Alors que je m’apprêtais à continuer mes pérégrinations hollywoodiennes, je me suis souvenu que Bollywood reste méconnu pour nombre d’entre nous. Bollywood ? Tout le monde sait ce que c’est, on s’est tous fait plaisir en casant dans je ne sais quelle dissertation mondialisante que Bollywood avait dépassé Hollywood en nombre de films produits. Cependant avez-vous déjà vu un film indien ? Si c’est le cas tant mieux pour vous, si ça ne l’est pas, il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Voici donc selon moi le meilleur film indien pour appréhender l’univers Bollywoodien. Loin du « Coup de Foudre à Bollywood » Hollywoodien, dont l’antithèse notoire argue de la nullité du produit en question, je vous propose aujourd’hui Devdas, fresque majestueusement exubérante de Sanjay Leela Bhansali, et – croyez-le ou non – c’est un doux euphémisme.
Le pitch est simple : un jeune et beau (étonnant n’est-ce pas) fils de riche propriétaire rentre dans son Inde natal et retrouve sa voisine, qui a bien grandi comme lui et dont il tombe fou amoureux. Incroyable mais vrai, cet amour est partagé, et les 2 coulent des jours paisibles jusqu’à ce que les querelles des deux familles explosent, mettant en lumière le problème de classe. Vieux jeu ? Ce problème est d’actualité mais moindre aujourd’hui, il faut en fait savoir que cette histoire a été écrite en 1917 par Sarat Chandra Chattopadhyay, devenu l’équivalent indien de notre Roméo et Juliette occidental.
C’est une histoire d’amour – impossible hein, faut pas vous faire trop d’illusions – dans tout ce qui fait l’art bollywoodien. Un film indien, c’est avant tout des magnifiques acteurs dont la beauté réelle du jeu s’efface devant leur beauté physique. Répondent présents Shah Rukh Khan pour le rôle masculin, mégastar indétrôné en Inde depuis près de 10 ans (pour dire il y a quelques années notre magazine national Capital lui avait même consacré un reportage ! Dingue !), mais aussi et surtout – testostérone quand tu nous tiens – la magnifiquement sublimissime et je pèse mes mots Aishwarya Rai, probablement une des plus belles femmes du monde.
Prenez ces deux, ajoutez des personnages souvent stéréotypés, des décors de rêves types palaces et lagons merveilleux pour des scènes de romantisme à outrance, quelques critiques sociales de ci de là et enfin des chansons en playback assumé et des chorégraphies à 300 danseurs et musiciens : vous mélangez le tout et obtenez une fresque magistrale de 3 heures. Oui, avec le cinéma Bollywoodien tu en as toujours pour ton argent, ou pour ta bande passante, c’est selon.
Honnêtement, il faut être open-minded et c’est un pari risqué. Certains à qui j’ai montré ce film l’ont trouvé médiocrissime, parce qu’il faut être franc, les comédies musicales indiennes on aime ou on aime pas et c’est tout, après it’s up to you guys ^^
Sceptique au début par le verbe habile indien, l’exubérance des décors et une ambiance à mille lieues de ce que l’on peut connaître, la magie prend forme assez rapidement et on se laisse embarquer pour un voyage sensoriel, ni plus ni moins. On voit les ballets de couleurs, on écoute les chansons en-souhaitant-fort-que-ce-soit-la-belle-Aishwarya-Rai-qui-chante-en-vrai, on arrive même à sentir le goût des épices en voyant les courtisanes et leurs danses chaloupées.
Un régal pour les yeux à dévorer encore et encore, j’espère vous en avoir convaincu.