Malencontreusement, j’ignore le nom de cette superbe série de Davide Faggiano.Une fois n’est pas coutume, j’ai donc improvisé. C’est plus rare qu’on ne le croit, je vous assure.
L’idée de base de Davide semble être d’entarter, d’emplâtrer, d’engluer, de barbouiller et de grimer ses modèles à l’aide de toutes sortes de matières, pâtes épaisses ou plus légères, peinture, gouache et autres sauces. Cet italien qui a le bon goût d’habiter Lecce semble trouver ainsi l’un des multiples moyens d’expression qu’il a choisi de mettre au service de son imagination – c’est le cas de le dire – débordante.
Cachés derrière ces masques organiques instables par nature, les visages trouvent une nouvelle mobilité, et, surtout, de nouvelles expressions. L’impavidité apparente de l’auteur dans l’autoportrait ci-dessus ne laisse ainsi pas de se mouvoir au gré des mutations de la matière. Le temps et la gravité semblent ainsi se jouer de nos perceptions, comme pour mieux nous faire comprendre qu’en photo comme ailleurs, rien n’est jamais tout à fait acquis.
En effet, comment ne pas voir que ces clichés s’inscrivent dans l’histoire ? Pas celle avec un grand H, bien sûr, mais la petite : on essaie d’imaginer la fabrication, le montage, mais aussi la suite, et le retour à la “normale”. On se demande quand le cliché a été pris, plutôt au début ou à la fin du processus de transformation, si c’était désagréable ou intéressant, étrange ou anodin.
Ce n’est d’ailleurs pas sans ressembler à la démarche de Marilyn Minter, qui elle aussi s’amuse avec les interactions fluides/homme. Un travail des plus intéressants en tout les cas, dont on suivra avec intérêt les éventuelles suites.








