Le sommeil, ce vieux rêve, dont il y en a même qui disent l’avoir vu voler (référence référence). Et Morphée, sa muse, dont les bras grands ouverts nous guettent sans arrêt sans que jamais nous ne prenions le temps de nous y jeter à corps perdu.
C’est fou ce que nous sommes en froids, Morphée et moi. Non pas que je l’abhorre, bien au contraire, j’adore me jeter à loisir dans ses bras lorsque l’occasion se présente. Pourtant, nous formons un couple des plus versatiles. Le gros de l’année étant occupé par mes cours et mon boulot, je le boude la semaine pour le retrouver chaque week-end, dans un élan de volupté.
Mais la crainte de perdre du temps sur la journée et les innombrables choses inintéressantes et futiles à y faire me contraignent à écourter nos étreintes. Je m’arrache donc avec difficulté à ses bras avant (qu’ils ne m’en tombent) que le soleil ne soit à son zénith afin de vaquer auxdites occupations.
Mais au final, qu’est-ce que le bien dormir? Un idéal, une utopie? Un nombre d’heures minimum à respecter chaque nuit? Une transition? Des rêves?
Certains disent qu’il faut dormir par cycles de 3h, d’autres au moins 7h, d’autres encore estiment qu’il vaut mieux éviter la viande le soir afin de passer une nuit paisible. Mais le sommeil, c’est quoi? On ne croirait pas comme ça, mais c’est une bonne question. Vous là, au premier rang, oui vous, avec les lunettes et les poches sous les yeux, sauriez-vous me donner une définition du sommeil sans lire la suite?
Et bien le sommeil, outre son acception littérale qui est l’état dans lequel se trouve un être vivant qui dort, est au choix la faculté de dormir ou le besoin de dormir. La dichotomie n’est pas sans être révélatrice de la double nature du sommeil: ce serait à la fois un don, une capacité innée, et un besoin primaire, nécessaire au repos de notre organisme. De manière plus scientifique, c’est la cessation périodique et immédiatement réversible des activités sensitivo-motrices, découpée en deux phases: le sommeil dit “lent“, d’une durée de 80 minutes environ, où le tonus musculaire ne perd rien de son acuité, et le “paradoxal“, celle où l’on rêve, et où le tonus est absent afin de ne pas engendrer de fâcheuses complications du fait de l’état hallucinatoire du sujet en période onirique.
A noter en sus de tout cela que certaines plantes ont des phases de “repli”, et l’on parle alors de sommeil végétal. L’euphémisme nous autorise également à penser à la grande fin, au passage de l’arme à gauche, au sommeil éternel que reste la mort.
Le sommeil, en tant que phénomène encore mal maîtrisé et lié aux mystères insondables du cerveau humain, a longtemps été l’objet d’une curiosité toute particulière, avant d’être outrageusement battu en brèche par les tenants de la France qui se lève tôt (aucune allusion huhu). Puis, idolâtré à tort par des colonies malfaisantes de hippies néfastes, boudé par des rockers métalleux drogués et héroïnocaïnomorphomanes, adoré par quelques tribus éloignées dont l’existence ne m’est pas encore connue, et enfin notre compagne versatile, à nous égoïstes capitalistes à tendance boboisante.
Ou pas.
Je rajouterai simplement que tout de même, je ne suis pas seul à penser que Morphée est à la fois le Bien et le Mal (genre fille cachée de Jésus et de deux ou trois Succubes): car outre le messager des rêves que nous décrit Ovide et que nous connaissons, la morphée (au féminin cette fois) est aussi une forme particulière de sclérodermie (si si). Quant à savoir ce qu’est une sclérodermie, faut pas pousser non plus, je ne vais pas tout vous dire. Le TLFI est votre ami.
BaKament Vôtre,
MieL
PS: SI quelqu’un saurait me dire où j’ai bien pu dégoter cette magnifique esquisse je lui en saurai gré… C’est lui qui m’a inspiré cette diatribe, je crois. J’aime beaucoup. Edit: j’ai retrouvé, c’était chez Esther et sa Lanterne Brisée, bien sûr. Courez vous y perdre!