Au BakaBook, on aime les vraies leçons de la vraie vie d’antan.
16
2010
Billet d’humeur : l’amour est aveugle
Cela fait des mois, si ce n’est des années, que la télévision est devenue dans mon appartement un vague et morne meuble qui surplombe mon armoire. Ceci étant dit, je m’adonne très fréquemment aux différents services de TV Replay pour mes quelques programmes fétiches. Et un soir, je ne sais pas pourquoi, ma souris a malencontreusement glissé sur le nouveau monument de la télé-réalité made in Endemol.
Le générique ressemble à s’y méprendre à une ébauche douteuse pour la prochaine édition de Secret Story : une série de plans épileptiques et outrageusement kitsch, bombardés de beats agressifs par une copie low-cost de Lady Gaga. La voix langoureuse d’Arnaud Lemaire – alias monsieur Chazal à la ville apparemment – vante les mérites de la nouvelle attraction de TF1 : l’amour est aveugle. L’entrée du présentateur se fait au rythme des prises de vue pseudo-burtoniennes. Le décor est planté, l’accroche savoureuse : la sous-philosophie de comptoir rencontre le divertissement de masse. Saurez-vous aimer quelqu’un dans le noir ? Peut-on vraiment passer outre le physique ?
Disons-le honnêtement : quand on en est arrivé à ce moment de l’émission, juste avant la découverte des candidats, on trépigne, on retient son souffle, on s’impatiente. Endemol fait du Endemol, et le fait bien. Tout est réuni pour un divertissement novateur, choc, provoc’ et délicieusement moralisateur.
So What ?
Tous ou presque seront déçus. Ceux qui naïvement viennent quérir les bons sentiments, s’accrocher au mythe de la beauté intérieure seront impitoyablement écorchés à mesure que les coupures pubs défileront. Le choix des candidats a été opéré avec soin et intelligence : ils représentent chacun et chacune une part de cette France en mal d’amour. On retrouve donc Musclor l’immature attardé qui fait rêver les lectrices de Cosmo, Aristo l’artiste incompris, Zozo le rigolard vulgairement relou, Marie-Camille la parisienne très Longchamp, Pussy la blondasse deharienne mère célibataire, et Geneviève l’obsédée du berceau qui balise quand elle pense à sa future méno.
Et surtout, il y a les vrais candidats, qui sont bien moins nombreux : Bébert le bedonnant quadra boudé par le sexe opposé depuis sa plus tendre enfance qui a développé un côté nounours négligé, Amélie la jeune femme en surpoids sujette aux railleries, ou Julien le roux ingénieur en informatique. Les voilà, les vrais candidats, ceux qui croient dur comme fer que cette émission leur permettra de révéler les trésors qu’ils ont constitué au plus profond d’eux-mêmes pendant que la société riait d’eux ou les conspuait.
Et ils le font, souvent avec brio. Ces derniers candidats laissent libre cours à leur tendresse naturelle, à la force de leurs opinions, ils s’adonnent pleinement à cette “expérience unique” où le physique est relégué au rang d’accessoire. Mais ils se crucifient eux-mêmes, car lorsque Pussy la blondasse apprécie la gentillesse neuneu de Bébert, elle fond littéralement pour les 6-Pack de Musclor le teubé. Zozo notre ami rigolo profitera lui de l’ombre pour aller chatouiller le jambon d’Amélie.
Et là, c’est le drame. Le prétexte de la cécité se transforme en une incitation obscène au tripotage érotisant. Si l’amour est aveugle, il a indéniablement les mains qui traînent et la langue facile. Ai-je oublié de préciser que les gros plans de type fesse/patin/boobies font légion, entrecoupé d’interventions savantes des “candidats” soigneusement arrangées par 3 jours de montage ? De toute façon, les beaux s’en vont avec les beaux, tandis que les autres regardent les lâches qui quittent la maison sans un au revoir, sans un adieu. Ou alors sont éjectés rapidement avec quelques vannes douteuses en échos et les phrases géniales de Musclor (“tu trouveras l’amour, t’as vu” : enfin vous voyez le genre).
En résumé, l’Amour est aveugle, c’est un peu la version porno/pop-corn de Tournez manège : au lieu de permettre aux gens de ne miser que sur la personnalité, on entretient la tension sexuelle par un usage exacerbé du touché et du pornographiquement correct. On plaint les perdants, on donne 3 jours à la relation entre Musclor et Pussy, puis on conspue gentiment celui ou celle qui ose montrer à tous qu’il ou elle s’arrête au physique. Du moins c’est ce qu’on croit : on assoit sur le compte d’un candidat lambda l’hypocrisie sociétale qui nous caractérise tous. Regarder l’amour est aveugle, c’est s’installer dans des toilettes turques à deux étages. Sauf qu’on est en haut ET en bas.
Alors fautez, mes frères. Fautez, trompez, mentez, parce qu’on le fait tous. Mais assumez-le, bordel.
PS : cette émission est absolument géniale. Mais si.
09
2010
Envoyer un texto au Pape : tout à fait Thierry
La dépêche est fraiche, encore plus puissant que le numéro du Père Noël, le numéro du Pape.
FYI : en témoignage de votre affection à sa Sainteté, le numéro pour envoyer un texto au souverain pontif est le (0039)335 18 63 091.
Le reste de l’info ici :
http://actu.orange.fr/insolite/envoyer-un-sms-au-pape-en-signe-de-solidarite_544838.html
FIN
28
2010
(Luke) Je ne serai pas ton père
Y’a pas le feu au Luke aurait pu être un superbe titre, mais je me suis dit que pour une fois, on allait faire dans la simplicité.
29
2010
(Geek) Pourquoi les Ninjas Bottés n’existent pas
Attention, ce billet est une déclaration d’amour unilatérale à l’endroit des tortues. Ce qui est bien normal, mais ça va mieux en prévenant l’estimée lectrice, l’estimé lecteur, que la chose peut comporter des scènes choquantes, des images violentes, ou même les deux. Merci à Mashable, btw.
Les chats, de manière indéniable, ont été de tous temps les chouchous d’une blogosphère en mal de mièvreries. Ceux qui se jettent dans des cartons, qui jouent du piano, qui se déguisent ou qui font mumuse dans le panier à linge sont à mettre au rang des grands classiques YouTubesque. Et pourtant.
Et pourtant, les tortues, c’est tellement mieux.
La preuve, on protège les tortues, alors que les chats on les écrase.
- les tortues peuvent être considérées à juste titre comme de véritables sculptures vivantes
- la carapace d’une tortue n’est jamais plus verte que celle d’à côté
- une tortue, ça mange de tout, et c’est pas difficile
- une tortue ne fout pas de poils partout
- la suite en cliquant sur “Read more…”
07
2010
(Tchou-tchou) En voiture Courgette
Alors que je m’écriais une fois encore devant l’esthétique folle d’Ergo Proxy (que je vous conseille par ailleurs), @Paingout a soudain investi ma timeline avec la charmante incongruité qu’on lui connaît. Placer Courgette dans un billet serait chose simple si je faisais simplement référence au surnom dont j’affuble mon cher Préfet, mais ce serait un peu facile.
Je vais donc tenter de le faire en vous parlant de voitures. 
Et plus exactement de cette expérimentation qui est en cours sur les routes de France, de Navarre et d’un peu plus loin, et qui projeterait d’automatiser le principe de la chenille. L’idée, c’est de faire en sorte que des voitures puissent se suivre à faible distance, derrière un “leader”, et ce afin d’économiser du carburant (et par là-même la couche d’ozone).
En gros, faire un train où chaque voiture serait un wagon. L’idée en elle-même paraît être enfanté de la doctrine du “transport en commun individuel” initiée par les Vélo’v. Ici, chacun pourrait utiliser sa voiture personnel, tout en choisissant de jouer en équipe.
*Ceci est la plus mauvaise métaphore du monde*
Comme si les tranches d’une courgette revenaient de leurs salades niçoises respectives pour reformer leur légume* initial, avant de se séparer à nouveau.
*Fin de la plus mauvaise métaphore du monde*
Ceci étant, même si la réalisation risque de poser des problèmes d’ordre pratique, l’idée est intéressante. Elle fait appel aux responsabilités des automobilistes, au même titre par exemple que les initiatives de covoiturage. A voir si les constructeurs, les conducteurs et les pouvoirs publics jugent l’applicabilité suffisante.
Histoire qu’on puisse faire des sudoku au volant plus facilement.
Pour voir la suite des images de démo, c’est par là.
*j’ai un doute, la courgette est bien un légume n’est-ce pas ?
23
2010
(WTF) Barney Stinson Président !
Président, pas comme le beurre, mais plutôt comme 2012. Et parmi les candidats pour cette course folle à la présidentielle, Barney Stinson. Si. Il y a même un blog.
Et ses propositions sont très cools. Il veut même faire de la France an awesome country. Et, bien sûr, que l’on soit tous suited up. La question c’est de savoir si le remplacement de la Constitution par le Bro Code sera validée ou non par le Conseil Constitutionnel. Jacques est sympa, mais peut-être pas à ce point. Jean-Louis peut-être ?
19
2010
(Culture) Le mal, l’amour et Moundir
Voilà ça y’est, les forces du mal sont online, tout espoir est perdu. Dark Vador est sur Facebook. Bientôt Satan, Adolphe Hitler ou je sais pas moi, Dany Boon ou encore la meuf des Pussycat Dolls avec les gros sourcils et alors le web sera saturé d’une énergie négative qui transformera probablement l’univers en une gigantesque partouze démoniaque, nazie, et de droite.
Mais soyons bienheureux, les forces de l’amour sont là elles aussi ! Bon elles tirent un peu la gueule les forces de l’amour hein, on sent le botox en solde et la jeunesse passée à se faire culbuter sur une palette ou en salle de pause dans un ALDI de province mais elles descendent direct du ciel et aussi de la chaîne TMC pour sauver mon mercredi soir. Les forces de l’amour c’est les quatorze gonzesses de “Moundir, l’aventurier de l’amour”, une sorte de Greg le millionnaire en plus cheap avec des moches (14 donc) qui doivent séduire Moundir le gros macho philosophe de Koh-Lanta et avec Laurence Boccolini qui présente. Et alors c’est à ne rater sous aucun prétexte, c’est un concentré de ce que le manque de budget, de sex-appeal et de bon goût ont fait de meilleur. C’est un peu l’émission dont je rêvais depuis des années, une sorte de “Next” avec du scénario, des rivalités à la Dallas et puis avouons que Moundir est un putain de génie. Je pense à un JCVD, mais en plus oriental quoi. Pour en revenir aux concurrentes, on notera que la grosse Boccolini c’est encore la plus acceptable, dommage qu’elle ne fasse que présenter. On trouvera donc Marie qui ressemble à s’y méprendre à un Trex prêt à t’arracher la carotide, Amal la cancéreuse de la peau ou encore deux ou trois accros à la crystal meth avec des paupières bien hideuses. Quel combat, quel suspens!

Mais qui remportera ce combat titanesque ?
04
2010
(Mode) Prends en de la graine !
Car vous aussi, vous avez toujours trouvé que votre Mamie avait la pure classe, ou que votre Grand-Père envoyait du steak sur les vieilles photographies.
16
2010
(Love) Omegle, redécouvrez l’amour
Le gros souci avec 3615 ULLA et Meetic c’est que direct tu sais à qui t’as à faire. Chacun complète son profil avec âge, taille, poids, centres d’intérêt et configuration génitale et pouf, le mystère de la séduction se transforme en discutions à la « j’ai vu que tu aimes Jean-Paul Belmondo. Moi aussi je kiffe Bebel, et je te kiffe aussi car tu es comme lui. Bebelle ». On dirait du Laurent Ruquier. Ouais, si le cyber-amour n’est pas mort alors il a le visage bouffi de Laurent Ruquier ce qui entre nous n’est guère mieux.
Les derniers vrai romantiques du web se tourneront donc vers Omegle qui est un chat dont le concept est rudement simple : « Parlez à de parfaits inconnus ». Mais vraiment hein ! Le site vous balance au hasard avec un autre interlocuteur, ni pseudos ni adresses, rien, et puis si vous tombez sur un type trop fadasse vous pouvez demander un nouvel inconnu d’un seul clic. Alors certes beaucoup de prétendants vous demanderont « U suck ? » en guise de bonjour mais c’est peut-être le prix à payer pour enfin rencontrer l’être raffiné et sensible qui se cache derrière ce scrotum.

15
2009
(Weird) Glorifions l’étrange : c’est l’art du quotidien
Nous, BaKas, défendons fièrement les couleurs des iconoclastes au quotidien. Nous ne revendiquons pas une différence en elle-même. Nous faisons plutôt montre, en règle générale, d’une normalité de bon aloi dûment mâtinée de passages décalés, étranges, voir dérangeants.
C’est quelque chose de répandu : tout grain de folie n’a pas besoin d’être évident pour exister. Se parler à soi-même, s’émouvoir à chaque écoute d’un morceau en particulier, penser des choses bizarres, aimer s’habiller bizarrement chez soi… Autant de choses que vos amis, même les plus proches, ne savent pas forcément, mais qui témoignent de votre étrangeté.
Vous êtes, deep down, un weird. Que vous assumiez ou que vous attribuiez encore certains de vos manies à un contexte particulier, il n’en reste pas moins que le weird, quelque part, vous aimez ça.
Combien des situations ci-dessus avez-vous déjà vécu, ou quelque chose d’approchant ?
Je crois bien que j’en suis à 9.
Hum.
Merci @DokDoyle, comme souvent pour ce genre de trucs.
11
2009
(Société) Les poignées de main, c’est old school
- Angela, je crois que toi-même tu sais tu peux pas test (Pepito®).
- Nicolas, voyons, on nous regarde, nous représentons l’amitié franco-allemande, soyons dignes.
Les poignées de main, les attitudes roides et les manières engoncées ne font plus recette : à l’heure où Paris Match a plus de chances de survie que Le Monde Diplomatique, il faut faire dans le chaleureux, le fraternel, l’amour et la sensualidad. Exit les photos officielles maniérées, la vague des leaders politiques jeunes et pleins de doigts a pris le relais.
Il faut dire que pour célébrer un anniversaire aussi ambigu que celui de l’Armistice, il convenait de faire montre d’un geste qui, lui, ne le serait aucunement dans son interprétation.
L’accolade, donc, plutôt que la poignée de mains. Un soutien mutuel plutôt qu’une tentative respective de se priver d’une ou deux phalanges, et voilà la France revancharde et l’Allemagne meurtrie réunies sur les décombres d’un mur et les lambeaux d’une mémoire évanescente.
Et dire qu’il y a encore des pessimistes. Que demande le peuple ?
11
2009
(Book) Tu ne me fous pas le bourdon mais plutôt le bombyx !
Gabrielle Wittkop vous présente Lucien, charmant antiquaire parisien à l’allure impeccable quoique légèrement trop musclé…
Wittkop est Lucien. Lucien est amoureux. Lucien est poète.
Bien loin du vulgaire Marquis, l’auteur peint l’Amour sans limites d’un antiquaire pour ses morts. Il est leur dernier visiteur… Lucien jouit de ses amours nécrophiles, il agit avec pudeur et dans la décence la plus respectable. Ces amours sont comme ceux des vivants, ils se « lassent » ou se « déchirent » avec le Temps. Cependant, nous ne finiront pas tous jetés dans la Seine (en théorie… non ne pensez pas à votre dépouille ou à celles des autres) (grâce à la décentralisation, nous pouvons également finir dans le Rhône, le Rhin, ou dans un simple petit ruisseau… on peut dresser un chouette décor macabre, bref).
L’amie Wittkop, comme le disait Miel suite à mon prêt, « est une poétesse ». C’est grâce à sa poésie que l’on oublie la nature des actes accomplis par le protagoniste. On abandonne toute notre morale, nous sommes débarrassés de tous jugements. Les seuls moments nous rattachant au monde des vivants sont les rapports avec la concierge ou les femmes de ménage animées par le doute. Autant dire, que l’auteur aurait voulu créer un certain décalage entre la Hauteur de Lucien (visiblement son fonds de commerce est très intéressant…) et le manque d’ouverture d’esprit signifié à travers les petites gens.
(Oui, il faut l’avouer, ce livre est snob).

On ne dit pas réellement pourquoi on aime ce bouquin, on échange parfois un simple « sourire entendu » avec un autre lecteur.
12
2009
(Movie) Cette « obscure clarté » : Was nüszt die Liebe in gedanken ?
Gunther Scheller, ainé d’une famille aristocrate allemande est l’un des membres fondateurs du Club des suicidaires. Ce Club de 1927 a réellement existé. Achim von Borries (le réalisateur) met en scène ce fait divers qui a dérangé l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.

Dès le deuxième plan, le décor est planté autour de ce (divin personnage). Gunther lit un livre dont l’intitulé est du Suicide . Il est « ailleurs», non pas dans le sens décalé, ou rêveur, mais plutôt désinvolte et absent. C’est en Salle de Retenue qu’apparait Paul le poète, son « associé ». Il est de nature réservée. Issu d’un milieu modeste, « le prolétaire » au caractère effacé est un narrateur actif . Il sera le seul survivant du binôme.
Gunther est ce jeune homme charismatique à l’allure élancée et à la blondeur étincelante, (quelque peu ravageur et torturé). Cet « ailleurs », qui le caractérise tant, se retrouve en une discrète affection pour l’Absinthe. Il peut tout aussi bien être violemment passionné (l’exemple de la scène dans la cave) que nonchalamment amer. Il joue le rôle du « voyant ». Il a conscience de la nature de ses semblables. Il différencie ceux qui aiment et ceux qui sont aimés. Il a connaissance de la sensualité que dégage sa sœur Hilde (cette fille « qui a tant de passion en elle »). Hilde est membre du Club, à son insu. Elle aime tant à séduire qu’elle attire Hans (l’amant bisexuel) et l’extirpe des pattes de Gunther. Lorsque Gunther réalise que Hans ne l’aime pas, son visage s’assombrit, ses joues se creusent et son regard semble inerte. C’est à ce moment là qu’il va accomplir le pacte du Club.
Là, mes amis, ils ne faut pas rêver. Au fond, ça me tue de vous parler de ce film. J’aurai voulu le garder secret pour moi et quelques autres personnes, qui par un pur hasard m‘ont demandé de le voir (au nombre de trois). Peu importe, je vous conseille vivement de le visionner, (si vous êtes atrabilaire ou Dom Juan).

Cependant, je peux vous dire pourquoi ce film n’est que pure poésie. C’est parce qu’il réalise une séparation distincte entre deux mondes, un constant parallélisme. Celui d’une Nature généreuse/abondante signifiant la vigueur, la musique, l’humidité, la sensualité environnante que dégage la jeunesse; et d’une Nature aride comme lors de la formation du Club, ou lors des appels à la tristesse et au silence quand les deux protagonistes se retrouvent seuls. Le clair-obscur, non pas dans son interprétation baroque, mais plutôt dans le principe d’opposition entre faits et gestes ne mérite qu‘à être contemplé. Cette idée de luminosité “poétique” tantôt obscurcie avait été développée dans le film Éclipse Totale, où nous étions face à l’expression des sentiments amoureux de Verlaine & Rimbaud. La beauté des images et l’amplification du son, quand les deux personnages sont seuls étendus dans la Nature est purement ineffable (j‘en ai la chaire de poule).
L’ensemble du « flim » tourne autour des dernières heures avant l’instant fatidique, (et ce film est d’une exquise finesse visuelle). On peut retrouver ce principe dans Last Days de Gus van Sant (oui, je m’étais endormie au ciné… mais ça c‘est juste parce que Michael Pete & sa bouche de poulpe me sortent par les yeux). Mais ici, les dernières heures sont tantôt vaporeuses et funestes, tantôt libertines et sauvages. J’avouerai que mon affection pour Was nüszt die Liebe in gedanken ? réside dans la qualité visuelle des images et du travail accomplit sur les effets opalins & ambrés.
Mais encore une fois, je n’arriverai pas à vous dire clairement pourquoi. C’est surement mon autisme enfantin qui vous tord le cou (oui, pensez à la pendaison, « ça se marie bien » avec l‘atmosphère du film).




Comme si les tranches d’une courgette revenaient de leurs salades niçoises respectives pour reformer leur légume* initial, avant de se séparer à nouveau.



