Ah ben là… c’est Baka. Oui on est comme ça, un jour c’est Slumdog Millionaire, le lendemain c’est banlieue 13. Nous et la continuité, c’est un peu comme une partie de Kamoulox : on est souvent paumé, on comprend pas toujours tout mais à la fin, ça marche. En théorie tout du moins.

Alors J’OSE == >
Le voici, le voilà, fort en chocolat, la suite tant attendue (?) de Banlieue 13 premier du nom. Pour les ignares et les pompeux, un petit rappel s’impose. Produit par Europacorp – et donc ce cher Big big big Boy Luc Besson – le film sorti en 2004 surfait sur la vague des crises de banlieues en dépeignant un quartier calamiteux peuplé de grands méchants, entouré par un pays dirigé par d’autres grands méchants, tout ça contre un flic bourrin et un spiderman en marcel du tierquar. Ah oui, puis une fille aussi. Inutile mais jolie. Je vous ai dit : une production Besson.
Bien bien bien, l’histoire… non faut pas déconner c’est un film d’action, chercher un scénario là-dedans, c’est un peu comme chercher une once de beauté dans ce qui reste de Brigitte Bardot. Donc du bourrin, du bourrin et encore du bourrin, tout pour plaire aux djeun’s : des bagnoles tunés, du rap surwoofé, des décors à base de parpaings, des cascades impressionantes (sérieusement) et un happy end basique.
Décrié par tous à l’époque, je prendrai sa défense. Je suis un peu simple d’esprit, ne m’en voulez pas. Ce film était un vrai renouveau dans le cinéma d’action français, puisqu’il a réussi à le faire renaître et ce avec un succès public (n’oublions pas le malheureux et pourtant excellent Nid de Guêpes). Court, voire très court, à peine 1h20, ça faisait cher la minute mais on se remboursait sur une action menée tambour battant et grisante, faut avouer. J’en garde un bon souvenir, et c’est typiquement le genre de film qu’on peut se passer pour se détendre, sans s’infliger 3h de réflexions intenses Lynchéennes.
Alors qui dit production Besson dit succès – on peut pas lui enlever, et qui dit succès dit suite chez Europacorp. Ainsi arrive Banlieue 13 Ultimatum : suite potable ou suite jetable ?
Autant le dire tout de suite, si vous n’avez pas aimé le premier, il y a fort à parier que vous n’aimerez pas le second. Ca, c’est fait. Toutefois je ne dirai pas que c’est une suite à jeter aux orties, ni même à votre mémé qui s’y trouve certainement, car on l’a poussé.
Je m’explique. D’abord on retrouve les mêmes ingrédients qui ont fait le succès du premier : la banlieue dégueu post-apocalyptique, le duo acrobate/poings-titilleux, la bande son rap FR et la lutte contre des méchants puissants pas beaux. On aime ou on aime pas, mais le trip est poussé encore plus loin.
D’abord, au lieu d’une banlieue homogène dans son bordel du premier, on se retrouve avec une toute nouvelle banlieue 2 ans plus tard, qui se voit partagée entre les gangs. Stéréotypes obliges : les Africains en boubou, les rebeux et leurs narguilés, les asiat tatoués et leurs PC, les skins et leur chevelure soyeuses, même le gang des beaufs en béret. Rien que pour ces-derniers, franchement.
Le scénario toujours absent ou presque, le must reste le casting. Philippe Torreton en président de la république. Si si vous avez bien lu, testified. Mais les sommets sont atteints avec un nombre sympathiques de guest issus du monde du rap français : MC Jt’emmerde Jean Gab’1, la Fouine et même James Deano en chef des skins (!). Du beau monde pour les connaisseurs, et même si la participation de certains, notamment la Fouine, est légère voire pas tellement utile, la tronche de Jean Gab’1 revient très souvent et ce n’est pas pour nous déplaire.
Enfin je vous citerai la scène finale : les gangs unis qui attaquent l’Elysée. Je vous l’accorde c’est pas non plus XXX² et son attaque de la Maison Blanche à coup de tank par Ice Cube, mais honnêtement, voir une centaine de jeunes tatoués de toutes les couleurs forcer comme des malades les barrages de sécurité du palais présidentiel a quelque chose d’inexplicable, d’intouchable. Bref, on se sent tout chose.
Grosso modo, Banlieue 13 Ultimatum s’adresse avant tout à ceux qui ont aimé le premier, et ceux qui peuvent apprécier un bon film d’action, ce qui sous-entend un minimum de recul et une bonne bonne bonne dose d’humour.
A vous de me dire si vous le classeriez plutôt dans la catégorie (Jardin) comme ce brave Vin Diesel…