Jul
04
2010
0

(Mktg) De l’usage de l’humour en mercatique

La mercatique, cette jolie “science” supposément destinée à rendre les choses plus jolies, n’est en réalité que l’émanation moderne d’une hypocrite dérive ochlocratique. Mais ça nous le savions depuis un moment.
Néanmoins, l’émergence de la mercatique personnelle, j’ai nommé le vanity branding, autrement appelé personal branding, nous aura fait prendre conscience de deux choses : un, Rousseau avait raison de distinguer une force poussant à l’individualisme dans toute société organisée et monétisée, deux, ça n’empêche pas les gens d’avoir de l’humour. Qui n’est après tout qu’une tonalité du langage.

Bref, gardez le sourire, n’oubliez pas de vivre dans ce décalage qui vous définit, essayez de garder le sens critique sans trop avoir de recul, et n’oubliez pas de m’appeler Skippy.D’où le titre de ce poste : l’usage de l’humour en mercatique est dévolu au spectateur, pas au publiciste.

Sinon je viens de finir un bouquin, de Damasio, le gars qui m’avait déjà mis une grande claque avec la Horde du Contrevent. Là c’est la Zone du Dehors, et c’est admirablement bien foutu de documentation, d’analyse et de réflexion.
Vous voulez comprendre le sens politique de Nietzsche ? Ne le lisez pas (ou alors juste Beyond Good and Evil), lisez la Zone du Dehors, tout y est.

PS : The IT Crowd, c’est lourd, mais c’est cool.

Jan
15
2010
1

(BD) Eliascarpe ou la logique du bombyx

Screen shot 2010-01-15 at 6.57.57 PMXénocrate aurait probablement beaucoup à en dire. Il n’empêche que son étrange logos, dont se repaissent à l’envie les journalistes en quête de probité littéraire et les terminales de toutes séries avec la même circonspection, voit encore quelques écueils cruellement mordre les marges de l’étendue azurée que devrait être sa vacuité toute-puissante (1).

Parmi eux, le bombyx. Ce sympathique animal, au demeurant fort incompris de ses brefs contemporains, fait l’objet d’une terrible synecdoque dont l’ont affublé les poètes les moins scrupuleux avec une machiavélique application. Car si, par un abus de langage honteux l’on peut désigner par ce terme l’ensemble des papillons de nuit, qu’il soit néanmoins écrit qu’il ne désigne en réalité, par un autre abus, qu’une seule espèce de lépidoptères.

Ceci étant dit, posons le dilemme qui fait la joie des amateurs de logomachie depuis les plus beaux jours de la rhétorique : quelle est la logique du papillon de nuit ?

Décortiquons notre sujet, voulez-vous, le meilleur régal du Diable restant l’innocence (2). Comprenez par là que sous une apparence simple se cache souvent le démon de quelque problématique salée, potentiellement captieuse et presque sûrement dévoilée par vos esprits alertes à la première syllabe. Ici donc, il fallait lire : mais pourquoi ces crétins de papillons, qui font veugra chier à foutre de la poussière partout, sont-ils assez cons pour se rejouer avec une bonhomie qui laisse pantois un mythe d’Icare pourtant galvaudés ? Quelle idée, d’aller se brûler contre ces p*****utains d’ampoules avec une régularité que ne renierait pas même un cheminot gréviste (3) ?

Eliascarpe pense avoir trouvé. Du coup, il l’a dessiné. Il est bon, ce petit. ‘Pensez y voir quelque élément de réponse ?

Eliascarpe ® Tous droits réservés

(1) Niuuh ?

(2) Barbey d’Aurevilly, dans une préface de Dom Juan si ma mémoire est bonne

(3) Toute forme de cliché serait ici parfaitement fortuite, et indépendante de la volonté de l’auteur de ces lignes

Dec
24
2009
0

(Rhétorique) De la Beauté, ô mes frères

Non, fils de Zeus, je ne vous parlerai pas de cinéma, de contre-culture britannique post-Thatcher; je vais vous parler d’un véritable phénomène de société. Il est intemporel : les moches.
Le moche est chanceux. Oui, détrompez-vous ! De la face arrondie à la tête au carré, son potentiel artistique est élevé.
Il affronte les lois de la gravité. Il se contorsionne par des postures & mimiques atypiques, oui, c’est un laidron.

Mais il me réjouit, car il me conforte dans la perception du Canon de Beauté moderne.

Brad Pitt est moche. Matt Damon est moche. Enrique Iglesias est puant. Jean Sarkozy est atroce. Andrea Casiraghi est ignoble. Et vous êtes chanceux, je ne vous parlerai pas de ma Haine esthétique pour Justin Timberlake.

La minute midinette est finie.

Nov
11
2009
5

(Book) Tu ne me fous pas le bourdon mais plutôt le bombyx !

Gabrielle Wittkop vous présente Lucien, charmant antiquaire parisien à l’allure impeccable quoique légèrement trop musclé…

Wittkop est Lucien. Lucien est amoureux. Lucien est poète.

Bien loin du vulgaire Marquis, l’auteur peint l’Amour sans limites d’un antiquaire pour ses morts. Il est leur dernier visiteur… Lucien jouit de ses amours nécrophiles, il agit avec pudeur et dans la décence la plus respectable. Ces amours sont comme ceux des vivants, ils se « lassent » ou se « déchirent » avec le Temps. Cependant, nous ne finiront pas tous jetés dans la Seine (en théorie… non ne pensez pas à votre dépouille ou à celles des autres) (grâce à la décentralisation, nous pouvons également finir dans le Rhône, le Rhin, ou dans un simple petit ruisseau… on peut dresser un chouette décor macabre, bref).

L’amie Wittkop, comme le disait Miel suite à mon prêt, « est une poétesse ». C’est grâce à sa poésie que l’on oublie la nature des actes accomplis par le protagoniste. On abandonne toute notre morale, nous sommes débarrassés de tous jugements. Les seuls moments nous rattachant au monde des vivants sont les rapports avec la concierge ou les femmes de ménage animées par le doute. Autant dire, que l’auteur aurait voulu créer un certain décalage entre la Hauteur de Lucien (visiblement son fonds de commerce est très intéressant…) et le manque d’ouverture d’esprit signifié à travers les petites gens.

(Oui, il faut l’avouer, ce livre est snob).

On ne dit pas réellement pourquoi on aime ce bouquin, on échange parfois un simple « sourire entendu » avec un autre lecteur.

(pic)

Sep
10
2009
4

(Useless) Geek’s Anatomy : non, jeune, tu n’es pas un geek

Quand on en vient à parler du geek, il est notable que mot reste clivant – ouais au BaKa Book, on est des gens in, on utilise des mots dans le vent – pour une bonne partie de la population.

Screen shot 2009-09-10 at 11.54.19 AMIl y a encore peu de temps l’apanage d’une minorité, le mot est devenu commun, ou presque, tendant à se galvauder. Et, comme de juste, à perdre de son sens au cours d’une entropie linguale dont il peine à se remettre. Remettons rapidement les choses au clair : à l’origine, en anglais, être un geek est loin d’être un compliment. L’américain s’imagine le binoclard avec les triples foyers devant ses 4 écrans d’ordi avec un soda ultra-size en train de coder sur 5 claviers différents tout en se faisant aérer par son ventilo USB. Pas très glam’, en somme.

Seulement voilà, avec la commonalisation du terme dans nos vertes et riantes contrées, j’ai la ferme (et vague quoique persistante) impression que le geek, c’est tout simplement devenu le clampin qui s’y connaît un peu en nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC, les fameuses), et qui se prévaut naïvement de la possession d’un (sky)blog, d’un compte Facebook et de 47 amis sur MySpace. Non, chères lectrices, chers lecteurs, non. Arrêtons-là le malentendu.

Un geek, c’est un être étrange, qui passe plus de 5h par jour devant son ordi, qui télécharges légalement (sic) un volume de données supérieur à 40Go/mois, qui a déjà installé au moins une fois une partoche Linux sur son ordi, qui code au moins un peu, qui se balade en réseaux et qui est un peu inadapté socialement. A la différence d’un nerd, qui lui ajoute à cela une dimension “gaming” prononcée (disons 2h par jour) et une inadaptation sociale plus conséquente. Tous deux sont passionnés de gadgets, utilisent les versions beta voir alpha d’au moins la moitié de leurs softwares quotidiens, sont passés à Windows 7 bien avant la RC1 et savent quelle est la différence entre un lag et un ram. D’ailleurs, ils sont certainement parmi les seuls à savoir ce que veulent dire des acronymes aussi commun que NTIC, ROM ou RAM, ont constamment au moins trois navigateurs internet installés sur une de leurs machines, ont déjà démonté leur PC pour modifier un truc, utilisent du SFTP chaque jour et font du process killing toutes les deux heures.

Si vous vous reconnaissez dans ce profil rapidement esquissé, félicitations (ou pas), vous êtes certainement un peu geek sur les bords. Pour les autres, vous pouvez fêter ça, vous n’êtes pas de cette race déphasée qui comprend la totalité des vannes tuxiennes sur Bash.org (version en, bien sûr). Et c’est certainement mieux comme ça.

Aug
29
2009
0

(Cynisme) White is White

La seule chose que j’aime chez Jack White, c’est sa pâleur. Faire un duo avec Alicia Keys, se prendre pour le Roi du Monde, c’est fou comme je hais ça.

Please Stop The Music

Aug
18
2009
2

(Proverbe) Prudence est mère de sûreté

Les proverbes, vous le savez, c’est un peu mon dada. Ou plutôt ma carne, étant donné que c’est un dada que je délaisse quelque peu en ce moment. Il est temps de s’y remettre.

La prudence décortiquée

Bien choisir ses camarades de jeu, c'est faire preuve de prudence

Bien choisir ses camarades de jeu, c'est faire preuve de prudence

La prudence, c’est tout d’abord la capacité à prévoir, à calculer, à anticiper les conséquences d’une action, qu’elles soient morales ou matérielles. C’est la part analytique de la prudence. la seconde part, non moins importante, est behaviorale, ou, plus simplement, comportementale : elle consiste à régler sa conduite de manière à éviter les conséquences fâcheuses de l’action considérée, et telles que prévues dans la première partie.

Un poil dans la main du caillou… ou pas ?

Je sais, je suis verbeux. Trêve de bavardages donc, rien ne vaut un exemple. Probable, tant qu’à faire.

Pepito et moi sommes dans un jardin. Il dit “supew”. Je me résous, la mort dans l’âme et la fleur au fusil, à lui jeter un caillou, comme le mérite son comportement provoquant. J’analyse les conséquences : il peut se le prendre dans le lobe temporal, se faire toucher le nerf optique, et mourir*. Mais en m’en rendant compte, je ne suis pas prudent. Je le deviens seulement à partir du moment où je décide de ne pas lancer le caillou. Si je décide de ne pas le faire. Analyse, et éviction du potentiel néfaste.

Cette prudence que nous venons de voir est donc une capacité parfaitement rationnelle, en ce qu’elle procède, en théorie du moins, d’une observation objective des liens de cause à effet. Je lance un caillou, c’est potentiellement dangereux. Je décide alors de le lancer, ou pas. La prudence, c’est juger qu’il est dangereux de le faire, et donc ne pas le faire.

L’ascendance en question : qui est le père de la petite Sûreté ?

Prudence est donc mère de sûreté. Un mot dont la polysémie n’a d’égal que le caractère captieux. La sûreté de l’Etat, à laquelle on peut attenter, n’est pas comparable à la certitude, pas plus qu’à la Sûreté majuscule. Mère de sécurité donc, me direz-vous. Car être prudent, c’est éviter le néfaste, le fâcheux, le dangereux. Et donc être en sécurité, puisque rien ne vous arrive.

Deux remarques : d’une part, la prudence ne suffit pas, puisqu’elle n’est que la mère. Qui est alors le père de sûreté ? Courage, force, intelligence, logique ? D’excellents candidats à une place si prestigieuse ne sauraient se choisir qu’avec rigueur. Et si, en réalité, il s’agissait du risque ?

Paradoxal ? Pas tant que ça. Car pour être en sécurité, c’est-à-dire à l’abri de tout danger, il faut parfois savoir prendre des risques. Calculés, certes, mais tout de même. Entre autres exemples, traverser un passage piéton (malgré le camion fou), prendre l’avion ou sa voiture (malgré le Rio-Paris), aller à l’école (malgré Columbine). Ce sont des risques. Mais ils sont rendus acceptable par le caractère nécessaire de leur prise : lorsqu’il n’existe pas d’alternative, il convient d’accepter de prendre des risques. Mais il y a plus : prendre des risques permet d’obtenir des avantages jugés convenables. Qu’il s’agisse de gagner du temps, de l’argent, ou un statut social plus élevé, les risques – toutes proportions gardées, ou ceteris paribus comme dirait l’autre -sont donc rémunérateurs. Or, une meilleure position, plus d’argent, plus de temps, sont autant de chose que notre société contemporaine estime être garantes de sûreté.

C’est un peu le serpent qui se mord la queue, ou plutôt l’éternelle histoire de la modération en toute chose. Car le contre proverbe de celui que nous étudions aujourd’hui, c’est un peu le sacro-saint “qui ne tente rien n’a rien”. Pêcher par excès de prudence peut s’avérer tout aussi dangereux que de ne pas y faire attention.

C’est tout le dilemme de la finance moderne, ma pauv’ Lucette.

Prudence est mère de sûreté, risque est son père. Qui sont ses petits-enfants ? Pioche ?

*Si si, il paraît que c’est possible.

Aug
09
2009
0

(Rhétorique) Super potatoe/Super stump (super swine)

SOYEZ DÉTESTABLE, VOUS SUSCITEREZ DE LA SYMPATHIE.

1888143133_1

Aug
06
2009
3

(Rhétorique) Train to Nowhere (Dead 60′s)

Un billet de train mesure 23, 5cm/8, 25cm. Soit un périmètre de 63, 5 cm.

Un billet de train raconte une histoire.

Qui l’avait en possession ? De quelle gare lui ou elle est partie ? Dans quelle gare, il ou elle est arrivé(e) ? Combien de kilomètres ont été parcourus ? En quelle classe il ou elle a voyagé ? Combien a couté ce billet de train ? A quelle heure est-il/elle partie ? Et à quelle heure est- il/elle est arrivé(e) ? Combien étaient-ils/elles ?

Train-train

Le genre humain est en possession de « cartes » qui permettent de l’identifier.

Mais qui mieux que le billet de train vous renseigne sur Luce ?

Luce a pris le train au départ de Marseille St Charles, le 14 avril, à 07h39. Elle est arrivée en Gare de Lyon Part Dieu à 09h20. Elle était assise à la place 75, au bord de la fenêtre ; en deuxième classe. Elle a parcouru 351 kilomètres, où elle a pu prendre conscience de la diversité du paysage français. 44 euros en période bleu. 44 euros de solitude/de cris d’enfants en mal de mouvements/de presse féminine achetée au kiosque de la gare/de regards inquisiteurs/de souvenirs/de ronflements…

Luce a compris.

Luce a tout à fait compris que le train était le meilleur moyen de devenir une véritable observatrice du monde qui l’entoure. Luce a pu pénétrer dans la vie de Robert, 50 ans. Robert part en dépression depuis peu. Il a décidé de prendre en main sa déprime. Il l’a laissée sur le quai de la gare, un jour d’avril.

Il ne fuit pas, non ! Il prend le train.

Jul
31
2009
2

(Rhétorique) Love will tear us apart (again)

Les chagrins d’amour et non les chansons d’Amour (par ailleurs, je n’avais pas aimé ce film).

Anglais : woefull
Bulgare : сломеност

Cœur brisé.

Cœur en morceaux vs Cœur d’artichaut.
Le Cœur en morceaux est brisé par « accident », tandis que le Cœur d’artichaut s’effeuille presque naturellement…

from : http://princessinvisble.tumblr.com/

De France Gall à Didier Barbelivien, de Björk (I remember you…évidemment) à toi. Chagrin d’Amour chante « Chacun fait (c’qui lui plaît)» en 1981.
1981 (Badinter, mi amor)

Se dit d’une peine subie à la suite d’une séparation, d’un amour non réciproque. Amour impossible.
Peut se manifester physiquement. L’individu présentera les mêmes « symptômes » qu’un dépressif. Perte de confiance en soi, crise de larmes, sensation d’emprisonnement, tristesse et aigreur…
Perte d’une personne qui nous comprenait si bien, d’une personne si « exceptionnelle », etc…
Pensez plutôt aux yeux de Sultan, le chien de vos grands-parents.

Le chagrin d’amour résulterait essentiellement d’un sentiment non réciproque.
J’aime Robert, mais Robert ne m’aime pas.
J’aime Robert, mais Robert ne m’aime plus.
J’aime Robert, mais Robert en aime une autre.
(il est possible de les juxtaposer).

Le chagrin d’amour pourrait également prendre source dans une sensation de manque.
Michael vit trop loin de moi.
Dans ce cas, on peut penser à la peur, à la perte de confiance en l’autre. Michael vit loin. Autour de lui grouillent de nombreux succubes, Michael pourrait être tenté. Michael pourrait m’oublier. Michael pourrait ne plus m’aimer, soit en aimer une autre.
Le chagrin d’Amour serait un peu le cousin du narcissisme. L’individu est en pleure car l’être aimé/ son « joujoux » ne lui prête pas/plus d’attention.

Les effets sont variables.
1. Gudule a du faire preuve de maturité en réalisant que Johnny Depp était marié et fidèle (selon Gala), elle s’est contentée de rire « piano, piano ».
2. Gudule a tué Vanessa Paradis.
3. Gudule a tué Vanessa et Johnny.
4. Gudule a tué Vanessa, Johnny, Jack, Lily Rose et les gardes du corps.
En somme, Gudule = Steven Seagal.

A la question : « Combien faut-il de larmes pour noyer un chagrin d’amour ? »
Je répondrai : un bain de sens/sang. Et si, toi, mon ami, mon lecteur, tu préfères « sang » à « sens » alors met en garde tes anciens ou futurs « coup de cœur ».

Citation urbaine : « Je te jure, en montant les escaliers… j’ai senti que je mourrais à chaque marche ».

©2009 BaKaSphere Inc. & BaKaSphere.com :: Proudly powered by WordPress & Aeros 2.0 by TheBuckmaker.com