Mar
22
2009
3

(Lait) Embriquez-le, qu’ils disaient !

Ca faisait longtemps que nous n’avions pas parlé de choses comestibles dans les parages. A moins de faire référence à nos amis les ragondins (mais ça doit pas être terrible) ou aux magnifiques meringues avec lesquelles M. a eu la délicatesse de me nourrir vendredi (comme quoi ça sert de crier son amour).

david fung brique laitAujourd’hui nous parlons donc de briques de lait. Tout simplement. Je suis certain que vous aussi vous vous êtes dits, un matin où, désoeuvrés, vous lisiez tout ce qui était à la portée de vos yeux aux paupières collées, que les gens qui dessinent les packs de lait ne font quand même pas beaucoup d’effort. Je veux dire bon, c’est blanc, avec des touches de rouge ou de bleu, voir de vert (soyons fous), mais globalement c’est pas super funky.

David Fung, il est d’accord avec ça. Du coup, il a conceptualisé de nouvelles briques, qui ne vous laisseront pas au pied du mur : elles reprennent une forme assez classique, mais le jeu de couleurs est furieusement moderne. Pour un peu, on se croirait sur un site web. J’aime. Et vous ?

brique lait david fung milt

Mar
19
2009
0

(Clip) Slagsmålsklubben – Sponsored by destiny

Chaperon Rouge inside.

Oui le nom de ce groupe est quelque peu isocèle, mais pas autant que le clip de leur chanson “Sponsored by destiny”. Le concept est assez simple : il s’agit de reprendre le conte du Petit Chaperon Rouge, sur fond de musique électronique (pas géniale, soit dit en passant, mais je suis un sale con intolérant). C’est plutôt joli, ça rappelle un peu la pub Areva sur Funky Town, et c’est frais.

Et puis bon, réviser ses classiques, ça a toujours du bon.


Slagsmålsklubben – Sponsored by destiny from Tomas Nilsson on Vimeo.

Mar
08
2009
0

(Expo) Quintet, N’importe Quoi et Marlène Moquet au MAC Lyon

Un jour je saurai quelle est l’appellation “officielle” de ce musée : la newsletter (s’abonner) est envoyée par le MAC (Musée d’Art Contemporain, l’acronyme de la plupart des musées de ce type en France ndlr) mais le site est au nom du MOCA (Museum of Contemporary Art). Entre compréhension et dimension internationale, il va un jour falloir choisir. A moins d’opter pour l’usage d’un patronyme quelconque, comme pour le Centre Pompidou, par exemple.

Expo quintet affiche mac lyonBref, un billet rapide, pour vous recommander chaudement – vu le vent polaire qui assaille les doudounes AA des fashion, il faut au moins ça – d’aller jeter un oeil au triplet d’expos temporaires du MAC de Lyon. J’avais oublié de vous faire la review de la chose la semaine dernière, je vais essayer de me rattraper ce dimanche.

Le MAC présente donc jusqu’au 19 avril pas moins de trois expositions temporaires – une par étage en fait – autour de trois thèmes distincts. Au premier étage on trouve donc Quintet, qui rassemble les oeuvres de cinq artistes issus de la bande-dessinée, au second on retrouve N’importe quoi, qui se propose de retracer l’histoire de l’art contemporain par le biais d’une sorte de panorama de ses oeuvres les plus décalées, et enfin au troisième c’est Marlène Mocquet et son monde de rêves et de couleurs.

QUINTET(Fiche Musée)

On commence donc avec Quintet. Je n’irai pas par quatre chemins : c’est probablement la plus recherchée des trois, quoique la comparaison soit difficile à tenir, tant les sujets diffèrent. Il y a donc là des travaux de Joost Swarte (Wiki), de Gilbert Shelton (Wiki), de Stéphane Blanquet (Wiki), de Masse et enfin de Chris Ware (Wiki). Beaucoup de planches achevées, d’affiches et de travaux très “BD” pour Joost Swarte : son style entre un Hergé et un Broca frappe juste, et l’on prend plaisir à lire une bande-dessinée comme l’on regarderait une oeuvre d’art.Mais mes deux coups de coeur sont incontestablement Chris Ware et Stéphane Blanquet.

Chris Ware MAC LyonJ’ai découvert le premier au travers d’une plume (de dessin, une fois n’est pas coutume) léchée, d’une grande maîtrise graphique, et qui était ici déclinée en noir et bleu. Le choix de ces deux couleurs, associées au blanc du fond, n’est pas pour rien dans le charme qui se dégage de l’ensemble : l’impression d’inachevé se mêle à merveille avec les traits de personnages et de décors par ailleurs admirablement “propres”. Au final, les personnages et les histoires importent peu : c’est réellement le sens de la mise en page et de la composition, allié à un dessin d’une grande pureté, qui m’ont plus chez lui. C’est poétique et assez léger, ceci étant aussi en partie due aux héros qu’il a choisi de mettre en scène à savoir – entre autres – des souris et des abeilles, traditionnellement plus enfantins.

Chris Ware

Le second est radicalement différent, puisqu’il nous livre ici un ensemble de pièces éclectique, de la sculpture au mur peint en passant – et je trouve l’idée géniale – par une sorte de petit train circulant à l’intérieur d’un ensemble plastique assez étrange composé de murs, de plafonds et de planchers, mais aussi d’objets plus familiaux comme un lit ou des fenêtres. Tout cela, décoré par l’artiste, donne un ensemble assez hétérogène. Outre son goût évident pour des choses peu ragoûtantes, en témoignent les petites statuettes aux corps déformés ou amputés, les silhouettes généreuses mais torturés de ses personnages peints ou encore le caractère très salace et pour ainsi dire dérangeant qui se dégage de la dernière pièce présentant des corps de femme intimement exposés, Stéphane Blanquet s’est ici livré – j’ignore si c’est spécialement conçu pour cette exposition ou non – à un véritable travail de muséographie.

En effet, il ponctue la visite de cet étrange circuit : le spectateur est invité à prendre place dans un wagonnet monoplace, qui avance au moyen de pédales, pour partir en balade sur rails au sein de décors un peu fous, en noir et blanc. Outre le côté très décalé de l’initiative – quel plaisir que de pouvoir éviter les poncifs d’une visite de musée “à l’ancienne” genre “je reste cinq minutes devant un tableau en faisant semblant de l’étudier” – et la dimension ludique de la chose,  le côté lugubre, inquiétant, presque oppressant de la partie qui lui est consacrée s’en trouve réellement décuplé : on “rentre” dans son univers. L’atmosphère est par ailleurs assurée par l’ambiance sonore, consubstantielle des oeuvres exposées : on aime ou on aime pas. Moi, j’aime, Ar. qui était avec moi a détesté. Je peux le comprendre.

N’IMPORTE QUOI (Fiche Musée)

mac lyon n'importe quoi expositionLe pitch de cette seconde expo, c’est de répondre à ceux qui considérent, comme le même Ar. justement, que l’art contemporain c’est du n’importe quoi. Et, de manière plus globale, que l’art “classique” avait au moins le mérite de figurer le beau, au sein d’un cadre explicatif normé et régulé. L’art moderne, au contraire, pullule d’exemples d’oeuvres décalées, ou pour ainsi dire non-artistiques au sens où pouvaient l’entendre les classiques : ainsi en est-il de l’urinoir de Duchamp, qui en est à la fois le parangon et l’exégèse. Il s’agit donc ici de présenter des oeuvres qui ont fait l’histoire de la modernité en art, comme si elles étaient autant de reliques : le but est de suivre une logique “naturaliste”, en ce qu’elle pose la question de l’art “brut”.

Et cette exposition donc de vouloir rassembler des pièces hétéroclites, bizarres, étranges, décalées, pour en faire une sorte de panégyrique du caractère profondément “libre” et “libéré” de l’art contemporain. Faire le lien entre des pièces venant de courants, de lieux et d’époques différentes, n’ayant pour seul point commun que leur “n’importe quoisme”, paraît à tout le moins ardu : le MAC a eu l’intelligence de ne pas s’y risquer, et s’est “contenté” de tout exposer dans trois salles, dont une principale, en une sorte de joyeux malstrom dans lequel le visiteur peut puiser à loisir.

Une excellente idée originelle, un panel d’artistes et d’oeuvres agréablement large, une mise en scène minimaliste qui permet de se concentrer sur les oeuvres elle-même, il convient d’y aller avec curiosité et indulgence, afin de ne pas tomber dans le piège de la critique à l’emporte-pièce un peu mesquine. En se rappelant qu’avant le beau, l’art contemporain véhicule des concepts, des messages et des idées.

MARLENE MOCQUET (Fiche Musée)

exposition mac lyon marlène mocquetPremière rétrospective d’une artiste dont j’aime beaucoup l’univers de départ, très coloré, changeant, un peu fantasque et assez enjolivé, mais dont l’interprétation graphique ne me parle décidément qu’avec peine. Pourtant la technique est là, et elle est maîtrisée : Marlène Mocquet utilise en effet les coulures et autres éclats de peinture comme des parties prenantes de ses compositions. Elle oriente ainsi sa toile en fonction de ses envies, faisant glisser telle ou telle couleur, la ralentissant ici, comme pour mieux se faire le démiurge d’un monde déstructuré, aux formes allongées et lascives.

Malencontreusement il y a quelque chose dans la composition, et notamment dans le choix des couleurs, qui me laisse une impression d’amertume, d’inachevé dans le mauvais sens du terme. J’avais parfois envie de découper un morceau de l’un des tableaux, pour voir ce que ça aurait donné sans le reste. De très belles choses donc, à mon sens, mais insatisfaisantes pour ma part. C’est tout à fait personnel, aussi ne saurais-je trop vous conseiller de faire le détour au troisième pour vous faire votre propre idée.

Pour trouver ou contacter le Musée d’Art Contemporain de Lyon, c’est via ce lien.

Vous l’avez déjà vue ? Vous en avez pensé quoi ?

Jan
20
2009
0

(Clip) Friendly Fires – Skeleton Boy

Je crois bien que je ne suis pas le seul à la Rédac’ à aimer les Friendly Fires. Ca tombe bien, leur dernier clip, celui de Skeleton Boy, est juste impressionnant. C’était chez Fubiz, et je le trouve aussi étrange que recherché graphiquement parlant. 

Ca ne veut pas dire grand-chose, mais j’aurais tout aussi bien pu parler de scénographie plastique hein.

  • Quand je serai grand, je veux inventer des concepts.
  • C’est bien, fils.
  • Je dois devenir inventeur pour ça ?
  • Non mon fils. Soit tu deviens marketeur, et tu roules les gens, soit tu deviens artiste, et tu roules les gens, soit tu deviens politique, et tu pourras rouler les gens.
  • Et si je ne veux pas rouler les gens ?
  • Alors ça ne sert à rien d’inventer des concepts, fils.

On en fait des choses avec des billes blanches et des ventilos. 


Friendly Fires ‘Skeleton Boy’ by Clemens Habicht from Nexus on Vimeo.

Dec
16
2008
0

[Hum] Ou l’on croise plein de gens en donnant son sang

C’est fou ce que j’aime aller à Gerland pour faire semblant, de temps en temps, d’être quelqu’un de bien. D’ailleurs, je pourrais probablement faire un donneur à peu près passable si j’y allais pour des raisons parfaitement altruistes. Je suis d’ailleurs persuadé que je pourrais tirer des larmes à une pierre en me fendant d’un texte manichéen vantant les mérites des courageux donneurs de sang à l’assaut de toutes les maladies qui ne laissent pas de tuer – souvent même de manière mesquine, par derrière, sans qu’on s’y attende le moins du monde – la veuve et l’orphelin.

D’ailleurs, j’ai des citations qui, j’en suis certain, culpabiliseraient le plus cynique (ou la plus cynique d’ailleurs) d’entre vous, genre “ah tiens vous n’avez pas le CMV, ça veut dire qu’on va donner en priorité votre sang à des enfants” ou encore “oh vous êtes de tel groupe, c’est l’un des plus rares, c’est vraiment bien que vous veniez”. Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre.

Comprenez-moi : ayant manqué mon rendez-vous d’hier, je l’ai reporté à ce matin. C’est donc avec un courage dont je souligne la présence erratique que je me levais, et m’envoyais un petit-déjeuner destiné à me plomber ouvertement l’estomac. Première règle du donneur : toujours y aller le ventre plein. Le seul inconvénient, c’est qu’il faut éviter les graisses. Too bad, les graisses, c’est tellement bon que tout le monde en mange au petit déj’.

Le ventre plein, la mine encore ensommeillée mais en bonne voie de réveil, le teint blafard habituel, je me dirigeais donc vers le métro. Car après avoir affronté avec un stoïcisme qui m’épate encore les assauts conjugués de températures résolument polaires et d’un vent bien décidé à s’insinuer gentiment jusqu’au plus profond de mes os, il m’a bien fallu passer par la case transports en communs communs. Oui, je répète commun, vu que nous avons depuis peu le concept des transports en communs individuels. Si si .

J’ai donc été happé par la marée humaine montant à Bellecour, avant que la rame dans laquelle j’avais l’infortune de me trouver n’éructe de la quasi-totalité de ses occupants à Saxe-Gambetta. J’ai réalisé – mais plus tard – qu’il s’agissait heureusement de l’arrêt auquel il me fallait descendre. Coup de bol, parce que je jure que je n’aurais rien pu faire pour résister à la foule en délire qui avait résolu de descendre là, m’entraînant avec elle. Jusque là, rien de bien nouveau, le D, c’est toujours comme ça, et j’y suis habitué. Par contre, le B vers Gerland, je ne le prends que lorsque je me rends à l’Etablissement Français du Sang. DU coup, chaque fois je suis ravi d’y découvrir de nouvelles têtes.

Certes, je ne connais pas les innombrables individus qui s’agglutinent chaque matin et chaque soir dans les rames de la ligne D. J’entends par “nouvelles têtes” de nouveaux styles, des Lyonnais autres que les bourgeois bohèmes de ma fac’, que les intellos de Grange-Blanche, que les cadres qui se rendent à la Part-Dieu, que les lycéens de Montplaisir qui font 35 ans alors qu’ils en ont 12, bref, vous voyez ce que je veux dire. Un peu de changement, même minime, fait toujours beaucoup de bien. D’ailleurs, Aristote était l’un des premiers à nous dire qu’il faut se méfier des habitudes (remarquez la pseudo-justification habilement dissimulé sous une très vague référence prétendument philosophique).

Le B donc, jusqu’à Stade de Gerland. Désert, par rapport à celui que je venais de quitter. Toute la foule prend à gauche, vers Part-Dieu et ses tours (ha ha, des tours, qu’est-ce qu’il ne faut pas écrire). Trois arrêts intermédiaires, et un peu de calme bienvenu. L’arrivée au centre, non loin de la bouche, et l’accueil familier : paperasse, personnel chaleureux et, surtout, autres donneurs.

C’est là que ça vaut le coup, et que l’on se dit que finalement, le terme de fraternité que porte avec morgue notre République n’est peut-être pas tout à fait aussi mort que l’on voudrait le faire croire. C’est bête comme pensée. Mais voir des gens si différents, à une heure si matinale et en semaine, s’arranger pour prendre sur leur temps afin d’aider des inconnus, je trouve que c’est quelque chose de vraiment représentatif de la sacro-sainte “solidarité”. A côté de moi, un business man grisonnant, la cinquantaine, costume-cravate et chapeau, qui lit un Metro; un jeune, vingt-cinq ans à vue de nez, carrure imposante et chapelet bouddhiste en guise de collier, avec baskets et t-shirt de rap; une femme, la trentaine, habillée simplement et qui se triture les cheveux nerveusement avec sa main élégamment baguée; un autre homme, la trentaine lui aussi, athlétique, avec tenue de sport et portable à l’oreille; une maman, accompagnée d’un petit garçon de cinq ou six ans, qui fait de grands sourires; une jeune femme enfin, pas beaucoup plus âgée que moi, avec sac Longchamp et perles en guise de boucle d’oreilles.

Rien à voir entre ces gens. Certains donnent leur sang, d’autres leur plasma, pour moi ce matin c’étaient les plaquettes. Ma première fois. On m’explique la procédure, l’infirmière est visiblement en formation. Sa première fois pour ce type de don. Un peu hésitante mais rassurante, avec sa chef qui la surveille du coin de l’oeil. Un oeil acéré, mais qui devient amical lorsqu’elle vous propose une boisson ou un biscuit, tout en surveillant les poches transparentes qui peu à peu se remplissent.

Une grosse heure au final. Une collation, pour se remettre de la fatigue occasionnée, et c’est reparti pour une journée au temps pour le moins maussade mais qui pourtant s’illumine à la vue des sourires de tous ces gens, hétéroclites, différents, visiblement pas vraiment issus du même milieu, qui pourtant ici se côtoient, s’interpellent, se rassurent mutuellement. Le petit garçon apporte à sa maman un pain d’épice, tandis que celle-ci discute avec le business man, lui-même à côté du gars au chapelet bouddhiste.

C’est dingue ce qu’on se tamponne des minorités visibles dans le coin. De toute manière, le sang qui coule dans les tubes est toujours rouge.

“Mais en vérité, si je vais donner mon sang, c’est surtout que c’est une grande aventure que de s’y rendre”, disais-je au début de ce laïus, un peu long, je m’en excuse. Pas sûr que ce soit tout à fait vrai. C’est peut-être parce que moi, si j’ai un accident, j’aimerais qu’un type un peu glandeur, un brin cynique et peut-être même tenant un blog, se dise que c’est le moment de donner son sang, histoire de me sauver la vie.

Ouais.

PS : Si les donneuses pouvaient être comme ça , aussi, je suis sûr que ça motiverait du monde. Moi, c’que j’en dit…

Oct
04
2008
1

[Ciné] Jan Kounen

On parlait encore récemment du film de ses français, et de ses… euh… on va dire errances. Eh bien en voilà des pas comme les autres, si intéressants qu’on douterait même de leur caractère hexagonal.

A la base je voulais vous parler de 99 francs, mais puisque c’est à la mode d’essayer des articles plus longs, je m’attarderai un moment sur Jan Kounen. Jan qui ? Kounen. Le réalisateur de films passés inaperçus (car pas top) comme Blueberry, mais aussi et surtout d’un monument du cinéma français, si on peut encore parler de cinéma : Dobermann. Si vous ne connaissez pas sautez littéralement dessus – car oui, il y a Monica Bellucci dedans.

Sorti en 1996, ce film d’action survitaminé a défrayé la chronique dans nos tranquilles contrées, tant il était irrévérencieusement délicieux. Violent, Sexy, Gore souvent, toujours délirant et associal, ce film est une pépite. Pas convaincu ? bon, j’emploie les grands moyens : sans vous faire le pitch (même s’il tient en 2 lignes, je l’avoue) on peut y trouver :

- un gangster chevelu qui a un flingue depuis son berceau (littéralement)
- sa copine nympho complètement sourde, qui aime baiser pendant les braquages
- un taré divorcé qui joue au tennis en tirant sur les balles et en insultant tout ce qui bouge
- un autre taré qui ne jure que par son chien et les transsexuels qu’il fréquente, coqué jusqu’au sphincter
- un autre autre taré qui s’habille en prêtre, parle comme un prêtre et fourre des grenades dans le casque des motards, ou encore joue les voyeurs en regardant un des autres tarés s’envoyant une nana

… vous mélangez ça à un flic nazi joué par Tchéky Karyo, et voilà.

Tepoum. Ca envoie du marbre par palette, ça cramponne à son siège bien comme il faut, et ça fait marrer 2 heures durant, avec ce qu’il faut de fusillades, de cruauté, de délires, de manque de respect et d’amo… … euh… d’amochement de façade sur le périphérique.

Film à voir en VO.      Mouahaha.

M’ENFIN je m’égare. Car oui je suis bien ici pour parler de 99 francs, de Jan Kounen donc (voir plus haut). Non je me répète pas.

Est-il utile de présenter Jean Dujardin ? A moins d’avoir vécu dans une grotte ces 5 dernières années, ou pire encore, hors de France, vous l’avez aperçu sous les traits de Loulou, de Brice, de Hubert (ou Lucien, ça dépend de la blanquette) et dans diverses comédies moyennes sans prétention et/ou nulles.

Hors le voilà ici avec un réalisateur pas forcément gentil, dans une adaptation d’un auteur qui ne l’est pas plus, le mignon et Lafayette Frederic Beigbeder. Adaptation du bouquin éponyme donc, le film décrit la vie d’Octave, vieille pute de 30 ans qui bosse dans la publicité et qui fait sa crise de la quarantaine avant l’heure dans un océan de cocaïne, de filles et de paillettes. Je n’irai pas plus loin, je ne suis pas costaud pour résumer des bouquins que je n’ai pas lu (même si j’y travaille, rapport à mes études).

Bon alors pourquoi aller voir ce pétage de câble là plutôt qu’un autre ? Allez hop, on va balancer 5 bonnes raisons :

- pour Jean Dujardin. Qu’on aime ou on aime pas ses prestations, il joue un grand malade aussi inteligent que détestable dans une partition qu’on croirait écrite pour lui. Un grand acteur qui s’en donne à coeur joie, on voit à quel point il apprécie de jouer le pire des enfoirés, que ce soit en voix off ou dans les bras d’Elisa Tovati (et on le comprend)
- Pour la réalisation. Le monde de la pub est un kaléïdoscope d’images, de sons et de symboles, un labyrinthe de concepts et de chiffres que Kounen utilise avec talent. Et ironie. Quand il pique une idée au Fight Club de Fincher, il le marque dans les sous-titres qu’on ne voit qu’en mettant pause. Visuellement très inspiré, il passe du cinéma à la pub, en cotoyant le dessin animé psychédélique et les fantasmes gigantesques, le tout avec une extraordinaire fluidité. Grand Bonhomme.
- Pour la fin, qui en décoiffera plus d’un. Comprendre que le scénario est brillament mené. Sûrement un reste du bouquin. Mouhaha.
- Pour le sadisme, le cynisme, l’arrogance, la perversion, le mal-être, l’irrévérence, l’ivresse et l’amour du péché. Et tout ça est hilarant et captivant. Fallait que je le place quelque part.
- A titre anecdotique, la première vidéo publicitaire jamais tournée vous attend à la fin du générique. Pour les curieux.

Voili voilou
Portez vous bien !

BaKament Vôtre,

Tobi
May
03
2008
1

[Ciné] Phantom of Paradise

Pour beaucoup d’entre nous, quand on pense Brian de Palma, on pense grand nom mais aussi gros navets, genre Mission to Mars ou encore Femme Fatale (Sigh). Mais justement c’est qu’avant le gros navet on pense au grand nom, qui devrait en principe avoir ou avoir eu une légitimité. Justement voici une des créations de celui qui fut un des plus grands réalisateurs de sont temps – je sais qu’il n’est pas mort, mais n’en déplaise aux puristes, il a franchement perdu sa flamme.
Voici donc Phantom of Paradise, réalisé par De Palma et sorti en 1975 et mondialement reconnu pour sa démence complètement assumée.
Le titre et l’affiche pourront vous rappeler un mythe de l’opéra, le bien nommé “Fantôme de l’Opéra” où – en très gros – un homme avide de vengeance sabote l’opéra où il travaillait. Première référence donc, dans un film où celles-ci pleuvent littéralement, à un tel point qu’il serait quasi impossible de les référencer.
Le pitch est simple : c’est l’histoire d’un mec à qui il arrive des choses au début, donc il fait des trucs différents jusq’à la fin, qui arrive quand le film se termine quoi. OK. Bon on redira merci à allociné en allant allumer un cierge pour Jean-Pierre Elkabach :
“Winslow Leach, jeune compositeur de talent, se fait voler sa cantate intitulée “Faust” par un certain Swan, star planétaire. Décidé à demander des comptes, Leach s’introduit dans la maison de production “Death Records”. Poursuivi par les gardiens, il est jeté en prison. S’évadant, il se coince accidentellement la tête dans une presse à disques. Défiguré, celui-ci hante le nouveau temple du rock n’roll : le Paradise.”
Vous l’aurez compris, le temple en question appartient à Swan, minuscule et blondinet producteur pas gentil, et qui cache un lourd secret. Vous me direz que ça a l’air nul. Je ne vous répondrai pas. En fait ce film est vraiment un espèce de pot-pourri jouissivement kitsch. Cette comédie musicale (oui c’est en une et elle roxxe du poney) passe par de nombreux styles de musique et c’est un régal pour les tympans.
A mi-chemin entre la comédie, le fantastique, le musical et la romance, ce film est véritablement un ovni comme on en voit plus beaucoup de nos jours. Non pas qu’il soit conceptuel ou profondément proustien, mais complètement déluré. La dérision est là à chaque instant, avec un ton tragicomique une heure et demi durant. Les personnages sont excellents, avec une mention spéciale à Beef, hard-rockeu avec un ned de pigeon, une coupe de grand-mère et des talons de 25 cm, qui découpent le public avec ses guitares en forme de lames pour le plaisir de ce cher Swan.
… Je vous avais dit que ce film était déluré ! Et encore je me suis limité à un seul personnage. Pas d’inquiétudes, on ne va pas aussi loin que dans un Rocky Horror Picture Show, mais on en a quand même pour son strass et son amour du vintagement kitsch. Le tout est brillament réalisé, avec des dialogues croustillants à souhait à apprécier en VO et uniquement en VO. La sauce prend ou pas, ça dépendra surtout de la sensibilité de votre second degré et de vos goûts musicaux, mais encore une fois il y en a pour presque tous les goûts.
Kitschment Vôtre,

Tobi

PS: puisque c’est la mode, j’annonce officiellement la mort de Brian de Palma dans les bras de Pascal Sevran.
Yatta BaKa TeaM
/Bientôt la section des morts-pas-morts !
/Donc votez Chevènement !
Apr
29
2008
3

[Ciné] Boulevard du Crépuscule

Chose promise, chose due

Nouveau dans la Bakasphère donc, la chronique ciné, laissée à ma libre appréciation. Je vous présenterai donc des films de tout genre, blockbusters ou films indépendants, monuments du cinéma ou délires conceptuels, avec ce qu’il faut – je l’espère – pour susciter votre intérêt et élargir vos horizons

Rentrons dans le vif du sujet, je commence avec un film vieux, mais qui n’est pas un film DE vieux. Je l’ai découvert sur les conseils d’un ami plus ou moins sympathique, mais qui a de bons goûts en ce qui concerne le septième art. Voilà donc « Boulevard du crépuscule » (Sunset Boulevard) de Billy Wilder.

Je suis vraiment nul pour faire des bons pitchs sans être long comme la poutre de Bamako, donc je demande à ce que chaque lecteur dise un grand merci à Allociné devant son écran … … Ouais bon apparemment je suis aussi nul comme coach à distance.

“Norma Desmond, grande actrice du muet, vit recluse dans sa luxueuse villa de Beverly Hills en compagnie de Max von Meyerling, son majordome qui fut aussi son metteur en scène et mari. Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l’écran, Salomé. Joe accepte, s’installe chez elle, à la fois fasciné et effrayé par ses extravagances et son délire, et devient bientôt son amant. Quand son délire se transforme en paranoïa et qu’elle débarque au milieu des studios Paramount pour convaincre Cecil B. DeMille de tourner à nouveau avec elle, Gillis commence à prendre ses distances…”

Grand, grand, grand classique du cinéma, trop souvent méconnu. Ce film est de loin le meilleur polar/thriller que j’ai jamais vu. Gloria Swanson, qui joue l’actrice déchue Norma Desmond est absolument époustouflante, à la fois inquiétante et fascinante. Ses frasques incroyables se mêlent à des délires de star imaginée mais aussi à des moments de grande détresse rendues avec un talent incomparable. Ouais, elle a de quoi démonter sans problème Paris Hilton dans son film d’horreur à 2 balles. Mention spéciale au héros joué par William Holden qui prouve encore une fois que les hommes des années 1950 avaient une classe et un verbe que jamais plus on ne trouvera. Mort aux Tck.

Pas d’effets spéciaux, pas de grandes tirades homériques, ni de fin ahurissante à la Lynch. Non, tout passe par l’ambiance, extrêmement travaillée. On se croit le plus souvent dans un monde parallèle à la poursuite du lapin blanc. L’histoire est très bien ficelée, les clés apparaissent les unes à la suite des autres et le plus fort, c’est qu’au lieu de dénouer l’intrigue, on la voit renforcée.

Un film à découvrir donc si toutefois vous arrivez à le trouver !

Cinément Vôtre,

Tobi

Yatta BaKa TeaM
/Entrez dans la Sphère!
/Enter the BaKaSphere!

Written by Tobi in: Film | Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Apr
16
2008
0

[Gadget] L’interface homme-machine version inutilité assumée

Un concept qui brille de par sa grande originalité plus que par sa praticité intrinsèque… Là au moins vous êtes effectivement sûr que personne ne vous dérange ni ne lit par dessus votre épaule, non pas tellement du fait du dispositif qui m’évoque une grosse chaussette, mais parce que personne n’oserait envisager de caresse l’espoir d’imaginer ne serait-ce qu’une seconde approcher cette chose horrible qui squatte le fond du cyber.

Non franchement, à l’heure de l’esthétique et du design, du règne de la beauté et du “bien-fait”, sortir un truc comme ça… Quoique ça peut toujours intéresser Scooby-doo. ^^

N’ayons pas peur des mots, c’est moche. Mais ça pourrait par contre intéresser les gros fanas de LAN-party: ça empêche le spying et le screen cheating, et en plus vous pouvez dormir dedans une fois la partie terminée.

BaKament Vôtre,

MieL

Yatta BaKa TeaM
/Entrez dans la Sphère!
/Enter the BaKaSphere!

Via Engadget

Mar
22
2008
0

[Gadget] Le marque-page gonflable

Moi qui maudis quotidiennement l’absence de marque-pages pratiques, voilà une idée plutôt intéressante: un marque-page gonflable.
Outre le concept, il faut savoir qu’on peut accrocher une dizaine de ces objets sur une sorte d’arbre en plastique à accrocher au mur, et que l’on peut donc “effeuiller” à loisir.
Sans le pistolet il serait même presque beau… ;)
BaKament Vôtre,
MieL
Yatta BaKa TeaM
For Infinity & Beyond
Via Giz
Written by MieL in: Stuff & Gadgets | Tags: , , , , , , , , , , , ,
Mar
20
2008
0

[MpM] Potlatch

Comment ça un mot bizarre? Pas du tout… ^^
Rencontré ce matin dans un article des Echos de ce jour, en tant que synonyme de “maëlstrom” ou “fouillis”. A prononcer “potlok” pour ce que j’ai pu en comprendre, mais voyons tout de suite une définition:
Potlatch: Issu de la langue des chinook, une tribu indienne d’Amérique du Nord (le chinook est aussi un nom de vent du Yukon et du Klondike par ailleurs), le potlacht est une fête religieuse célébrant les dons et les échanges, où l’un des membres d’une famille offrait un cadeau aux autres. Plus largement donc, un don à un grand nombre de personnes, ou l’occasion pour un hôte d’honorer ses invités afin d’affermir son statut.

Ce qui peut s’employer dans le vocabulaire boursier par exemple, en faisant allusion aux dividendes consentis par une entreprise à ses actionnaires, ou ce genre de choses. :)
C’est un peu le même concept que le Koha Maori.
BaKament Vôtre,
MieL
Yatta BaKa TeaM
For Infinity & Beyond
Mar
17
2008
1

[Gadget] Veste Clignotante

Oui, je sais, je parle beaucoup de vélo en ce moment, mais vous savez bien que c’est ce qu’on connaît le moins dont on parle le plus (niuuh).
Voici donc un concept tout à fait ingénieux qui consiste en une veste dotée d’un système électronique permettant d’afficher la direction que vous allez prendre aux automobilistes.
Pas con, mais si on passe à l’Etoile?
;)
BaKament Vôtre,
MieL
Yatta BaKa TeaM
For Infinity & Beyond
Feb
17
2008
0

[Geek] PSP Phone?

Voilà donc à quoi pourrait ressembler le concept d’un cellphone PSP… Qui aurait donc certaines capacités multimedia, et notamment comme l’aurez compris, de quoi jouer.

Avec une résolution de 480×300, je pense que la chose est envisageable.
Perso, je me contente fort bien de mon iPhone. ^^
BaKament Vôtre,

MieL

Yatta BaKa TeaM
For Infinity & Beyond

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