Un billet de train mesure 23, 5cm/8, 25cm. Soit un périmètre de 63, 5 cm.
Un billet de train raconte une histoire.
Qui l’avait en possession ? De quelle gare lui ou elle est partie ? Dans quelle gare, il ou elle est arrivé(e) ? Combien de kilomètres ont été parcourus ? En quelle classe il ou elle a voyagé ? Combien a couté ce billet de train ? A quelle heure est-il/elle partie ? Et à quelle heure est- il/elle est arrivé(e) ? Combien étaient-ils/elles ?

Le genre humain est en possession de « cartes » qui permettent de l’identifier.
Mais qui mieux que le billet de train vous renseigne sur Luce ?
Luce a pris le train au départ de Marseille St Charles, le 14 avril, à 07h39. Elle est arrivée en Gare de Lyon Part Dieu à 09h20. Elle était assise à la place 75, au bord de la fenêtre ; en deuxième classe. Elle a parcouru 351 kilomètres, où elle a pu prendre conscience de la diversité du paysage français. 44 euros en période bleu. 44 euros de solitude/de cris d’enfants en mal de mouvements/de presse féminine achetée au kiosque de la gare/de regards inquisiteurs/de souvenirs/de ronflements…
Luce a compris.
Luce a tout à fait compris que le train était le meilleur moyen de devenir une véritable observatrice du monde qui l’entoure. Luce a pu pénétrer dans la vie de Robert, 50 ans. Robert part en dépression depuis peu. Il a décidé de prendre en main sa déprime. Il l’a laissée sur le quai de la gare, un jour d’avril.
Il ne fuit pas, non ! Il prend le train.





Je continue à penser que les voyages en train sont faits pour lire de bons bouquins, mais je suis un inculte. Provocateur, qui plus est.
Je soutiens le côté découverte du monde, mais c’est assumer soit une curiosité infantile, soit une condescendance cynique. J’opte pour la deux. Mouhahaha.
Bonne option !