Oct
12
2009
2

(Movie) Cette « obscure clarté » : Was nüszt die Liebe in gedanken ?

Gunther Scheller, ainé d’une famille aristocrate allemande est l’un des membres fondateurs du Club des suicidaires. Ce Club de 1927 a réellement existé. Achim von Borries (le réalisateur) met en scène ce fait divers qui a dérangé l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.

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Dès le deuxième plan, le décor est planté autour de ce (divin personnage). Gunther lit un livre dont l’intitulé est  du Suicide . Il est « ailleurs», non pas dans le sens décalé, ou rêveur, mais plutôt désinvolte et absent. C’est en Salle de Retenue qu’apparait Paul le poète, son « associé ». Il est de nature réservée. Issu d’un milieu modeste, « le prolétaire » au caractère effacé est un narrateur actif . Il sera le seul survivant du binôme.

Gunther est ce jeune homme charismatique à l’allure élancée et à la blondeur étincelante, (quelque peu ravageur et torturé). Cet « ailleurs », qui le caractérise tant, se retrouve en une discrète affection pour l’Absinthe. Il peut tout aussi bien être violemment passionné (l’exemple de la scène dans la cave) que nonchalamment amer. Il joue le rôle du « voyant ». Il a conscience de la nature de ses semblables. Il différencie ceux qui aiment et ceux qui sont aimés. Il a connaissance de la sensualité que dégage sa sœur Hilde (cette fille « qui a tant de passion en elle »). Hilde est membre du Club, à son insu. Elle aime tant à séduire qu’elle attire Hans (l’amant bisexuel) et l’extirpe des pattes de Gunther.  Lorsque  Gunther réalise que Hans ne l’aime pas, son visage s’assombrit, ses joues se creusent et  son regard semble inerte. C’est à ce moment là qu’il va accomplir le pacte du Club.

Là, mes amis, ils ne faut pas rêver. Au fond, ça me tue de vous parler de ce film. J’aurai voulu le garder secret pour moi et quelques autres personnes, qui par un pur hasard m‘ont demandé de le voir (au nombre de trois). Peu importe, je vous conseille vivement de le visionner, (si vous êtes atrabilaire ou Dom Juan).

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Cependant, je peux vous dire pourquoi ce film n’est que pure poésie. C’est parce qu’il réalise une séparation distincte entre deux mondes, un constant parallélisme. Celui d’une  Nature généreuse/abondante signifiant la vigueur, la musique, l’humidité, la sensualité environnante que dégage la jeunesse; et d’une Nature aride comme lors de la formation du Club, ou lors des appels à la tristesse et au silence quand les deux protagonistes se retrouvent seuls. Le clair-obscur, non pas dans son interprétation baroque, mais plutôt dans le principe d’opposition entre faits et gestes ne mérite qu‘à être contemplé. Cette idée de luminosité “poétique” tantôt obscurcie avait été développée dans le film Éclipse Totale, où nous étions face à l’expression des  sentiments amoureux de Verlaine & Rimbaud. La beauté des images et l’amplification du son, quand les deux personnages sont seuls étendus dans la Nature est purement ineffable (j‘en ai la chaire de poule).

L’ensemble du « flim » tourne autour des dernières heures avant l’instant fatidique, (et ce film est d’une exquise finesse visuelle). On peut retrouver ce principe dans Last Days de Gus van Sant (oui, je m’étais endormie au ciné… mais ça c‘est juste parce que Michael Pete & sa bouche de poulpe me sortent par les yeux). Mais ici, les dernières heures sont tantôt vaporeuses et funestes, tantôt libertines et sauvages. J’avouerai que mon affection pour Was nüszt die Liebe in gedanken ? réside dans la qualité visuelle des images et du travail accomplit  sur les effets opalins & ambrés.

Mais encore une fois, je n’arriverai pas à vous dire clairement pourquoi. C’est surement mon autisme enfantin qui vous tord le cou (oui, pensez à la pendaison, « ça se marie bien » avec l‘atmosphère du film).

Aug
02
2009
0

(MPM) Stercoraire

Le principe ? Tous les dimanches, un mot ; tous les mots, un dimanche. Pour se cultiver, pour s’amuser, pour jouer avec ou pour en faire des pâtés, les mots, c’est rigolo. Ca s’appelle le Mot pour Mot !

Et cette semaine comme promis, nous refaisons le portrait du mot stercoraire. Je vous avais annoncé qu’il s’agissait d’un gros morceau, ça l’est au sens propre – sigh – comme au figuré, vous allez vite le comprendre. Amis poètes, passez directement au prochain billet.

180px-Arcticskua2STERCORAIRE, adj. et subst. masc.
I.  Adjectif
A.  1. Qui a rapport aux excréments; qui concerne les matières fécales. Synon. stercoralMe voici (…) revenu aux origines, à la virginité du monde et à son prodigieux gaspillage de fécondations, de déchets, de matières stercoraires (ARNOUXRhône, 1944, p. 409).
Synon. de scatologiqueImaginations stercorairesLe grand plaisir de causerie de la société, ce sont les plaisanteries stercoraires (…). Oui, la merde, les pets, c’est le fond de la gaîté (GONCOURTJournal, 1863, p. 1327).
P. ext., littér. Qui concerne n’importe quelle excrétion sortant par les voies naturelles. Je trouve mon homme couché et hurlant. Faciès cadavérique, vomissements stercoraires (A. FRANCEOrme, 1897, p. 130).
2. Au fig., littér. Qui inspire le dégoût; qui est répugnant, ignoble. Ce n’est pas de la colère (…) que j’éprouve en voyant l’envie qu’elle a d’aller picorer dans cette musique stercoraire. C’est du chagrin (PROUSTSwann, 1913, p. 289). Dominique l’interrompit pour expliquer posément qu’elle n’acceptait d’hommages que platoniques et qu’il ne pouvait être question entre eux des viles et stercoraires réalisations de l’amour charnel (QUENEAULoin Rueil, 1944, p. 173).
B.  BOT., ZOOL. Qui croît, qui vit sur les excréments, le fumier. Insecte, plante stercoraireLe surtout est enduit d’une huile parfumée, comme l’escarbot stercoraire, qui, au moyen de cette onction, s’enfonce sans se salir dans les excréments des animaux, et conserve la beauté de sa robe d’un bleu pourpre (BERN. DE ST-P.Harm. nat., 1814, p. 151).
II.  Subst. masc.
A.  ZOOLOGIE
1. Insecte coléoptère qui vit sur les excréments, sur le fumier et s’en nourrit. Quelle consolation de connaître enfin [à la lecture de Fabrepourquoi je ne trouvai jamais d’œuf dans les boules de crottin que je dérobais aux stercoraires! (GIDEJournal, 1910, p. 303).
2. Oiseau palmipède marin, au plumage foncé, voisin de la mouette et qui attaque les oiseaux de mer pour se nourrir des proies qu’il les force à dégorger. Synon.labbeLa mouette tridactyle (…) est invariablement accompagnée de son audacieux parasite le stercoraire (…) qui force ce malheureux oiseau à dégorger les crustacés et les menus poissons dont il se nourrit, et les happe avant qu’ils soient retombés à l’eau (ROUCHRégions polaires, 1927, p. 184).
B.  PSYCH. Pervers sexuel dont l’émotion érotique est liée à la vue, à l’odeur ou à la manipulation de matières fécales. La perversion des stercoraires se relie directement au fétichisme du corps et est souvent associée au masochisme (POROT 1975).

Je vous avais prévenu, c’est un mot des plus utiles, mais passablement… iconoclaste.

Notons que pour ma part je suis tombé dessus dans une BashFR (enfin ça s’appelle DansTonChat maintenant, c’est moche), celle-ci plus précisément, histoire que vous puissiez contextualiser.

La semaine prochaine, ce sera interlope. Qu’on se le dise !

May
26
2009
2

(Geek) Une interface très humaine

picture-627Un travail superbe du collectif espagnol Multitouch Barcelona, qui vous propose une interprétation pour le moins originale d’une interface-utilisateur user friendly. Leur idée pour faire apparaître des synergies entre l’utilisateur d’un ordinateur et sa machine ? Une interface humaine.

Littéralement.

C’est très bien réalisé, et l’idée de base est des plus rafraîchissantes. Par ailleurs, la problématique sous-jacente, qui est celle de la communication homme-machine, reste d’actualité. Même si les périphériques interactifs que nous connaissons nous paraissent aujourd’hui évidents – qui sait encore que la souris n’apparaît que dans les 80′s ? – les nouveaux contenus, les nouvelles possibilités offertes par la Toile induisent de nouveaux usages, et donc de nouveaux besoins en terme d’ergonomie, comme le montrent des initiatives telles que Surface ou iPhone.

Hi from Multitouch Barcelona on Vimeo.

Via Fubiz !

Mar
28
2009
2

(Clip) Department of Eagles – No one does it like you

Bon je passerai sur le fait que Sonovore nous plagie veu-gra (t’as vu ®) dans la mise en forme de son billet. C’est nous qu’on mettait des tags “(clip)” avant d’abord. Mais laissons là ces considérations de bakasable pour nous concentrer sur l’important, à savoir le clip de No one does it like you, de Department of Eagles.

Poétique, dirais-je, quoique ardu dans ses allusions, il n’est pas sans soulever quelques questions quant au sujet abordé. S’agit-il d’une déception amoureuse, d’une séparation, de l’affrontement ancestral et manichéen de la femme et de de l’homme ? Qu’en pensez-vous de votre côté ?

Les clips qui permettent de se poser des questions, y’en a pas tant que ça. Alors on en profite, tout en écoutant le folk/rock planant de ce groupe dont je vous conseille par ailleurs l’écoute.

Mar
10
2009
9

[Ciné] Slumdog Millionaire, de Danny Boyle

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C’est comme le port salut, c’est marqué dessus. En effet comment pouvait-on ne pas en parler, nous les bakas férus de movies, de belles histoires et de zombies ? Slumdog Millionaire, LE film de l’année aux dires de certains, qui a raflé la bagatelle de 8 oscars et pas des moindres (une minute de silence pour Fincher et Benjamin Button merci)

Vous connaissez tous l’histoire de près ou de loin, un indien qui vient d’un bidonville et qui réussit à empocher le pactole à Qui Veut Gagner des Millions, où chacune des questions posées permet de nombreux flashbacks qui font la trame scénaristique.

Alors oui, et sans être méchant, le scénario ne casse pas des briques, dit comme ça il est même franchement bancal et ne donne pas forcément envie de débourser une dizaine d’euros pour voir un mec en gagner 20 millions en deux heures. Alors, à voir ou pas ?

Globalement l’immense majorité sera loin d’être déçue, la réalisation est soignée et malgré les flashbacks incessants le tout reste harmonique et agréable à suivre. On ne s’ennuie vraiment pas. Pas forcément à cause de l’émotion qui vous transporte patati patata mais plutôt grâce au dépaysement, qui est total. Le choix des décors et la direction de la photo sont de très très haut niveau, et bien évidemment on retrouve toutes les ambiguités de l’Inde contemporaine, entre tradition et modernité, essor et précarité. Forcément pour le public occidental ça touche forcément plus, c’est peut-être une des raisons pour lesquelles les critiques ont été particulièrement acerbes vis-à-vis du film alors que le public était définitivement dithyrambique.

La bande son à elle seule mérite vraiment le détour, encore mélangeant musique traditionnelle orientale et tubes planétaires. Ben oui, 2 enfants indiens sur le toit d’un train parcourant le pays avec Paper Planes de M.I.A. à fond les ballons ça fait l’effet d’un grand bol … de curry.

Pour la plupart les acteurs sont d’illustres inconnus, mais on peut dire qu’ils rentrent par la grande porte à Hollywood – Freida Pinto, héroïne du film, sera à l’affiche du prochain Woody Allen aux côtés d’Anthony Hopkins : tout de même. Les acteurs sont convaincants sans forcément envoyer du marbre par palettes, à part l’extraordinaire prestation du présentateur de Qui veut Gagner des Millions, qui N’EST PAS le Jean-Pierre Foucault local mais bien un dieu vivant du cinéma indien, dans le genre de Shahrukh Khan.

Les amateurs de Danny Boyle seront surpris toutefois. Même si tous ses films tournent de près ou de loin autour de l’argent, il nous avait habitué à une certaine forme d’humour noir, un côté grinçant bien à lui – son côté british, probablement – notamment avec le cultissime Trainspotting. Le grinçant ou alors le glauque : l’homme est à l’origine des projets 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard, le premier monument new-age du film de zombie chaotique à souhait, et le second suite navrante pour rafler les biftons. OR donc, dans ce Slumdog Millionaire, Boyle se la joue eau de rose et romantique. Eh oui on ne coupe pas au happy end, celui qui nous est annoncé dès les premières minutes mais nous, public bête et parano, on croit que ce ne sera jamais possible. Qu’on est con.

Grosso modo le film ravira les fans de biopics, de roadmovies, de documentaires et de romantisme. Ca fait déjà un bon tas. Pour ma part ce qui m’a plu réside dans le simple fait que c’est sans doutes la première fois qu’un réalisateur occidental s’intéresse à Bollywood sans en faire… pardon, mais j’y peux rien, sans en faire une PURE MERDE. Je vomis encore coup de foudre à Bollywood par tous les pores de ma peau, étant pourtant amoureux transi d’Aschwarya Rai***. Je m’égare. Boyle s’en sort tout en nuance et sans grandes prétentions, conciliant plus ou moins 2 cinémas radicalement opposés. On ne demande pas le mariage, mais une cohérence et une harmonie, c’est le pari réussi de Boyle.

Il ne s’agit pas du film de votre vie, le messie que vous reverrez 40 fois en pleurant tout le temps à la fin, mais il vous laissera probablement un bon souvenir, et vous fera profiter d’un bon moment de détente. Vous en aurez pour votre bourse et pour votre coeur, c’est ce pourquoi le cinéma existe non ?

*** Eh bien… Là voilà. Dans Devdas évidemment.

Dec
16
2008
0

[Hum] Ou l’on croise plein de gens en donnant son sang

C’est fou ce que j’aime aller à Gerland pour faire semblant, de temps en temps, d’être quelqu’un de bien. D’ailleurs, je pourrais probablement faire un donneur à peu près passable si j’y allais pour des raisons parfaitement altruistes. Je suis d’ailleurs persuadé que je pourrais tirer des larmes à une pierre en me fendant d’un texte manichéen vantant les mérites des courageux donneurs de sang à l’assaut de toutes les maladies qui ne laissent pas de tuer – souvent même de manière mesquine, par derrière, sans qu’on s’y attende le moins du monde – la veuve et l’orphelin.

D’ailleurs, j’ai des citations qui, j’en suis certain, culpabiliseraient le plus cynique (ou la plus cynique d’ailleurs) d’entre vous, genre “ah tiens vous n’avez pas le CMV, ça veut dire qu’on va donner en priorité votre sang à des enfants” ou encore “oh vous êtes de tel groupe, c’est l’un des plus rares, c’est vraiment bien que vous veniez”. Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre.

Comprenez-moi : ayant manqué mon rendez-vous d’hier, je l’ai reporté à ce matin. C’est donc avec un courage dont je souligne la présence erratique que je me levais, et m’envoyais un petit-déjeuner destiné à me plomber ouvertement l’estomac. Première règle du donneur : toujours y aller le ventre plein. Le seul inconvénient, c’est qu’il faut éviter les graisses. Too bad, les graisses, c’est tellement bon que tout le monde en mange au petit déj’.

Le ventre plein, la mine encore ensommeillée mais en bonne voie de réveil, le teint blafard habituel, je me dirigeais donc vers le métro. Car après avoir affronté avec un stoïcisme qui m’épate encore les assauts conjugués de températures résolument polaires et d’un vent bien décidé à s’insinuer gentiment jusqu’au plus profond de mes os, il m’a bien fallu passer par la case transports en communs communs. Oui, je répète commun, vu que nous avons depuis peu le concept des transports en communs individuels. Si si .

J’ai donc été happé par la marée humaine montant à Bellecour, avant que la rame dans laquelle j’avais l’infortune de me trouver n’éructe de la quasi-totalité de ses occupants à Saxe-Gambetta. J’ai réalisé – mais plus tard – qu’il s’agissait heureusement de l’arrêt auquel il me fallait descendre. Coup de bol, parce que je jure que je n’aurais rien pu faire pour résister à la foule en délire qui avait résolu de descendre là, m’entraînant avec elle. Jusque là, rien de bien nouveau, le D, c’est toujours comme ça, et j’y suis habitué. Par contre, le B vers Gerland, je ne le prends que lorsque je me rends à l’Etablissement Français du Sang. DU coup, chaque fois je suis ravi d’y découvrir de nouvelles têtes.

Certes, je ne connais pas les innombrables individus qui s’agglutinent chaque matin et chaque soir dans les rames de la ligne D. J’entends par “nouvelles têtes” de nouveaux styles, des Lyonnais autres que les bourgeois bohèmes de ma fac’, que les intellos de Grange-Blanche, que les cadres qui se rendent à la Part-Dieu, que les lycéens de Montplaisir qui font 35 ans alors qu’ils en ont 12, bref, vous voyez ce que je veux dire. Un peu de changement, même minime, fait toujours beaucoup de bien. D’ailleurs, Aristote était l’un des premiers à nous dire qu’il faut se méfier des habitudes (remarquez la pseudo-justification habilement dissimulé sous une très vague référence prétendument philosophique).

Le B donc, jusqu’à Stade de Gerland. Désert, par rapport à celui que je venais de quitter. Toute la foule prend à gauche, vers Part-Dieu et ses tours (ha ha, des tours, qu’est-ce qu’il ne faut pas écrire). Trois arrêts intermédiaires, et un peu de calme bienvenu. L’arrivée au centre, non loin de la bouche, et l’accueil familier : paperasse, personnel chaleureux et, surtout, autres donneurs.

C’est là que ça vaut le coup, et que l’on se dit que finalement, le terme de fraternité que porte avec morgue notre République n’est peut-être pas tout à fait aussi mort que l’on voudrait le faire croire. C’est bête comme pensée. Mais voir des gens si différents, à une heure si matinale et en semaine, s’arranger pour prendre sur leur temps afin d’aider des inconnus, je trouve que c’est quelque chose de vraiment représentatif de la sacro-sainte “solidarité”. A côté de moi, un business man grisonnant, la cinquantaine, costume-cravate et chapeau, qui lit un Metro; un jeune, vingt-cinq ans à vue de nez, carrure imposante et chapelet bouddhiste en guise de collier, avec baskets et t-shirt de rap; une femme, la trentaine, habillée simplement et qui se triture les cheveux nerveusement avec sa main élégamment baguée; un autre homme, la trentaine lui aussi, athlétique, avec tenue de sport et portable à l’oreille; une maman, accompagnée d’un petit garçon de cinq ou six ans, qui fait de grands sourires; une jeune femme enfin, pas beaucoup plus âgée que moi, avec sac Longchamp et perles en guise de boucle d’oreilles.

Rien à voir entre ces gens. Certains donnent leur sang, d’autres leur plasma, pour moi ce matin c’étaient les plaquettes. Ma première fois. On m’explique la procédure, l’infirmière est visiblement en formation. Sa première fois pour ce type de don. Un peu hésitante mais rassurante, avec sa chef qui la surveille du coin de l’oeil. Un oeil acéré, mais qui devient amical lorsqu’elle vous propose une boisson ou un biscuit, tout en surveillant les poches transparentes qui peu à peu se remplissent.

Une grosse heure au final. Une collation, pour se remettre de la fatigue occasionnée, et c’est reparti pour une journée au temps pour le moins maussade mais qui pourtant s’illumine à la vue des sourires de tous ces gens, hétéroclites, différents, visiblement pas vraiment issus du même milieu, qui pourtant ici se côtoient, s’interpellent, se rassurent mutuellement. Le petit garçon apporte à sa maman un pain d’épice, tandis que celle-ci discute avec le business man, lui-même à côté du gars au chapelet bouddhiste.

C’est dingue ce qu’on se tamponne des minorités visibles dans le coin. De toute manière, le sang qui coule dans les tubes est toujours rouge.

“Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre”, disais-je au début de ce laïus, un peu long, je m’en excuse. Pas sûr que ce soit tout à fait vrai. C’est peut-être parce que moi, si j’ai un accident, j’aimerais qu’un type un peu glandeur, un brin cynique et peut-être même tenant un blog, se dise que c’est le moment de donner son sang, histoire de me sauver la vie.

Ouais.

PS : Si les donneuses pouvaient être comme ça , aussi, je suis sûr que ça motiverait du monde. Moi, c’que j’en dit…

Oct
04
2008
1

[Ciné] Jan Kounen

On parlait encore récemment du film de ses français, et de ses… euh… on va dire errances. Eh bien en voilà des pas comme les autres, si intéressants qu’on douterait même de leur caractère hexagonal.

A la base je voulais vous parler de 99 francs, mais puisque c’est à la mode d’essayer des articles plus longs, je m’attarderai un moment sur Jan Kounen. Jan qui ? Kounen. Le réalisateur de films passés inaperçus (car pas top) comme Blueberry, mais aussi et surtout d’un monument du cinéma français, si on peut encore parler de cinéma : Dobermann. Si vous ne connaissez pas sautez littéralement dessus – car oui, il y a Monica Bellucci dedans.

Sorti en 1996, ce film d’action survitaminé a défrayé la chronique dans nos tranquilles contrées, tant il était irrévérencieusement délicieux. Violent, Sexy, Gore souvent, toujours délirant et associal, ce film est une pépite. Pas convaincu ? bon, j’emploie les grands moyens : sans vous faire le pitch (même s’il tient en 2 lignes, je l’avoue) on peut y trouver :

- un gangster chevelu qui a un flingue depuis son berceau (littéralement)
- sa copine nympho complètement sourde, qui aime baiser pendant les braquages
- un taré divorcé qui joue au tennis en tirant sur les balles et en insultant tout ce qui bouge
- un autre taré qui ne jure que par son chien et les transsexuels qu’il fréquente, coqué jusqu’au sphincter
- un autre autre taré qui s’habille en prêtre, parle comme un prêtre et fourre des grenades dans le casque des motards, ou encore joue les voyeurs en regardant un des autres tarés s’envoyant une nana

… vous mélangez ça à un flic nazi joué par Tchéky Karyo, et voilà.

Tepoum. Ca envoie du marbre par palette, ça cramponne à son siège bien comme il faut, et ça fait marrer 2 heures durant, avec ce qu’il faut de fusillades, de cruauté, de délires, de manque de respect et d’amo… … euh… d’amochement de façade sur le périphérique.

Film à voir en VO.      Mouahaha.

M’ENFIN je m’égare. Car oui je suis bien ici pour parler de 99 francs, de Jan Kounen donc (voir plus haut). Non je me répète pas.

Est-il utile de présenter Jean Dujardin ? A moins d’avoir vécu dans une grotte ces 5 dernières années, ou pire encore, hors de France, vous l’avez aperçu sous les traits de Loulou, de Brice, de Hubert (ou Lucien, ça dépend de la blanquette) et dans diverses comédies moyennes sans prétention et/ou nulles.

Hors le voilà ici avec un réalisateur pas forcément gentil, dans une adaptation d’un auteur qui ne l’est pas plus, le mignon et Lafayette Frederic Beigbeder. Adaptation du bouquin éponyme donc, le film décrit la vie d’Octave, vieille pute de 30 ans qui bosse dans la publicité et qui fait sa crise de la quarantaine avant l’heure dans un océan de cocaïne, de filles et de paillettes. Je n’irai pas plus loin, je ne suis pas costaud pour résumer des bouquins que je n’ai pas lu (même si j’y travaille, rapport à mes études).

Bon alors pourquoi aller voir ce pétage de câble là plutôt qu’un autre ? Allez hop, on va balancer 5 bonnes raisons :

- pour Jean Dujardin. Qu’on aime ou on aime pas ses prestations, il joue un grand malade aussi inteligent que détestable dans une partition qu’on croirait écrite pour lui. Un grand acteur qui s’en donne à coeur joie, on voit à quel point il apprécie de jouer le pire des enfoirés, que ce soit en voix off ou dans les bras d’Elisa Tovati (et on le comprend)
- Pour la réalisation. Le monde de la pub est un kaléïdoscope d’images, de sons et de symboles, un labyrinthe de concepts et de chiffres que Kounen utilise avec talent. Et ironie. Quand il pique une idée au Fight Club de Fincher, il le marque dans les sous-titres qu’on ne voit qu’en mettant pause. Visuellement très inspiré, il passe du cinéma à la pub, en cotoyant le dessin animé psychédélique et les fantasmes gigantesques, le tout avec une extraordinaire fluidité. Grand Bonhomme.
- Pour la fin, qui en décoiffera plus d’un. Comprendre que le scénario est brillament mené. Sûrement un reste du bouquin. Mouhaha.
- Pour le sadisme, le cynisme, l’arrogance, la perversion, le mal-être, l’irrévérence, l’ivresse et l’amour du péché. Et tout ça est hilarant et captivant. Fallait que je le place quelque part.
- A titre anecdotique, la première vidéo publicitaire jamais tournée vous attend à la fin du générique. Pour les curieux.

Voili voilou
Portez vous bien !

BaKament Vôtre,

Tobi
Sep
17
2008
1

[Ciné] Rentrée du Cinéma

La rentrée du Cinéma, c’était donc jusqu’à hier, et j’espère que comme nous vous en avez bien profité. Sinon, ben… revenez l’an prochain quoi. Enfin bref, je vais vous faire un compte rendu à peu près détaillé de mon marathon cinéma, car croyez moi quand vous enchaînez 5 films dans une journée, c’est du sport : il faut du courage, de l’organisation et une paire d’yeux level 12.

Une fois n’est pas coutume, j’ai tenté de mettre l’accent sur le cinéma français durant cette journée. Non sans appréhension, parce que bon, après des « succès » ayant comme nom Bienvenue chez les ch’tis, ou le prochain « carton » de Faubourg 36, il y a franchement de quoi s’inquiéter. Et bim dans ma gueule de langue de pute, le cinéma français se porte bien, comme en témoignent les 3 films dont je vais vous parler.

La fille de Monaco est le dernier film d’Anne Fontaine, qui pour information sera prochainement à la réalisation d’un biopic sur Coco Chanel avec Audrey Tautou dans le rôle titre.

La fille de Monaco est avant tout une comédie grand public avec un casting efficace sans être people. Louise Bourgoin, présentatrice charmante et délurée de la météo sur canal+, campe ici une jeune présentatrice de météo charmante et délurée à Monaco, débordante d’ambition et de sex-appeal. Pour accéder enfin à la célébrité, elle n’hésite pas à se rapprocher d’un grand avocat parisien, venu sur le rocher pour un procès délicat. Un avocat pas comme les autres, timidement amoureux et plein de doutes, un homme qui s’arme et se défend par l’érotisme de ses mots, mettant en exergue chaque minute son amour de la vie dans tous ses moindres détails. Evidemment c’est ici qu’on retrouve Fabrice Lucchini, un rôle sur-mesure comme qui dirait. Inconditionnel fan de ce grand bonhomme, je ne peux rien en dire sinon qu’il est comme à son habitude exceptionnel. Pour le reste c’est à vous de juger. Cependant dans cette amourette peu probable naissante se glisse un troisième protagoniste, le garde du corps de l’avocat, joué par Roschdy Zem – que Zem beaucoup d’ailleurs (si si). Une histoire en triangle souvent drôle, toujours sensuelle mais jamais stéréotypée. Cette comédie légère en apparence cache bien son jeu, avec une fin tragicomique étonnante.

Niveau bande-son et réalisation, c’est du cinéma français typique, donc bien mais pas top. Mais après tout on s’en fout, on passe un bon moment en compagnie de ce trio infernal qui part en cacahuète.

Comme les autres est le premier film de Vincent Garenq, et quel film ! Un pitch simple pour un sujet qui suscite de lourds débats dans nos temps troublés.

Emmanuel (Lambert Wilson) et Philippe (Pascal Elbé) filent le parfait amour, jusqu’au jour où Emmanuel décide d’avoir un enfant… mais pas Philippe. Après avoir essayé de se faire passer pour le parfait hétéro célibataire auprès de la DASS, ou encore de trouver le parfait couple gay de l’autre sexe pour un échange de bons procédés, il se décide finalement à faire un mariage blanc avec une argentine sans papiers (Pilar Lopez de Ayala), en l’échange de quoi elle lui fera un enfant. Au niveau des tabous sociétaux, on va loin et pourtant on y glisse sans chuter.

Le trio d’acteur est émouvant et extrêmement convaincant. Lambert Wilson est particulièrement touchant dans sa recherche de paternité, mais ce sont surtout Pilar Lopez de Ayala et Pascal Elbé qui m’ont surpris. On aurait facilement pu tomber dans le gnan-gnan et les clichés ridicules mais tout ici est parfaitement orchestré : les sujets sont traités avec pudeur et sensibilité, sans tomber ni dans la sensiblerie ni dans le malaise. Tout est naturel et se passe comme tel, aucun point de vue n’est imposé par le réalisateur. Et enfin, ce n’est pas pour nous déplaire mais il s’agit là encore d’une comédie grand public qui vous fera rire quelques bonne fois. Tous les films présentés ici sont de bonne qualité, mais celui-ci doit être celui qui m’a le plus surpris, tant je ne croyais pas à Lambert Wilson dans ce rôle. Faut dire que la dernière fois que je l’avais vu, il jouait un médecin bionique. Ceci explique cela.

Comme les autres, un film pas comme les autres qui vous fera passer un agréable moment si vous vous y prêtez.

Le plus beau jour du reste de ta vie, film de Rémi Besançon, est LE film frnaçais de la rentrée. Encensé de toute part par les médias, les critiques et les spectateurs en même temps, il ressemble fort au messie cinématographique français qu’on attend depuis si longtemps. Alors Fake ou pas ?

Recadrons les choses, il s’agit ici d’une chronique familiale : un grand-père, le fils et sa femme, et 3 petits-enfants. 5 membres (le grand-père est plus un second rôle qu’un personnage central) pour 5 jours qui ont changé la vie de la famille toute entière. On suit donc chronologiquement le destin de cette famille au cours de différents évènements relatifs à chacun au cours de ces dates particulières, organisées en chapitres à l’écran. La réalisation est d’ailleurs fort sympathique, très inspirée visuellement avec de jolis plans. La bande-son est signée Sinclair, et comme à son habitude ses compositions/reprises au cinéma font mouche et vous transportent aisément.

Le casting 3 étoiles fonctionne plutôt bien, avec une mention spéciale à Zabou Breitman et Jacques Gamblin qui signent des rôles plus profonds qu’il n’y parait.

La profondeur. Vaste sujet. Sur le papier et sur l’écran ce film a tout pour plaire : la chronologie, les acteurs, le son, les intrigues familiales. Oui mais voilà ces intrigues ont peiné à me convaincre. Membre d’une famille de 3 enfants moi aussi, j’ai plus retrouvé des clichés dans ce film qu’une « vraie » histoire familiale qui à mon sens justement, ne peut être qu’unique et pas commune à d’autres. En matière de chronique familiale, Le premier jour du reste de ta vie s’en sort à merveille, mais si vous aimez ce genre de films, la référence absolue reste C.R.A.Z.Y. , une merveille du Québec qui vous transportera encore plus loin et plus fort. Il demeure que ce film de Rémi Besançon reste bon. Même si on est comme votre serviteur un peu sceptique au début – et ça c’est si vous êtes perfectionniste – on finit par se laisser porter par l’histoire de cette famille « ordinaire » et on profite de quelques beaux moments de cinéma, avec ce qu’il faut d’émotion et de légèreté.

Voilà pour le côté French Touch de cette rentrée du cinéma^^

Incessamment sous peu viendront d’autres articles pour sortir de ce carcan hexagonal et vous présenter Be Happy, Wall-E, Cafe de los Maestros qui porte bien son nom et C’est dur d’être aimé par des cons, français mais hors catégorie, car même un article ne suffirait sûrement pas.

BaKament Vôtre,

Tobi
Sep
10
2008
2

[MpM] Sororal, sororale, sororaux

Je sais, je sais. Mais bon, pas le temps, pas l’opportunité… Et pourtant encore tant de mots à partager!

Aujourd’hui, le Mot pour Mot du jour est sororal (et ses déclinaisons). Dont je viens de tomber sur une occurrence dans un article de Libé (décidément me direz-vous avec raison, je suis un lecteur attentif de Libé. Comme quoi…). Jeter un oeil à l’article permet de se faire une première idée, mais un dictionnaire reste l’ami le plus précieux du Vocabunaute. Voyons plutôt:

Sororal-ale-aux: Au sens strict, il s’agit de ce qui est relatif à la ou aux soeur(s). On parle ainsi d’amitié sororale ou fraternelle. Toutefois, une famille sororale est celle qui voit le frère aîné exercer un droit d’autorité sur ses soeurs et leurs enfants. Il y a donc une notion de sujétion que l’on ne retrouve pas dans l’acception originelle.
Plus étonnant encore, on peut parler de polyginie sororale. On fait alors allusion à un système matrimonial selon lequel un homme peut ou doit épouser plusieurs soeurs simultanément. C’est un mode de fonctionnement que l’on retrouve beaucoup dans les traditions tribales, pour la stabilité qu’il sous-tend, des épouses-soeurs n’étant pas censées se disputer. Je reste sceptique pour ma part.





En poussant plus loin l’analogie, quelqu’un de sororal devient une personne faisant référence à sa ou ses soeurs par sa douceur, son affection. De la même manière, et bien qu’il soit fort rare, l’adverbe sororalement signifie “à la manière d’une soeur”. Si je cultivais la capillotraction (mais ce n’est pas mon genre du tout), je pourrais ainsi dire à une amie qui m’a veillé alors que j’étais malade: “vous me veillâtes sororalement, très chère”. Il eut fallu que ce soit une amie très chère, toutefois. Et sacrément frappée pour comprendre le terme, je vous l’accorde.

Pour en finir, et faire un sort au sororat (huhu), notons que le terme d’origine est issu du vocabulaire juridique. Mais les poètes passèrent par là et firent la lumière sororale – comprenez douce et chaleureuse – sur cette affaire.

Avouez que pour un mot, c’est tout de même un joli mot. A vos plumes! ;-)

BaKament Vôtre,

MieL
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Jun
14
2008
3

[Ciné] Phénomènes

Shyamalan. L’indien qui a révolutionné le trhiller scénaristique, celui qui nous a fait valser pendant des heures et demies avant de nous faire “it’s a trap !” dans 10 dernières minutes mythiques qu’on trouve admirables, de peur de se trouver soi même stupide – comprenez que j’adore.

Shyamalan. Le renouveau du 6ème sens, la mythologie Marvel, crop circles et José Bové ainsi que l’elfe zarbi qui aime être mouillée avec ses voisins ou le monde Amish vu de l’intérieur. Shyamalan c’est un mythe, mais au fil de ses films il s’avère qu’il se révèle être l’homme malade du suspense américain, avec des derniers films qui peinent à convaincre, et où on se surprend à déjouer les pièges de l’intrigue avant l’heure. Damned. Quid de Phénomènes, derniere idée géniale d’un cerveau qui ne l’est pas moins – rendons à César ce qui est à Jules.

Phénomènes, c’est comme dans chaque film de ce talentueux scénariste : une peur bien connue analysée sous un angle mystique, quasi surnaturel. Phénomènes ne déroge pas à la règle, et je vous renvoie vers allocine si vous voulez pitch et extraits. Alors qu’en fait-il de cette idée précisément ? A vrai dire j’y suis allé avec hésitation, tant la déception de la Jeune Fille de l’Eau me broyait encore les tripes et le portefeuille.

Bonne surprise s’il en est. La scène d’ouverture donne le ton : des gens qui se suicident par paquet de 40 dans Central Park, c’est captivant, pour jouer d’un euphémisme. On frissonne, on sent le chaos, on rit aussi parfois. Hein ? Oui, oui on se marre. Le film oscille constamment entre le profondément glauque et le manifestement burlesque. On se marre en voyant la mort de certains, on s’accroche à son siège en imaginant le pire toutes les 10 minutes. Forcément dans ce brouillis émotionnel, on perd un peu pied, mais je dirais que d’une certaine manière – et même si ça peut en déranger certain – c’est ce qui rend le traitement de la chose sympathique, et, qu’on le veuille ou non, on accroche sévère à l’intrigue (simpliste).

Merci Mark Wahlberg. Vu en VO, il est vraiment bien dans ses baskets de prof de maths cool mais un peu lopette sur les bords, qui doit prendre soin des personnes qui l’entourent parce que tous sont encore plus lopettes que lui. Ca vous rappelle rien ? Tom Cruise dans la Guerre des Mondes peut-être ? A ce niveau-là, la ressemblance est frappante, tant au niveau des personnages que de l’intrigue et de son déroulement. Par contre Shyamalan compense l’absence de moyen Spielbergiesque par une caméra au poing, franche et efficace. Il nous met sans cesse à la place d’un acteur regardant ses potes jouer avec leurs tondeuses, et ma foi ça marche pour le côté flippant, mais ça marche pour le côté drôle aussi : nan mais franchement, une tondeuse ?

Un film qui pourra vous réconcilier avec un M. Night Shyamalan qui a évolué (si si) mais qui n’aura pas autant d’impact que Bruce “Jesus Walks” Willis et Halley Joel “Bol master” Osment. Avec la fête du cinéma qui approche, les 29-30 juin et 1er juillet, voilà une bonne occassion de partager une bonne tranche de curry. Approved.

Tondeusement Vôtre (j’insiste),

Tobi

Jun
07
2008
2

[Ciné] Ghost in the Shell

Ayant appris l’intention de Dreamworks de réaliser un nouveau long métrage en 3D d’après le manga culte de masamune Shirow, je me suis replongé dans les 2 premiers longs métrages issus du monument de la SF nipponne.
De retour en 1997 pour la sortie française du premier volet Ghost in the Shell, 2 années après sa sortie asiatique. Ce film est à la pointe de la technologie d’animation de l’époque, le rendant encore très agréable à regarder. Ghost in the Shell, c’est d’abord un univers futuriste, où humains et cyborgs cohabitent et où la sélection naturelle n’a plus cours : les humains sont informatiquement boostés et reliés en permanence à un réseau Internet devenu un monde parallèle.

Au sein de ce monde où le terrorisme informatique est devenue la plus grande menace pour les sociétés humaines, le major Motoko Kusanagi, femme cyborg ultra-perfectionnée de la section 9, assistée du gigantesque Batou et de l’humain Togusa, cherche à interpeller un pirate informatique du nom de Puppetmaster autour duquel gravite mystère, corruption et tensions géopolitiques. Vous l’avez compris – ou pas justement – Ghost in the Shell est loin d’être accessible à tous, il s’agit d’une oeuvre majeure d’une incroyable complexité, et il me parait difficile d’en apprécier toutes les richesses à la première séance.

Le monde décrit par Mamoru Oshii dans cette adaptation met constamment en exergue le rapport de l’humain à la machine, alternant d’une part phases d’actions à base d’armements et de corps technologiquement modifiés et d’autre part profondes discussions métaphysiques sur la nature de l’homme, et les mystères du “Ghost”, qu’on pourrait traduire par une forme de conscience ‘humaine” proche de la notion d’âme.
Ghost in the Shell est un film élitiste mais pourtant son charme opère dès la première fois. La magnifique bande son accompagne la poésie des images d’un Tokyo futuriste, et on suit les errances psychologiques du Major Kusanagi en même temps que son enquête. Au passage, il me parait important de noter – puisque c’est malheureusement trop rare – que le doublage français est en tout point excellent, j’irai même jusqu’à vous le conseiller plutôt qu’une version originale. Les scènes mythiques s’accumulent dans une atmosphère lyrique et technologique, avec pour les connaisseurs le générique d’ouverture, les poursuites dans les bas-fonds de Tokyo, les profondes réflexions de Kusanagi et, en point d’orgue, la rencontre finale entre le Puppetmaster et Kusanagi, sans conteste le moment de cinéma le plus fort jamais rendu par l’animation japonaise.

Ghost in the Shell est un film culte pour des millions de Geeks ou de cerveaux qui réfléchissent trop, c’est une incroyable expérience philisophico-sensorielle que tous devraient faire selon mon humble avis. Si vous l’avez déjà vu, revoyez-le. Sinon, dépêchez vous.

Le succès critique et public de Ghost in the Shell a permis l’explosion de la culture manga dans le monde entier, et naturellement une suite a été réalisée par la même équipe autour de Mamoru Ishii. Ghost in the Shell 2 : Innocence est sorti en 2004 par chez nous, s’attardant cette fois-ci sur le personnage de Batou, géant cybernétique et ancien camarade de Kusanagi.

Si le premier Ghost in the Shell était difficile d’accès, celui-là dépasse toutes les limites, et il serait inconcevable de le voir sans de multiples visions du premier, d’autant que les références sont très nombreuses. On retrouve donc Batou et Togusa sur une nouvelle enquête pour la section 9, aux prises avec des robots de compagnie devenus tueurs à cause de l’apparition d’un “ghost” dans leurs circuits. Les ramifications de cette affaire mélangent constamment virtuel et réalité. Là où dans le premier épisode la réflexion était axée autour du rapport de l’humain à la machine, à l’identité, le second va plus loin en rapprochant – ou plutôt en plaçant sur un même pied – hommes, machines et pantins, nous donnant un film dénué d’humanité.
Il en résulte un épisode bien plus torturé que le premier, fascinant mais très inégal. La beauté de l’animation dépasse tout ce qu’on peut connaître aujourd’hui en la matière, avec des scènes à couper le souffle, notamment une parade baroque dans une ville en perdition, dans une atmosphère glauque et énigmatique. Les réflexions métaphysiques sont ici poussées au maximum, si bien que soit on se perd dans les méandres des pensées des protagonistes, soit on reprochera l’utilisation de citations trop nombreuses perdant de leurs intérêt. Ces interrogations sont telles qu’on en oublit peu à peu les tenants et les aboutissants de l’enquête initiale.
Cependant ce film reste un bijou dans la droite lignée du premier. Si à la première vision on peu être déçu par certains points, lorsque l’on s’y replonge on découvre une richesse supplémentaire et on apprécie toute la créativité des développeurs et scénaristes. Encore pour les connaisseurs, je fais référence ici à la scène troublante et psychédélique avec le marionnetiste. La magie et l’originalité ne peuvent pas nous surprendre comme l’a fait le premier épisode, c’est évident, mais cette suite est loin d’être dénuée de qualités.
A voir si vous avez aimé le premier. A revoir si vous avez re-aimé le premier. Eh oui c’est comme ça que ça marche.

Japanimement Vôtre,

Tobi

May
25
2008
0

[Ciné] La Zona, propriété privée

Comme promis, on continue donc sur les films traitant de la peur et du racisme de manière originale (ou pas). Voici donc la Zona, film mexicain de Rodrigo Pla, sorti le 26 mars 2008 sur nos écrans. Ce film trouvera un grand échos auprès des gauchistes forcenés de votre entourage, des droiteux outrés aussi, ou encore de ceux qui apprécient un scénario original et bien ficelé (héhéhéhé).

La Zona est donc un quartier mexicain, que dis-je un quartier, c’est une forteresse de rich people entourés par des murs, barbelés et bénéficiant d’un système high tech de sécurité incluant caméras vidéos partout et service d’ordre personnel. Un Etat dans l’Etat, régi par ses habitants et où la loi étatique n’a pas vraiment prise.

En effet la Zona profite d’arrangements légaux gracement payés qui lui permet de faire la loi entre ses murs, exception légale accordée tant qu’il n’y a pas de problèmes au sein du périmètre. Que se passe-t-il alors, quand quelques jeunes de Mexico se faufilent dans la Zona lors d’une nuit pluvieuse, pour aller cambrioler une ou deux maisons ?

Jusqu’où iriez vous pour protéger vos enfants des dangers du monde réel, jusqu’où iriez vous pour garder des avantages sociaux durement gagnés ? Entre malversations, corruptions et chasse à l’homme, ce portrait au vitriol de la quête moderne de sécurisation appuie là où ça fait mal. Tout et tout le monde y passe, et l’ambiance générale s’en ressent : suspicion, secrets, pressions multiples et fanatisme se mêlent dans ce drame bien ficelé.

Vous l’avez compris, le pitch de ce film est complètement génial. Pour le reste, on demeure dans le monde du très convaincant, sans atteindre l’exceptionnel. Les personnages sont nombreux, pafrois stéréotypés mais dans l’ensemble retranscrivent bien les cas de conscience et les folies subconscientes. Le charisme des acteurs remplit son office et permet au spectateur de faire office de 3ème oeil de la Zona.

La réalisation est assez bonne et met vraiment bien en lumière le côté sécuritaire et inquiétant de la Zona, en alternant le plus souvent images de vidéo-surveillance et gros plan filmés caméra à la main. Malgré quelques longueurs, le film demeure vif et captivant, de par son caractère atypique.

Une curiosité à voir sans attendre pour les bonnes idées qui regorgent. Avis donc aux amateurs de films à ambiance glauque qui finissent mal.

Originalement Vôtre,

Tobi

Yatta BaKa TeaM
/Enter the BaKaSphere!

Written by Tobi in: Film | Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
May
11
2008
3

[Ciné] La 25ème Heure, Spike Lee

Après avoir quitté mon collègue brésilien avec qui j’ai fait un exposé en anglais sur le monde Arabe et le cinéma occidental – ahhh, les joies de la mondialisation – je me dis qu’un bon film sur le racisme ferait du bien. Je pense que je vais ouvrir une sous-section dans la rubrique [Ciné] sur quelques films qui traitent du racisme, de la peur et du doute. Mais à leur manière bien sûr, je vous épargnerai les gros cacas qui pullulent

Voici donc un de mes films préférés, et ceux qui me connaissent seront surpris de savoir que j’ai des films préférés, qui surmontent l’Himalaya de mon cynisme 7ème art-esque. La 25ème Heure donc, merveille de Spike Lee, accessoirement mon réalisateur préféré (étonnant non ?), réalisateur black terriblement inspiré depuis déjà une vingtaine d’années, mais je m’arrêterai là pour que mon article ne dépasse pas les 25 pages. Ce film est sorti le 12 mars 2003 sur nos écrans dans la discrétion.

Ambiance: Montgomery Brogan, joué par Oh-my-fucking-good Edward Norton, va passer 7 ans en taule à cause de son traffic de drogue. Il s’est fait balancé mais ne sait pas par qui, sa copine Naturelle Riviera (plantureuse Rosario Dawson) connaissait ses secrets. Bref, il lui reste un jour, 24 heures avant d’aller en prison. 24 heures de doutes, de colère et d’émotions, 24 heures pour revoir une dernière fois son père, ses amis, son chien, ses anciences russes de collègues et sa conscience.

Vous feriez quoi ? Vous penseriez quoi ? Ce film est d’une profondeur incroyable. Les personnages au début stéréotypés se déploient au fur et à mesure de l’histoire, qui nous prend aux tripes au fur et à mesure que les heures passent. Filmé sur un fond de traumatisme post 11-septembre, Spike Lee aborde le doute avec précision et exactitude, rien de nian-nian, pas de larmes, des regrets mais pas de remords, une humanité assumée et revendiquée.
Si le casting ne vous a pas encore sauté aux yeux, je rajouterai Barry Pepper et Philip Seymour Hoffman. Si les noms ne vous disent rien, les visages ne pourront que vous être familier. Une pléthore de bons acteurs donc, une musique à base de violons, lourde sans être pesante, toute la palette de plans qui ont fait le succès du réalisateur, ce film de presque deux heures captive par son apparente simplicité cachant une infinie profondeur.
Je pense m’arrêter là en ce qui concerne la description, en rajoutant bien sûr une fin ahurissante qui vous retournera la tête toute en douceur et en style.
Cependant, je proposerai un extrait d’un des 2 moments forts du film. 2 tirades par 2 personnages différents qui vous scotcheront littéralement à vos sièges. Satisfait ou remboursé. Vraiment. J’insiste. Et plus encore.
Voici donc l’extrait en question, un homme face à son reflet fulminant un monument de dédain:
[[[[ ...J´emmerde ce mec avec son chiffon qui prend un malin plaisir à saloper mon pare brise. trouve un boulot connard !
J´emmerde les sikhs et les Pakistanais qui conduisent à fond la caisse des taxis en ruines et qui empestent le curry par tous les pores de leur peau, tous des terroristes en puissances; roulez moins vite putain !
J´emmerde les p´tits mecs de Chelsea avec leurs pectoraux épilés à la cire et leurs biceps gonflés aux hormones, qui se taillent des pipes dans les allées de mes parcs ou sur mes quais et que je retrouve la queue à l´air devant ma télé.
J´emmerde les épiciers Coréens avec leur pyramide de fruits au prix du caviar, leurs tulipes et leurs roses emballées dans du plastique ; 10 ans qu´ils sont là et « toujours pas bien comprendre»
J´emmerde les russes de Brighton Beach, c mafieux qui passent leur temps aux terrasses des cafés à siroter du thé dans des p´tits verre, en suçant des morceaux de sucres. Toujours à chercher des combines pour leur petits trafics ; mais rentrer dans votre putain de pays !
J´emmerde les hassidim avec leur petite calotte noire qui déambulent en permanence sur la 47e rue, dans leur costard de merde, les épaules couvertes de pellicules et qui vendent des diamants sud-africains du temps de l´apartheid.
J'emmerde... ]]]]
Si je dois vous en conseiller un, je n’y arriverai pas, mais si je dois vous en recommander seulement quelques-uns, celui-ci ne pourra qu’en être

SpikeLeement Vôtre,

Tobi

Yatta BaKa TeaM
/Plus de Spike Lee si quelques oui!
/Edward Nortin is a god!

May
11
2008
4

[Ciné] Les Chroniques de Riddick

Ah, ce bon Tobi, il est marrant, l’est sophistiqué le bougre, il nous fournit des films relous que personne ne connaît, mais on l’aime bien quand même. Et puis ça lui fait du bien de se faire passer pour un cinéphile accompli. Pauvre con, va.

Bref bienvenu aux messieurs, de préférence jeunes et fringants, avides de connaissance et de défouloirs pour ne pas devenir un rebelle de la société. Je m’adresse à vous à la mode Lorenzo Lamas, chevelu-se-baladant-sur-sa-Harley-en-tatanant-sévèrement-toute-une-bande-de-pas-cool.

Chers amis couillus (Caribou), je m’adresse à vous, malaxant mes cojones et la bave aux lèvres, non pas pour mettre en exergue la dernière production de Katsumi mais bien pour vous présenter un excellent film d’action.

Les Chroniques de Riddick donc racontent l’histoire de Riddick – étonnant me direz-vous – super bad boy de l’univers et découpeur hors pair de méchants – et de gentils. Le film est sorti en 2004, réalisé par David Twohy avec monsieur Smack my Bitch up Vin Diesel. Il s’agit en fait du deuxième volet d’une trilogie dont l’ultime volet se fait toujours attendre, avec pour personnage principal ledit Riddick. Le premier épisode dénommé Pitch Black était une des excellentes surprises des années 2000, où comment un film avec un budget ridicule pouvait offrir une ambiance prenante et des personnages charismatiques – en clair, une soirée Riddick entre potes c’est trippant.

Cependant, inutile d’avoir vu le premier pour comprendre le second, je vous passe le scénario vu qu’il frise l’inexistant, ou alors je le résumerai comme ci : Riddick le warrior égoïste au possible et conscient d’être le plus warrior d’entre les warriors (warriors warriors) se retrouve opposé à la plus grande armée de l’univers. Oui, oui, vous avez bien lu, c’est Riddick contre le reste du monde, et pour le dire comme ça vient, c’est aussi stupide que terriblement bandant.

Ce film est un festival pyrotechnique et les jeux d’acteurs sont nuls. Par contre, Riddick lui-même vaut la peine de passer 2 heures devant un excellent blockbuster. Le bougre est un criminel qui a le monde entier aux fesses. Pourtant, il a une gueule grande comme ses biceps (sigh) et autant de diplomatie que de cheveux. La chauvitude de l’homme, ses yeux d’argent, et sa capacité de tuer un warrior avec une tasse de thé (véridique) finissent de lui donner le charisme qui déborde. L’action est bien menée avec un lot d’effets spéciaux qui vous scotchera encore aujourd’hui et qui pourrait mettre Matrix et son ambiance SM au placard, le tout accompagné d’une bande son de fort bon aloi.

Riddick a la classe, est invincible, et quand il se fait avoir, c’est que son plan a marché et qu’il se sera pas fait avoir en fin de compte, quand on y réfléchit comme il faut. Quand il se fait frapper, c’est pour tester la force de l’adversaire. En gros, tout ce que vous savez sur Chuck Norris, vous le transportez sur Riddick et vous ajouter un facteur Schwarzy puissance Cliffhanger – et croyez-le ou non c’est encore et toujours un euphémisme.

Si vous avez envie de voir le plus bourrin de tous les bourrins, et de voir ce que c’est que LE héros ultime et ultimement je-m’en-foutiste, Riddick est pour vous. Les complexés, les refoulés, et les castors lapons iront se rhabiller. Les autres feront une overdose jouissive de testotérone.
Et franchement, des fois, ça fait du bien.

Bordel.

Warriorement Vôtre des Warriorements Vôtres des Warriors (Warriors),

Tobi

Yatta BaKa TeaM
/Bourrin !
/Hit da *ucking Dog !

May
03
2008
1

[Ciné] Phantom of Paradise

Pour beaucoup d’entre nous, quand on pense Brian de Palma, on pense grand nom mais aussi gros navets, genre Mission to Mars ou encore Femme Fatale (Sigh). Mais justement c’est qu’avant le gros navet on pense au grand nom, qui devrait en principe avoir ou avoir eu une légitimité. Justement voici une des créations de celui qui fut un des plus grands réalisateurs de sont temps – je sais qu’il n’est pas mort, mais n’en déplaise aux puristes, il a franchement perdu sa flamme.
Voici donc Phantom of Paradise, réalisé par De Palma et sorti en 1975 et mondialement reconnu pour sa démence complètement assumée.
Le titre et l’affiche pourront vous rappeler un mythe de l’opéra, le bien nommé “Fantôme de l’Opéra” où – en très gros – un homme avide de vengeance sabote l’opéra où il travaillait. Première référence donc, dans un film où celles-ci pleuvent littéralement, à un tel point qu’il serait quasi impossible de les référencer.
Le pitch est simple : c’est l’histoire d’un mec à qui il arrive des choses au début, donc il fait des trucs différents jusq’à la fin, qui arrive quand le film se termine quoi. OK. Bon on redira merci à allociné en allant allumer un cierge pour Jean-Pierre Elkabach :
“Winslow Leach, jeune compositeur de talent, se fait voler sa cantate intitulée “Faust” par un certain Swan, star planétaire. Décidé à demander des comptes, Leach s’introduit dans la maison de production “Death Records”. Poursuivi par les gardiens, il est jeté en prison. S’évadant, il se coince accidentellement la tête dans une presse à disques. Défiguré, celui-ci hante le nouveau temple du rock n’roll : le Paradise.”
Vous l’aurez compris, le temple en question appartient à Swan, minuscule et blondinet producteur pas gentil, et qui cache un lourd secret. Vous me direz que ça a l’air nul. Je ne vous répondrai pas. En fait ce film est vraiment un espèce de pot-pourri jouissivement kitsch. Cette comédie musicale (oui c’est en une et elle roxxe du poney) passe par de nombreux styles de musique et c’est un régal pour les tympans.
A mi-chemin entre la comédie, le fantastique, le musical et la romance, ce film est véritablement un ovni comme on en voit plus beaucoup de nos jours. Non pas qu’il soit conceptuel ou profondément proustien, mais complètement déluré. La dérision est là à chaque instant, avec un ton tragicomique une heure et demi durant. Les personnages sont excellents, avec une mention spéciale à Beef, hard-rockeu avec un ned de pigeon, une coupe de grand-mère et des talons de 25 cm, qui découpent le public avec ses guitares en forme de lames pour le plaisir de ce cher Swan.
… Je vous avais dit que ce film était déluré ! Et encore je me suis limité à un seul personnage. Pas d’inquiétudes, on ne va pas aussi loin que dans un Rocky Horror Picture Show, mais on en a quand même pour son strass et son amour du vintagement kitsch. Le tout est brillament réalisé, avec des dialogues croustillants à souhait à apprécier en VO et uniquement en VO. La sauce prend ou pas, ça dépendra surtout de la sensibilité de votre second degré et de vos goûts musicaux, mais encore une fois il y en a pour presque tous les goûts.
Kitschment Vôtre,

Tobi

PS: puisque c’est la mode, j’annonce officiellement la mort de Brian de Palma dans les bras de Pascal Sevran.
Yatta BaKa TeaM
/Bientôt la section des morts-pas-morts !
/Donc votez Chevènement !

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