Sep
24
2009
4

(Art) Kazuki Takamatsu : et vous pensiez tout savoir du noir et blanc

Screen shot 2009-09-24 at 1.09.55 PMS’il y a bien quelque chose qu’il nous faut réapprendre chaque jour, c’est bien la modestie. Aujourd’hui, c’est sur Acidolatte que je prends mon punch quotidien d’humilité.

Existe-t-il une technique plus simple que celle de la gouache bicolore ? Difficile à dire, me direz-vous, cela dépend de celui qui tient le pinceau. Certes. Mais la gouache, c’est l’une des premières choses que l’on nous enseigne étant enfants, à grands coups de motivations justes et pédagogiques : “tiens donc, poussin, pend ces tubes et fais moi du Rembrandt, j’ai parié avec Roger que tu pouvais battre son corniaud d’fils au dessin”. De deux choses l’une : après un tel speech, soit vous devenez une sorte de nouveau Léonard, dont l’inspiration n’aurait d’égal qu’un ego dimensionné et une ferpection (sic) intrinsèque horripilante, soit vous dessinez dans les marges de vos cahiers pour le reste d’une scolarité dont le but ultime sera d’envoyer des fléchettes en forme de cartouches d’encre sur vos petits camarades platement studieux.

Et quand je dis petits camarades, c’est au sens large : vos collègues cadres sup’ chez TATOL peuvent aisément correspondre à l’appellation. C’est dire si Freud était dans le vrai en soulignant l’importance du discours parental sur nos pauvres petits esprits pervers pré-pubères.

Screen shot 2009-09-24 at 1.11.05 PMMais il y a néanmoins une taxonomie supplémentaire qu’il convient de construire. Car il y a deux sortes de parents : ceux qui donnent des gouaches multicolores, pensant éclairer leur quotidien de l’arc-en-ciel d’une épiphanie éclatante d’un fils prodigue et aimé, et ceux qui optent pour la version noir et  blanc, par souci de minimalisme épuré et pour éviter de retrouver ce bleu-cyan-qu’il-était-beau-pourtant-dans-le-magasin-chéri entre la table de nuit design et la tête de lit Louis XVIII.

Kazuki Takamatsu, lui, avait des parents qui visiblement faisaient parti de la seconde catégorie. Et s’adonnaient au spiritisme, si l’on en juge rapidement par les silhouettes fantomatiques qui peuplent ses oeuvres et par la théorie psychanalytique de l’influence parentale. Mais, mu par une sorte d’obsession – tiens, il faudra que je vous parle de l’obsession, rappelez-le moi dans six mois – toute nippone*, l’enfant se transforme en artiste par le truchement d’une amélioration radicale de sa technique de noir et blanc gouachés.

Une maîtrise impressionnante des volumes et de l’anatomie humaine, qui sert un talent tout particulier pour la composition. Le peuple blanc évanescent qui s’ingénie à passer de toile en toile chez Kazuki se met en scène avec une indicible poésie, non dépourvue d’un humour subtil dont les touches ne font qu’ajouter au charme de l’ensemble.

*Enfoncer les clichés comme autant de portes ouvertes reste un sport national dont la pratique confine au délictuel.

Feb
27
2009
1

(Pub) L’érotisme à la teutonne n’est même pas NSFW

Oui. Vous connaissez la passion avec laquelle je m’emploie, chaque jour que Dieu (ou qui que ce soit d’autre) fait (ou pas) (1), à découvrir de nouvelles choses. Bien sûr, je n’y passe pas autant de temps qu’à vous contredire, mais Einstein (2) me permet d’espérer une issue possible à ce terrible dilemme quotidien : dois-je d’abord découvrir pour mieux contredire, ou d’abord contredire, pour mieux découvrir ?

Car nous sommes, c’est un fait, des êtres pétris de contradiction. D’ailleurs, l’oubli est notre meilleure arme face à cette réalité qui se rappelle sans cesse à notre bon souvenir. Marcel l’a dit, et s’il est d’accord avec moi, c’est qu’il doit avoir raison (3). J’ai décidé tout comme Maïa de donner dans la nécrofanie, comprenez le suivisme post-mortem, ou encore le fait d’avoir des supporters parmi les gens ayant passé l’arme à gauche, de préférence parmi ceux pouvant servir de caution intellectuelle décente.

Et en parlant de mort ayant un certain poids dans notre tissu normatif actuel (oui je suis en forme, j’invente des syntagmes), il y en a un qui a particulièrement fait entendre sa voix ces cinquante dernières années : je veux parler de ce cher Sigmünd. Et de ses disciples aliénistes-psychanalystes. Vous n’êtes pas sans savoir que je tiens l’homme en haute estime : L’interprétation des rêves m’a été d’un secours précieux lorsque je n’en avais pas besoin. D’ailleurs, la psychanalyse est certainement une approche qui gagne à être connue avant de ressentir le besoin de s’y soumettre. Malencontreusement, M. Freud nous dirait que tout le monde en a besoin, puisque nous sommes peu ou prou tous des aliénés, qui ne nous différencions les uns des autres que de par le degré de gravité de nos maladies respectives. Oui, je sais, vous allez encore me dire que je suis cynique, n’empêche, rien de plus optimiste qu’un scientifique allemand, hein ?

Sur ces paroles légères et dénuées de sous-entendu, je ne vous fais pas languir plus longtemps : ce laïus se veut introduire une publicité pour une chaîne érotique allemande, qui vante son “child lock”, c’est-à-dire son système de protection pour que les enfants ne puissent pas accéder à ses programmes. Pour cela, l’agence Kempertrautmann a fait le choix de jouer sur une mise en scène de tests dits de Rorschach. Vous savez, les tâches d’encre qui sont censés faire appel aux associations semi-conscientes que nous sommes capables d’effectuer par l’entremise du stimuli d’une forme indéfinie.

Non, définitivement, nous ne voyons pas les mêmes choses dans ces formes. D’ailleurs, je n’y vois pour ma part que des papillons. C’est grave Doc ? Un peu dans le même genre (mais en moins capillotracté), vous avez aussi les spots du CSA concernant la signalétique à la télévision.

(1) Remarquez que pour une fois je fais l’effort de prendre des pincettes avec ces ***** de croyants et ces non moins *****d’athées. Je suis une **** moi-même, et très fier de l’être. Ca fait beaucoup d’étoiles en un seul billet, je le conçois, je me rattraperai en mettant des dollars la prochaine fois, histoire de conspuer la crise de liquidités, tout ça.

(2) Nous parlons bien sûr ici de la théorie de la relativité et de la contraction de l’espace-temps. Les noeuds de Lagrange, tout ça. Théoriquement donc, je peux faire les deux, en même temps, et sous le même rapport. Aristote s’en retourne probablement encore dans sa tombe.

(3) “L’oubli est un puissant instrument d’adaptation à la réalité parce qu’il détruit peu à peu en nous le passé survivant qui est en constante contradiction avec elle.” Marcel Proust, et il y a 98% de chances que ça soit dans A la Recherche du Temps Perdu, ne serait-ce que d’un point de vue statistique, le bonhomme n’ayant guère écrit autre chose. D’ailleurs, c’est tout ce que j’en ai retenu, lecteur peu scrupuleux et infidèle que je suis.

Jan
24
2009
0

(Do It Yourself) Notre Post-It qui êtes sur le mur…

L’un des credos de la psychanalyse est que nous sommes toutes et tous, au fond de nous-mêmes, de grands fétichistes. Non, pas au sens premier du terme : on ne parle pas du fétichisme en tant que religion dédiée au culte d’objets supposés magiques, non. Nous nous satisferons du sens commun, qui veut que le fétichiste soit celui qui accorde à certains objets un respect exagéré.Post It Powa

Je vois déjà pointer les doigts sales des marxiens aguerris, en réponse aux mains non moins sales des tenants du capitalisme. Oui, il est vrai que nous vivons, d’une certaine manière, dans une société fétichiste. Allons plus loin, n’ayons pas peur des mots, la structure même du réflexe de consommation est fondamentalement fétichiste. Ne défend-on pas l’idée que l’achat, l’usage et la simple possession d’un objet donné est à même de nous apporter le bonheur ?

 L’objet peut être grand, gros, cher, rare, ou au contraire petit et insignifiant. Au final, l’important n’est pas tellement de le posséder ou d’en user, mais plutôt de savoir pourquoi on le possède, et la manière dont on en use. Prenons l’exemple, parlant entre tous, des Post-Its : on peut soit les utiliser pour griffonner des mots médiocres à des collègues de bureau sous Valium cherchant à améliorer leur productivité en jouant au démineur sur leur ordi vieillot. 

Ou alors, vous pouvez exprimer votre créativité latente, faire parler le tigre qui est en vous, révéler enfin la partie bohème de votre bourgeoisie. Et faire plein de trucs marrants avec des posts-its, genre des dessins sur les murs, des coeurs pour l’anniversaire de vos amies (Luce, spécial kassdedi) ou même d’énormes fresques dans le genre pixel-art. Moi je vous dis, le post-it a de l’avenir. Enfin, votre imagination plutôt.

Post it art powa

Post it art powa 2

Bref, la morale de cette histoire, c’est que ce n’est pas la taille qui compte, mais bien la manière dont on s’en sert. Haha.

Nov
08
2008
0

[Design] Chenui Su – Les oreillers piquants pour batailles de polochons violentes

Oui, je suis un grand gamin, et bien évidemment j’adore les batailles de polochons. Le fait est que l’on en trouve de plus en plus difficilement, malheureusement, mais bon, avec des coussins c’est drôle aussi.

Particulièrement dans des centres de colonies de vacances au fin fond du Sud de la France, mais c’est une histoire qui implique une jolie fille, des sapins et une louche, je la garderai donc pour moi.

Chenhui Su aime les batailles de coussins lui aussi, et il le montre au travers d’une de ses réalisations, le Pillow Fight, comprendre le Coussin de Combat (en gros). Le trip? Un coussin, oui, mais avec une poignée (pour une prise plus ferme, et des coups plus rapides/précis), et bien sûr, des pics rouges, pour effrayer l’adversaire et lui infliger des dommages psychologiques que même Freud il pourra pas test.

Sur ce je vous laisse avec le français approximatif dont finit par me doter la navigation internet à doses massives. Mais sans rire, avouez que vous adoriez ça.

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Jun
23
2008
1

[MpM] Atrabile/Atrabilaire

Le retour des Mot pour Mot! Non, les mots ne sont ni morts, ni abandonnés, et ce ne sont même pas les idées qui manquent. C’est juste que les pulsions emplies de littérature ne me prennent qu’à intervalles plus ou moins réguliers.
Trêve de psychanalyse Dr Freud, si vous souhaitez me suivre il vous suffit d’aller voir quelqu’un. En attendant, si nous en revenions à notre mot, ou plutôt à nos deux mots du jour.
Atrabilaire: Qui a rapport à l’atrabile, à la bile noire. Et c’est là que vous comprenez pourquoi nous avons deux mots du jours aujourd’hui, sinon nous ne serions guère avancés. Donc:
AtrabileHumeur noire sécrétée par les glandes surrénales, cause de la mélancolie maladive. Au figuré et pour sortir des chemins pourtant peu battus de la médecine générale, l’atrabile désigne tout simplement la mélancolie, la mauvaise humeur, le ressentiment. Ex: Il ne put s’empêcher de lâcher son atrabile dans son amphigouri endiablé.
De fait, et pour reprendre le fil de notre propos, quelqu’un d’atrabilaire devient une personne mélancolique, coléreuse, pleine de ressentiment, amère. Mais cela peut également désigner un ton, un discours, bref, quelque chose de marqué par la mauvaise humeur. 
A noter qu’un sang atrabilaire, originellement, était un sang noirci, souillé par la présence de bile noire, et que c’est par extension de ce sens premier que l’on a des gens d’une humeur noire, noirâtre, ou sombre. Par ailleurs, la bile noire est un liquide froid et sec, d’où la figuration de la rancoeur et du ressentiment.
A demain pour de nouvelles aventures linguistiques, avec le zélateur et la zélatrice, deux personnages hauts en couleurs. 
BaKament Vôtre,
MieL
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Apr
02
2008
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[MpM] Altérité

Altérité: Caractère de ce qui est autre, distinct.

On définit le plus souvent l’altérité comme un rapport. La mort est ainsi une altérité au vu de la vie. Notons que le terme est attenant à la philosophie, et que son sens principal devient alors la reconnaissance de l’autre dans sa différence. On le retrouve sous la plume de Lévinas, Freud ou Kant, pour ne citer qu’eux, et il fait souvent référence à une certaine idée de tolérance.

Par ailleurs, c’est une notion qui est corrélée au cosmopolitisme, cette doctrine tendant à penser qu’il exister une société mondiale.

Enfin, et pour conclure, certains considèrent l’altérité comme essentiellement formelle, c’est-à-dire comme la considération du changement d’état et de contenant (mathématiques des catastrophes ;) ).

Le MpM de demain sera idéel.
BaKament Vôtre,

MieL

Yatta BaKa TeaM
/Entrez dans la Sphère!
/Enter the BaKaSphere!

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