2

(Movie) Cette « obscure clarté » : Was nüszt die Liebe in gedanken ?

Gunther Scheller, ainé d’une famille aristocrate allemande est l’un des membres fondateurs du Club des suicidaires. Ce Club de 1927 a réellement existé. Achim von Borries (le réalisateur) met en scène ce fait divers qui a dérangé l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.

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Dès le deuxième plan, le décor est planté autour de ce (divin personnage). Gunther lit un livre dont l’intitulé est  du Suicide . Il est « ailleurs», non pas dans le sens décalé, ou rêveur, mais plutôt désinvolte et absent. C’est en Salle de Retenue qu’apparait Paul le poète, son « associé ». Il est de nature réservée. Issu d’un milieu modeste, « le prolétaire » au caractère effacé est un narrateur actif . Il sera le seul survivant du binôme.

Gunther est ce jeune homme charismatique à l’allure élancée et à la blondeur étincelante, (quelque peu ravageur et torturé). Cet « ailleurs », qui le caractérise tant, se retrouve en une discrète affection pour l’Absinthe. Il peut tout aussi bien être violemment passionné (l’exemple de la scène dans la cave) que nonchalamment amer. Il joue le rôle du « voyant ». Il a conscience de la nature de ses semblables. Il différencie ceux qui aiment et ceux qui sont aimés. Il a connaissance de la sensualité que dégage sa sœur Hilde (cette fille « qui a tant de passion en elle »). Hilde est membre du Club, à son insu. Elle aime tant à séduire qu’elle attire Hans (l’amant bisexuel) et l’extirpe des pattes de Gunther.  Lorsque  Gunther réalise que Hans ne l’aime pas, son visage s’assombrit, ses joues se creusent et  son regard semble inerte. C’est à ce moment là qu’il va accomplir le pacte du Club.

Là, mes amis, ils ne faut pas rêver. Au fond, ça me tue de vous parler de ce film. J’aurai voulu le garder secret pour moi et quelques autres personnes, qui par un pur hasard m‘ont demandé de le voir (au nombre de trois). Peu importe, je vous conseille vivement de le visionner, (si vous êtes atrabilaire ou Dom Juan).

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Cependant, je peux vous dire pourquoi ce film n’est que pure poésie. C’est parce qu’il réalise une séparation distincte entre deux mondes, un constant parallélisme. Celui d’une  Nature généreuse/abondante signifiant la vigueur, la musique, l’humidité, la sensualité environnante que dégage la jeunesse; et d’une Nature aride comme lors de la formation du Club, ou lors des appels à la tristesse et au silence quand les deux protagonistes se retrouvent seuls. Le clair-obscur, non pas dans son interprétation baroque, mais plutôt dans le principe d’opposition entre faits et gestes ne mérite qu‘à être contemplé. Cette idée de luminosité “poétique” tantôt obscurcie avait été développée dans le film Éclipse Totale, où nous étions face à l’expression des  sentiments amoureux de Verlaine & Rimbaud. La beauté des images et l’amplification du son, quand les deux personnages sont seuls étendus dans la Nature est purement ineffable (j‘en ai la chaire de poule).

L’ensemble du « flim » tourne autour des dernières heures avant l’instant fatidique, (et ce film est d’une exquise finesse visuelle). On peut retrouver ce principe dans Last Days de Gus van Sant (oui, je m’étais endormie au ciné… mais ça c‘est juste parce que Michael Pete & sa bouche de poulpe me sortent par les yeux). Mais ici, les dernières heures sont tantôt vaporeuses et funestes, tantôt libertines et sauvages. J’avouerai que mon affection pour Was nüszt die Liebe in gedanken ? réside dans la qualité visuelle des images et du travail accomplit  sur les effets opalins & ambrés.

Mais encore une fois, je n’arriverai pas à vous dire clairement pourquoi. C’est surement mon autisme enfantin qui vous tord le cou (oui, pensez à la pendaison, « ça se marie bien » avec l‘atmosphère du film).

Jul
02
2009
0

(Livre) Emmanuel Pons – Je viens de tuer ma femme

Le fait est que le titre d’un livre est une chose presque aussi importante que sa quatrième de couverture. Je ne sais pas vous, mais il peut m’arriver d’acheter un bouquin à la simple vue de son intitulé. Il faut dire aussi que de nos jours la chose est particulièrement négligée, que ce soit en littérature comme en musique d’ailleurs.

Picture 657Qu’il me suffise ainsi d’évoquer la banalité rédhibitoire de bon nombre d’albums, de titres de films ou de livres récents. Nous ne parlerons ainsi pas de l’exemple ô combien éclairant du film français – ma subjectivité sur la question n’est plus à démontrer – mais considérons simplement ceci : à quand remonte la vue du dernier libellé d’oeuvre qui vous a fait rire, pleurer, réfléchir, ou vous a interpellé d’une quelconque manière ?

Bref, le fait est que Je viens de tuer ma femme m’a mis la puce à l’oreille de par la pointe d’audace retenue que sous-tend Emmanuel Pons par ce biais. Ce n’est pas un banal “j’ai tué ma femme” ou “ma femme est morte”, non, l’auteur choisit d’inscrire l’acte dans un passé proche, voir dans le présent : “voici comment je gère le meurtre de ma femme par mes soins”. Plus que cela, la simplicité intrinsèque de la formule souligne le parti-pris stylistique en lui-même : une plume simple et accessible, efficace, qui ne laisse pas de rapprocher le lecteur de l’auteur-narrateur, banalisant par là même l’acte de mort et ses conséquences.

C’est là tout le sel de ce petit livre que je qualifierai, mais sans la connotation péjorative, de “sans prétentions”. Ce n’est pas du Primo Lévi, et c’est parfaitement assumé. Le côté ludique, amusant, la note d’humour omniprésente et le ton presque léger sont en décalage avec la trame, qui débute donc lorsque l’auteur en finit avec son épouse. Il s’agit dès lors pour lui de tenir une sorte de journal de ses actions découlant de cet apex singulier : que faire, en effet, lorsqu’on est un homme tout ce qu’il y a de plus banal, artiste réfugié à l’écart de la jungle urbaine asphyxiante, mais d’une normalité affirmée, et qu’on vient de tuer sa femme ?

Les quinze dernières pages sont une étonnante somme en matière de réflexion sur soi-même. c’est amené avec une finesse que l’on ne devine que très progressivement, comme si le surréalisme qui est induit dans le scénario en lui-même rendait le lecteur étrangement amorphe. Le sens moral est comme en veille, et on en vient à trouver l’acte du narrateur comme la suite logique et réfléchi d’une situation qui lui était devenue intenable. Ceci pour mieux nous prendre à revers tout à la fin.

Surprenant, très doux, baignant dans une atmosphère d’étrangeté qui n’est jamais pour me déplaire, c’est un petit livre – 167 pages – dont je suis sorti perplexe et introspectif. Et j’adore ça.

“J’ai bien une envie, mais tu ne vas pas aimer : je voudrais t’enduire de peinture et faire des anthropométries. Je te poserais sur la toile et on lirait ta trace. Je sais, Klein l’a fait. Et alors ? Tout a déjà été fait. Sauf que Klein n’a pas peint avec une morte. Tu vois, j’apporte une touche d’originalité au concept. Et puis ce n’est pas le moment de me gonfler avec ton “authenticité”. Tu qualifiais mes oeuvres de “commerciales” parce qu’elles se vendaient bien. Mais comment aurions-nous vécu si elles ne s’étaient pas vendues ? Tu n’as jamais tenu un pinceau de ta vie et tu te posais en juge parce que tu avais un DEUG d’Histoire de l’art.

L’art, c’est d’abord une nécessité intérieure, et, à ce titre, ta mort est ma plus belle oeuvre. La preuve ? C’est la seule que tu n’aies pas critiquée.”

Deux autres extraits après le saut :

(more…)

Mar
08
2009
0

(Expo) Quintet, N’importe Quoi et Marlène Moquet au MAC Lyon

Un jour je saurai quelle est l’appellation “officielle” de ce musée : la newsletter (s’abonner) est envoyée par le MAC (Musée d’Art Contemporain, l’acronyme de la plupart des musées de ce type en France ndlr) mais le site est au nom du MOCA (Museum of Contemporary Art). Entre compréhension et dimension internationale, il va un jour falloir choisir. A moins d’opter pour l’usage d’un patronyme quelconque, comme pour le Centre Pompidou, par exemple.

Expo quintet affiche mac lyonBref, un billet rapide, pour vous recommander chaudement – vu le vent polaire qui assaille les doudounes AA des fashion, il faut au moins ça – d’aller jeter un oeil au triplet d’expos temporaires du MAC de Lyon. J’avais oublié de vous faire la review de la chose la semaine dernière, je vais essayer de me rattraper ce dimanche.

Le MAC présente donc jusqu’au 19 avril pas moins de trois expositions temporaires – une par étage en fait – autour de trois thèmes distincts. Au premier étage on trouve donc Quintet, qui rassemble les oeuvres de cinq artistes issus de la bande-dessinée, au second on retrouve N’importe quoi, qui se propose de retracer l’histoire de l’art contemporain par le biais d’une sorte de panorama de ses oeuvres les plus décalées, et enfin au troisième c’est Marlène Mocquet et son monde de rêves et de couleurs.

QUINTET(Fiche Musée)

On commence donc avec Quintet. Je n’irai pas par quatre chemins : c’est probablement la plus recherchée des trois, quoique la comparaison soit difficile à tenir, tant les sujets diffèrent. Il y a donc là des travaux de Joost Swarte (Wiki), de Gilbert Shelton (Wiki), de Stéphane Blanquet (Wiki), de Masse et enfin de Chris Ware (Wiki). Beaucoup de planches achevées, d’affiches et de travaux très “BD” pour Joost Swarte : son style entre un Hergé et un Broca frappe juste, et l’on prend plaisir à lire une bande-dessinée comme l’on regarderait une oeuvre d’art.Mais mes deux coups de coeur sont incontestablement Chris Ware et Stéphane Blanquet.

Chris Ware MAC LyonJ’ai découvert le premier au travers d’une plume (de dessin, une fois n’est pas coutume) léchée, d’une grande maîtrise graphique, et qui était ici déclinée en noir et bleu. Le choix de ces deux couleurs, associées au blanc du fond, n’est pas pour rien dans le charme qui se dégage de l’ensemble : l’impression d’inachevé se mêle à merveille avec les traits de personnages et de décors par ailleurs admirablement “propres”. Au final, les personnages et les histoires importent peu : c’est réellement le sens de la mise en page et de la composition, allié à un dessin d’une grande pureté, qui m’ont plus chez lui. C’est poétique et assez léger, ceci étant aussi en partie due aux héros qu’il a choisi de mettre en scène à savoir – entre autres – des souris et des abeilles, traditionnellement plus enfantins.

Chris Ware

Le second est radicalement différent, puisqu’il nous livre ici un ensemble de pièces éclectique, de la sculpture au mur peint en passant – et je trouve l’idée géniale – par une sorte de petit train circulant à l’intérieur d’un ensemble plastique assez étrange composé de murs, de plafonds et de planchers, mais aussi d’objets plus familiaux comme un lit ou des fenêtres. Tout cela, décoré par l’artiste, donne un ensemble assez hétérogène. Outre son goût évident pour des choses peu ragoûtantes, en témoignent les petites statuettes aux corps déformés ou amputés, les silhouettes généreuses mais torturés de ses personnages peints ou encore le caractère très salace et pour ainsi dire dérangeant qui se dégage de la dernière pièce présentant des corps de femme intimement exposés, Stéphane Blanquet s’est ici livré – j’ignore si c’est spécialement conçu pour cette exposition ou non – à un véritable travail de muséographie.

En effet, il ponctue la visite de cet étrange circuit : le spectateur est invité à prendre place dans un wagonnet monoplace, qui avance au moyen de pédales, pour partir en balade sur rails au sein de décors un peu fous, en noir et blanc. Outre le côté très décalé de l’initiative – quel plaisir que de pouvoir éviter les poncifs d’une visite de musée “à l’ancienne” genre “je reste cinq minutes devant un tableau en faisant semblant de l’étudier” – et la dimension ludique de la chose,  le côté lugubre, inquiétant, presque oppressant de la partie qui lui est consacrée s’en trouve réellement décuplé : on “rentre” dans son univers. L’atmosphère est par ailleurs assurée par l’ambiance sonore, consubstantielle des oeuvres exposées : on aime ou on aime pas. Moi, j’aime, Ar. qui était avec moi a détesté. Je peux le comprendre.

N’IMPORTE QUOI (Fiche Musée)

mac lyon n'importe quoi expositionLe pitch de cette seconde expo, c’est de répondre à ceux qui considérent, comme le même Ar. justement, que l’art contemporain c’est du n’importe quoi. Et, de manière plus globale, que l’art “classique” avait au moins le mérite de figurer le beau, au sein d’un cadre explicatif normé et régulé. L’art moderne, au contraire, pullule d’exemples d’oeuvres décalées, ou pour ainsi dire non-artistiques au sens où pouvaient l’entendre les classiques : ainsi en est-il de l’urinoir de Duchamp, qui en est à la fois le parangon et l’exégèse. Il s’agit donc ici de présenter des oeuvres qui ont fait l’histoire de la modernité en art, comme si elles étaient autant de reliques : le but est de suivre une logique “naturaliste”, en ce qu’elle pose la question de l’art “brut”.

Et cette exposition donc de vouloir rassembler des pièces hétéroclites, bizarres, étranges, décalées, pour en faire une sorte de panégyrique du caractère profondément “libre” et “libéré” de l’art contemporain. Faire le lien entre des pièces venant de courants, de lieux et d’époques différentes, n’ayant pour seul point commun que leur “n’importe quoisme”, paraît à tout le moins ardu : le MAC a eu l’intelligence de ne pas s’y risquer, et s’est “contenté” de tout exposer dans trois salles, dont une principale, en une sorte de joyeux malstrom dans lequel le visiteur peut puiser à loisir.

Une excellente idée originelle, un panel d’artistes et d’oeuvres agréablement large, une mise en scène minimaliste qui permet de se concentrer sur les oeuvres elle-même, il convient d’y aller avec curiosité et indulgence, afin de ne pas tomber dans le piège de la critique à l’emporte-pièce un peu mesquine. En se rappelant qu’avant le beau, l’art contemporain véhicule des concepts, des messages et des idées.

MARLENE MOCQUET (Fiche Musée)

exposition mac lyon marlène mocquetPremière rétrospective d’une artiste dont j’aime beaucoup l’univers de départ, très coloré, changeant, un peu fantasque et assez enjolivé, mais dont l’interprétation graphique ne me parle décidément qu’avec peine. Pourtant la technique est là, et elle est maîtrisée : Marlène Mocquet utilise en effet les coulures et autres éclats de peinture comme des parties prenantes de ses compositions. Elle oriente ainsi sa toile en fonction de ses envies, faisant glisser telle ou telle couleur, la ralentissant ici, comme pour mieux se faire le démiurge d’un monde déstructuré, aux formes allongées et lascives.

Malencontreusement il y a quelque chose dans la composition, et notamment dans le choix des couleurs, qui me laisse une impression d’amertume, d’inachevé dans le mauvais sens du terme. J’avais parfois envie de découper un morceau de l’un des tableaux, pour voir ce que ça aurait donné sans le reste. De très belles choses donc, à mon sens, mais insatisfaisantes pour ma part. C’est tout à fait personnel, aussi ne saurais-je trop vous conseiller de faire le détour au troisième pour vous faire votre propre idée.

Pour trouver ou contacter le Musée d’Art Contemporain de Lyon, c’est via ce lien.

Vous l’avez déjà vue ? Vous en avez pensé quoi ?

Feb
20
2009
0

(London) Tartine #1 du MieL en vadrouille

Je profite d’un moment de calme dans cette journée pour le moins chargée afin de vous faire partager ma joie de retrouver Londres. Définitivement, j’aime l’esprit de cette ville, de ses habitants, de son tracé, de son histoire… Juste ce qu’il faut d’américain avec ce côté anglais aussi rigoriste linguistiquement que barré stylistiquement, un mélange de culture à la sauce européanisante, qui n’oppresse que par la richesse des activités qu’elle propose.

Lavion cercle au-dessus dHeathrow
L’avion cercle au-dessus d’Heathrow

Contrairement à NYC et à sa skyline démesurément élevée, qui a tendance à enfermer le visiteur dans un monde très particulier, certes dépaysant mais quelque peu limité, Londres reste furieusement accessible et ouverte à celui qui lui rend visite, que ce soit pour la première ou la énième fois. D’emblée, vous tombez dans les clichés les plus émouvants – comme cet employé de l’aéroport, répondant évidemment au patronyme de Kevin, et d’une gentillesse teddy bearienne – et sombrez, avec votre première ligne de métro de 8h du matin, dans une routine excitante puisqu’étrangère : Picadilly line, ses incidents techniques inévitables qui ne sont pas sans rappeler ceux du RER parisien, ses occupants cordialement massés, ses stations à moitié refaites qui sentent bon le pittoresque.

Lâchez-vous dans la ville, et étonnez-vous donc de cet homme à la crête glorieusement teinte en violet se promenant le plus naturellement du monde à côté de la très chic London University. Souriez à la vue de ces colonies de collégiens français envahissant un Bristish Museum dont l’entrée, gratuite par mesure gouvernementale depuis quelques 6 mois maintenant – si je ne m’abuse – a subtilement influé sur la population se mouvant entre ces murs. Les collections égyptiennes, et la nouvelle aile permanente qui est consacré à la vie et la mort de ces derniers, attire les foules comme jamais : le pavillon des momies est pris d’assaut.

Il est temps de ce reposer du côté des estampes japonaises et de cette esquisse de Michel-Ange, à l’étage des peintures et dessins en réfection, censément déserté. Ou d’admirer les outils et bijoux pré-sumériens merveilleusement conservés qui sont visibles dans l’aile éponyme. Un chocolat grand comme votre avant-bras au Costa Coffee le plus proche, avec un de leurs diaboliques muffins triple-chocolat – les meilleurs qu’il m’ait été donné de dévorer – et vous prenez Oxford Street pour filer vers Soho. De là, vous obliquez par Regent Street vers Picadilly Circus, non sans quelques arrêts sur images à l’Odeon, dans quelques uns des théâtres les plus célèbres du monde et imaginer avec ironie ce que peut être cette comédie musicale sobrement intitulée “Priscilla”. Mais voici venir le midi, et un sandwich doublé d’une soupe maison chez Eat devrait vous remettre d’attaque pour la seconde partie de la journée. Un yoghourt au muesli, typique, ne vous ferait pas peur, avant de faire un crochet vers l’Institute of Contemporary Art, son expo gratuite et surtout son “art shop” d’un éclectisme dans le truculent que peu sauraient égaler.

Lassé de tant de modernité ? Qu’à cela ne tienne, vous êtes justement non loin de Trafalgar Square. Chassez les pigeons quelques minutes, histoire de retrouver votre âme d’enfant (terrible et déjà violent, huhu), puis précipitez-vous au National Gallery, lui aussi entièrement gratuit. La chance vous sourit, l’exposition Sisley in England and Wales, qui devait se terminer le 16 février, a été prolongée. Et il est difficile de dresser la liste des trésors qui sont ici gardés… Entre Turner, Giurdo Reni, Gainsborough, Vigée Le Brun, Hayez, Velasquez, Pissaro ou encore Van Dick, vous avez de quoi faire. D’ailleurs, les esquisses de Rembrandt qui sont ici conservées sont de toute beauté. Ne ratez pas non plus, dans la “Yves Saint Laurent Room”, le portrait d’Armand Du Plessis, Cardinal de Richelieu – qui je le rappelle reste un peu mon chouchou en matière de grand homme tout ça – par Philippe de Champaigne, celui-là même qui illustre tous nos livres d’histoire depuis que livres d’histoire nous avons.

Rentrez enfin tranquillement, par les petites rues, jusqu’à Euston Road, entre King’s Cross et Euston Station, en évitant les motos-ambulance qui font autant de bruits que les camionnettes et les sirènes de police, la foule, disciplinée dans les escalators mais bien moins une fois dans la gare et qui, avide de rentrer chez elle, aura tôt fait de vous mettre quelques bâtons dans les roues, ou encore les nombreux vendeurs à la sauvette, punks de l’époque dure, musiciens collants dans les couloirs de l’underground londonien et autres joyeusetés qui achèveront de manière fort agréable votre journée.

Les photos seront dispos petit à petit sur mon FlickR, pour ceux que ça intéresse, et je pense que j’en mettrais de toute façon quelques unes ici-même.

Feb
11
2009
5

[LIVRE] La route – Cormac Mc Carthy (Pulitzer 2007 mec!)

Un café froid, trois cookies et les Hellbats. Question ambiance on n’a pas fait mieux pour une première chronique littéraire. D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours fait rimé « Prix Pulitzer » avec « Alka Seltzer ». Bha!

J’avais tort.

La Route est l’un des romans les plus tripants de ces dernières années. Pas que le malheur des gens me donne une quelconque satisfaction mais imaginez un peu: la quête désespérée d’un père pour sauver à la fois son fils et son humanité à travers des États Unis n’ayant d’unis plus que le nom. Oh et puis rien à foutre de l’humanité! Plus de société, plus de nourriture, plus d’humains. Les rares survivants d’une apocalypse quelconque errent dans le brouillard. Et s’entre dévorent. La seule chose entre ces bêtes et le protagoniste principal, c’est deux balles. Une pour son fils, une pour lui. Cette famille fuit l’hiver, la mort et la maladie. Pas que ce soit plus sûr, mais au moins il y fait chaud bien que les cendres aidant, même Miami n’est qu’une ombre blafarde. Limite j’en chialerais, c’est pas que je sois émotif (Sex and the City: Le film ne m’a par exemple pas arraché une larme), ce qui fait véritablement la force de ce roman c’est le style et la façon avec laquelle Mc Carthy titille notre métaphysique.

Car le style dépouillé du roman alimente aussi bien le rythme et l’ambiance en accentuant le désespoir et l’urgence de la situation, mais transforme surtout et véritablement chaque phrase, chaque mot en une question qui vient heurter nos fondamentaux: durée, existence, foi, présence, liberté, monde sont autant de thèmes soulevés. Et ça ça fait pleurer de bonheur. Les situations invitent à la réflexion personnelle et les thèmes sont diffusés tellement subtilement que je me suis surpris de nombreuses fois à m’être arrêté de lire pour songer à ces choses bateaux mais intimes que sont notre conception de.. Bha de tout. Sans faire branlette. Sans rien imposer. Dans un contexte innovant qui plus est.

Bien que le terme roman initiatique m’évoque plus un flingue pointé sur ta tempe, l’auteur t’imposant sa vision du bonheur je me risquerais à qualifier cette œuvre ainsi bien que la teneur en joie y soit faible.

Et pourtant après deux trois larmes on se sent heureux et on se retape les 244 pages le sourire aux lèvres.

Un Roman De Cormac Mc Carthy, éditions de l’Olivier. 19,95 brouzoufs sur Amazon.

Un texte reloud à écrire de Sir « émo » Laquai

Written by Sir Laquais in: Misc | Tags: , , , , , , ,
Jan
28
2009
8

(Chaîne) Où dépensez-vous vos sous sur le Net ?

Voilà donc ce fourbe de Feufol (je ne te salue pas, forban) m’a taggué pour une chaîne. Que je vous explique : une chaîne entre blogs, ça consiste à lancer un sujet, puis à faire des liens vers les sites des autres afin qu’ils fassent un billet là-dessus également. C’est un poil plus intelligent que les monceaux d’absurdités qui encombraient et encombrent toujours mon ex-boîte Homail (RIP) cela dit, même si cela dépend du sujet.

argentPour le coup, il s’agit de l’argent que l’on dépense sur le Net. Donc ça induit du tabou (le sens commun veut que l’argent soit un sujet tabou en France, paraît-il, mais le sens commun ne connaît probablement pas encore la génération 2.0) et de Ouèb, ça éveille donc mon intérêt. Du coup, on va dire merci Feufol, quand même. Allez.

On ne s’étonnera d’ailleurs pas que l’auteur originel de la forfanterie soit Pingoo. Y’a pas de secrets.

Pour quoi payez-vous sur internet ? Site Web, services, boutiques, en ligne… Qu’est ce qui vous fait claquer votre fric ? Je veux tout savoir !

Donc pour ma part, comme chacun sait, je suis une grosse radasse. Mais je suis un être de désirs (Spino’, big up) donc mon dilemme est le suivant : j’ai envie de plein de choses mais je me heurte rapidement à la cruelle réalité de mon portefeuille. La vie estudiantine n’est certes pas la plus lucrative qui soit. Et puis c’est la crise, mon bon Monsieur.

Du coup, pour le moment, Baba, Loo et moi on paye le serveur derrière Bakasphere. On paye aussi les noms de domaine affiliés, et de mon côté rmlfvr.com (l’égotisme est à ce prix). 

Depuis que j’essaye de me mettre à FlickR je m’interroge sur l’achat d’un compte Pro aussi. C’est 25$ si ma mémoire est bonne, et ça enlève certaines limitations. J’attends de voir à l’usage. 

Je paye et gère mon abonnement téléphonique mobile sur Orange.fr, le site le plus horrible du monde après celui de la SNCF. 

J’achetais quelques tees fut un temps chez LaFraise, mais au final j’achète plutôt des accessoires ou des choses qui ne nécessitent pas d’essayge. Genre sur VentePrivée ou BrandAlley. J’ai acheté ma dernière board en ligne, par exemple, lors d’une vente M4 sur VP. 

J’ai récemment acheté un skin pour iPhone et un autre pour mon MacBook chez Skinizi. J’aime beaucoup ce qu’ils font.

Je n’achète jamais de livres en ligne. C’est quelque chose que j’adore faire “in real life”. 

Je fouine sur Amazon ou CDiscount quand j’ai besoin de matos électronique. J’avais notamment fait l’acquisition sur Amazon de mes derniers intras, et de mon AKG (dont je suis toujours follement amoureux). Sur CDiscount, j’avais opté pour un nouveau disque dur interne pour mon MacBook. Ah, et j’avais acheté sur LDLC un clé USB, mais elle ne fonctionnait pas avec les Mac (fail).

Ah et j’achète des applications pour iPhone aussi. C’est mal.

 

Voilà je pense qu’avec ça vous en savez beaucoup plus sur moi, ce qui est un premier pas, selon mes profs, pour pouvoir me rouler. Et vous alors, vous dépensez de temps à autres sur Internet ? Où ça ? Pour quels usages ? Avez-vous peur de le faire ?

Edit : Allez, on va tagger des gens. Donc ce vieux pirate de DoK Doyle, et puis Ben aussi, histoire de polluer son joli Webenlog, et aussi Gonzague tiens, qui a déjà dû être taggé 200 fois dessus. Et Monsieur Loïc “FuraxMan” Rechi.

Jan
22
2009
8

(Bouquins) Un Ch’ti Peu de Lecture…

 

gutenbergAlors que certains se replongent dans leurs classiques, tout en partageant de purs instants de richesse sémantique, empreint de légèreté et de simplicité,  on se dit que la littérature n’est pas forcément présente sur le BaKa Book. Il est vrai qu’à part l’illustre Miel et ses non moins illustres références, nous ne sommes qu’un bande d’analphabètes fainéants traumatisés par les bouquins parfois barbants des cours de français qu’on peine à oublier. Si toi aussi tu as du manger le Germinal de Zola au collège tape dans tes mains ou va chercher une corde.

Littérature donc. Parlons peu, parlons bien, parlons bouquin, avec  Sébastien de Phalempin. L’homme en question tient un blog “bouquin malin” des plus grisants. Si, si, grisant. Le principe est simple : en contact avec de nombreuses maisons d’éditions, ledit (grand) bonhomme choisit chaque mois un bon tas de bouquins qu’il va engloutir, avant de digérer tout ça tranquillement sur son blog pour le plus grand bonheur de ses (nombreux) lecteurs.

Simple et efficace, on va droit au but. Ce blog est la preuve que la littérature est un monde vivant, qu’on peut parler livre sans tomber dans le Pivot et le Poivre d’Arvor d’après minuit, et qu’un bon article peut vous donner envie de lire. Le parti de ce site est de vous éviter la phase labyrinthique de recherche d’un nouveau best-seller ou d’une idée cadeau, et de mettre à disposition un avis concret, simple, réfléchi et avant tout plaisant à lire – puisque c’est bien de ça dont il est question, n’est-ce pas ?

Le choix est varié, les mises à jours fréquentes et l’organisation entre index alphabétique et rubriques nombreuses fera le bonheur des fainéants comme des pointilleux. Si vous êtes accro à la lecture, vous trouverez de quoi étancher votre soif ; si vous y êtes viscéralement réfractaires, eh bien… vous changerez d’intestins.

Lireplus.net, c’est par ici et ça vaut le coup de s’y arrêter quelques instants, ne serait-ce que pour la plume et la passion de l’auteur.

Big Up pour ce cher Gugu par la même.

Oct
19
2008
2

[Livre] Rire comme un bossu dans le metro, Priceless. Vie de Merde en bouquin.

En cadeau, pour caler le balai à chiottes (poésie bonsoir) ou pour lire dans le métro, au risque de passer pour un taré aux yeux de vos voisins (mais après tout et comme dirait l’autre, who cares?), voici le livre des meilleures Vie de Merde. Illustré, excusez du peu, par Mlle Jolicoeur (aka Pénélope Bagieu).

A vos cadies! Et on se le demande tous, à quand celui de BashFR?

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Oct
06
2008
0

[Animals] La lutte lapino-humaine, et quoi faire avec une paille et une grenouille

Il faut que je me calme, je suis définitivement en train de me marrer comme un bossu devant la galerie photo de la lutte lapino-humaine. Je ne sais pas comment je vais faire pour remercier Pénélope, de chez Pingoo, pour m’avoir fait découvrir ce sport passionnant.

Mr Durhin en est l’initiateur, et ses photos, en plus de leur originalité, sont plutôt jolies.

J’aime particulièrement la toute dernière de la série, mais regardez la en entier elle est cohérente et plutôt drôle.

Ce qui l’est moins c’est son petit livre Cruelty to Animals. Mais avec une bonne dose d’humour noir ça se lit comme du petit lait, je vous le conseille également.

 J’aime beaucoup le crapaud (ci-contre), mais le lapin est juste terrifiant. Brr.

Par contre je vous interdis formellement d’aller voir la vidéo dont le lien est donné par un lecteur de Pingoo dans les commentaires du billet de Pénélope. Elle est horrible, et je pèse mes mots. 
Pourtant j’ai le coeur bien accroché mais là, des ratons-laveurs qui se font écorcher vifs et qui sont toujours vivants une fois leur peau ôtée, c’est juste horrible. Mon cynisme a encore besoin d’être travaillé visiblement.
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Sep
30
2008
0

[Tech] Les leurres gonflables comme arme de guerre

Je dois dire que j’apprends des choses aujourd’hui, et pas seulement sur Gizmodo. Mais le site de gadgets et de technologies m’a enseigné que les leurres gonflables, ces imitations de véhicules ou d’installations terrestres sous forme de baudruches plus ou moins réalistes, sont toujours d’actualité .

Des poupées très particulières
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En effet, ce genre d’outils permet de tromper aisément et à moindre frais un adversaire effectuant des reconnaissances aériennes ou par satellite du terrain. Il permet également de leurrer l’ennemi quant aux nombre réel de troupes déployées, à leur positionnement et à leur types, ce qui est loin d’être négligeable. Particulièrement aujourd’hui, lorsque l’on considère le coût prohibitif des équipements et des installations mobiles nécessaires à la protection des troupes au sol ou à la logistique.

Sans compter que le retour en grâce des opérations extérieures (ou OPEX pour les intimes) n’est pas sans soulever de nouvelles questions d’ordre technologique, stratégique et tactique. Et parmi elles, celle de la protection des forces terrestres est primordiale.
D’autant que les forces traditionnelles ont été remplacées par une armée de métier, professionnelle et donc plus aguerrie, à même d’intervenir de manière plus complexe et plus subtile, mais aussi plus coûteuses et plus difficiles à entraîner. Nous pouvons citer en exemple les deux interventions des commandos de la marine pour libérer des otages aux mains de pirates au large de la Somalie ces 5 derniers mois, mais également l’opération qui a coûté la vie à 10 soldats français en Afghanistan il y a peu. L’on voit que les problématiques des forces spéciales, d’une part, et de la protection de soldats devenus de plus en plus “précieux” au regard de leurs compétences et de leur relative rareté, d’autre part, prennent toute leur importance.



Une ruse vieille comme la Seconde Guerre
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Ca, c’était pour la partie théorique. En pratique donc, on commande des cabines blindées et de nouveaux camions , on expédie du matériel et on se concentre sur le renseignement et l’anticipation . Et du côté russe , on use de vieilles ruses qui, tout autant qu’hier, fonctionnent aujourd’hui.

Pourquoi pas? Ces ballons sont somme toute une solution économique et relativement aisée à mettre en place et à transporter. Je suis dubitatif quant à leur efficacité réelle toutefois: les déplacements de troupes en nombre, comme dans le cas de l’incursion russe en Géorgie, ne sont pas caractérisés par leur discrétion. De fait, pour tromper des observateurs ennemis, il faudrait déployer un nombre important de leurres, tout en réfléchissant à leur disposition pour que celle-ci paraisse crédible. Par ailleurs, il faut bien voir qu’il ne s’agit là que d’un effet de “bluff”: dès qu’une balle vient à percer le ballon, on comprend tout de suite ce dont il s’agit.

Ce genre de ruse avait été utilisée durant la Seconde Guerre Mondiale, par les Alliés, afin de faire croire au rassemblement de la troisième armée de Patton, l’une des meilleures forces terrestres alliées, dans le Kent. Ceci dans le but de simuler un débarquement non pas en Normandie mais dans le Pas-de-Calais. Pour cela, on avait utilisé des chars en bois ou en caoutchoucs, des véhicules peints et même de faux navires de guerre.

Cette manoeuvre, qui prenait place dans le cadre de l’Opération Fortitude , est un cas d’école des techniques de désinformation. Couplée à nombre d’autres tactiques, des faux renseignements aux agents doubles en passant par des simulacres de déplacement de troupes vers la Norvège par exemple, conduisirent les puissances de l’Axe à s’intéresser de moins prêt à la Normandie.



Rusbal, châteaux gonflables, parcs d’attraction et lance-missiles caoutchouctés
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Pour finir, notons que Rusbal , la société russe qui livre ce type d’équipement aux armées de la Fédération de Russie, est polyvalente, puisqu’elle gonfle aussi de jolis châteaux de baudruche pour les enfants – mais si vous savez, ceux qu’on lorgne avec envie sur les aires d’autoroute sans oser y aller – et de charmants maisonnettes pour bambins. Bah quoi, faut bien résister à la crise hein .

Jul
02
2008
2

[WSJ] Mais vous aller vous sourire les uns les autres, bdm?

Ou de l’art et de la manière de ne pas perdre son sourire.

Pourquoi ne faut-il pas perdre le sourire?

  1. Il est diablement utile: le sourire est une arme naturelle dont Dieu ou qui que ce soit d’autre nous a doté afin que nous puissions assujettir les autres, les plier à notre volonté, les amadouer, les adoucir, les empêcher de nous transformer en sashimi même quand on a fait une bêtise. D’ailleurs je crois bien qu’Amélie en parle dans son Journal d’Hirondelle. 
  2. Il est agréable: pour vous comme pour les autres, un sourire est toujours à même d’apaiser des tensions latentes, un propos abrupt ou une parole déplacée, en faisant comprendre à l’interlocuteur que vous ne pensiez pas à mal (ou tout du moins que ce n’est plus le cas maintenant).
  3. Il a des applications pratiques: c’est un dérivé du 1). Par exemple, pour peu que vous ayez un métier où vous êtes amené à rencontrer une clientèle, soyez assurés qu’un sourire saura vous sortir de bien des situations. Qu’il s’agisse d’expliquer ses torts de manière constructive à un collègue, d’argumenter à propos des raisons du retard de la marchandises que vous étiez censé livrer la semaine dernière à un client hargneux ou encore de vendre au-dessus de vos objectifs, un sourire reste redoutable.
  4. Il est gratuit. Oui je suis une radasse, que voulez-vous, et tant qu’à faire autant user en premier lieu des atouts et des astuces qui n’impliquent pas de bourse délier. Ca ne coûte rien ou très peu, et ça peut avoir des effets spectaculaires. Il suffit de voir le nombre de gars qui se font avoir par de superbes créatures au cinéma pour le comprendre. Ah, le cinéma, c’est pas comme dans la vraie vie? Z’êtes sûrs?

Comment sourire? 

Et oui. Nous avons vu pourquoi, maintenant, à nous le comment.

  1. Avec sincérité: un sourire factice peut passer pour du vrai mais sera moins efficace que lorsqu’il est le reflet d’une impression de plaisir effectivement ressentie. Non pas que vous soyez tout le temps heureux, non, mais concentrez-vous sur le positif. Ou sur un aspect comique de vos interlocuteurs. Genre la mouche de celui-là ou l’horrible arrangement de couleurs du maquillage de la greluche à gauche. Avec un peu de chance, vous aurez même l’occasion de sourire sincèrement sans vous forcer, si en face se présente une jeune femme aux yeux d’ange. Hé, on peut toujours rêver.
  2. Avec suffisamment de brièveté: ne vous démasquez pas trop vite. Un sourire contrit et contraint, maintenu trop longtemps, ne fait pas “vrai”. Préférez au marathon le 100 mètres: un sourire appuyé et éclatant ponctuant une petite pique élégamment placée par vos soins sera du meilleur effet.
  3. Avec humour: pour vous défaire de l’image du commercial vendeur. N’hésitez pas à élever le niveau de la conversation en utilisant une autre gamme de sourire: le sourire entendu. Genre “Oui et ce monogramme de 1967 utilise l’IKB dans sa version 47 avec une virtuosité dont l’éclat ne peut que révéler l’ampleur de l’activité transcendantale d’Yves, voyez?”, et BIM, sourire entendu mit opinage du chef et phrase bateau genre “Mais n’est-ce pas à l’occasion de ce même Hommage à Tennessee qu’il envisagea pour la première fois la technique de l’inspiration des corps féminins, dans une optique dandyste?”. Et hop le tour est joué. Facile.
  4. Avec les yeux: non non non, ne me faites pas croire que vous aussi vous pensez que le sourire ne se pratique qu’avec la bouche. Non non non, c’est un exercice complet, dont seul un champion de décathlon pourrait convenir à sa juste mesure, impliquant donc un engagement de tout le visage. Les zygomatiques sont mobilisés, les commissures des lèvres, les pommettes, et les yeux, qui se plissent insensiblement et se font pétillants dans le meilleur des cas (choisissez en fond de scène un feu d’artifice pour un effet boeuf garanti). 

Sourire est un art, un sujet d’expression artistique, un moment privilégié, un moyen de manifester son plaisir de l’instant. Le sourire se garde, se fait entendu, et l’on fait avec. On peut le décocher, s’excuser d’un sourire, ou même être tout sourire, tant il peut être moqueur, à demi ou incrédule. Mais qui se souvient du sourire des chaussures dépenaillées, de celui de la fortune aux audacieux, ou du sort qui soudain s’éveille?

Keep up smiling. 

BaKament Vôtre,

MieL

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Jun
06
2008
0

[Photo] Phillip Toledano: Phone Sex

(On remercie n° Quinze svp)
Je suis ravi de vous présenter le dernier travail de Philip Toledano, un photographe que je suis depuis deux ans maintenant suite à la découverte d’un de ses clichés sur le site du MoMA. 
Ce nouveau projet se nomme Phone Sex, et se propose de mettre en exergue les acteurs d’une part méconnue du marché du sexe: celle de la téléphonie. Vous savez, tous ces numéros qui se perdent dans les tréfonds de vos souvenirs, vestiges fugacement aperçus du coin de l’oeil sur un panneau d’affichage, un poteau électrique ou quelque autre support abscons de la cité moderne.
Le charme? La liberté. Celle de pouvoir tout dire, sans que cela ne porte à conséquence directement dans la vie de l’appelant ou de l’appelante. Une relation privilégiée qui s’installe entre le client et son interlocuteur/interlocutrice. Une majorité de femmes, aux physiques hétéroclites, aux situations non moins paradoxales mais qui trouvent parfois dans cette activité un exutoire: un moyen de s’échapper le temps d’une conversation du quotidien, le plaisir et le frisson de l’intimité nouvelle entre deux êtres qui ignorent tout l’un de l’autre, l’insigne amertume de l’éphémère.
C’est cela que Mr Toledano a voulu rendre au travers de sa galerie et de son livre éponyme. Cela et plus encore, en voulant esquisser le visage de celles et ceux qui n’en ont pas. Comme si, par là-même, il violait le consensus du masque qui prévaut naturellement de par la barrière téléphonique.
Les commentaires de ses sujets n’en sont pas moins troublants, poétiques, parfois crus, mais toujours d’une justesse abrupte, ciselée.
Ce serait presque du Nothomb sans le cynisme latent. 
 
BaKament Vôtre,
MieL
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May
28
2008
4

[Société] Ségolène Royal et les procédures

Attention, je préfère prévenir, ceci est un troll, et poilu encore. Comprendre donc, un sujet à polémique, à débat, à discussions âpres et potentiellement agressives. Pour bien cadrer le tout:
  • Je ne prétends aucunement être objectif, mes commentaires n’engagent que moi
  • Non, effectivement, je n’apprécie guère Mme Royal au départ
  • Non, je ne suis pas non plus un sarkozyste convaincu ou un droitiste basique
  • Non, je ne soutiens pas un de ses opposants au Parti Socialiste pour le poste de Premier Secrétaire
Je vous mets la vidéo directement, que vous puissiez la visionner avant de lire le commentaire que je fais sur l’ex-candidate:

Ceci étant dit, sachez donc que je tiens l’élocution de Mme Royal dans la plus basse estime. Ceux qui, encore une fois, ont l’insigne honneur de devoir me supporter quotidiennement (=P)  savent que je ne la porte pas dans mon coeur, d’une part pour ce que j’estimerais être sa propension à la démagogie la plus horrifiante (attention, loin de moi l’idée qu’elle puisse être la seule succombant à ce penchant) et d’autre part pour sa diction, que j’estime franchement irrespectueuse.

Je sais, je suis pointilleux. Ma maniaco-dépression est pourtant à tout le moins sélective: j’aime que l’on écrive correctement (oui, même sur msn, par mail ou dans les commentaires du présent blog) et que l’on soit respectueux des livres que je prête. Deux points sur lesquels je suis inflexible.
Le corollaire du premier me fait également apprécier une élocution limpide, didactique et mise en oeuvre avec aisance, bref, une rhétorique non seulement fournie mais également servie par un orateur de talent. Tout particulièrement, et c’est ce me semble assez compréhensible, pour les personnages publics. Les femmes et hommes politiques, tout particulièrement, dont la mission première reste dans une démocratie participative de représenter, servir et conseiller la Nation, doivent à leurs administrés d’être concis et complets dans leurs discours. Je trouve ainsi déplorable qu’une femme comme Mme Royal, consciemment ou non, affecte un tel irrespect vis-à-vis de ses interlocuteurs.
Mais de quoi suis-je en train de vous entretenir? Très simplement de sa manière de prononcer les mots à la manière d’une enfant, comme pour s’adresser à d’autres enfants, mais d’enfants malencontreusement atteints par un Alzheimer hyper-précoce. De ralentir son débit comme prendre le temps de bien mettre en avant ses mots, mais mettant ainsi en relief la platitude de son intonation.
Cela m’avait déjà horripilé lors de son discours de déclaration de candidature à l’investiture au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Cela m’est difficilement supportable dans la vidéo qui suit, où elle a visiblement du mal à accorder la parole à M. Fountaine. Je ne connais ni le contexte, nu l’affaire dont il est question au juste, et ne peut donc juger sur le fond, mais la forme est aberrante. Et ces répétitions, ce manque de fluidité, ces achoppements sur la moindre interjection, sont-ce là des propos dignes de quelqu’un sui sort de l’ENA?
Outre le problème démocratique, discutable ici et qui est soulevé à la fin par les membres de l’assemblée, c’est surtout le personnage, et plus précisément sa manière de s’exprimer qui m’intéresse ici. Mais je vous laisse voir par vous-même.
BaKament Vôtre,
MieL
Yatta BaKa TeaM
/Enter the BaKaSphere!
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