Aug
02
2009
0

(MPM) Stercoraire

Le principe ? Tous les dimanches, un mot ; tous les mots, un dimanche. Pour se cultiver, pour s’amuser, pour jouer avec ou pour en faire des pâtés, les mots, c’est rigolo. Ca s’appelle le Mot pour Mot !

Et cette semaine comme promis, nous refaisons le portrait du mot stercoraire. Je vous avais annoncé qu’il s’agissait d’un gros morceau, ça l’est au sens propre – sigh – comme au figuré, vous allez vite le comprendre. Amis poètes, passez directement au prochain billet.

180px-Arcticskua2STERCORAIRE, adj. et subst. masc.
I.  Adjectif
A.  1. Qui a rapport aux excréments; qui concerne les matières fécales. Synon. stercoralMe voici (…) revenu aux origines, à la virginité du monde et à son prodigieux gaspillage de fécondations, de déchets, de matières stercoraires (ARNOUXRhône, 1944, p. 409).
Synon. de scatologiqueImaginations stercorairesLe grand plaisir de causerie de la société, ce sont les plaisanteries stercoraires (…). Oui, la merde, les pets, c’est le fond de la gaîté (GONCOURTJournal, 1863, p. 1327).
P. ext., littér. Qui concerne n’importe quelle excrétion sortant par les voies naturelles. Je trouve mon homme couché et hurlant. Faciès cadavérique, vomissements stercoraires (A. FRANCEOrme, 1897, p. 130).
2. Au fig., littér. Qui inspire le dégoût; qui est répugnant, ignoble. Ce n’est pas de la colère (…) que j’éprouve en voyant l’envie qu’elle a d’aller picorer dans cette musique stercoraire. C’est du chagrin (PROUSTSwann, 1913, p. 289). Dominique l’interrompit pour expliquer posément qu’elle n’acceptait d’hommages que platoniques et qu’il ne pouvait être question entre eux des viles et stercoraires réalisations de l’amour charnel (QUENEAULoin Rueil, 1944, p. 173).
B.  BOT., ZOOL. Qui croît, qui vit sur les excréments, le fumier. Insecte, plante stercoraireLe surtout est enduit d’une huile parfumée, comme l’escarbot stercoraire, qui, au moyen de cette onction, s’enfonce sans se salir dans les excréments des animaux, et conserve la beauté de sa robe d’un bleu pourpre (BERN. DE ST-P.Harm. nat., 1814, p. 151).
II.  Subst. masc.
A.  ZOOLOGIE
1. Insecte coléoptère qui vit sur les excréments, sur le fumier et s’en nourrit. Quelle consolation de connaître enfin [à la lecture de Fabrepourquoi je ne trouvai jamais d’œuf dans les boules de crottin que je dérobais aux stercoraires! (GIDEJournal, 1910, p. 303).
2. Oiseau palmipède marin, au plumage foncé, voisin de la mouette et qui attaque les oiseaux de mer pour se nourrir des proies qu’il les force à dégorger. Synon.labbeLa mouette tridactyle (…) est invariablement accompagnée de son audacieux parasite le stercoraire (…) qui force ce malheureux oiseau à dégorger les crustacés et les menus poissons dont il se nourrit, et les happe avant qu’ils soient retombés à l’eau (ROUCHRégions polaires, 1927, p. 184).
B.  PSYCH. Pervers sexuel dont l’émotion érotique est liée à la vue, à l’odeur ou à la manipulation de matières fécales. La perversion des stercoraires se relie directement au fétichisme du corps et est souvent associée au masochisme (POROT 1975).

Je vous avais prévenu, c’est un mot des plus utiles, mais passablement… iconoclaste.

Notons que pour ma part je suis tombé dessus dans une BashFR (enfin ça s’appelle DansTonChat maintenant, c’est moche), celle-ci plus précisément, histoire que vous puissiez contextualiser.

La semaine prochaine, ce sera interlope. Qu’on se le dise !

Jun
22
2009
0

(Fast) La faiblesse au quotidien

On dira ce qu’on veut, entrer dans une librairie sans faire d’achats, c’est (gavé) pas simple en ce moment. Notez que vous pouvez aisément remplacer le “gavé” par d’autres expressions comme “cher” ou “gras”. Il parait que ça se fait plus au Sud. Ils sont fous ces Sudois.

Le Bianco est à mettre entre les mains des plus petits et des plus grands, il reste drôle et esthétiquement génial. Pour ce qui est des deux autres, le dernier Taniguchi est plutôt poétique, mais teinté d’une mélancolie toute nippone qui ravira les amateurs du Maître, quant au troisième tome des Notes de Boulet, c’est un peu un indispensable, je ne vous ferai pas l’affront d’une review.

Si j’ai le temps je vous détaille ça, promis.

Y’a pas de news en ce moment ici, je sais. Mais maintenant, j’ai enfin un espace de travail décent, ça devrait aider (j’entends Baba me souffler d’ici un “Prétexte maaaan”, et il aura raison). Trois heures pour installer un bureau. Cinq bonnes minutes pour le bordeliser.

Ayez des bonnes intentions qu’ils disaient.

May
26
2009
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(Brèves) SMS, size matters, étymologie, fête des voisins, Terminator auto-terminé

graphique-penis-plaisir-sexactu-maïaAujourd’hui est le jour des questions existentielles. Ou le 26 mai, c’est selon. Mais c’est un bon jour pour découvrir pourquoi nous vivons en 160 caractères. Nonobstant, comme toujours, la vraie question est ailleurs. Puisque la question la plus vieille du monde c’est de savoir quelle taille constitue un idéal pour rentrer dans le con. Et je parle de ce con là, bien sûr. Size matters, comme dirait l’autre.

Sinon dans le vrai monde c’est la fête des voisins. C’est donc le bon moment pour trouver des raisons pour ne pas y aller. En plus, vu le temps qu’il fait, vous feriez mieux d’aller acheter un parapluie, au moins ce sera utile. Soyez asociaux que diable !

Pendant que j’y suis, preuve est faite que les lyonnais sont probablement les entrepreneurs ouèb les plus drôles. En tout cas je crois qu’une douche comme ça serait du meilleur effet au GQG. Avec le robinet de la dernière fois tiens.

Pour finir, une alternative : soit le dernier Terminator est affreux, soit nos amis outre-Atlantique ont vu leur moyenne d’âge cruellement baisser la semaine passée. Le box office ne comprend pas, et aurait déclaré : “what the hell ?”.

Ce billet est maintenant auto-terminé*.

*comprenne qui pourra.

PS : tous les trucs en gras sont des liens, hein. Comme ça vous pourrez battre votre record d’onglets ouverts. De rien.

May
17
2009
0

(MPM) Trumeau

Le principe ? Tous les dimanches, un mot ; tous les mots, un dimanche. Pour se cultiver, pour s’amuser, pour jouer avec ou pour en faire des pâtés, les mots, c’est rigolo. Ca s’appelle le Mot pour Mot !

exemple trumeau pilier eglise gothiqueC’est dimanche, et le dimanche c’est le Mot pour Mot. Et aujourd’hui, comme prévu la semaine dernière alors que nous étions potomanes, cette semaine nous allons nous oocuper du cas du trumeau. Non, pas grumeau ou chameau, mais bien trumeau. Vous allez voir qu’avec ces températures estivales et la sortie des premiers shorts de Dora (faites-moi penser à vous en parler un jour), c’est d’actualité. D’autant que le trumeau, c’est plein de choses différentes, comme nous l’allons voir tout de suite :

TRUMEAU, subst. masc.
I.  Vx. Gras de la jambe. (Dict. XIXe et XXe s.).
BOUCH. Jarret de bœuf. (Ds Gdes heures cuis. fr., Éluard-Valette, 1964, p. 252).
II.  BEAUX-ARTS
A.  1. Espace compris entre deux portes, entre deux fenêtres; panneau, revêtement (de menuiserie, de glace, peinture ornementale, etc.) qui occupe cet espace.Les trumeaux des fenêtres, horriblement surchargés, se lézardaient en tous sens (MÉRIMÉEÉt. arts Moy. Âge, 1870, p. 132).
2. Glace décorant le dessus d’une cheminée; panneau de bois sculpté, peinture ornementale au-dessus d’une telle glace. Trumeau orné de marqueterie; trumeau rococoAu-dessus de la cheminée (…) s’élevait jusqu’au plafond un trumeau encadré par un fouillis de branchages, de nids de tourterelles et de canaris dorés(NERVALFayolle, 1855, p. 44).
B.  Pilier, souvent sculpté ou masqué par une statue, qui soulage en son milieu le linteau d’un portail. Trumeau gothique sculptéL’étude des façades (…) conduira à son tour, pour les plans, à certaines modifications des avant-corps, des entr’axes, des piliers, des trumeaux (ARNAUDArchit. et constr., t. 1, 1931 p. 73).
III.  Pop., vieilli(Vieux) trumeau. Personne âgée; en partic., vieille femme outrageusement fardée. « Avais-je raison, hier? Quels trumeaux!… » La pimpante Cécile prononçait à mi-voix cette parole irrespectueuse (…). Elle montrait du coin de l’œil un groupe de vieilles personnes (BOURGETDrame, 1921, p. 110). La vue de tout ce petit monde laborieux [les étudiantsest fort plaisante pour un vieux trumeau comme moi (PROUSTPrisonn., 1922, p. 291).

Tout de suite, vous sentez votre intérêt poindre et les usages potentiels se faire jour dans votre esprit. Que de subtilité avec un très élégant “ben mon vieux j’ai le trumeau qui gigote, va falloir que je fasse du vélo” ou un non moins distingué “le trumeau de ta fenêtre est tellement pourri qu’on dirait le trumeau d’un trumeau, quoi”.

Schtroumpfissime, comme dirait l’autre.

Et la semaine prochaine nous nous intéresserons de plus prêt à l’itération. Qu’on se le dise !

Written by MieL in: MPM | Tags: , , , , , , ,

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