Jul
02
2009
0

(Livre) Emmanuel Pons – Je viens de tuer ma femme

Le fait est que le titre d’un livre est une chose presque aussi importante que sa quatrième de couverture. Je ne sais pas vous, mais il peut m’arriver d’acheter un bouquin à la simple vue de son intitulé. Il faut dire aussi que de nos jours la chose est particulièrement négligée, que ce soit en littérature comme en musique d’ailleurs.

Picture 657Qu’il me suffise ainsi d’évoquer la banalité rédhibitoire de bon nombre d’albums, de titres de films ou de livres récents. Nous ne parlerons ainsi pas de l’exemple ô combien éclairant du film français – ma subjectivité sur la question n’est plus à démontrer – mais considérons simplement ceci : à quand remonte la vue du dernier libellé d’oeuvre qui vous a fait rire, pleurer, réfléchir, ou vous a interpellé d’une quelconque manière ?

Bref, le fait est que Je viens de tuer ma femme m’a mis la puce à l’oreille de par la pointe d’audace retenue que sous-tend Emmanuel Pons par ce biais. Ce n’est pas un banal “j’ai tué ma femme” ou “ma femme est morte”, non, l’auteur choisit d’inscrire l’acte dans un passé proche, voir dans le présent : “voici comment je gère le meurtre de ma femme par mes soins”. Plus que cela, la simplicité intrinsèque de la formule souligne le parti-pris stylistique en lui-même : une plume simple et accessible, efficace, qui ne laisse pas de rapprocher le lecteur de l’auteur-narrateur, banalisant par là même l’acte de mort et ses conséquences.

C’est là tout le sel de ce petit livre que je qualifierai, mais sans la connotation péjorative, de “sans prétentions”. Ce n’est pas du Primo Lévi, et c’est parfaitement assumé. Le côté ludique, amusant, la note d’humour omniprésente et le ton presque léger sont en décalage avec la trame, qui débute donc lorsque l’auteur en finit avec son épouse. Il s’agit dès lors pour lui de tenir une sorte de journal de ses actions découlant de cet apex singulier : que faire, en effet, lorsqu’on est un homme tout ce qu’il y a de plus banal, artiste réfugié à l’écart de la jungle urbaine asphyxiante, mais d’une normalité affirmée, et qu’on vient de tuer sa femme ?

Les quinze dernières pages sont une étonnante somme en matière de réflexion sur soi-même. c’est amené avec une finesse que l’on ne devine que très progressivement, comme si le surréalisme qui est induit dans le scénario en lui-même rendait le lecteur étrangement amorphe. Le sens moral est comme en veille, et on en vient à trouver l’acte du narrateur comme la suite logique et réfléchi d’une situation qui lui était devenue intenable. Ceci pour mieux nous prendre à revers tout à la fin.

Surprenant, très doux, baignant dans une atmosphère d’étrangeté qui n’est jamais pour me déplaire, c’est un petit livre – 167 pages – dont je suis sorti perplexe et introspectif. Et j’adore ça.

“J’ai bien une envie, mais tu ne vas pas aimer : je voudrais t’enduire de peinture et faire des anthropométries. Je te poserais sur la toile et on lirait ta trace. Je sais, Klein l’a fait. Et alors ? Tout a déjà été fait. Sauf que Klein n’a pas peint avec une morte. Tu vois, j’apporte une touche d’originalité au concept. Et puis ce n’est pas le moment de me gonfler avec ton “authenticité”. Tu qualifiais mes oeuvres de “commerciales” parce qu’elles se vendaient bien. Mais comment aurions-nous vécu si elles ne s’étaient pas vendues ? Tu n’as jamais tenu un pinceau de ta vie et tu te posais en juge parce que tu avais un DEUG d’Histoire de l’art.

L’art, c’est d’abord une nécessité intérieure, et, à ce titre, ta mort est ma plus belle oeuvre. La preuve ? C’est la seule que tu n’aies pas critiquée.”

Deux autres extraits après le saut :

(more…)

Mar
28
2009
2

(Clip) Department of Eagles – No one does it like you

Bon je passerai sur le fait que Sonovore nous plagie veu-gra (t’as vu ®) dans la mise en forme de son billet. C’est nous qu’on mettait des tags “(clip)” avant d’abord. Mais laissons là ces considérations de bakasable pour nous concentrer sur l’important, à savoir le clip de No one does it like you, de Department of Eagles.

Poétique, dirais-je, quoique ardu dans ses allusions, il n’est pas sans soulever quelques questions quant au sujet abordé. S’agit-il d’une déception amoureuse, d’une séparation, de l’affrontement ancestral et manichéen de la femme et de de l’homme ? Qu’en pensez-vous de votre côté ?

Les clips qui permettent de se poser des questions, y’en a pas tant que ça. Alors on en profite, tout en écoutant le folk/rock planant de ce groupe dont je vous conseille par ailleurs l’écoute.

Mar
09
2009
1

(Insolite) Si Barbie était réelle, serait-elle à tomber ?

Mieux vaut lire cela que d’être aveugle. Mais à peine. Pour bien commencer cette nouvelle semaine donc, une info de la plus haute importance qui saura, j’en suis certain, relever le niveau de nos conversations en société. Barbie, la célébrissime poupée à la plastique en plastique très plastic explosive, fête aujourd’hui ses 50 ans. D’ailleurs pour ce qui est des anniversaires, on a fêté hier les 99 ans de la Journée de la Femme, les 10 ans de la mort de Stanley Kübrick et les sept ans de mon cocker (il va bien, merci).

barbie poupée 50 ans robe rougeMais l’info est à venir : en effet, c’est la BBC qui me fournit aujourd’hui matière à chronique, au travers d’un article s’interrogeant sur ce que serait la vie de Barbie si elle était une vraie femme, vivante. Barbie, de son vrai nom Barbie Millicent Roberts, fait donc l’objet d’une sorte de polémique, et ce depuis sa naissance. En effet, ses formes pour le moins généreuse – je laisserai au Laquais le soin de prendre les mesures à vue de nez – n’ont pas été sans déchaîner quelques passions universitaires et/ou critiques, quant à savoir si ses créateurs avaient produit quelque chose de “possible” ou non.

Ce n’est pas très clair, donc voici l’interrogation : si Barbie était vivante, à taille humaine, serait-elle “viable” ? Pourrait-elle marcher, courir, faire du shopping* ?

L’Université de South Australia affirme qu’une femme sur 100 000 possède des proportions comparables à celles de la poupée : c’est donc possible, mais très rare. L’Université de l’Hopital Central de Finlande à Helsinki a quant à elle statué sur le fait que si Barbie était à taille humaine et vivante, il lui manquerait entre 17 % et 22 % de graisse pour pouvoir avoir des règles. A nouveau possible donc, mais pas très sain, dixit la journaliste de la BBC. Et donc, dans un souci d’exactitude et faisant preuve d’une curiosité journalistique remarquable, Denise Winterman a choisi de prendre un modèle et de lui appliquer des transformations visant à lui donner les mêmes proportions que la quinquagénaire.

barbie serait elle a tomber transformation proportionEdifiant n’est-ce pas ?

C’est donc possible, mais pas forcément très enviable. La question est donc de savoir si le fait qu’une poupée véhicule l’image de la perfection au travers de standards si rares est préjudiciable ou non. D’un autre côté, ce n’est qu’un jouet, et d’aucuns de vous répondre qu’il est fort dommage de se baser sur ce genre d’objets pour essayer de construire l’idéal féminin. Mais quand on voit que certaines fans sont prêtes à subir des opérations chirurgicales complexes afin de ressembler à l’idole de leur jeunesse, on peut se demander si Barbie n’est vraiment rien de plus qu’un jouet. Sarah Burge, la “Real Life Barbie”, a ainsi tout fait pour calquer sa vie sur celle de son héroïne.

sarah burge real life barbieC’est moche je sais, et l’on tombe dans le trivial. Cela dit, l’étude du “cas Barbie” n’est pas inintéressant, puisqu’il a contribué au fil des années à cristalliser les débats autour de l’image de la femme dans l’imaginaire collectif. Les petites filles grandissent en ayant sous les yeux l’image d’une blondasse péroxydée aux proportions vertigineuses – au sens propre puisqu’apparemment elle aurait quelques difficultés à marcher si elle prenait vie – et  la vie de rêve – voiture rose, petit ami non moins parfait…etc… – qu’elle mène : nul doute que cela doit influencer, quelque part. D’ailleurs, jouer avec une Barbie est tellement “cliché” que c’est probablement la première chose que vous me citeriez si je vous demandais quel est, pour vous, le jouet “de fille” par excellence.

Le débat est donc plus ou moins inutile, tout le monde étant d’accord : un jouet n’a aucune obligation d’être réaliste, et il suffit de savoir faire la part des choses entre le jeu, justement, et la vie réelle. Donc on s’en fout un peu, en fait.

Mais bon, reste que Barbie, c’est un peu une idole, comme Antonin, le baigneur, GI Joe ou Action Man. Et qu’il reste fort à faire en matière d’égalité homme/femme et qu’il faudra d’ailleurs un jour qu’on dise clairement que le féminisme, ce n’est pas la prise de pouvoir par les femmes mais bien la volonté des femmes de parvenir à cet égalité de droits et de devoirs (d’ailleurs c’est le moment de lire du Tata Val pour se convaincre de l’inanité du 8 mars tout ça).

Je vous renvoie sur le Dixit du jour, par Atiq Rahimi l’auteur de Syngue Sabour : “ceux qui ne savent pas faire l’amour font la guerre” (écouter l’émission Eklektik avec Atiq Rahimi sur France Inter). Ouais, aimez-vous les uns les autres, bordel de merde.

* Bien évidemment, toute forme de cliché serait ici purement fortuite

Mar
08
2009
0

(Expo) Quintet, N’importe Quoi et Marlène Moquet au MAC Lyon

Un jour je saurai quelle est l’appellation “officielle” de ce musée : la newsletter (s’abonner) est envoyée par le MAC (Musée d’Art Contemporain, l’acronyme de la plupart des musées de ce type en France ndlr) mais le site est au nom du MOCA (Museum of Contemporary Art). Entre compréhension et dimension internationale, il va un jour falloir choisir. A moins d’opter pour l’usage d’un patronyme quelconque, comme pour le Centre Pompidou, par exemple.

Expo quintet affiche mac lyonBref, un billet rapide, pour vous recommander chaudement – vu le vent polaire qui assaille les doudounes AA des fashion, il faut au moins ça – d’aller jeter un oeil au triplet d’expos temporaires du MAC de Lyon. J’avais oublié de vous faire la review de la chose la semaine dernière, je vais essayer de me rattraper ce dimanche.

Le MAC présente donc jusqu’au 19 avril pas moins de trois expositions temporaires – une par étage en fait – autour de trois thèmes distincts. Au premier étage on trouve donc Quintet, qui rassemble les oeuvres de cinq artistes issus de la bande-dessinée, au second on retrouve N’importe quoi, qui se propose de retracer l’histoire de l’art contemporain par le biais d’une sorte de panorama de ses oeuvres les plus décalées, et enfin au troisième c’est Marlène Mocquet et son monde de rêves et de couleurs.

QUINTET(Fiche Musée)

On commence donc avec Quintet. Je n’irai pas par quatre chemins : c’est probablement la plus recherchée des trois, quoique la comparaison soit difficile à tenir, tant les sujets diffèrent. Il y a donc là des travaux de Joost Swarte (Wiki), de Gilbert Shelton (Wiki), de Stéphane Blanquet (Wiki), de Masse et enfin de Chris Ware (Wiki). Beaucoup de planches achevées, d’affiches et de travaux très “BD” pour Joost Swarte : son style entre un Hergé et un Broca frappe juste, et l’on prend plaisir à lire une bande-dessinée comme l’on regarderait une oeuvre d’art.Mais mes deux coups de coeur sont incontestablement Chris Ware et Stéphane Blanquet.

Chris Ware MAC LyonJ’ai découvert le premier au travers d’une plume (de dessin, une fois n’est pas coutume) léchée, d’une grande maîtrise graphique, et qui était ici déclinée en noir et bleu. Le choix de ces deux couleurs, associées au blanc du fond, n’est pas pour rien dans le charme qui se dégage de l’ensemble : l’impression d’inachevé se mêle à merveille avec les traits de personnages et de décors par ailleurs admirablement “propres”. Au final, les personnages et les histoires importent peu : c’est réellement le sens de la mise en page et de la composition, allié à un dessin d’une grande pureté, qui m’ont plus chez lui. C’est poétique et assez léger, ceci étant aussi en partie due aux héros qu’il a choisi de mettre en scène à savoir – entre autres – des souris et des abeilles, traditionnellement plus enfantins.

Chris Ware

Le second est radicalement différent, puisqu’il nous livre ici un ensemble de pièces éclectique, de la sculpture au mur peint en passant – et je trouve l’idée géniale – par une sorte de petit train circulant à l’intérieur d’un ensemble plastique assez étrange composé de murs, de plafonds et de planchers, mais aussi d’objets plus familiaux comme un lit ou des fenêtres. Tout cela, décoré par l’artiste, donne un ensemble assez hétérogène. Outre son goût évident pour des choses peu ragoûtantes, en témoignent les petites statuettes aux corps déformés ou amputés, les silhouettes généreuses mais torturés de ses personnages peints ou encore le caractère très salace et pour ainsi dire dérangeant qui se dégage de la dernière pièce présentant des corps de femme intimement exposés, Stéphane Blanquet s’est ici livré – j’ignore si c’est spécialement conçu pour cette exposition ou non – à un véritable travail de muséographie.

En effet, il ponctue la visite de cet étrange circuit : le spectateur est invité à prendre place dans un wagonnet monoplace, qui avance au moyen de pédales, pour partir en balade sur rails au sein de décors un peu fous, en noir et blanc. Outre le côté très décalé de l’initiative – quel plaisir que de pouvoir éviter les poncifs d’une visite de musée “à l’ancienne” genre “je reste cinq minutes devant un tableau en faisant semblant de l’étudier” – et la dimension ludique de la chose,  le côté lugubre, inquiétant, presque oppressant de la partie qui lui est consacrée s’en trouve réellement décuplé : on “rentre” dans son univers. L’atmosphère est par ailleurs assurée par l’ambiance sonore, consubstantielle des oeuvres exposées : on aime ou on aime pas. Moi, j’aime, Ar. qui était avec moi a détesté. Je peux le comprendre.

N’IMPORTE QUOI (Fiche Musée)

mac lyon n'importe quoi expositionLe pitch de cette seconde expo, c’est de répondre à ceux qui considérent, comme le même Ar. justement, que l’art contemporain c’est du n’importe quoi. Et, de manière plus globale, que l’art “classique” avait au moins le mérite de figurer le beau, au sein d’un cadre explicatif normé et régulé. L’art moderne, au contraire, pullule d’exemples d’oeuvres décalées, ou pour ainsi dire non-artistiques au sens où pouvaient l’entendre les classiques : ainsi en est-il de l’urinoir de Duchamp, qui en est à la fois le parangon et l’exégèse. Il s’agit donc ici de présenter des oeuvres qui ont fait l’histoire de la modernité en art, comme si elles étaient autant de reliques : le but est de suivre une logique “naturaliste”, en ce qu’elle pose la question de l’art “brut”.

Et cette exposition donc de vouloir rassembler des pièces hétéroclites, bizarres, étranges, décalées, pour en faire une sorte de panégyrique du caractère profondément “libre” et “libéré” de l’art contemporain. Faire le lien entre des pièces venant de courants, de lieux et d’époques différentes, n’ayant pour seul point commun que leur “n’importe quoisme”, paraît à tout le moins ardu : le MAC a eu l’intelligence de ne pas s’y risquer, et s’est “contenté” de tout exposer dans trois salles, dont une principale, en une sorte de joyeux malstrom dans lequel le visiteur peut puiser à loisir.

Une excellente idée originelle, un panel d’artistes et d’oeuvres agréablement large, une mise en scène minimaliste qui permet de se concentrer sur les oeuvres elle-même, il convient d’y aller avec curiosité et indulgence, afin de ne pas tomber dans le piège de la critique à l’emporte-pièce un peu mesquine. En se rappelant qu’avant le beau, l’art contemporain véhicule des concepts, des messages et des idées.

MARLENE MOCQUET (Fiche Musée)

exposition mac lyon marlène mocquetPremière rétrospective d’une artiste dont j’aime beaucoup l’univers de départ, très coloré, changeant, un peu fantasque et assez enjolivé, mais dont l’interprétation graphique ne me parle décidément qu’avec peine. Pourtant la technique est là, et elle est maîtrisée : Marlène Mocquet utilise en effet les coulures et autres éclats de peinture comme des parties prenantes de ses compositions. Elle oriente ainsi sa toile en fonction de ses envies, faisant glisser telle ou telle couleur, la ralentissant ici, comme pour mieux se faire le démiurge d’un monde déstructuré, aux formes allongées et lascives.

Malencontreusement il y a quelque chose dans la composition, et notamment dans le choix des couleurs, qui me laisse une impression d’amertume, d’inachevé dans le mauvais sens du terme. J’avais parfois envie de découper un morceau de l’un des tableaux, pour voir ce que ça aurait donné sans le reste. De très belles choses donc, à mon sens, mais insatisfaisantes pour ma part. C’est tout à fait personnel, aussi ne saurais-je trop vous conseiller de faire le détour au troisième pour vous faire votre propre idée.

Pour trouver ou contacter le Musée d’Art Contemporain de Lyon, c’est via ce lien.

Vous l’avez déjà vue ? Vous en avez pensé quoi ?

Jan
31
2009
0

(Mots) Alors on conjugue les coqs ensemble, piège à mémé ?

La langue française est l’une des choses que je révère le plus en ce monde. Riche, plurielle, métamorphe, elle s’adapte, se prêtant sans broncher aux pires torsions. L’on peut, en jouant tant sur la syntaxe que sur le vocabulaire, les champs lexicaux ou le registre en faire un instrument imparable, tantôt outil de persuasion logomachique, tantôt support de messages poétiques.

Dépoussiérer le langage

Aubade : dépoussiérer le langage par l'image

Le fait est en tous les cas que l’on ne peut nier la richesse des modulations possibles de la langue. Personnellement, j’en deviens raisin* quoi.

D’ailleurs, dans une optique d’enrichissement personnel, et faisant preuve d’un acharnement philologique qui doit faire la fierté de sa maman, Catherine Malleval, journaliste à Libé.fr de son état (enfin journaliste je ne sais pas, mais elle écrit dedans en tout cas), a commis un article fort intéressant sur l’éclectisme de la francophonie dans le domaine de l’érotisme. Comme je vous dis. On y apprend ainsi, entre autres passionnantes découvertes, qu’un pénis peut être désigné par un nombre incroyables d’artifices langagiers : il est à la fois “piège à mémé” en argot, “coq” lorsqu’il atteint une taille respectable à l’île Maurice, ou “pissette” lorsque l’on est Québécois (pure laine).

“Faire boutique avec son cul” désigne ainsi en Côte d’Ivoire le commerce du corps et l’activité des femmes de peu de vertu (et de chippendales), mais n’allez pas croire pour autant qu’un peu de poésie n’en demeure pas moins en la matière : le sexe masculin est ainsi l’ambassadeur au Congo, tandis que son équivalent féminin y devient “la cave”.

Evidemment, je ne pouvais louper la réponse à la dernière question du philologue interviewé, qui évoque un surnom gentil qu’une Antillaise peut donner à son amant : son “sucre-saucé-dans-miel”. L’image me parle, en tout cas. Quand je vous dis que le MieL, c’est excellent. La modestie aussi, d’ailleurs.

Et de votre côté, vous avez des surnoms bizarres pour désigner vos choses ? Ou vous en avez entendu parler ?

* Raisin : Au Québec, veut signifier “con”, “bêta” ou juste “stupide”. C’est un peu le québécois pour “Baka” en fait. D’ailleurs, y’a même un site pour les raisins, les vrais.

Ah j’oubliais, j’ai déniché le lien chez Maïa, évidemment. Mangez du Mazaurette, c’est garanti plein d’humour et de jolie plume.

Jan
20
2009
1

(Relaxe) Jugement de TC : Icelle, mineure, contre Icelui, majeur

Je sais, l’intitulé peut vous faire craindre un soudain égarement de votre serviteur dans les méandres insondables du droit français et de son abondante jurisprudence. Rassurez-vous ou non, il n’en est rien.

Mais il est des jugements plus divertissants que d’autres, et si l’affaire des pommes de terre volées du Père Icelui, résident d’Etricourt, ne nous intéressera nullement, fats que nous sommes, cette relaxe prononcée par le tribunal correctionnel de Chalons sur Marne le 13 octobre 1982 saura, j’en suis sûr, retenir votre attention.

Ca va parler de mineurs

Ca va parler de mineurs

 

 

Lisez bien, le texte est truculent.

 

Attendu qu’il appert des pièces de la procédure, des débats à l’audience et des déclarations de N. que Dlle D., lors âgée de 17 ans et demi, servait des boissons dans l’auberge dont la femme R. était la tenancière, lorsque, sur le minuit, arrivèrent quatre hommes et deux filles;

que le sieur N., à l’époque âgé de 18 ans et 3 mois, qui était parmi ceux-ci, convia la mineure à la danse et, envisageant ses attraits, fit d’icelle prompte conquête;

qu’enhardi par l’absence de toute barrière que la jouvencelle eut pu dresser contre son entreprise et même conforté par l’accueil sans nuance qu’elle réservait au projet de son fier vainqueur, N. ne balança point à rechercher ses grâces secrètes et ses faveurs ultimes;

que Dlle D.les lui prodigua d’ailleurs sans différer aucunement ni les restreindre davantage;

que cependant, dame B., ci-devant Joséphine D., instruite dans le même temps de l’aventure et mue par le désir tardif de préserver sa fille d’une atteinte qu’elle croyait peut-être originelle mais qui n’était que nouvelle, la mineure ayant en effet déclaré aux procès-verbaux qu’un tiers avait déjà bénéficié de ses suffrages trois mois auparavant, vint heurter à la porte du logis où s’étaient retranchés les amants, interrompant ceux-ci en leurs ébats avant même qu’ils en eussent atteint le sommet;

Attendu que le sieur N. bien qu’il ne laissât point de confesser la connaissance entière qu’il avait de l’âge de la donzelle, fait néanmoins plaider aujourd’hui sa relaxe au motif pris de ce qu’il n’aurait pas eu la volonté durable de la soustraire à la parentale autorité;

Attendu, en droit, que si le délit d’enlèvement ou de détournement de mineure est constitué nonobstant l’adhésion que la victime ait pu y mettre, pour ce qu’un mineur, en effet, ne peut point valablement consentir, encore faut-il qu’il existe chez son auteur un élément intentionnel consistant en la conscience d’une part, de soustraire ledit mineur des lieux où l’avaient placé ceux à l’autorité ou à la direction desquels  il était soumis ou confié et, d’autre part, de l’en retirer d’une manière sinon définitive, en tout cas durable;

Et attendu qu’en la cause, il n’est pas certain que le prévenu N. eût d’autres desseins que de satisfaire à une impétuosité momentanée devenue fugitive dès son assouvissement; que dès lors, non seulement n’est établie à son encontre nulle intention de ne plus représenter la mineure, mais que, de surcroît, la preuve n’est pas rapportée que le détournement se fût prolongé au-delà du temps habituellement nécessaire à l’apaisement d’un désir d’utant plus vivement consumé qu’il était ardent;

Attendu qu’il n’est donc point en l’espèce de rapt de séduction;

Et considérant que le fait poursuivi ne saurait recevoir aucune qualification pénale;

Par ces motifs, statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort, relaxe Stéphane N. des fins de la poursuite sans peine ni dépens.

Source : Chroniques Judiciaires

 

Jan
12
2009
6

[Reportage] Arte – Pardon, mais c’est trop bon

Que les âmes prudes et bien pensantes s’arrêtent à la lecture de cette première phrase. Le propos est un peu osé, du moins par rapport à ce que nous publions d’habitude, aussi est-ce un avertissement de forme, à vous de voir.

Interessé(e)s ?

Il va être question d’orgasme féminin. Rien que ça. C’est un reportage d’Arte, qui parle avec clarté et sans tabous d’un phénomène qui reste relativement obscur, pour les femmes comme pour les hommes d’ailleurs.
Ca enfonce un peu les portes ouvertes à mon très humble avis, mais ça reste intéressant.


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Dec
16
2008
0

[Hum] Ou l’on croise plein de gens en donnant son sang

C’est fou ce que j’aime aller à Gerland pour faire semblant, de temps en temps, d’être quelqu’un de bien. D’ailleurs, je pourrais probablement faire un donneur à peu près passable si j’y allais pour des raisons parfaitement altruistes. Je suis d’ailleurs persuadé que je pourrais tirer des larmes à une pierre en me fendant d’un texte manichéen vantant les mérites des courageux donneurs de sang à l’assaut de toutes les maladies qui ne laissent pas de tuer – souvent même de manière mesquine, par derrière, sans qu’on s’y attende le moins du monde – la veuve et l’orphelin.

D’ailleurs, j’ai des citations qui, j’en suis certain, culpabiliseraient le plus cynique (ou la plus cynique d’ailleurs) d’entre vous, genre “ah tiens vous n’avez pas le CMV, ça veut dire qu’on va donner en priorité votre sang à des enfants” ou encore “oh vous êtes de tel groupe, c’est l’un des plus rares, c’est vraiment bien que vous veniez”. Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre.

Comprenez-moi : ayant manqué mon rendez-vous d’hier, je l’ai reporté à ce matin. C’est donc avec un courage dont je souligne la présence erratique que je me levais, et m’envoyais un petit-déjeuner destiné à me plomber ouvertement l’estomac. Première règle du donneur : toujours y aller le ventre plein. Le seul inconvénient, c’est qu’il faut éviter les graisses. Too bad, les graisses, c’est tellement bon que tout le monde en mange au petit déj’.

Le ventre plein, la mine encore ensommeillée mais en bonne voie de réveil, le teint blafard habituel, je me dirigeais donc vers le métro. Car après avoir affronté avec un stoïcisme qui m’épate encore les assauts conjugués de températures résolument polaires et d’un vent bien décidé à s’insinuer gentiment jusqu’au plus profond de mes os, il m’a bien fallu passer par la case transports en communs communs. Oui, je répète commun, vu que nous avons depuis peu le concept des transports en communs individuels. Si si .

J’ai donc été happé par la marée humaine montant à Bellecour, avant que la rame dans laquelle j’avais l’infortune de me trouver n’éructe de la quasi-totalité de ses occupants à Saxe-Gambetta. J’ai réalisé – mais plus tard – qu’il s’agissait heureusement de l’arrêt auquel il me fallait descendre. Coup de bol, parce que je jure que je n’aurais rien pu faire pour résister à la foule en délire qui avait résolu de descendre là, m’entraînant avec elle. Jusque là, rien de bien nouveau, le D, c’est toujours comme ça, et j’y suis habitué. Par contre, le B vers Gerland, je ne le prends que lorsque je me rends à l’Etablissement Français du Sang. DU coup, chaque fois je suis ravi d’y découvrir de nouvelles têtes.

Certes, je ne connais pas les innombrables individus qui s’agglutinent chaque matin et chaque soir dans les rames de la ligne D. J’entends par “nouvelles têtes” de nouveaux styles, des Lyonnais autres que les bourgeois bohèmes de ma fac’, que les intellos de Grange-Blanche, que les cadres qui se rendent à la Part-Dieu, que les lycéens de Montplaisir qui font 35 ans alors qu’ils en ont 12, bref, vous voyez ce que je veux dire. Un peu de changement, même minime, fait toujours beaucoup de bien. D’ailleurs, Aristote était l’un des premiers à nous dire qu’il faut se méfier des habitudes (remarquez la pseudo-justification habilement dissimulé sous une très vague référence prétendument philosophique).

Le B donc, jusqu’à Stade de Gerland. Désert, par rapport à celui que je venais de quitter. Toute la foule prend à gauche, vers Part-Dieu et ses tours (ha ha, des tours, qu’est-ce qu’il ne faut pas écrire). Trois arrêts intermédiaires, et un peu de calme bienvenu. L’arrivée au centre, non loin de la bouche, et l’accueil familier : paperasse, personnel chaleureux et, surtout, autres donneurs.

C’est là que ça vaut le coup, et que l’on se dit que finalement, le terme de fraternité que porte avec morgue notre République n’est peut-être pas tout à fait aussi mort que l’on voudrait le faire croire. C’est bête comme pensée. Mais voir des gens si différents, à une heure si matinale et en semaine, s’arranger pour prendre sur leur temps afin d’aider des inconnus, je trouve que c’est quelque chose de vraiment représentatif de la sacro-sainte “solidarité”. A côté de moi, un business man grisonnant, la cinquantaine, costume-cravate et chapeau, qui lit un Metro; un jeune, vingt-cinq ans à vue de nez, carrure imposante et chapelet bouddhiste en guise de collier, avec baskets et t-shirt de rap; une femme, la trentaine, habillée simplement et qui se triture les cheveux nerveusement avec sa main élégamment baguée; un autre homme, la trentaine lui aussi, athlétique, avec tenue de sport et portable à l’oreille; une maman, accompagnée d’un petit garçon de cinq ou six ans, qui fait de grands sourires; une jeune femme enfin, pas beaucoup plus âgée que moi, avec sac Longchamp et perles en guise de boucle d’oreilles.

Rien à voir entre ces gens. Certains donnent leur sang, d’autres leur plasma, pour moi ce matin c’étaient les plaquettes. Ma première fois. On m’explique la procédure, l’infirmière est visiblement en formation. Sa première fois pour ce type de don. Un peu hésitante mais rassurante, avec sa chef qui la surveille du coin de l’oeil. Un oeil acéré, mais qui devient amical lorsqu’elle vous propose une boisson ou un biscuit, tout en surveillant les poches transparentes qui peu à peu se remplissent.

Une grosse heure au final. Une collation, pour se remettre de la fatigue occasionnée, et c’est reparti pour une journée au temps pour le moins maussade mais qui pourtant s’illumine à la vue des sourires de tous ces gens, hétéroclites, différents, visiblement pas vraiment issus du même milieu, qui pourtant ici se côtoient, s’interpellent, se rassurent mutuellement. Le petit garçon apporte à sa maman un pain d’épice, tandis que celle-ci discute avec le business man, lui-même à côté du gars au chapelet bouddhiste.

C’est dingue ce qu’on se tamponne des minorités visibles dans le coin. De toute manière, le sang qui coule dans les tubes est toujours rouge.

“Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre”, disais-je au début de ce laïus, un peu long, je m’en excuse. Pas sûr que ce soit tout à fait vrai. C’est peut-être parce que moi, si j’ai un accident, j’aimerais qu’un type un peu glandeur, un brin cynique et peut-être même tenant un blog, se dise que c’est le moment de donner son sang, histoire de me sauver la vie.

Ouais.

PS : Si les donneuses pouvaient être comme ça , aussi, je suis sûr que ça motiverait du monde. Moi, c’que j’en dit…

Dec
02
2008
0

[News] Le sexe complique tout : le Dalai-Lama conseille l’abstinence

C’est du moins ce que soutient l’AFP , en rapportant les propos du chef spirituel tibétain lors d’un discours vendredi à Lagos. Le saint homme a donc déclaré que succomber aux tentations physiques seraient source de bien plus de complications qu’il n’y paraît, et que l’abstinence serait une voie certes moins satisfaisante sur le court terme mais bien plus simple à l’échelle d’une vie.

Loin de nous l’idée de vouloir en quoi que ce soit critiquer le discours du prix Nobel de la Paix, mais la question qu’il soulève mérite de se poser : le monde serait-il meilleur sans sexe ? Petite taxonomie partiale, satyrique, plein de préjugés  et de mauvaise foi sur le sujet :

Sans sexe…

Les femmes et les hommes pourraient être amis (ou pas)
Il n’y aurait plus de hippies
Les couples seraient platoniques, ou n’existeraient plus : fini les engueulades de vos voisins à 4h du mat’
Plus besoin d’éducation sexuelle
Le marché des préservatifs deviendrait obsolète, et l’on verrait des manchettes de journaux aussi intéressantes que “Manque de lubrifiant au pays des condoms”
Ce serait la fin des blagues potaches
Les femmes auraient dans le ventre une poche inutile
Les hommes auraient entre les jambes un truc encore plus inutile
Les Bisounours domineraient le monde avec l’aide des Teletubbies, des Pokemons et de Brigitte Bardot
Julien Clerc arrêterait de chanter (joie immodérée)
Lorie aussi (comme quoi)
Les hommes s’endormiraient moins vite (ou pas)
Les femmes simuleraient moins (pas taper)
Il n’y aurait plus de pornstar qui se reconvertiraient dans la télé

Ce n’est bien sûr ni exhaustif, ni scientifique, ni objectif, ni même intelligent. Mais si de telles choses s’accordaient avec notre politique éditoriale, ça se saurait n’est-ce pas ?

Et vous, que rajouteriez-vous à cette jolie liste ? Serait-ce globalement positif si tout le monde renonçait au sexe ?

Notons d’ailleurs que la rencontre entre notre Président (que les rayons doux du soleil fassent fleurir des pétunias sur son passage) et le Monsieur qui a popularisé la toge et la sandale en Pologne ne devrait plus tarder.

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Oct
22
2008
1

[Mode] Accessoirisez que diable, portez le bonnet heroique!

Et oui, tout le monde le dit, il faut accessoiriser ses tenues afin d’entrer dans le mond de la hype attitude flex connected NYC. Il paraît.

Du coup, comment concilier cet esprit d’accessorizing qui vous turlupine, j’en suis sûr, avec votre indéniable nature héroïque, pour ne pas dire super-héroïque? Heureusement, et comme d’habitude (mais nous avons la modestie de ne le souligner qu’une fois tous les deux billets, promis), nous avons la solution: le bonnet super-héros.

Pas n’importe quel bonnet, non, celui que votre gosse tentera de vous arracher. Celui que votre femme/homme dénigrera tout en fulminant de ne pas y avoir pensé avant. celui que vos camarades de boulot ou de fac regarderont d’un air ahuri, puis pensif, puis envieux. Celui que votre grand-mère vous volera en cachette la nuit, pour voler sur son balai (enfin, c’est ce que j’aimerais que fasse la mienne, mais ceci est une autre histoire).
Car le bonnet super-héros, c’est un peu comme les caleçons M&M’s, ça vous ferait démouler le Taj Mahal.

Et le mieux, c’est que vous pouvez même accessoiriser l’accessoire. En le badgant. Avec des badge des Simpsons, par exemple. J’en ai vu il y a peu, mais où…

J’oubliai presque: c’est chez Atypik, via Trendsnow, et si vous ne savez pas encore quoi m’offrir à Noël… C’est 14 euros. =D 

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Oct
13
2008
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[Sexualité] un Homme, un vrai

Saleté de Miel

Non content d’être le plus blogueurs de nos intéressants, sachez que chaque fois que l’on écrit un brouillon dans ce blog, le “BaKament Vôtre, MieL” est le message par défaut. Si si.

Alors oui, je m’insurge, oui j’exulte, oui je oui-ouite dans une petite voiture jaune et rouge. Je me dis qu’il est si beau, qu’il est si intelligent, et je me dis bien évidemment…

POURQUOI LUI ET PAS MOI ?      (…ouai c’est son blog, ouai c’est lui qui m’a amené dedans ouai c’est lui qui nous botte de cul quand on écrit pas assez, ET ALORS)

A force de recherches plus ou moins fructueuses et “bordeurlaïne”, j’ai enfin retrouvé mon amour propre et ma self-estime dans le refuge de tous les loosers informatisés.

Je vous présente donc en exclusivité et pour ma plus grande honte : Pheroline

Pheroline, c’est le bonheur en flacon, la clé du sexe-à-pile et de la séduction pour nous autres hommes. Et qu’on soit bien clairs, si on parle de Pheroline, c’est parce que nous ne valons rien. Du moins nous le croyons, c’est pour cela que ce parfum à base de phéromones nous apportera le bonheur.

** mode oncle Sam on**

TOI ! oui toi ! Bedonnant petit internaute aussi populaire online que timide IRL, toi qui rêve d’amour en php et de bonheur en java, toi pour qui la femme idéale a avant tout un master de FB et une licence de Twitter, eh bien Pheroline EST FAIT POUR TOI

** mode oncle Sam off**

Vous l’aurez compris, Pheroline est un parfum qui diffuse des phéromones vous rendant plus attirant auprès du sexe opposé, et apparemment pas que du côté féminin. Copines blogueuses ou coupaings du Ouèb de tous bords, réjouissez vous et réjouissons nous !

J’aurai aimé le tester pour vous, mais les prix défient toute concurrence, et surtout la mienne. En effet si ma bourse me l’avait permise, je l’aurai essayé, vous savez, pour “rigoler”. Misère sentimentale, quand tu nous tiens, j’en viens même à prier devant une statue de MieL. C’est vous dire.

Homme-neufement Vôtre,

Tobi le TeuTon

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Sep
30
2008
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[Photo] La cigarette

Je n’ai jamais, et je pèse mes mots, ne serait-ce qu’approché une cigarette de mes lèvres. Vous me direz, vous n’en avez rien à foutre. Et vous avez parfaitement raison.

Mais n’empêche, je ne parviens tout de même pas à m’expliquer l’étrange sensation que me procure cette image, étrange, hétéroclite, irréelle, de cette cigarette qui prolonge une bouche ourlée d’un rose outrancier qu’atténue seulement, et comme à regret, le flou gaussien de l’arrière-plan.

Ce ne peut être la fascination de l’interdit. Si cela a bien marché au début, quand nous étions petits, elle n’est maintenant plus d’actualité. Si nous ne touchons pas à la clope, nous, non-fumeurs patentés, c’est que nous n’en éprouvons pas le besoin, que nous sommes conscients des risques ou encore que nous attachons quelque importance à notre bourse (rayez les mentions inutiles).

Il n’empêche, le texte qui accompagne cette mystérieuse photo est touchant, fort bien écrit et fait allusion à une réalité qui n’est pas la mienne, et qui pourtant m’intrigue. Je me permets de l’emprunter à Ladies Room , dont je vous conseille, Mesdemoiselles, Messieurs, la lecture des articles. On y trouve du bon et du moins bon, mais quelques perles en jaillissent de temps à autres.





J‘en avais envie depuis quatre ans. Et puis, depuis mercredi, j’ai réussi! J’ai enfin recommencé à fumer. Je n’ai pas dit que ça avait été facile. Mais j’ai réussi.  Malgré le socialement correct, les messages alarmistes et l’allègement de mon porte monnaie, j’ai suivi ma petite voix intérieure, et repris le chemin du tabac. Quel bonheur!

Au début, j’étais émue, timide même, devant tous ces paquets colorés. Et puis je me suis lancée : j’ai commandé des menthols. Oui, je sais, c’est hypocrite, les menthols. Mais c’était ma première cigarette, à quinze ans, alors…

Toute la journée j’ai tâté mon paquet mou. Il crissait. Rien que de le sentir, j’étais heureuse comme une femme amoureuse qui attend son prochain rendez-vous.

Le soir venu, quand tout le monde dormait à la maison, je me suis glissée au fond du jardin, sans bruit.  J’ai tiré sur la languette de plastique transparent, enlevé l’alu et sorti une sèche. Je l’ai glissée sous mon nez, c’était déjà chaud. Et puis je l’ai pincée des lèvres, et j’ai approché la flamme.

J’ai aspiré un grand coup, et tout m’est revenu, d’un coup : mes quinze ans, ma copine de forfait, le lycée, les garçons, premières nuits, premières clopes des premiers matins, premières gueules de bois, les exams, les insomnies, les résultats…Toute une vie avec la clope au bec. Pas encore de mari ni d’enfant. Pas encore peur des rides, de la maladie, de l’âge, du temps!

Je fume et j’ai toujours quinze ans.

Depuis je continue à ce rythme d’ une cigarette par jour. Toujours seule, toujours en cachette.   C’est mon secret, mon vice, ma bouffée d’égoïsme.

Mon air pur, en somme !

Et en bonus, parce que c’est tout de même dans le sujet, le sketch “La clope”, de Gad Elmaleh.

Alors, que cela vous inspire-t-il? Vous fumez de votre côté? Vous éprouvez ce plaisir coupable ou vous assumez tranquillement? Qu’est-ce que vous fumez comme clopes?

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Sep
17
2008
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[Ciné] Rentrée du Cinéma

La rentrée du Cinéma, c’était donc jusqu’à hier, et j’espère que comme nous vous en avez bien profité. Sinon, ben… revenez l’an prochain quoi. Enfin bref, je vais vous faire un compte rendu à peu près détaillé de mon marathon cinéma, car croyez moi quand vous enchaînez 5 films dans une journée, c’est du sport : il faut du courage, de l’organisation et une paire d’yeux level 12.

Une fois n’est pas coutume, j’ai tenté de mettre l’accent sur le cinéma français durant cette journée. Non sans appréhension, parce que bon, après des « succès » ayant comme nom Bienvenue chez les ch’tis, ou le prochain « carton » de Faubourg 36, il y a franchement de quoi s’inquiéter. Et bim dans ma gueule de langue de pute, le cinéma français se porte bien, comme en témoignent les 3 films dont je vais vous parler.

La fille de Monaco est le dernier film d’Anne Fontaine, qui pour information sera prochainement à la réalisation d’un biopic sur Coco Chanel avec Audrey Tautou dans le rôle titre.

La fille de Monaco est avant tout une comédie grand public avec un casting efficace sans être people. Louise Bourgoin, présentatrice charmante et délurée de la météo sur canal+, campe ici une jeune présentatrice de météo charmante et délurée à Monaco, débordante d’ambition et de sex-appeal. Pour accéder enfin à la célébrité, elle n’hésite pas à se rapprocher d’un grand avocat parisien, venu sur le rocher pour un procès délicat. Un avocat pas comme les autres, timidement amoureux et plein de doutes, un homme qui s’arme et se défend par l’érotisme de ses mots, mettant en exergue chaque minute son amour de la vie dans tous ses moindres détails. Evidemment c’est ici qu’on retrouve Fabrice Lucchini, un rôle sur-mesure comme qui dirait. Inconditionnel fan de ce grand bonhomme, je ne peux rien en dire sinon qu’il est comme à son habitude exceptionnel. Pour le reste c’est à vous de juger. Cependant dans cette amourette peu probable naissante se glisse un troisième protagoniste, le garde du corps de l’avocat, joué par Roschdy Zem – que Zem beaucoup d’ailleurs (si si). Une histoire en triangle souvent drôle, toujours sensuelle mais jamais stéréotypée. Cette comédie légère en apparence cache bien son jeu, avec une fin tragicomique étonnante.

Niveau bande-son et réalisation, c’est du cinéma français typique, donc bien mais pas top. Mais après tout on s’en fout, on passe un bon moment en compagnie de ce trio infernal qui part en cacahuète.

Comme les autres est le premier film de Vincent Garenq, et quel film ! Un pitch simple pour un sujet qui suscite de lourds débats dans nos temps troublés.

Emmanuel (Lambert Wilson) et Philippe (Pascal Elbé) filent le parfait amour, jusqu’au jour où Emmanuel décide d’avoir un enfant… mais pas Philippe. Après avoir essayé de se faire passer pour le parfait hétéro célibataire auprès de la DASS, ou encore de trouver le parfait couple gay de l’autre sexe pour un échange de bons procédés, il se décide finalement à faire un mariage blanc avec une argentine sans papiers (Pilar Lopez de Ayala), en l’échange de quoi elle lui fera un enfant. Au niveau des tabous sociétaux, on va loin et pourtant on y glisse sans chuter.

Le trio d’acteur est émouvant et extrêmement convaincant. Lambert Wilson est particulièrement touchant dans sa recherche de paternité, mais ce sont surtout Pilar Lopez de Ayala et Pascal Elbé qui m’ont surpris. On aurait facilement pu tomber dans le gnan-gnan et les clichés ridicules mais tout ici est parfaitement orchestré : les sujets sont traités avec pudeur et sensibilité, sans tomber ni dans la sensiblerie ni dans le malaise. Tout est naturel et se passe comme tel, aucun point de vue n’est imposé par le réalisateur. Et enfin, ce n’est pas pour nous déplaire mais il s’agit là encore d’une comédie grand public qui vous fera rire quelques bonne fois. Tous les films présentés ici sont de bonne qualité, mais celui-ci doit être celui qui m’a le plus surpris, tant je ne croyais pas à Lambert Wilson dans ce rôle. Faut dire que la dernière fois que je l’avais vu, il jouait un médecin bionique. Ceci explique cela.

Comme les autres, un film pas comme les autres qui vous fera passer un agréable moment si vous vous y prêtez.

Le plus beau jour du reste de ta vie, film de Rémi Besançon, est LE film frnaçais de la rentrée. Encensé de toute part par les médias, les critiques et les spectateurs en même temps, il ressemble fort au messie cinématographique français qu’on attend depuis si longtemps. Alors Fake ou pas ?

Recadrons les choses, il s’agit ici d’une chronique familiale : un grand-père, le fils et sa femme, et 3 petits-enfants. 5 membres (le grand-père est plus un second rôle qu’un personnage central) pour 5 jours qui ont changé la vie de la famille toute entière. On suit donc chronologiquement le destin de cette famille au cours de différents évènements relatifs à chacun au cours de ces dates particulières, organisées en chapitres à l’écran. La réalisation est d’ailleurs fort sympathique, très inspirée visuellement avec de jolis plans. La bande-son est signée Sinclair, et comme à son habitude ses compositions/reprises au cinéma font mouche et vous transportent aisément.

Le casting 3 étoiles fonctionne plutôt bien, avec une mention spéciale à Zabou Breitman et Jacques Gamblin qui signent des rôles plus profonds qu’il n’y parait.

La profondeur. Vaste sujet. Sur le papier et sur l’écran ce film a tout pour plaire : la chronologie, les acteurs, le son, les intrigues familiales. Oui mais voilà ces intrigues ont peiné à me convaincre. Membre d’une famille de 3 enfants moi aussi, j’ai plus retrouvé des clichés dans ce film qu’une « vraie » histoire familiale qui à mon sens justement, ne peut être qu’unique et pas commune à d’autres. En matière de chronique familiale, Le premier jour du reste de ta vie s’en sort à merveille, mais si vous aimez ce genre de films, la référence absolue reste C.R.A.Z.Y. , une merveille du Québec qui vous transportera encore plus loin et plus fort. Il demeure que ce film de Rémi Besançon reste bon. Même si on est comme votre serviteur un peu sceptique au début – et ça c’est si vous êtes perfectionniste – on finit par se laisser porter par l’histoire de cette famille « ordinaire » et on profite de quelques beaux moments de cinéma, avec ce qu’il faut d’émotion et de légèreté.

Voilà pour le côté French Touch de cette rentrée du cinéma^^

Incessamment sous peu viendront d’autres articles pour sortir de ce carcan hexagonal et vous présenter Be Happy, Wall-E, Cafe de los Maestros qui porte bien son nom et C’est dur d’être aimé par des cons, français mais hors catégorie, car même un article ne suffirait sûrement pas.

BaKament Vôtre,

Tobi
Sep
17
2008
2

[Ciné] Cafe de los Maestros

C’est assez rare qu’il me faille éprouver la peur de manquer de vocabulaire pour brosser le portrait de quelque chose. Prétentieux? Certainement. Il faut dire que le sujet pouvait également le paraître de prime abord.

Commençons par le commencement. Vous le savez, c’est avec l’excellent Dark Knight que Tobi et moi-même avons découverts le Comoedia, ce fameux cinéma qui vend des pâtes de fruits, des tartes à la praline et des cannelets, faisant le bonheur de mes papilles et le malheur de mes joyeux compagnons tant j’en gargouille de plaisir par la suite (bon appétit bien sûr). On dira ce qu’on veut, j’ai au moins la reconnaissance du ventre: là où il mange bien, le MieL revient, comment ne le dit pas le proverbe. Et de fait les bandes-annonces visionnées avant les films – notons que ce sont bien les films proprement dits qui commencent à l’heure indiquée sur le programme, pas les pub’ comme ailleurs – nous ont fait saliver.
C’est comme ça que nous sommes allé voir C’est dur d’être aimé par des cons, Be Happy et autres Silence de Lorna. Il faut toujours que nous fassions la review du premier d’ailleurs, le second se résumant par une excellente ambiance et une actrice principale juste magique qui servent un film aux accents bucoliques et résolument joyeux. Un bon moment donc, mais qui ne confine pas au génie non plus.
Et parmi ces films qui ont eu l’heur de nous interpeller, il y en avait un qui nous a intrigué, j’ai nommé Cafe de los Maestros. Le pitch était assez simple: il s’agissait visiblement de réunir tous les grands noms qui ont fait, de par leurs talents, la période de gloire du tango dans les années 40, dans le cadre d’un concert hors du commun dans le Grand Théâtre de Buenos Aires. Voyez plutôt:

Mais là c’est évidemment le moment où vous vous demandez ce que nous en avons pensé. Il faut tout d’abord savoir que nous y sommes allé à plusieurs. Pour ne citer que les rédacteurs du BaKa Book, nous avions Tobi, Baba et Loo sous la main, ce qui n’est pas si courant. Comme de bien entendu, nous sommes partis à l’arrache de chez moi, Baba remontant le temps pour aller chercher Loo et pour finalement réussir à nous amener à bon port à 20h57 tapantes. Stress, le film est à 21h, nous en sommes à espérer qu’il n’y ait pas beaucoup de monde quand nous apercevons la file monstrueuse devant le ciné.
Fort heureusement, Tobi et consorts nous attendaient au milieu. Loo est un boulet, il reçoit un appel, doit rester dehors pendant que nous achetons nos places en attendant les derniers qui ne sont toujours pas là. Bref, nous entrons à la bourre, et pour Loulou plus qu’à la bourre (mouhaha), mais nous y sommes.
Ce que j’en ai pensé, je le crains, n’est pas partagé par toutes et tous. Cha n’a pas trop aimé, Baba a manqué de s’endormir mais a tout de même apprécié la musique, Cocc’ s’est faite un peu chier d’après ce que j’ai compris. Clo par contre a halluciné devant l’agilité des bandonéonistes, tandis que Sand’, Tobi et moi-même avons juste passé un excellent moment. J’insiste, un moment confinant à la ferpection.
J’ai trouvé l’ambiance générale magique, le rendu de l’atmosphère du berceau du tango, Buenos Aires, y  étant pour beaucoup. Les flash-backs, réalisés au moyen d’images d’archives de l’époque et des témoignages des différents maîtres qui semblent arriver petit à petit contribuent à créer ce climat très particulier, qui donne l’impression d’une montée en puissance. La première partie du film est en effet constituée d’une sorte de making of théâtralisé du concert: reconstitution des partitions, retrouvailles, répétitions, sont instillées et orchestrées avec finesse et subtilité, parvenant à rendre le film relativement rythmé, ce qui n’est pas simple lorsqu’il s’agit comme ici plus d’un documentaire que d’une romance.
Les rires de ces gens, leurs visages marqués par les années qui passent, leurs rides et leurs instruments, autant d’éléments qui paraissent devoir rendre compte de leur passion pour la musique qui les a vu naître, qui les a bercé et qui a fait leur succès. On frissonne à l’écoute des ouvertures, on sourit lorsque les premières notes du piano de Salgàn ou les premières mesures des partitions reconstituées de Berlingieri surgissent enfin. Et l’on tremblerait presque quand entre en scène Virginia Luque, une grande dame aux yeux pétillants, dont le visage soudain s’illumine lorsqu’elle entonne le refrain de cette chanson triste nous contant les malheurs d’une femme éplorée.
C’est admirablement bien arrangé par Salles, et diablement bien joué par des artistes qui n’ont décidément rien perdu au cours des années. C’est peut-être moins virulent dans la gestuelle, certains costumes semblent plus stricts, mais la ferveur, elle, est bien présente. L’espagnol, sous-titré en français, rajoute au charme de la chose, et l’on est très vite conquis par cette joyeuse bande de vieux fous de musique et de danse qui s’offre une dernière scène.
J’aime beaucoup faire comme Amélie dans le poney du même nom; me retourner pour regarder les gens au cinéma. Dommage qu’il n’y ait eu personne devant moi pour le faire cette fois, je devais ressembler à un gamin blafard et plus ou moins béat qui manque d’applaudir à la fin de chaque morceau dans le concert final. Tant pis. Ou plutôt pardon; mais c’est trop bon.
;-)

Tangoment Vôtre,

MieL

PS: Vous l’aurez compris, je vous recommande d’y courir sans plus attendre. Ou alors juste de voir ce qu’en dit Tobi, c’est lui notre expert après tout. Moi je ne suis définitivement pas objectif, je vous fouetterais pour vous y pousser si l’on m’en donne l’occasion.

PPS: Le CD est dans les bacs, à ce qu’il paraît. ;-)

Jul
04
2008
3

[News/Humeur] Le cas Bétancourt

Inimaginable il y a à peine quelques jours, la libération surprise d’Ingrid Bétancourt (je ne me concentrerai que sur elle) est advenue en une poignée d’heures seulement, sans verser une goutte de sang et sans autre bruit que les pales d’un hélico furtif. Prouesse militaire ? Difficile à dire. Selon certaines sources suisses les guérillos du camp des FARC auraient été soudoyés pour “se faire avoir” grâce à quelques millions de dollar, pour d’autre c’est une réussite militaire de très haut vol réussi par l’armée colombienne. Je ne discuterai pas sur ce problème, ou du moins pas ici, il semble plus intéressant de s’interroger sur le cas Bétancourt.
Matracage médiatique oblige, à moins de vivre en ermite ou de jouer à WoW (et encore) vous avez forcément vu ou entendu des déclarations de l’ex-otage franco-colombienne détenue depuis février 2002 par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (oui, ça veut dire ça : FARC). J’attends vos avis dans les commentaires, mais pour ma part j’ai été particulièrement soufflé par la pertinence de son discours. Ses phrases sont construites, régulées par l’émotion et l’intellect, elle se sert des bons mots, au bon moment, pour s’adresser à la bonne personne.
Ingrid Bétancourt m’a bluffé, je découvre en elle une femme extrêmement brillante, qui mesure et pèse chacune de ses paroles avec une infinie précaution, elle réussit le challenge de se politiser admirablement indépendamment de tout le battage fait autour d’elle. Regardez les vidéos ou elle jouxte le président qui se félicite de sa libération, quoi qu’on en dise, c’est elle qui mène la barre, c’est elle qui prend la main du président et le complimente, c’est encore elle qui en catimini remercie Villepin et Chirac. Paf. Tout marche, tout s’emboîte, Ingrid Bétancourt est un animal politique mais un vrai, c’est-à-dire qu’elle reste humaine. Ses émotions ne sont pas feintes, ses silences rhétoriques sont aussi francs qu’efficaces, son visage est aussi convaincu que fatigué.
Nul doute que la présence d’INgrid Bétancourt dans les médias ne fait que commencer. Déjà dans les médias français, mais aussi européens (tous les journaux d’Europe occidentale en ont fait leur première page, sans compter la tonne de journalistes étrangers à la conférence de l’Hotel Marigny) on ne voit qu’elle. Objectivement, ou plutôt politiquement, elle dispose d’une base solide de militants, stars reconnus ou illustres anonymes, elle jouit d’un capital sympathie phénoménal, alors que la cordée du Mont-Blanc Ingrid Bétancourt jouxtait celle de 27 femmes européennes (excusez du peu).
Tout porte à croire que son histoire politique ne fait que commencer, et à vrai dire je suis impatient de savoir comment elle va utiliser son capital politique. Encore une fois, par ce qu’elle a traversé et le sang froid machiavélien dont elle fait preuve en ce moment, je ne peux que l’admirer foncièrement. C’est ça, une femme de conviction. La classe. On attend la suite avec appréhension.

BaKament Vôtre,

Tobi

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