Sep
30
2008

[Photo] La cigarette

Je n’ai jamais, et je pèse mes mots, ne serait-ce qu’approché une cigarette de mes lèvres. Vous me direz, vous n’en avez rien à foutre. Et vous avez parfaitement raison.

Mais n’empêche, je ne parviens tout de même pas à m’expliquer l’étrange sensation que me procure cette image, étrange, hétéroclite, irréelle, de cette cigarette qui prolonge une bouche ourlée d’un rose outrancier qu’atténue seulement, et comme à regret, le flou gaussien de l’arrière-plan.

Ce ne peut être la fascination de l’interdit. Si cela a bien marché au début, quand nous étions petits, elle n’est maintenant plus d’actualité. Si nous ne touchons pas à la clope, nous, non-fumeurs patentés, c’est que nous n’en éprouvons pas le besoin, que nous sommes conscients des risques ou encore que nous attachons quelque importance à notre bourse (rayez les mentions inutiles).

Il n’empêche, le texte qui accompagne cette mystérieuse photo est touchant, fort bien écrit et fait allusion à une réalité qui n’est pas la mienne, et qui pourtant m’intrigue. Je me permets de l’emprunter à Ladies Room , dont je vous conseille, Mesdemoiselles, Messieurs, la lecture des articles. On y trouve du bon et du moins bon, mais quelques perles en jaillissent de temps à autres.





J‘en avais envie depuis quatre ans. Et puis, depuis mercredi, j’ai réussi! J’ai enfin recommencé à fumer. Je n’ai pas dit que ça avait été facile. Mais j’ai réussi.  Malgré le socialement correct, les messages alarmistes et l’allègement de mon porte monnaie, j’ai suivi ma petite voix intérieure, et repris le chemin du tabac. Quel bonheur!

Au début, j’étais émue, timide même, devant tous ces paquets colorés. Et puis je me suis lancée : j’ai commandé des menthols. Oui, je sais, c’est hypocrite, les menthols. Mais c’était ma première cigarette, à quinze ans, alors…

Toute la journée j’ai tâté mon paquet mou. Il crissait. Rien que de le sentir, j’étais heureuse comme une femme amoureuse qui attend son prochain rendez-vous.

Le soir venu, quand tout le monde dormait à la maison, je me suis glissée au fond du jardin, sans bruit.  J’ai tiré sur la languette de plastique transparent, enlevé l’alu et sorti une sèche. Je l’ai glissée sous mon nez, c’était déjà chaud. Et puis je l’ai pincée des lèvres, et j’ai approché la flamme.

J’ai aspiré un grand coup, et tout m’est revenu, d’un coup : mes quinze ans, ma copine de forfait, le lycée, les garçons, premières nuits, premières clopes des premiers matins, premières gueules de bois, les exams, les insomnies, les résultats…Toute une vie avec la clope au bec. Pas encore de mari ni d’enfant. Pas encore peur des rides, de la maladie, de l’âge, du temps!

Je fume et j’ai toujours quinze ans.

Depuis je continue à ce rythme d’ une cigarette par jour. Toujours seule, toujours en cachette.   C’est mon secret, mon vice, ma bouffée d’égoïsme.

Mon air pur, en somme !

Et en bonus, parce que c’est tout de même dans le sujet, le sketch “La clope”, de Gad Elmaleh.

Alors, que cela vous inspire-t-il? Vous fumez de votre côté? Vous éprouvez ce plaisir coupable ou vous assumez tranquillement? Qu’est-ce que vous fumez comme clopes?


Written by MieL in: Uncategorized | Tags: , , , , , , , , , , ,

2 râleurs »

  • Vincent says:

    Je ne fume pas parce que :

    1 – ça pue
    2 – c’est cher
    3 – c’est mauvais pour la santé

    Et c’est dans l’ordre d’importance.

    Alors on risque de me dire ‘rhooo coincé’ en attendant ma mère aide à domicile, un matin, me dit :

    ” – Je ne travaille pas aujourd’hui la patiente dont je m’occupais est morte d’un cancer des poumons.
    - Ah ? Elle avait quel âge ?
    - 42 ans.”

    Ne laissez pas les “codes sociaux” guider votre vie.

  • MieL says:

    42 ans? Chaaaaud.

    Fumer c’est mal, on ne le répétera jamais assez de toute manière.

    :-)

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