Pavel Schmidt, artiste né à Bratislava en 1956, s’intéresse au démantèlement des copies d’icônes de l’art ancien. L’artiste peintre, dessinateur et créateur, s’engage à nous donner sa signification de l’art ancien dans la perception culturelle actuelle. Pour se faire, il n’hésite pas à détruire les copies des chefs-d’œuvre, tel que la Vénus de Milo ou le David de Michel-Ange.
L’œuvre de Schmidt est axée sur la façon dont la société actuelle perçoit l’art ancien occidental. Selon lui, elle le récupère pour en faire des produits de consommation. Les pièces sont falsifiées, détournées pour atteindre un public plus large, et remplir les Musées. Schmidt élabore un dialogue entre les œuvres de la culture passée et la culture actuelle. Cet ainsi qu’en décomposant un Classique, il va lui rajouter des éléments de type industriel, lors de sa recomposition. Dans ce processus, les éléments de la vie quotidienne, de type industriel, donne à la « base classique » une nouvelle perception artistique. Les sculptures sont brisées à coup de perceuse, rafistolées à coup de sparadrap, hissées sur le toit d’une voiture. L’artiste veut nous faire comprendre que l’art ancien n’est pas figé, qu’il est possible de le rendre vivant. Inversement, les objets du quotidien véhiculent une dimension artistique en participant au renouvellement de l’art ancien. Schmidt ne veut pas purement détruire l’œuvre, il tient à ce que son sens « premier » soit respecté tout en révélant au public que ceci n’est qu’un objet. Il recrée l’œuvre.

C’est en considérant une œuvre classique comme « sacrée » que l’idée de la déstructurer lui confère un caractère profane. Recomposer ce type d’œuvre permet à l’artiste de montrer au public que ses monuments de la Culture ne sont pas parfaits. Hector Obalk, dans sa critique, fait de même, mettant en exergue les défauts de la composition. Obalk avait montré, par exemple, que Le Titien ne respectait pas les dimensions réelles du corps de la femme ; un sein trop rond, un cou trop large pour une tête trop petite. Les œuvres classiques devenues « intouchables » sont esthétiquement fausses. David a des orteils, étrangement carrés… Pourtant ceci n’a pas empêché le « commun des mortels » à en faire un canon de Beauté. (Ce principe se retrouve toujours à l’heure actuelle avec la multiplication des médias et la mise en scène du corps de la femme. Aucune femme ne possède des jambes de deux mètres de long !) Alors arrêtons de suivre les préceptes de Saint Thomas d’Aquin !
Schmidt démystifie les mythes.





Juste… j’aime.
Juste… merci =)
Très très bon.
“Les œuvres classiques devenues « intouchables » sont esthétiquement fausses.” Mais oui ! Il semblerait que dans toute l’histoire de l’art humain, il soit culturellement universel de ne pas être capable de représenter parfaitement le corps humain (salut la répétition) avec justesse.
Cet article en fait c’est l’histoire d’un paradigme en art que je ne connaissais pas.
Ca me donne “juste” envie de dire merci pour ce billet en fait.
*parfaitement […] avec justesse
Salut, je m’appelle Ikaruga : je ne me répète jamais je ne me répète.
Merci cher Ikaruga. Je préfère penser que vous êtes l’incarnation d’un danseur Amérindien, qu’un simple adorateur de jeux vidéo japonais.