Dec
30
2008

[PetitPot] RSS, Internet, Preparation de soiree et tribulations socialo-geekesques

Alors que le boulot se fait de plus en plus dur et que les sirènes de la procrastination tentent de nous détourner de notre lot quotidien, mon Google Reader se remplit et déjà je n’en voit plus le bout. Mais l’angoisse, bien connue des accros, du “Mark all as read” est bien plus anxiogène encore, et celle de vous laisser esseulés au milieu de la jungle du Net pendant ces périodes de fête où nous sommes tous vulnérables m’attriste plus encore.

Car un agrégateur RSS, ça permet, comme son nom l’indique, d’agréger des “flux RSS”. En gros, vous rentrez l’adresser du flux en question dans le logiciel ou le service en ligne, et vous pourrez suivre dans la même page plusieurs sites/blogs en même temps. L’arme ultime de ceux qui perdent leur temps et cherchent à le gâcher encore un peu plus en ne perdant pas une miette des bêtises qui circulent sur la Toile quotidiennement.

Mais avec les découvertes, les rencontres, les liens, qui sont la base de l’Internet, les adresses se multiplient et les sites à suivre aussi. Je me souviens de la tendre époque avant que ne sorte Google Reader, où j’avais en gros une quarantaine de favoris que je visitais (presque) tous les jours. C’était le temps radieux du temps libre, des révisions bâclées et de l’amour sur la plage (ou pas). Maintenant, tout va plus vite, tout est plus pratique, tout est plus compliqué puisque plus simple. Je m’explique en prenant un exemple parlant : avant, lorsque vous vouliez aller à une soirée, chez l’une de vos connaissances, vous trouviez le chemin en suivant ce raisonnement :

1) Si vous savez où il habite, vous y allez, tout simplement

2) Si vous ne savez pas, vous lui demandiez son adresse, soit verbalement, soit en harcelant son téléphone fixe en espérant qu’il soit chez lui. Mais pas trop tard, sous peine de gêner la quiétude du foyer. Peu après, vous pouviez utiliser votre téléphone portable, mais le crédit, cher et rare, s’économisait, si bien que cela se passait plutôt par l’envoi d’un sms. Mais bien, vous restiez sans réponse. Si tant est, bien sûr, que vous ayez le numéro de téléphone fixe ou mobile de l’invitant, ce qui n’est pas certain.

3) Vous regardiez sur une carte routière, ou vous sortiez votre plan papier du réseau de transports en commun local, et évaluiez le temps de trajet à la louche, en espérant ne pas rencontrer d’imprévus.

4) Vous galériez, mais finissiez par arriver à bon port.

Maintenant, ça donne ça :

1) Avant même d’envisager d’y aller, vous vous renseignez sur la liste des invités. Vous pouvez donc au choix fouiner sur Facebook, dans l’évènement correspondant, ou appelez outrancièrement vos ami(e)s, pour savoir qui y va, comment, et avec qui. Et à quelle heure, bien sûr. Mettons que vous soyez connectés, vous pouvez aussi le faire par Msn, Skype ou, pour peu que vous soyez totalement “branchés”, par Twitter ou par mail. Le sms, illimité lui aussi, reste un outil efficace.

2) Passée cette première étape, importante, vient l’heure du choix : irez-vous, ou n’irez-vous pas. Là reste la question. Disons que vous optez pour la première solution. Vous “checkez” le profil Facebook de l’invitant, et voyez s’il a renseigné ses informations personnelles. Avec un peu de chance, vous pourrez ainsi l’agresser par mail, ou même par téléphone. Il aura peut-être aussi précisé son adresse, dans l’événement par exemple. Sinon, vous harcelez une seconde fois vos ami(e)s, qui ont l’habitude, pour savoir où c’est.

3) Soit vous ne trouvez pas l’adresse, et convenez d’un rendez-vous avec d’autres, qui eux savent. Il faudra alors l’organiser, savoir le lieu, l’heure et le retard prévu par chacun. Un retard est bien moins grave qu’avant, puisque l’on est connecté, et que l’on peut s’appeler à tout moment. On s’inquiète moins, on appelle plus. Le stress est équivalent, cela dit.

4) Soit, deuxième solution, vous trouvez l’adresse. Mappy, Google Maps ou Via Michelin plus tard, vous trouvez le plan et tout ce qui va avec. Vous rentrez les coordonnées dans un GPS avec la voix de Chirac ou de la-fille-qui-fait-la-météo-sur-la-6 (c’est du vécu), et vous y allez gaiement, non sans déclencher une troisième vague d’appels pour savoir si vous emmenez des gens où s’il vous faut apporter quelque chose. Parce qu’évidemment, vous n’avez pas pensé à le demander la première fois. Pourquoi y penser, puisqu’il est simple de rappeler ? Et puis, vous êtes “hype” (encore lui), vous faites du covoiturage, donc il faut forcément en passer par là.

5) Vous avez galéré socialement, mais vous êtes arrivé à bon port.

Au final, le retard est souvent le même : ceux qui arrivaient précédemment à l’heure arrivent toujours à l’heure dans le deuxième raisonnement. Ceux qui arrivaient en retard sont toujours en retard. Mais ce qui aura changé, c’est le chemin parcouru pour parvenir au même résultat : la première solution est plus individuelle, plus réfléchie, mieux préparée. La seconde est plus frivole, mais aussi plus sociale, et plus insouciante.

Pas vraiment de conclusions à en tirer pour ma part, si ce n’est que je ne voulais pas du tout parler de ça au départ. Disons que c’est une réflexion rapide sur l’organisation de ces petits événements qui pimentent notre vie, et sur ce qui a changé avec la démocratisation des nouveaux moyens de communication dans ce genre de cas. Certaines choses sont plus simples, plus faciles. Trouver une adresse, un plan, un contact, n’a jamais été aussi aisé. Mais le temps de la réflexion, parallèlement, s’en trouve réduit, la qualité des conversations également, et d’une certaine manière, le “tout communication” ou le “tout social” n’est pas sans conséquence sur l’individualisation de notre mode de fonctionnement et de vie.

Les possibilités d’interaction se sont considérablement développées. Mais je ne suis pas certain que la qualité de celles-ci ait suivie le même schème. A moins qu’il ne faille un temps d’adaptation. Et bien sûr, tout cela souffre quelques exceptions : certains vont user de ces nouveaux outils à bon escient, d’autres vont s’y jeter à corps perdu, sans trop y réfléchir.

Moralité, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Aborder la nouveauté demande de l’abstraction, du recul, et une certaine préparation. D’ailleurs, le gouvernement nous le montre dans sa dernière campagne de prévention contre les dangers du Net : on en pense ce que l’on veut, mais il est vrai que nous sommes loin d’être tous égaux devant l’appréhension de la Toile et de ses dangers. Certains s’y baladent comme qui rigole, sans avoir besoin d’aide, mais beaucoup n’en saisissent pas immédiatement les mécanismes, et se trouvent fort dépourvus devant un faux message d’erreur ou une publicité insistante.

Take IT easy.

Mais vous reconnaissez-vous dans ces raisonnements ? Comment procédez-vous, de votre côté, pour contacter quelqu’un ? Avez-vous l’impression que c’est plus facile maintenant que ça ne l’était il y a 5 ou 10 ans ?

> Ceci était un message du MieL fatigué. Merci de lui pardonner les éventuelles fautes d’orthographe et de syntaxe, lorsqu’il n’est pas dispos, il a tendance à penser plus vite qu’il n’écrit.

PS : Ah oui je voulais vous parler de Google Reader. Tant pis. Une autre fois peut-être. =P


Written by MieL in: Uncategorized | Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

2 râleurs »

  • littletobi says:

    Superbe article. Vraiment. Tu as raison quand tu parles du plus compliqué, puisque c’est plus simple. le côté gadget du portable, du sms ou du Net sont devenus des outils indispensables à une vie sociale épanouie, aussi solide que bancale d’ailleurs. M’enfin. C’est notre génération t’as vu. Et d’ailleurs : s’en plaint-on ?

  • MieL says:

    C’est notre généraaaaaaaaaaaaaaaTION ! Désenchantée… Désenchantée. :P

    Et même sans s’en plaindre c’est intéressant de se poser à tout le moins la question. :)

    Merci en tous les cas. ^^

Flux RSS des commentaires de ce billet // Lien du Trackback


Laisser un commentaire

©2009 BaKaSphere Inc. & BaKaSphere.com :: Proudly powered by WordPress & Aeros 2.0 by TheBuckmaker.com