Mar
30
2009
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(Rhétorique) A la recherche du premier baiser perdu

Autant vous prévenir : je suis fatigué, aigri et passablement à l’ouest. Enfin je veux dire, plus qu’à l’accoutumée. Du coup je me suis dit que c’était un état d’esprit adéquat pour rédiger un p’tit truc histoire de me remettre les idées en place.

2884369827_a9b6f78e0djpgUne fois n’est pas coutume, je vais m’efforcer de tenir un discours construit. D’où le tag rhétorique, d’ailleurs, présomptueux mais assumé.

Nous allons donc aujourd’hui nous intéresser au baiser, et plus particulièrement au premier. Qu’il me soit ici permis une digression, afin que vous compreniez mieux pourquoi nous en sommes là. J’errais donc, vaquant à des occupations des plus productives – écouter du Coeur de Pirate en mangeant des tartines de Nutella tout en faisant une revue de presse rapide et pertinente (BBB & Pingoo) – lorsque soudain l’évidence vînt me frapper : ce blog se devait d’avoir un profil Facebook. Une vingtaine de secondes plus tard, principalement mises à profit pour un repositionnement stratégique de ma personne et trois ou quatre recherches Google, j’étais sur la page idoine. D’ailleurs vous pouvez devenir fan par là tout ça.

Bref. Je vous passe l’aspect technique, au mieux rébarbatif. Qu’il me suffise de dire qu’à un moment, lors de la création, le site demande au futur créateur de choisir sa question secrète. Mais si, vous savez, le genre de choses que l’on vous demande si vous perdez votre mot de passe par exemple. Et dans la liste déroulante, le choc. De but en blanc, cartes sur table, d’homme à homme, franc-jeu : who was your first kiss. Ou quelque chose approchant. En gros, quel est le nom de votre premier baiser ?

Vous allez me dire, le nom d’un baiser c’est complètement con. Oui mais c’est aussi ça la logique grande-britonne, n’allons pas chercher trop loin. Il n’empêche que bientôt je sentis poindre l’effort, puis le désarroi, avant de sombrer dans une Blitz-depression que seule peut résoudre, au choix, un épisode de Scrubs, deux meringues, un crumble aux fruits rouges ou une kaïpirina rouge dans un club louche de Florence. Parce que figurez -vous (et là vous allez me dire OSEF) que je me suis vu dans l’impossibilité de mettre un nom sur ce foutu premier baiser. Qui était-ce ? Quand ? Où ? Dans quelles conditions ?

Ralph Man

Avant tout, définissons ensemble ce qu’est un premier baiser. Dans mon esprit, il s’agit du premier contact… buccal, à défaut d’un mot plus poétique, qui se différencie du bisou, c’est-à-dire de la démonstration d’amour instinctive et tacitement induite (par des liens familiaux, par exemple). En gros, pour moi, ça peut fort bien être un bisou sur la joue, du moment qu’il est déposé avec cette fébrilité caractéristique d’un acte réfléchi, appréhendé et portant à conséquences. Toutefois, ça ne me semblait pas assez fort, je vous propose donc une définition de travail plus restreinte : un baiser, donc, se fait sur la bouche, et se trouve être la manifestation d’un attrait à l’endroit de l’autrui qui subit l’action en question.

Et là, déjà, c’est plus clair. Réfléchissez. Il faut remonter, théoriquement, assez loin. C’était en vacances, ou derrière un mur de l’école, dans la cour. En colonie, peut-être, ou bien dans ce camping dans lequel vous jouiez étant petit. Ou, déjà, dans votre chambre. Dans votre souvenir, elle/il était forcément joli(e), de cette joliesse qui est celle de l’enfance ou de l’avant puberté. Ou peut-être pas. D’ailleurs, c’était peut-être plus tard, durant le collège, ou le lycée. A un anniversaire, ou à une soirée. Ou dans un château, qui sait.

Cette définition donnée, et notre introspection achevée, que nous reste-t-il ? Un souvenir, plus ou moins flou. Peut-être simplement une impression. Un regret, l’image fugitive d’une boucle, d’un vêtement, d’une démarche. D’un rire, si vous avez de la chance.

Ca y est, vous vous approchez ? Essayez d’affiner l’ébauche. Insistez, forcissez les traits marquants. C’est évidemment maladroit, voir grossier : le temps est passé par là. Mais déjà voici revenir une main, un regard, une coiffure. Un visage. Des tâches de rousseur. Un accent, teinté de soleil. Un nez, qui ne demande qu’à se retrousser. Ca y est, ça y est, j’ai trouvé. Je crois que je me souviens.

Elle s’appelait Marie.

Et vous ?

PS : J’aurais bien tenté un “il s’appelait Robert”, à la place. Quand même.

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